TRAVAUX BRYOLOGIQUES
DEDIES
A LA MEMOIRE
DE
I*iprre-Tranqiiillc IIIXVII
Botaniste normand
Fondateur de la Revue Bryologique
(1840 - 1929 )
Fasc. II
Laboratoire de Cryptogamie
MUSEUM NATIONAL DIIISTOIRE NATURELLE
PARIS
1944
Source: MNHN, Paris
SOMMAIRE
a. Lb turn. - La corrcspondance de T. Husnot avee R. Le-
normand..
I. Theriot. — Musci ..
Margabet Fulford. - Vegetative reproduction in Bruopteris fra -
ticulosa Tayl.
G. O. K. Saibsbuby. — Nortiiern Mosses in New Zealand.
Helmut Gams. - EeitrSgc anr Kenntnis der nivalen Lebermoose
der Alpen.
R Gaume. — Sur quelques groupemeuts muscinaux dc la foret
de Huelgoat (Finistere).
P. Duclos et L. Lavergne. - La Vegetation bryologique de la
Cliataigneraie du Cantal.
R POTIEB de la Vabdb. - Le Fl . siden , intralimbatas Rnthe dans
les Basses-Pyr6nees.
HEBMAM PEBSSOM. - Existence de Mousses an tend des lacs en
Sudde.
F. Koppe. - Das mediterrane Element in der Moosflora West-
falens.
M. J/eggli. — Bryophytes du Val Piora.
Marthe Ernst-Scbwarzenbacb. La sexualite etle dimorphisme
des spores des Mousses.
G. Bimont. — Excursion bryologique a la tourbiere de la Cail-
leuse (loret de Montmorency, Seme-et-Uise).
M. Guillaumot. — Plantes rares ou nouvelles pour la France
du Val d’lsere et de Peisey.
Suzanne et Paul Jovet. -
pourrissants et rochers
(Haute-Savoie).
- Peuplement bryologique des bois
ombrages des environs de Samoens
A. H. Magnusson. — Key to Hue’s Aspicilia .
A. Bobos. - Nachtrige ram Artikel : Ueber einige interessante
Lebermoose aus Ungarn.
Th. Herzog. — Eine neue Plagiochila-Ail auf den Azoren ....
V. Allorge. — Au sujet du Sphagnum molle Sull. en Espagnc et
de sa varietd limbalum Wst. clans les Landes.
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La correspondence de T. Husnot
avec R. Lenormand
par G. Le Test-u (Caen)
L’Institut botanique de la Faculte des Sciences de Caen poss^de, dans
les 27 volumes de correspondances revues par Lenormand, 75 lettres
de Husnot. Toutes sont tres courtes ; une seule atteint la fin de la qua-
trieme page d'un format 22.5 x 13.5. La plus ancienne est du 20 octobre
1863, la derniere du 18 aout 1871, precedant de 4 mois le dec6s de
Lenormand.
On sait ce qu’etait ce dernier : un collectionneur d’abord. 11 a, je crois,
caresse le reve de posseder toutes les plantes vivantes : Phanerogames,
Fougeres, Mousses, Lichens, Algues et meme Champignons. Pour satis-
faire ses gouts, ll s’est fait algologue, algologue pratiquant, si je puis
dire. Car non seulement, au moins dans la premiere partie de sa vie, il
recueillait des Algues, les preparait, les nommait, — c’est sans doute
ce qu'il a le mieux connu du regne vegetal, — et en inondait les herbiers
grands et petits du monde enticr, mais il tachait a en recevoir de partout
& 1 etat brut, en quelque sortc, s’offrant a les preparer lui-meme pour les
collcctionneurs, a condition de pouvoir s’en reserver une bonne part.
C est done comme possesseur de materiaux importants, etudies par
tous les specialistes, authentiques par consequent, que Husnot entra
en relations avec lui. Mais la correspondance n’entre autant dire jamais
dans des sujets ou des discussions botaniques. Plutot que de lui ecrire,
Husnot trouvait plus pratique, en cas de necessity de se rendre chez
son ami avec les echantillons qu'il desirait soumettre a des comparaisons.
Lenormand en 1863 etait deja vieux, il avait 67 ans. Je ne sais pas
qui mil en rapport les deux botanistes, l’ancien et 1’apprenti.
11 est probable que ce fut sous sa propre inspiration que le second
s adressa au premier : il hesitait sur la determination specifiquc d’un
Gnmrnia, car, ecrivait-il, « il n’y a que 2 ou 3 mois que j’etudie serieuse-
nient les Mousses et je suis souvent embarrass^ par les genres Hypnum,
rinwiia, etc. » (26 fevrier 1864). Il semble n'avoir cu a cette epoque
conime instrument de travail que le Synopsis de Schimper et l’ouvrage
,Je Wilson (l er mars 1864).
Source. MNHN. Paris
ESTU
Son gout pour la botaniquc n’etait cependant pas nouveau. Ancien
eleve de l'Ec.ole de Grignon. ses maitres avaient conserve le souvenir
de ses capacites ; le Directeur Bella — il 1’indique dans une, lettre du
24 mai 1864 — lui avait deja offert d’abord une place de repetiteur,
puis la chaire de Botanique et Sylviculture. Mais Husnot ne se souciait
pas alors d'aliener sa liberte et il projetait dcs voyages.
En mars 1864, il reve de parcourir le Dauphine, mais il est retenu
par une maladie de sa mere qui mourra d'un cancer en juillet.
Deux mois apres, il est decide a sollicitcr une place dans une expedition
scientifique qui s’organise pour le Mexique. C'est Moriere et le D r Vaul-
legeard qui lui en out suggerc la pensee. Et il demandc a Lenormand
de le recommander au Comte Jaubert, botaniste amateur et membre
de l’lnstitut (25 mai 1864).
Ces projets de voyages lointains n’aboutiront pas et en attendant
leur realisation hypothetique, Husnot fera son excursion dans le Dau¬
phine et les Alpes (aout et septembre). Lenormand l'aecreditera aupres
de ses correspondants ; il ne rencontrera pas les uns, sera bien accueilli
par d’autres, sauf par Jordan, qui lui a bien expose ses theories, mais
lui a refuse l'entree de son jardin (26 septembre 1864). Plus tard, Husnot
ficrira : « De tous les naturalistes que j’ai vus dans mes voyages, il n’y
en a qu'un qui ne m'ait pas bien recu, c’est le fameux Jordan. Je me
rappelle que vous m’aviez engage i\ ne pas aller le voir ; j’aurais du suivre
vos conseils » (18 juillet 1868). Une ou deux fois, il manifestera dans.sa
correspondance combien peu il partage les idees du botaniste lyonnais
(5 janvier 1865).
Lenormand met d’ailleurs son compatriote & contribution. La repu¬
tation de l’herbier du premier est 6tablie et on le sollicite de participer
aux exsiccata qui se publient dans les annees qui precedent la guerre
de 1870. Desmazieres, la Socicte Vogeso-Rhenane ont reclaim! son
Concours.
Mais, depuis longtemps, Lenormand ne sort plus guere ; il ne veut
pas laisser sa femme seule. Elle a toujours ete valetudinaire, malade
imaginaire sans doute, — les lettres de Mougeot & Lenormand sont
farcies de consultations, — nevropathe k coup sdr, — sa m£re a etd en-
fermee au Bon-Sauveur et y est morte, — et il compte sur ses amis.
Husnot est du nombre. Celui-ci devait (3 juillet 1804) lui recueillir
230 echantillons du Ranunculus Lenormaridi, c'est le cliiffre «fasciculaire»
de Desmazieres, avec lequel Lenormand est en relations depuis trente ans.
Plus tard, c’est la Societe Vogeso-Rhenane ; mais Lenormand n’en
attend sans doute pas grand'chose ; il est si riche ! Et c’est Husnot
qui lui dira : Acceptez, je recolterai pour vous et pour moi (17 mars
1869). Et ce n'est pas une sinecure. A une offre de plantes normandes
pour ses correspondants, Lenormand repond par une liste de 250 especes
Source : MNHN , Paris
UORRESFONDANCE DE T. HUSNOT AVEr. R. LENORMAND 3
(fin 1869) ct, plus tard, janvier 1870, par une autre liste dc 70. Et pour-
tant Husnot ecrit: Je fais peu de phanerogamic I
En efTet, ses gouts ne le portaient pas de ce c6te. Des la premiere lettre
que nous avons citee, il est question de Mousses, et ces plantes conserve-
ront sa predilection avec les Hepatiques, les Fougeres et les Glumacees.
Pourtant son voyage aux Alpes en 1864 semble avoir eu pour objet
les Phanerogames ; il n’a recueilli que « quelques Mousses, surtout des
Bryum » (26 septembre 1864).
En 1865, avril-mai, il passe 6 semaines en Angleterre a Southampton
" pour l'etude dc la langue et des mceurs ». Et ce n’est pas la premiere
fois qu’il traverse la Manche, car, a cette date, il courait deja Kew.
A peine de retour, il se prepare a partir pour l’Allemagne, toujours
pour la langue. Une foulure du poignet retardera son depart jusqu’au
mois de juillet. Il rendra compte sommairement de son voyage a Lenor-
mano, qui l'a encore recommandd a ses nombreux amis : il n’a pu voir
Schimper a Strasbourg ; mais il a vu Bausch a Bade ; Martin etait absent,
mais il a rencontre Loren tz et, en sa compagnie, il a visits le Tyrol et
la Lombardie. Et il a rdcolte surtout des Mousses (25 novembre 1865).
L'annee n'est point terminee, qu’il prepare une nouvelle expedition,
aux Canaries. Car ses voyages sont prepares ; pour celui-ci, il a acquis
la partie cryptogamique de l’ouvrage de Webb et une serie de plantes
de Bourgeau (15 decembre 1865).
Et le projet, malgre des difficultes amenees par le cholera, se realise.
Husnot quitte le Havre le l" mars, Cadix lc 15, sera aux Canaries
lc 18. Il les quittera le 14 juin, satisfait de ses recoltes. « Excepte dans
* les genres Stmpervivwn et Stalice, encore peu en fleurs, j’ai trouve la
« majeure partie des especes speciales » (4 juillet 1866).
Mais il y a eu des incidents desagreables :
« J'ai ete bien malheureux 5 la recherche du Slatice, ecrit-il le 26 no-
* vcmhrc 1866 - Je n’en ai trouve qu’un seul, le plus petit; probablement
* ( ! ue ces especes sont assez localisees, car il est impossible de passer
* 4 c6t ® sans les voir. Je fis une course de 3 jours a la recherche de l’imbri-
" ta ^ a% J etais pres d’arriver k 1’endroit indique, lorsque, traversant le
* dernier village, je fus arretd par ordre de l’Alcade (le Maire) et conduit
8 devant ce magistrat. J’eus tort de dire que j’etais Fran^ais. On venait
<■ d’apprendre a Teneiife que le general Priinm s’etait refugie en France.
* iJ ° ur moi qui ne savais nullement dans quel pays etait ce general,
<' ni ce qu il faisait, je fus fort embarrasse pour repondre aux nombreuses
" questions qui me furent adressees k ce sujet. Monsieur le Maire en
* c °nclut que j’etais probablement un officier de marine, envoye pour
8 tenter quelque coup de main sur ces lies ; et defense me fut faite, au
0 nom de la loi, et en presence d un public nombreux, d’approcher plus
" pres du rivage. 11 me fallait obeir et dire adieu a ces rochers sur lesquels
Source: MNHN, Paris
G. I.E
TESTU
« je devais recueillir le SI. mbricala ; c’etait peu de jours avant mon
« depart. »
Et pourtant les voyages l'attirent loujours et ne cesseront de. 1 attirer
jusqu’ii son mariage.
A peine de retour des Canaries, sitot communiquees ses recoltes aux
specialistes, les Mousses a Schimper, les Hepatiques a Gottsche. il songe
au Senegal ct meme au Dahomey « oil on peut penetrer jusqua 25 ou
30 lieues dans l'interieur » (29 decembre I860). En I860, c'etait beaucoup
dire ! II pensera meme au Gabon. Sagot lui a cependant represente le
pays comme dangereux : « Ce ne sont pas des climats sains » (23 avril
1867). Decaisne est du meme avis, mais Aubry-Lecomte y est reste 6 ans !
(24 juillet 1867).
En attendant, I-Iusnot etudie un peu les Algues et les Lichens qu il
ne connait guere. II ne s’en occupera jamais beaucoup.
Mais un projet de voyage succede. a l’autre. Husnot est attire par les
pays tropicaux. II a reve Senegal, Dahomey, Gabon. Le 8 janvier 1867,
il s’embarque pour la Nouvelle-Grenade ; il ne fera qu y toucher et revien-
dra aux Antilles. Nous n'en trouvons pas la raison dans sa lettre du
5 mars 1868, datee de Matouba (Guadeloupe). Une seconde tentative
ne reussira pas davantage, ou meme ne sera pas essayee. Le 24 juin 1868,
il est de retour a Cahan.
Il est curieux de connaitre comment il comprend un tel voyage et
voici ce que fut son installation dans la vieillc lie fran^aise :
« Je suis reste une quinzaine a la Martinique... Je suis ici (au Matouba)
« depuis le 2 (mars) et j’y resterai un mois ou peut-etre deux. J’ai loue
« une maison dans un village appele Le Matouba, situe au milieu des
« forets, a 700 metres au-dcssus du niveau de la mer. C’est une contree
« fraiche et boisee, tres riche en fougeres, surtout en Hymenophyllees.
« C’est le Laularet de la Guadeloupe. Je me porte maintenant tres bien
a et vais faire lous les jours de bonnes courses » (5 mars 1868).
Des lors, ses preferences sont bien etablies ; il ne parle pas des Phane-
rogames et n'enumere dans ses recoltes que des Fougeres, des Crypto¬
games et des Glumacees.
Au 6 mai 1868, son tableau est le suivant:
Fougeres.140 (nous avons ces recoltes)
Glumacdes. 80
Muscinees. 9t>
Champignons. 20
Les Algues ont ete negligees : un catalogue a deja ete publie; il y a
des specialistes sur place qu’il mettra en relations avec Lenormand ;
Schramm, Pun d’entre eux, remet k Husnot pour ce dernier un paquet
d'echantillons.
Source : MNHN , Paris
CORRESPONDANCE DE T. HUSNOT AVEC R. LENORMAND
En juin, il est dc retour en France; en aofit, il rend visite a Lenormand
avec ses Cyperacees et celui-ci lui fait liberalement part de ses richesses.
<i Arrive & Pont-d’Ouilly & 5 heures du soir, il m’a etc impossible de
« laisser derriere moi tant de plantes precieuses. J'ai inis le tout sur mon
« dos et. je suis tres bien arrive jusque chez moi (6 km.) sans meme penser
« a la fatigue.
« Avant dc me coucher, j’ai voulu revoir ces belles Fougeres, puis les
« Fougeres vues, j’ai pris un autre paquet, et ainsi de suite jusqu’^ la
« fin. J’ai ete tout etonne de voir qu’il etait 2 h. f 2 , le temps avait passe
« bien vite. »
Les annees passent et les materiaux de Husnot se sont accumules.
En fevrier 1870, commeneent a paraitre les Musci Gallix ; il envoie le
premier fascicule & Lenormand qui est malade.
En mars, il a dejh 10 collaborat’ urs pour ses exsiecata, dont le Com¬
mandant Paris.
Alors vient la guerre et il vent en profiter pour faire un voyage aux
Pyrenees. Il le commence, mais, e.tant maire de sa commune, il est rappele
chez lui par des elections et son excursion s’est bornee aux montagnes
du Puy-de-Dome et du Cantal.
Puis il est mobilise, peu de temps il est vrai. Malade, il beneficiera
d’un conge de six semaines el en profilera pour mcttre a execution son
projet pyreneen. La encore il lui arrive une avenlure qui lui vaudra
l’incarceration : « On ne s’amuse guere en prison ». Je cite sa lettre du
20 mars 1871.
«A Prats-de-Mollo (vallee du Tech, frontiere d’Espagne), le Commandant
« de place m’a fait arrSter, mettre en prison et conduire pendant 3 jours
« de brigade en brigade (5 brigades). J’etais muni d’un conge, feuille
« de route, etc., mais comme j’avais avec moi une carte geographique
<' du departement, un guide Joanne, et le Catalogue des Mousses d'Europe
« de Lorentz, qui, comme vous savez, contient quelques notes en alle-
« inand, le Commandant crut avoir fait une brillante capture et mis
« la main sur un officier prussien.
« J’avais pu provenir la veille un de mes amis, le chirurgien-major
* Reboud, botaniste algerien ; il m’attendait et me fit immediatement
* mettre en liberty. »
Cette lettre est une des dernieres. R. Lenormand mourait le 10 de-
cembre 1871.
On s’etonnerait qu’il ne f£lt jamais dans ces lettres question de politique.
Les deux amis etaient republicains ; Lenormand avait meme ete quelques
mois sous-prefet de Vire en 1848. Mais Husnot trouvait que les elections
lui faisaient perdre bien du temps et il n’admirait guere le suffrage uni¬
verse!. Je ne ferai qu’une citation :
« Mon cher ami, vous connaissez le resultat de nos elections; en l’ab-
G. LE TE8TU
« sence de M. de Torcy, reste malade a Paris, le riche Gevelot a cte elu.
« M. Gevelot a fait un assez grand nombre de visites et ne sortait jamais
« de chez un ouvrier sans laisser une piece d’or.
« II a envoye pendant la derniere semaine toute une armee d’agents,
« jusqu’a 50 dans une seule commune, qui payaient a boire a tout le
« monde ; c’est ainsi qu’il est arrive a obtenir une majorite de pres de
« 6.000 voix. Que ditus-vous du Suffrage Universel ?
« Je suis tres heureux que ce soit fini; depuis un iftois je n’ai ricn fait»
(9 juin 1869).
Source : MNHN , Paris
Musci hispaniolenses
par I. Theriot (Fontainc-la-Mallet)
La collection qui fait 1’objet dc ce travail m’a etc confiee par le D r G.
Samuelsson, Directeur du Departement de botanique, Naturhistoriska
Riksmuseet, 5 Stockholm. Les Mousses proviennent de l’ile Hispaniola
et ont ete recoltees par M. E. L. Ekman dans les deux Etats qui se par-
tagent le tcrritoire de 1’fle : 1° en Haiti au cours de 1’annee 1917, et de
1924 a 1928, 2° a Santo-Domingo en 1929-1930. Elle comprend 88 especes
dont 14 nouvelles.
Ci-dessous une liste numerotee des localites le plus souvent citees ;
chacune d’elles sera done designee par son numero d’ordre a la suite du
nom de l’espece. Les localites non comprises dans ce tableau seront citees
a leur place et textuellement.
Santo -Domingo
. Cordillera central
VII. Valle del Cibao.
VIII. Llano Costero.
prov. de Azua.
prov. de la Vega.
— Valle Nuevo, 2.400 m.
- Pico del Valle Nuevo, 2.600 m.
-— Constanzo, 1.200 a 2.200 m.
La Cumbre, 250 a 300 m.
IX. Massif de la Selle, Marigot, 1.900 in.
X. — — Maine de la Selle, 2.500 m.
XI. — — Croix-des-Bouquets, Badeau, 1.300-2.000 m.
XII. — — gr. Crete-a-Piquants, Port-au-Prince, 1.300 m.
XIII. Massif de la Hotte, 1.500 in.
XIV. — — on the southern slope of« Ma Blanche#, 800 5.1.500 m.
XV. — — western group, Mt Formon, 2.150 m.
XVI. Departement du Sud, near Civette, Camp Perrin.
Sphagnum guadalupense Schp.
Haiti, massif de la Selle, Nouvelle Touraine, top of Morne La Visite
(n° 1497).
Sphagnum meridense (Hpe) C. M.
Haiti, Massif de la Selle, morne Brouet, 1.700 m. (n° 1873). — Santo-
8 I. TH&RIOT
Domingo, prov. Monte Cristi, Laguna de Cenobi, 1.100 m. (n° 12.872).
Andrexa pelrophila Ehrh.
Santo-Domingo, prov. de Azua, western top of La Pelona, 3.100 m.
(n° 13.650). — Le genre est probablement nouveau pour les Antilles.
Fissidens petrophilus Sull.
Haiti, Massif du Nord, Bayeux, morne Brigand, 900-1.150 m. (n° 2996).
Fissidens polypodioides (Sw.) Hedw.
Santo-Domingo, loc. II, Jarabacoa, 700 m. (n° 14.190).
Fissidens julianus (Sav.) Schp. var. mexicanus (C. M.) Then
Santo-Domingo, Cordillera Central, Moncion, 600 m. (n° 13.009).
Dicranella (Microdus) brachyblepharis (C. M.) Mitt.
Haiti, loc. XIV, near Douyotte, 800 m. (n° 638).
Holomitrium marginatum Mitt.
Haiti, loc. XV (n° 7532).
Campylopus saxatilis R. S. Will.
Haiti, loc. XV (n° 7561). En melange avec l’espece suivante.
Campylopus haitensis Then sp. nov. (s. g. Palinocraspis).
Dioicus. Cxspites densi, cohx rentes, superne virides, inferne nigrescentes.
Caulis gracilis, simplex vel summo ramosus, 2 cm. alius, basi nudus, dense
radiculosus, apice congesto-foliosus. Folia sicca patentia, basi obovata,
auriculata, sat raptim in acumen longum, canaliculatum, piliformem con-
tracla, 6 mm. longa, 0,4 mm. lata, marginibus integris, valde involutis ;
costa basi 180 g, sat longe excurrente, dorso Ixvi, in sectione transversali
ab eurycyslis utraque pagina stereideis composita ; auriculas magnas, exca-
Source: MNHN, Paris
liSCI HISPANIC LENSES
vatas, cellulis alaribus majusculis, vesiculosis, cellulis suprabasilaribus
laxis, reclangularibus, parietibus firmis, cellulis laminse reclangulis, chloro-
phgllosis, paulum incrassatis, superne brevioribus, quadralis. Folia peri-
chxlialia similia sed longiora, pedicellus tenuis, pallidus, usque ad 15 mm.
longus, sicca et humida eredus, capsula (immatura ) suberecla vel inclinata,
oblonga, basi altenuala, asymmetrica, sicca paulum arcuata, operculum
conicum, longiroslralum, calyplra basi nuda (?) Gietera ignota (fig. 1).
Haiti, Massif de la Hotte, western group, Torbec, top of Mt Formon,
rotten log, 2.225 m. (n° 7561 pp.).
1. Cette especc a de grandes affinites avec C. humilis Mont. ; elle s'en
distingue ais£ment par ses pedicelles tres longs, dresses k 1’humidite
comme a sec. Ce dernier caractere exigerait qu’elle soit rangee dans la
section Recliseli, tandis que par ses feuilles elle doit appartenir a la sect.
Filifolii. Une fois de plus, les faits demontrent que ces divisions ne peuvent
etre maintenues, et qu’il conviendra de grouper autrement les especes
comprises dans les sections Filifolii et Rediseli.
2. La plupart des coiffes sont nues a la base ; mais le hasard m’en a fait
decouvrir une munie de cils. A cette anomalie, je ne vois qu’une explica¬
tion : les coiffes sont normalement ciliees, mais les cils sont caducs et
disparaissent de bonne heure. A l’appui de cette hypothese, j’apporte
une autre observation : une touffe de Campylopus alopecurus C. M. recoltee
en Bolivie par K. Troll m’a presente des coiffes ciliees et des coiffes nues
& la base en nombre k peu pres egal!
J’avoue que ces constatations imprevues diminuent ma confiance
dans 1’importance du role qu’on fait jouer & l’etat de la coiffe pour le
groupement des especes du g. Campylopus.
3. La structure de la nervure chez C. haitensis n’est pas uniforme de la
base au sommet de la feuille : 1° une section transversale prise tout pres
de la base presente sur la face dorsale une bande de stereides, sur la face
ventrale pas de stereides, mais un epiderme compose d'une serie unique
de cellules tres encrassees a lumen oblong ; c’est la structure propre k
quelques especes du s. g. Eucampylopus ; 2° dans la partie moyenne
de la feuille, une section transversale presente sur la face ventrale une
etroite bande de stereides (fig. 1) situee entre l’arc central d’eurycystes
et l’epiderme decrit ci-dessus ; par ce caractere, notre espece justifie sa
place dans le s.-g. Palinocraspis.
Leucobryum albicans (Schw.) Lindb.
Haiti, departement du Nord, Port Margot, Morne Maleuvre, 1.000 m.
(n° 2832).
Leucobryum Polakowskyi (C. M.) Card.
Haiti, loc. XIV, 1.500 m. (n° 570).
Octoblepharum albidum (L.) Hedw.
Haiti: plusieurs recoltes, dont une forma elala, avec tiges atteignant
10
1. THERIOT
3 cm., Massif des Matheux, St-Marc, source Brunet (n° 8060).
Syrrhopodon Berteroanus (Brid.) C. M.
Santo-Domingo, loc. VI (n° 12.405).
Anceclangium incrassalum Broth.
Haiti, loc. IX, 1.000 m. (n° 1918).
Anceclangium apiculatum Schp.
Santo-Domingo, loc. Ill (n os 13.795, 13.844).
Trichoslomum jamaicense (Mitt.) Jseg.
Haiti, loc. XI, 1.400 m. (n° 7647).
Trichostomum (?) Kkmani Ther. sp. nov.
Dioicum, gracile. Cats piles densi, fusco-virides. Caulis ereclus, circa
0,5 cm. altus, simplex. Folia
sicca circinato-incurva, humi-
da valde palula subsquarrosa,
e basi oblonga, 0,6 mm. lata,
sat subito in subulam longam
canaliculalam conlrada, aris-
lata, inferiora minora, cseteris
sensim majora, superiora 4-5
mm. longa, marginibus inle-
gerrimis, valde involutis ; costa
valida, 100-110 p, in mucro-
nem brevem excedente, dorso
Uevi, ventre stratis pluribus
cellularum chlorophyllosarum
pulvinatim obtecla, in sectione
transversali utraque pagina
slereideis plurislratosis teclis
composita ; cellulis laminali-
bus quadralo-rotundatis, mi¬
nute papitlosis, opacis, 9-10 p,
parietibus paulum incrassatis,
basilaribus hyalinis, Uevibus,
peristome. exlernis linearibus, internis
reclanguiis. Pcdicellus tenuis, 7-8 mm. longus ; capsula erecla vel
inclinala, subcylindrica, 1-1,5 mm. longa ( deoperculala ), peristomium sub
ore insertum, denies e membrana basilari anguslissuna (60 p alia), leniter
contorti, usque ad basin in 2-crura filiformia divisi, dense papillosi, 0,6 mm.
longi, sportE papillosne. Ceetera ignola (fig. 2).
Haiti: dep. du Sud, in the mountain forest in Cota, near Civette,
Camp Perrin N. of the Cayes, on stones, ca. 1.300 m.; leg. Ekman (n° 99)
[typus].
S, filament propagulifere ; 7,
ieu de la fcuillc ; 8, t.issu ba
; 10, sommet de la capsule
Source: MNHN, Paris
MUSCI H l SI
IOLKNSKS
Cuba : Loma del Gato, prov. Oriente ; leg. J. Acuna (n° 426).
Par le port, par la forme ct la taille des feuilles, cette espece s’appa-
rente au T. involulum Broth, de Chine ; clle s’en eloigne par la lame des
feuilles plus etroite, a bords fortement involutes des la gaine, et par le
tissu basilaire plus serre.
Je ne suis pas sur que cette Mousse soit bien k sa place dans le genre
Trichostomum : le peristome a dents legerement tordues, la nervure chargee
de propagules sur la face ventrale sont des caracteres qui Ten eloignent.
Mais on eprouve des difficultcs de meme ordre si on essaie de la placer
dans d’autres genres, tels que Turckheimia, Trichostomopsis, Pseudo-
crossidium, etc. Faut-il conclure a un genre nouveau V C’est une solution
a la quelle j’ai renonce parce que je n’ai pas trouve de caracteres suflisants
pour justifier cette creation, etant donne que la presence de propagules
sur la nervure n’est pas un fait constant: la plante de Cuba mentionnee
plus liaut est depourvue de propagules, quoiqu'identique par le port,
la taille, les feuilles, k la plante de Haiti.
Plcurocheete luleola (Besch.) Ther.
Haiti, loc. X (n° 3169).
Leptodontium subcirrifolium (C. M.) Par.
Haiti, loc. XIII (n° 569).
Cette espece est bien voisine du L. cirrifolium Mitt. Elle ne me parait
s’en distinguer que par ses feuilles plus courtes et par son tissu plus serre.
Didymodon planifolius P. de la V. et Ther. sp. nov.
S. g. Erythrophyllum. Dioicus, exspiles densi, inferne cohxrenles, nigres-
cenles, superne virides. Caulis
brevis, vix 1 cm. alius, erectus,
arcuatulus, inferne radiculosus,
simplex vel parce ramosus. Folia
sicca erecto-appressa, humida
eredo-palentia, oblongo-lanceola-
la, breniler acuminata, acuta,
mucronata, 2 mm. longa, 0,5 mm.
lata , marginibus planis, inleger-
rimis, costa crassa, basi 90-100 a,
superne 60 u, excurrcnte, dorso
minute papillosa, cellulis lami-
nalibus quadralis, incrassatis,
chlorophyllosis , dense et minute
papillosis, diam. 10 y_, basilu-
ribus laxis, elongate reclangulis, Ixvibus, pariclibus firmis, haud
incrassatis. Pedicellus 8-10 mm. alius, tenuis, pallido-luteus, capsula
oblongo-cylindrica, operculum conico-rostralum, peristomium normale.
vers b ; 5, tissu basilaire ; 0, capsule humide;
7, uno dent du peristome.
Source: MNHN, Paris
12
[. THKRIOT
Haiti: Morne de la Selle, on shaded stones, 2.500 m.
Barbula Ehrenbergii (Lor.) Fleisch. forma.
Haiti: Massif des Matheux, morne Saut-d’Eau, at the waterfall, 300 m.
(n° 5501). — Nouveaute pour Haiti.
Differe des formes communes par le tissu : les cellules carrees de la
lame sont encrassees, les basilaires plus courtes et plus larges. Je possede
dans ma collection une Mousse recueillie dans le ravin du Rumel, a Cons¬
tantine (Algerie), qui est tout a fait identique par le tissu.
Torlula Husnoti Schp. forma.
Santo-Domingo, loc. VIII, eastern shore of Rio Ozama (n° 11.159).
Pedicelles plus longs, environ 1 cm.
Tortula (lomingensfs Ther. sp. nov.
Dioica. Ceespiles sal compacti. Caulis gracilis, credits, 1-2 cm. alius,
inferrte fere dcnudatus, radiculosus, laxe foliosus. Folia inferiora minuia.
superne sensim majora, apice rosulala, 2-3 mm. X 1,7 mm., sicca crispalo-
patula, humida palula, obovata, apice rotundata, apiculata, basi contractu,
marginibus planis, integerrimis vel summo denticulatis, costa valida, basi
90 u., in apiculum recurvum excedente, rete laxissimo, cellulis regulariter
hexagonis, parce chlorophyllosis, 60 u. X 35 u ,parietibus tenuibus, basilaribus
majoiibus, reclangulis, marginalibus (2-4 scr.) bislralosis, linearibus,
incrassalis, opacis, limbidium terelem cfformantibus. Pedicellus gracilis,
20 mm. alius, capsula ( immalura) erecla, cylindrica, 4 mm. longa, operculum
conicum, obtusum. Cider a ignoia (fig. 4).
Santo-Domingo : Peninsula de Samana, Pan de Acuzar, 500 m., on
tree branches (n° 15.849, typus); Cordillera Central, La Cumbre, in forest,
300 m. (n° 12.432).
Source: MNHN, Paris
ML'SCI HISPANIOLENSES
13
Plante tres proclie du T. mniifolia (Sull.), avec lequel elle constitue
un petit groupe bien special, bien delimite, dont les feuilles par leur
limbidium et leur tissu rappellent exactement certaines especes du genre
Mnium.
Tortula domingensis se distingue du T. mniifolia par la forme de ses
feuilles, par son tissu plus lache et plus regulier, par la nervure insensible-
ment retrecie de la base au sommet, et non subegale comme chez T.
mniifolia. Enfin celui-ci croit sur les pierres niouillees aux bords des ruis-
seaux, tandis que T. domingensis vit sur les branches d’arbres.
(irimmia anlillariini Ther. sp. nov.
Dioica. Ceespites dense puluinati, inferne fusci, superne virides. Caulis
crectus, simplex vel parce ramosus, 0,5-1 mm. alius, inferne subnudus,
Pig. 5. — Grimmia antillarum Tlier. — 1, deux feuilles; 2, coupe vers la base ; 3, frag¬
ment de cette coupe ; 4, coupo dans l’acumen ; 5, cellules de la lame, vers a ; 6, cellules
basilaires pres de la nervure ; 7, cellules basilaires externcs ; 8, capsule humide.
superne dense foliosus. Folia sicca erecta, humida palula, oblongo-lanceolala,
sensim acuminata, acuta, basi biplicata, valde concava, canaliculato-carinata,
in pilum longum albidum denticulatum producla, marginibus integerrimis,
± revolutis, costa basi 60 g, excurrente ; cellulis laminalibus quadralo-
rolundalis, chlorophyllosis, paulum incrassatis, 10-12 p., marginalibus
(2-5 ser.) bislralosis, basilaribus subhyalinis, internis linearibus, externis
quadratis vel breviter rectangulis. Pedicellus ereclus, 3-4 mm. longus, capsula
emersa, oblonga vel subcylindrica, lie vis, 1,25 mm. longa, 0,4 mm. crassa,
operculum convexum, roslratum, calyptra milriformis, basi laciniata, peris-
tomium normale, 0,3 mm. allum, sporie lieves, minutse, 8-9 ^ (fig. 5).
Santo-Domingo : Cordillera Central, prov. de Azua, Los Vallecitos de
Yaque, 2.500 m. (n° 13.630).
A quelques rapports avec G. commutata Hub. et G. campestris Burch.
Ces especes se distinguent du G. antillarum par leurs capsules courtes
Source: MNHN, Paris
14
et epaisscs, et en outre G. commutata par sa coillc cucullee, et G. campestris
par la coiffe et l'opercule plus courts.
C’est, d’apres Y Index bnjologicus, la premiere fois cju’une cspece du
genre Grimmia est r6coltee dans les Antilles.
Zygodon doniinjjensis Tliei. sp. nov.
Sterilis. Ciespiles compadi, coheerenfes, fusco-tomenlosi, inferne nigres-
centes, superne hvte-virides. Caulis gracilis , ereclus , simplex, innovando
basilaires prds de la norvure.
viler redangulis, incrassalis, leevii
ramosus, radiculosus, 6-8 cm. al¬
ius, e sedione Iransversali pentago-
nis. Folia caulina sicca ereclo-pa-
tenlia, ramosa contorta, hiunida
valde palulo-squarrosa, in series
spiraliformis disposita, oblongo-lan-
ceolata, late acuminata, acuta, con-
cava, carinala, decurrenlia, 1 ,2 mm.
longa, 0,4 mm. lata, marginibus
planis, ultra medium ad apicem
serratis, costa basi 40-45 a, sub
apicem evanescente, dorso ten u iter
papillosa, cellulis valde incrassalis,
dense d minute papillosis, 7-9 a,
lumine rolundato, basilaribus bre-
i. Cider a nulla (fig. 6).
Santo-Domingo : Cordillera Central, prov. de La Vega, Pieo del valle
Nuevo, face of cliffs, 2.550 m. (n° 13.777).
Tres proche du Z. peruvianus Sull. par la taille et le port, par la foime
des feuilles, leur decurrence, leur papillosite. S’en cloigne pai ses tiges
tres radiculeuses, feutr£es, par ses feuilles plus fortement squarreuses,
plus courtes, a acumen moins fin, par les cellules plus petites, a lumen
ponc.tiforme.
Par la disposition des feuilles en spirales sur la tige, Z. domingensis
rappelle le Z. seriatus Ther. et Nav. du Ruvenzori.
Zygodon pentaslichus (Mont.) C. M. forma.
Haiti, loc. X (n° 3170). - Decouverte bicn interessanle : l’espece
n’etait connue qu’en Amerique meridionale, Patagonie, Chili, Perou.
La Mousse de Haiti ne differe de la plante du Chili que par des carac-
teres legers : moins robuste, feuilles plus petites, tissu basilaire occupant
un espace moins etendu, cellules de la lame a papiiles petites, peu sail-
lantes. Etant donnf l’amplitude des variations de l'espece, cette forme
ne meritc pas d’etre distinguee par un noin particulier.
Macromitrium mucronifolium (Hk. et Gr.) Schwtegr.
Source: MNHN, Paris
MI
I1SPAM10LENSES
Haiti: Massif de la Hotte, near Constant, 1.100 m. (n° 794).
Macramilriam cirrhoswn (Hedw.) Brid. var. nov. liaitense Ther.
Feuilles longuement et finement acuminees, k Lords sinuoles et non
dentes : nervure le plus souvent excurrente.
Haiti, loc. XV, 2.150 m. (n° 7533).
Macromilriiiin haitense Ther. sp. nov.
S° Leiostoma. Cxspiles densissimi, luteo-virides, inferne fuscescentes.
Caulis repens, ramis rubuslis, elongalis, 2-3 cm. longis, dense foliosis,
4-5 mm. crassis, plurimis, conliguis,
simplicibus vel divisis. Folia sicca
crispato-patentia, humida squarrosa,
anguste lineari-lanceolala, sensim acu¬
minata, acuta, transverse undulata,
marginibus planis, inlegris, apicem
versus subdenticulalis, 4-5 mm. x
0,75 mm., costa carinata, sub apicem
cvanescenie, cellulis laminx rede se-
riatis, quadrato-rotundalis, incrassalis,
vesiculosis, papillosis, 12-15 u, infe-
rioribus lincaribus, incrassalis, verru¬
cosis. Folia pcric/n'clialia similia, inli-
ma minora, iatiora, ereda, subinlegra,
cellulis Levi bus ; pediccllus eredus,
5 mm. longus, in dimidio superne
scaber ; capsula immalura oblonga,
plicata, in collo eequilongo attenuala, operculum longirostralum, calyptra
pilosa. Cxtera ignola (fig. 7).
Haiti: Massif de la Hotte, western group, Lcs Roseaux, pineland, on
stones, 2.400 m. (n° 10.645).
Magnifique espece qui a beaucoup de rapports avec M. longifolium
(Hook.), mais qui s’en distingue par ses feuilles plus longues et plus
etroites, par ses p^dicelles deux fois plus courts, par les cellules foliaires
plus grandes. Les feuilles ont la forme et la structure de celles du M.
cirrhosum (Hedw.), mais elles sont plissees-ondulees en travers dans
l’acumen.
Schlolheimia ciliolala C. M. var. nov. lonyifolia Ther.
Taille plus robuste, feuilles plus longues, moins profondement gaufrees,
a nervure plus large, 60 p.
Haiti, loc. XI (n° 7790).
Schlothcimia torquata (Ilcdw.) Brid. forma brcviseta.
Haiti, loc. XIV (n° 583). — Pcdicelles plus courts.
moyennes, en b ; 4, cellules supra-
basilaires, vers a ; 5, capsule s&chc.
16
[. THKHIOT
Splachnobnjam Mariei Besch.
Haiti: dep. du Sud, near the road from Roche-a-Bateau to Acul,
calcareous stones (n° 739).
Physeomitrium Ekmani Ther. sp. nov.
Caulis gracilis, erectus, 5-8 mm. alius, infcrnc nudus, superne laxe
foliosus. Folia inferiora minora, elliptica, superne sensim majora, spatulalo-
oblonga, acuminata, acuta, sicca et humore palula, marginibus planis,
summo dentalis, 2,3-3 mm. longa, 1 mm. lata, costa tenui, sub apice evanida,
rete laxissimo, cellulis mediis breviter hexagonis, 60-100 a longis, 40-45 p
latis, basilaribus rectangularibus, marginibus rhomboidalis, longioribus
el anguslioribus, limbidium indistinclum efformantibus. Pedicellus ereclus,
7-8 mm. longus, capsula ovato-truncata, collo brevi attenuata, annulata,
macrostoma, membrana exolhecii sub ore cellulis 10-12 serialis elongate
et transverse rectangulis, operculum breve conicum, sporx papillosx, 30 p.
crassx (fig. 8).
Santo-Domingo : Cordillera Central, prov. de Azua, valle del Yaque,
moist place, 1.500 m. (n° 13.701).
Espece remarquable par son tissu lache, a cellules allongees. Les quel-
ques especes qui ont un tissu analogue, Ph. argenlinicum Par., Ph. Benoisti
Ther., etc., s’en distinguent aisement.
Funaria paucifolia (C. M.) Broth.
Haiti, loc. XII (n° 9502).
Slableria osculatiana (de Not.) Broth.
Haiti, loc. XIV (n° 565). — Espece nouvelle pour Haiti.
Source: MNHN, Paris
Muscr
PANIOLENSES
17
Epiplerygium Wrightii (Sull.) Lindb.
Santo-Domingo: Peninsula de Samana, Rio Hato Viejo, 275 m.
(n° 15.275).
Brachymenium Wrighlii (Sull.) Broth.
Haiti, loc. XV (n° 7533 pp.). — Associe au Macromitrium cirrhosum var.
Bryum cavifolium Schp. forma.
Feuilles un peu plus courtes, a nervure brievement excurrente, souvent
ctroitement revolutces jusqu’au sommet, au moins d’un cote.
Haiti : Massif de la Selle, Gauthier, Pays-Pourri, at source Petit-Pas
1.200 m. (n° 7734).
Bryum Samuelssoni Ther. sp. nov.
S° Rosulata. Synoicum. Caulis ereclus, 2-3 cm. longus, fusco-tomentosus,
laxe foliosus, innovalionibus gracilis, erectis. Folia sicca erecto-appressa,
flexuosa, oblongo-lanccolata, acuminata, acula, mucronala, longe decurrentic,
2 mm. x 0,5 mm., marginibus toto ambilu revolulis, apice denticulatis ;
Fig. 9. — Bryum
innovation; 4,
ginalcs, vers a
1 Samuelssoni Ther. — 1, feuille caulinairo; 2, acumen; 3, feuille d’unc
coupe transversals d’unc feuille ; 5, cellules moyennes ; 6, cellules mar-
; 7, tissu basilaire ; 8, capsule sechc.
costa brunnea, basi 70 p, in mucronem excurrente-, cellulis hexagonis,
parielibus tenuibus, 40-60 p X 15-18 p, basilaribus rectangularibus, mar-
ginalibus linearibus (3-4 ser .) limbidium efformantibus. Pedicellus gracilis,
ereclus, usque ad 35 mm. longus ; capsula cylindrica, collo subsequilongo
attcnuala, horizontalis, 3-3,5 mm. longa, operculum convexum, brevirostrum.
Ceetera ignota (fig. 9).
Santo-Domingo: Cordillera Central, prov. de La Vega, valle Nuevo,
au bord d’un ruisseau, 2.400 m. (n° 13.843).
Far l’ensemble de ses caracteres, inflorescence synoique, tiges lache-
toent et regulierement feuillees, feuilles longuement decurrentes, revo-
Source: MNHN, Paris
18
[. THERIOT
lutees tout autour, pedicelles tres longs, cette cspece ne peut etre con-
fondue avec aucune autre.
Rhodobryum domingense (Brid.) E. G. Britt.
Haiti, loc. XI (n° 7674).
Euslichia Spruceana (C. M.) Par.
Santo-Domingo, loc. I, San Jose de Ocoa, Loma Sucia, 2.300 m.
(n° 12.006).
Rhizogonium spiniforme (L.) Bruch.
Haiti, loc. XIII (n° 566), loc. XVI (n° 144), forma angustifolia.
Philonotis elegantula (Tayl.) Jffig.
Haiti, loc. XI (n° 7626).
Philonotis uncinala (Schwasg.) Brid.
Santo-Domingo : prov. Puerto Plata, near El Llano, 700 m. (n° 14.307).
Breulelia haitensis (R. C.) Broth. ; syn. : Philonotis jamaicensis (Mitt.)
Card. (cf. Cardot, Rev. bryol., 1911, p. 102).
Haiti, loc. XII (n° 9500).
Breulelia tomentosa (Sw.) Schp. forma breviseta.
Haiti, loc. X (n° 3176). — Pedicelles 4-5 mm.
Breulelia scoparia (Schwtegr.) Schp.
Santo-Domingo, loc. V, road to valle Nuevo at Canada Grande, 2.200 m.
(n° 13.882).
Hedwigia albicans (Web.) Lindb. forma.
Santo-Domingo, loc. IV (n° 13.775). - Jolie forme que C. Muller a
nommee Hedwigia strida, in Hedwigia, 1898, p. 239.
Pseudocrypheea flagellifera (Brid.) E. G. Britt.
Santo-Domingo, loc. VII, prov. Querte, Pimentel (n° 13.267).
Prionodon haitensis Ren. et Card.
Haiti, loc. XI (n° 7798).
Lepyrodon tomentosus (Hook.) Mitt, forma longipila.
Feuilles terminees par un poil deux fois plus long.
Santo-Domingo, loc. IV (n» 13.776). — EspSce nouveUe pour les Antilles.
Trachypus viridulus (Mitt.) Broth.
Haiti, loc. XV (n° 7538).
Pterobryum angustifolium (C. M.) Mitt, forma.
Haiti, loc. XI, 1.300 m. (n° 7667). — Cette plante porte des rameaux
flagelliformes garnis de petites feuilles tres caduques; mais elle ne doit
pas etre confondue avec la forma flagellifera Besch. de la Guadeloupe,
forme qui a ete rapportee au PI. integrifolium Hpe.
Pterobryopsis denials Ther. sp. nov.
Dioicus ? viride-lutescens. Caulis secundarius ascendens, 8-10 cm. alius,
sat regulariter disliche pinnatus, ramis patulis, complanatis, pane ramu-
losis. Folia palentia, late cordato-ovata, longe et anguste acuminata, auri-
Source: MNHN, Paris
M LI SCI HISPANIOLF.I
19
culala, concava, plicalula, marginibus planis, superne dentatis, inferno
denticulalis vel subintegris, costis binis brevibus vel nullis, rote pellucido,
cellulis linearibus, Irevibus, parictibus incrassatis, 40-50 g x 5-6 g, alaribus
fuscis, obovatis, valde incrassatis, auriculas distinctas formantibus. Ccetera
desunt (fig. 10).
Santo-Domingo : Cordillera Central, prov. de La Vega, Constanza,
Loma La Vieja, top of Mountains, mossy forest, 2.075 m. (n° 14.032).'
Je pense que cette espece a sa place dans la section Plerobryodendron
a c6te du PL Bescherellei (Kiaer), de Madagascar, dont elle possede la
taille et la ramification. Elle dilTere de celle-ci par la forme de ses feuilles
qui rappellcnt celles du Pi. acuminata (Hook.) d’Asie ; elle s’eloigne en
outre de toutes les deux par sa nervure double et tr6s courte.
Orthoslichopsis letragona (Sw.) Broth.
Santo-Domingo, loc. VIII, El Maniclito, on the ground (n° 11.294).
Pilotrichella flexilis (Sw.) Jseg. var. gracilis B. et P.
Haiti, loc. XI (n° 7666 pp.).
Papillaria appressa (Hornsch.) Jajg.
Haiti, loc. XIV (n° 643) ; Santo-Domingo, loc. VII (n° 13.266),
Papillaria squamatula C. M.
Haiti, loc. XI (n° 7698). — Espece nouvelle pour Haiti et les Antilles.
Meleorium illecebrum (C. M.) Mitt.
Haiti, loc. XI.
Barbella diclados (Schp.) Broth.
Haiti, loc. XI (n° 7664).
Calyplothecium porodictyon (R. ct C.) Broth.
Haiti: Massif du Nord, Citadelle La Ferriere, 900 m. (n° 8269).
Porotrichum crenulatum C. M.
Haiti, loc. XIV (n° 492).
Porothamnium fasciculatum (Sw.) FI.
Source: MNHN, Paris
20
[. THERIOT
Haiti: Massif du Nord, Port-de-Paix, Haut-Piton, 1.150 m.
Hookeriopsis incurva (Hk. et Gr.) Broth.
Santo-Domingo, loc. VI (n° 14.344).
Lepidopilum chladorhizans Besch. forma ?
Haiti, loc. XVI (n° 143). .
Bien conforme au type par l’ensemble de ses caracteres, sauf qu ici
la coiffe est poilue et les tiges depourvues de radicules.
Hypoplerygium tamarisci (Sw.) Brid.
Santo-Domingo, loc. V (n° 13.994).
Thuidium Wrightii Jteg.
Haiti, loc. XIV (n° 475).
Thuidium acuminatum Mitt.
Haiti, loc. XVI (n° 145).
Thuidium antillarum Besch.
Haiti, loc. IX (n° 8016). —Determination seulement probable, l’echan-
tillon etant sterile.
Drepanocladus aduncus (Hedw.) Monck.
Santo-Domingo, loc. V (n° 14.063).
Amblystegium leilense Mitt.
Santo-Domingo, loc. I. San Juan, Lomas de la Mediania, 1.950 m.
(n° 13.594). — Plante h peu pres identique au type qui m’a ete commu¬
nique par M. R. S. Williams, du N. Y. Bot. Gart. C’est une espece ou une
forme du gr. Dr. fluitans ou du gr. aduncus ; je ne puis preciser sa position,
a cause de la sterilite de la recolte Ekman.
Brachylhecium pseudo-lretum C. M.
Haiti, loc. XIV (n° 636).
Bhynchostegium conchophyllum (Tayl.) Jffig.
Haiti, loc. IX (n° 8006).
Rhynchoslegium frondicola (C. M.) Jefig.
Santo-Domingo, loc. VII (n° 14.334).
Erylhrodontium teres (C. M.) Par. ?
Haiti, loc. XIV (n° 642). — Plante sterile.
Entodon macropodus (Hedw.) C. M.
Haiti, loc. XI (n° 7666 in p.).
Heterophyllium affine (Hook.) Fleisch.
Haiti, loc. XI (n° 7696). — Espece nouvelle pour Haiti et probablement
pour les Antilles.
Pterogoniopsis cylindrica C. M. forma.
Haiti: Massif de la Hotte, Fond-des-Negres, Hab. Buttet, on tree
trunk, 300 m. (n° 71.646).
L’espfece n’etait connue qu'en Argentine. La mousse de Haiti differe
peu du type : les dents du peristome sont ici moins largement tronquees-
arrondies que celles qui sont figurees par Brotherus, in Engl.-Pr.
MUSCI HISPANIOLENSES
21
Acroporium pungens (Sw.) Broth, forma densirelis.
Tissu plus serre; diam. des cellules, 6-7 p.
Haiti: loc. XIV (n« 582); Santo-Domingo, loc. VI (n° 12.407).
Sematophyllum sericifolium Mitt, forma longiseta.
Pedicelles 15 mm. — Haiti, loc. XIV (n° 510).
Isopterygium tenerum (Sw.) Mitt.
Haiti: Massif du Nord, Marmelade, 725 m. (n° 8288).
Vesicuiaria vesicularis (Schwasgr.) Broth.
Santo-Domingo, loc. VI (n° 11.552).
Ptilium orthothccium Ther. sp. nov.
Statura, habilu, foliorum forma et rete P. crista-castrense (L.) simillima ;
differt paraphyllis raris, ramis crassioribus, foliis perichxtialibus haud
plicalis, foliis caulinis rameisque latioribus acuminatis, capsulis erectis.
Folia caulina 2,5 mm. longa, 1 mm. lata, auriculata, marginibus sinuo-
7, capsule humide.
latis, ramea minora, loto ambitu dcnliculatis, cellulis valde incrassatis, mediis
50-60 p. x 7-8 p. Pericluelium elongatum, 4-5 mm. ; folia perictuetialia
intima enervia, haud plicata, integra, apice paucidenlala ; pedicellus 4 cm.
longus ; capsula erecla, cylindrica, 2 mm. longa (deoperculala ). Cxtera
ignota (fig. 11 ).
Haiti: Massif de la Selle : 1° Furcy, morne Brouet, in haubwald,
1.700 m., c. fr. (n° 1869, typus); 2° Croix-des-Bouquets, Badeau, 2.100 m.,
sterile (n° 7716).
Microthamnium diminutivum (Hpe) Jteg.
Haiti, loc. XVI, 1.300 m. (n° 98).
Microthamnium perspicuum (Hpe) Jteg.
22
l. THERIOT
Haiti, loc. XI (n° 7630); Santo-Domingo, loc. V (n° 13.094 in p.).
Mjerothamnium Ekmani Ther. sp. nov.
Sterile, cmspiles sal densi, depressi, lutescenli-virides. Caulis gracilis,
brevis, ± regulariter pinnalas, ramis patulis, hand complanatis. Folia
sicca palula, subsquarrosa, caulina
cordato-ovata in acumen angustum
longum piliformem sal abruple cons-
tricla, 1 mm. x 0,5 mm., ramea
ovato-lanceolata, sensim acuminata,
acuta, toto ambitu subinlegra, 0,7-
0,75 mm. X 0,3 mm., costis binis,
brevibus, cellulis angustis, lineari-
bus, 40-60 «, X 6 ft, papillosis,
papillis apicalis, parum prominu-
lis, alaribus minutis, quadrato-
rotundatis. Cxtera desunl (fig. 12).
Haiti: Massif de la Selle, Croix-des-Bouquets, Badeau, slope towards
Camp-Franc, 1.300 m. (n° 7661).
La sterilite de cette plante en rend le classement difficile. Toutefois,
en raison de ses feuilles etalees-subsquarreuses, des cellules alaires petites,
nombreuses, je la range provisoirement dans la division B. d. du s.-g.
Pseudomicrothamnium.
CRYPTONEURUM Ther. et P. de la V. (genus novum Rhyiidiacearum).
Dioicum, sericeum, laxe intricatum. Caulis repens, copiosis rhizoideis
prreditus, dense et irregulariler divisus, in sectione transversali ovalis et
prxbens : intus centralem fasciculum, e parvis elementis frequenter chloro-
plastis prieditis composilum, deinde laxas, magnas, inanes cellulas, denique
extus duo strata corlicalium cellularum parietibus crassis. Paraphyllia baud
crebra, maxime ex parte late delloidea el asymelrica, raro anguste lanceolata.
Folia distincte dimorpha : caulinaria e basi amplcctante, late obovata, sensim
in integerrimo piliforme acumine extcnuala, longiludinalibus profundis
rugis corrugata ; costa unica, circa ad scxlam vel maxime quartam partem
folii perveniens, sed sxpissime difficile conspicua quia frequenter in ima
ruga abscondila vel interdum longior vicleiur nunc propter medium rugam
quie illam tegit et simul longe superat-, marginibus planis vel parce undulalis ;
cellulx basilares brcviter rectangulie vel hexagonx, alares pseudo-auriculam
formanles, medix et superiores anguste prosenchymaticee, parietibus parce
ffexuosis, omnes Ixvissimx. Folia ramealia inferiora (ad originem rami)
brevia, obtusa, deinde sensim magis ac magis acuminata, denique caulinariis
similia sed angusliora in acumine ffliformi sxpe lorto vel crispato extenuata.
ginales, vers a; 5, cellules alaires.
MUSCI HISPANIOLKNSKf
23
marginibus inlegris aut hie illic denliculatis, 3-4 profundis rugis prxdita,
erecto-adpressa ; costa sicut in caulinariis parum conspicua et abscondita ;
cellulse basilares breviler subrectangulee ± excavate, alia :> anguste prosen-
chymatica-. Folia perigonialia e basi ovata breviter acuminata, leevia, sine
rugis, cnervia ; anlheridia ellipsoidea, curvata ; paraphgses longiores. Folia
perichxtialia erecla vel inlerdum patentia, externa brevia, obtusa, interna
longiora et ramealium similia, sed marginibus superne angustissime revolulis
et texto laxiore, enervia ; vaginula alte cylindrica, tenuibus, jlexuosis, fili-
formibus paraphysibus veslita ; archegonia pauca ; seta rubra, lievis ; theca
obovoidea-cylindrica, asymelrica, tenue curvata ; operculum conicum, bre-
vissime apiculalum ; perislomii denies ferruginei, marginati, minute slriati,
superne pallescenles et papillali, alte trabeculali; endostomii processus
aurali, paullo breviores, carinati, papillati ; cilia brevia, solitaria ?
Cryptoneurum acuminatum Ther. et P. de la V.
Sericeum, intus brunneum, extus nitide lutescens. Caulis 3-4 cm. longus.
Polia caulinaria circa 1,4 mm. longa, 0,5 mm. lata ; paraphyllia 0,25 mm.
longa ; cellula’ basilares et alares 24-26 p. X 13-14 u, parietibus indistincle
Source: MNHN, Paris
24
I. THERIOT
punciatis, media: et stiperiores 48-50 p x 7-8 p; folia ramealia inferiora
iantum 0,25 mm. longa, media et superiora usque ad 1,5 mm. longa. Anthe-
ridia 350 X 90 p; Paraphyses longiores, erectx, plerumque trisepta:. Pedi-
cellus 15 mm. altus ; theca operculata 2 mm. longa, 1 mm. crassa; spori
minutissime verrucosi, viride ochracei, 12-14 p crassi (fig. 13).
Haiti: Morne de la Selle, on shaded stones, 2.500 m. (n° 3177).
Le g. Cryptoneurum semble devoir etre place dans le voisinage du g.
Plychodium dont il se rapproche par les feuilles profondement plissees
et par la nervure simple. Ce dernier caractere l’eloigne du g. Gollania,
mais il faut cependant reconnattre que son port et l’aspect que prennent
parfois les feuilles rameales en se tordant et se crispant, et aussi la rarete
relative des paraphylles, indiquent quelques affinites avec ce dernier
genre.
Pogonalum tortile (Sw.) Par.
Santo-Domingo, loc. I, Los Lagunas, 750 m.
Poflonatum Ekmani Ther. sp. nov.
Dioicum. Caulis erectus, 10-20 cm. longus, basi nudus, simplex vel sub
perichxtio innovans. Folia sat conferta, sicca ereclo-flexuosa, humida erecto-
palenlia, 6 mm. longa, e basi
brevi laliore subhyalina, integra,
cellulis internis rectangulis, mar-
gines versus quadratis, lamina
longe lanceolata acuminata, acu¬
ta, marginibus planis, serratis,
dentibus magnis, acutis, versus
apieem conferlis, cellulis margi-
nalibus quadrato-roiundatis, 10 p,
valde incrassatis ; costa percur-
renle, lamellata fere tola obducta,
lamellis numerosis, conferlis, in
seclione transversali e 1-3 cellulis
compositis, cellula marginali di-
lalala, emarginalo-bifida. Pedi-
cellus erectus, 25-30 mm. longus,
capsula oblongo-cylindrica, erecta
Fici. 14. — Pogonalum Ekmani Thi'r. — 1,
feuillc ; 2, acumen ; 3, tissu (le la gaine ;
4, bord de la fouille et cellules marginales,
6, fragment de cette coupe ; 7, fragment
d’une lamelle vue en plan.
4-5 mm. longa ( deoperculata), calyplra rufa tolam capsulam obtegens
(fig. 14).
Haiti: Massif de la Hotte, western group, Torbec, top of Mt Formon,
on the ground, 2.225 m. (n° 7507). — A aussi eterecolte a Cuba, par le
meme collecteur, E. L. Ekman, au pic Turquino (1915), et par l’ingenieur
Source: MNHN, Paris
MUSCI HISPANIOLENSES 25
Y. Acuna, au meme lieu en 1936; mais les echantillons cubains sont
steriles.
Cette belle espece a des affinites avec P. Pillieri R. C. du Costa-Rica
ct P. ericmfolium Besch. du Mexique. Elle differe du P. Pittieri par ses
feuilles deux fois plus petites et par les lamelles de la nervure composees
au centre de 3 cellules (au lieu de 2) et aux bords d’une seule cellule,
et du P. ericxfolium par sa grande taille, par les cellules de la lame et
des lamelles plus larges, par ses feuilles vivement dentees depuis la gaine.
Vegetative Reproduction in Bryopteris
fruticulosa Tayl.
by Margaret Fulford
Plants of Bryopteris fruticulosa collected at Punta Gorda, British
Honduras, November 1932 exhibit an interesting example oi vegetative
propagation by means oi young shoots. These young shoots are oi two
types, the one arising from leal cells and known as < Erntsprossehen .,
and the other occupying the same position as the sexual branches on
the stem and belonging to the category < Brutaste ».
The • Brntspriissehen i usually arise on the dorsal sides of the ordinary,
persistent leaves, especially after they are badly weathered or « eroded >.
The propagula occur on any portion of the surface and show no periodicity
in their development, one leaf often bearing brood shoots of different
sizes (see Fig, 1). They also occasionally occur on male bracts.
This type of propagulum on persistent leaves has been described in
Plagiochila (1) and Bazzania (2). They are also frequent in many species
with caducous leaves, and are associated with the caducous leaves.
Evans (3) has described them in several tropical American genera, and
more recently Degenkolbe (4) has given a comprehensive summary
of « Brutsprosschen ».
An ordinary leaf cell becomes more chlorophyllose than those adjacent
and divides by means of a wall at right angles to the surface of the leaf
(Fig. 2) and one or both of the newly formed cells bulge on the dorsal
surface (Fig. 3). Then from one of these new cells one or two cells are
cut off by transverse walls parallel to the leaf surface so that a very short
filament" is formed. An apical cell with three cutting faces devclopes
from the end cell after a few cells are cut off through anticlinal divisions.
The new shoot is formed by the activities ol this cell. 1 he first cells cut
off have bulging sides and can easily be distinguished even after the
(1) Carl (H.), Ueber die blattbiirtigen BrutsprOsschcn bei Plagiochila (Ann. Bryol, 6,
15-19, 2 fig., 1933). . .
(2) FULFORD (M.), The Genus Bahama in the
Midland Nat., 17, 385-124, 12 fig.. 1930).
(3) Hepatic® of Puerto Rico. VI. Cheilolejeum
Pyrnolejeunea (Bull. Toney Bol. Club, 33. 1-25, 3
(4) llrutorgane bei beblattertcn Lebemioosen (rl
United States and Canada (Amer.
\ea, Redolejeunea, Cyslolejeunea and
pi., 1906).
Bryol, 10, 13-96, 112 fig., 1937).
VEGETATIVE REPRODUCTION IN BRYOPTERIS FRUTICULOSA TAYL. 27
shoot has attained considerable length (Fig. 4 and 5). The first two leaves
are very rudimentary consisting of only three cells each. Each succeeding
leaf becomes larger, and on the fifth or sixth leaf rudimentary lobules
become evident. These, too, become larger on succeeding leaves and are
well developed on the ninth or tenth leaves. The typical (mature) leaves
of these shootlets have more or less the same outline as the leaves of
the parent plant, but they are, of course, very small, show no evidence
of teeth on the margins and have proportionately larger lobules. The
first underleaf usually arises after the formation of the fifth leaf and is
very rudimentary (see fig. 5), triangular and consists of three cells. Each
successive one is larger and more completely developed. The « mature »
underleaf is oblong and emarginate.
The « Brutaste » are much more abundantly produced, often hundreds
°f them occurring on a single branch. They are characteristically on
the primary branches but are not uncommon on the main axis. They
28
MARGARET FULFORD
are produced in tufts of from ten to thirty or more just below a leaf,
in the position of the sexual branches, often on the same axis with them
(see Fig. 6).
The sexual branches are of the Radula type, that is, they . arise m a
cortical cell adjacent to the base of a leaf on the basiscopic side and
in the ventral portion of the segment » (5) and each one has a well deve¬
loped sheath at its base. The tufts of brood branches arise m a similar
position but do not develop such sheaths.
The individual branchlets of the tuft originate in disc-like areas of
cortical cells just below the leaves. A transverse section of the stem
shows a medulla fifteen or more cells in diameter, surrounded by a cortex
of one layer of cells more or less rectangular in outline, not unlike the
structure of the stem of B. filicina described by Evans (6). The inner
cells of the medulla have relatively thin walls and are little pigmented,
but the cells of the outer two or three rows, those nearest the cortex,
have very thick walls and are deeply pigmented an orange-brown color.
The cortical cells are larger, with thinner walls, and are a little less pig¬
mented than the adjacent medullary cells. The cortical cells which give
rise to the propagula are somewhat larger than those adjacent and do
not have the typical deep, orange-brown color. In addition, the adjacent
rows of cells of the medulla have thin walls and also lack the usual pig¬
mentation.
In the formation of the propagula, a cortical cell of the sort just des-
cribed becomes packed with material and divides by means of a wall
at right angles to the surface. These new cells bulge out and each one
through a wall parallel to the periphery of the stem becomes two cells.
The outer cell, by a series of divisions at right angles to the stem axis,
forms a mass of cells. Each one of these cells thus formed is capable
of producing a new shootlet, through the formation of a fewcelled fila¬
ment, which in turn produces the apical cell of the new shoot, after t e
manner described for the development of the brood shoots from cells
of the leaves (see Fig. 7-10). As in the latter, the early cells cut oiT are
rounded in outline and irregularly arranged; the early leaves are rudi¬
mentary, consisting, for the most part, of only three or five cells; the
well developed lobules appear on the ninth or tenth leaves ; and e
underleaves are at first very rudimentary, but successive ones become
narrowly ovate, and finally oblong and emarginate (Fig. id). The branch-
lets often become more than 1.5 mm. in length while yet attached »
the stem. The point of attachment is a single cell (see Fig. 5 and 10- )
and the branchlets are easily separated by a slight movement. The rea
(5) Evans (A. W.), Branching in the
(6) The anatomy of the stem in tl
250-280, 8 fig., 1935).
xfy Hepatica! (Ann. Bot..
Lejeunete (Bull. Toney l
26, 1-37, 36 fig., I" 12 '’
Hot. Club. 62, 187-211.
Source: MNHN, Paris
VEGETATIVE REPRODUCTION IN IiRYOPTERIS FRUT1CULOSA TAYL. 29
is schizolytic; Although there was no evidence in the material examined
tliat these leafy propagula grow into normal plants, without doubt pro¬
pagation by this method frequently occurs.
These brood branches are much less highly specialized than those
described by Evans (7) for Leptolejeunea, Drepanolejeunea and Odonlole-
jeunea, since they do not arise singly, do not possess sheaths, or develop
the radicelliferous discs found in those genera. Degenkolbe (8) has
discussed the development of « Brutaste » in his summary of the brood
organs in hepatics. Similar slender llagelliform branches have also been
noted in B. tenuicaulis Tayl. (9).
In addition to the above mentioned material from British Honduras
in the Missouri Botanical Garden, plants bearing similar « Brutaste »
have been collected at Mirador, Mexico, by F. Muller ; the East Coast
of Guatemala, by Sereno Watson no. 58 c ; and in Bolivia by White
(Mulford Exp. Amazon Basin no. 2133 a) and are in the collection of
the New York Botanical Garden.
The writer wishes to express her appreciation to Dr. A. W. Evans
of Yale University for his helpful criticism in the preparation of this
paper.
(7) Hepaticte of Puerto Rico. I, II, IV {Bull. Toney Bot. Club, 29, 490-510, 1902;
30, 19-55, 1903 ; 31, 183-192, 1904).
(8) Degenkolbe, Brutorgane bei beblatterten Lebermoosen {Ann. Bryol., 10, 43-93,
112 fig., 1937).
(9) Evans (A. W.), Hepaticte of Puerto Bico. VIII {Bull. Toney Bot. Club, 35, 533-
308, 3 pi., 1908).
Northern Mosses in New Zealand
by G. 0. K. Sainsbury (Wairoa, New Zealand)
One of the most interesting features of the moss flora of New Zealand
is the representation there of a number of genera and species which,
according to our present knowledge, are otherwise confined to the northern
hemisphere. The qualification is of importance because, to mention Aus¬
tralasia first, bryological research on the Australian continent has been
so desultory that it is impossible to estimate the probability of any future
discovery. The predominance of Australian species both in Tasmania
and New Zealand, due of course to the ancient land connections, makes
it likely that future research will show some Australasian extension of
the distribution of these northern mosses. On the other hand it must
be remembered that the New Zealand flora is a very distinct one, in
many respects sharply cut of from that of Australia, and that so far
as Tasmania is concerned there is less likelihood of the mosses in question
having been overlooked, because there has been, proportionately to the
size of the country, far more collecting done there than in Australia.
Of the other parts of the southern hemisphere in which an extension
of the distribution might be expected, South America is certainly indi¬
cated as the most likely region. The south-western part of the con linen
has strong floristic affinities with New Zealand, and the antarctic land
connection between the two countries appears to have been the bridge
by which most of the northern mosses reached the antipodes.
The subjoined list is of those that are confined to New Zealand, and
also of a few other mosses whose distribution in this connection deserves
notice. The information given as to the general distribution is derive
from the Musci of Brotherus (2nd Edition), but details of countries
and regions are omitted and the relative continents only are usually
mentioned in the list. Unless individual mention is made to the contrary
the species in question has been found in fruiting condition.
Scania glaucescens (Hedw.) Broth. - Europe, Asia, North America
and Hawaii. .
The only finding in New Zealand was some 40 years ago on Mt m
in the central southern region of the South Island, at 920 m.
NORTHERN MOSSES IN NEW ZEALAND
31
Seligeria Bry. Eur. — Europe, Asia and North America.
The two New Zealand species are sub-montane (at ca. 600 m.) and
grow on calcareous rock. One, .S'. Cardotii R. Br. ter., is fairly common
in the South Island, but has only been found once in the North Island.
The first and only finding of the other, S. diminula (R. Br. ter.) Dixon,
was at Castle Hill, Canterbury, South Island. Both species are very
minute, and an extension of the distribution of 5. Cardotii will probably
be established as the result of further research. This is less likely however
in the case of S. diminula because. Castle Hill already has two mosses
and one phanerogam which are endemic in its very restricted area.
Eucladium Bry. Eur. — Europe, Asia and North America.
The New Zealand species, E. irroratum (Mitt.) Par., is not uncommon
in both islands on wet calcareous rock. It has been found at an altitude
of ca. 600 M. but speaking generally it is a moss of the lowlands.
Hymenostylium curvirostre (Elirh.) Lindb.
The plant from Otago, South Island, that was formerly supposed to
belong here is however Anceclangium Bellii Broth.
Crossidium Jur. — Europe, Asia, North America and Perua.
The Peruvian species are of course technically of the southern hemis¬
phere. The New Zealand C. Geheebii (Broth.) Broth, is near the European
C. chloronotos (Brid.) Jur., but there are differences which are probably
specific. The only specified station is Napier, North Island, the scene
of a disastrous earthquake in 1931. There is reason to suppose that other
unspecified early findings are also referable to Napier, where the moss
was rediscovered recently on limestone boulders by the sea. Within
the last century Napier was an island, though it is now completely joined
to the mainland by earthquake upheaval and artificial reclamation.
C. Geheebii is a tiny moss and may well have been overlooked in similar
stations.
Coscinodon Spreng. — Europe, Asia, North America and Bolivia.
The Bolivian species are found on the high Andes, and must of course
rank technically as southern mosses. The New Zealand species, which
is not yet published, was found on stones in a damp open place on Mt
Cassidy, Arthur’s Pass, Canterbury, South Island, at 1.400 m. associated
with Andretea sp.
Climacium dendroides (Hedw.) Web. & Mohr. — Europe, Asia, Japan
and North America.
This appears in the Musci as C. Novx Seelandinz C. M. It is confined
to the South Island where it has been found in a few high and moun¬
tainous parts, and never in fruit. As is the case with the northern plant
*ts habitat is marshy ground.
Brachylhecium albicans B. & S. — Europe, Caucasus and North America.
A recent finding on rock at De la Beche, Tasman Glacier (1.500 m.)
32
I. K. SAINSBURY
in a remote part of the Southern Alps establishes it as indigenous. Other¬
wise it has been collected in a few North Island localities, but always
in association with introduced pasture grasses, and under circumstances
throwing strong doubt on its native status. Fruit has not been found
in New Zealand.
Eurhychium prielongum Hobk. — Europe, Asia, North America,
Japan, Madeira, etc.
Collected in several localities in both islands, and appears to be indi¬
genous, though in some of its stations it has probably been introduced.
Barren.
Lcplodon Smithii (Dicks.) Mohr.
Has a wide distribution in the southern hemisphere, extending to
South America and South Africa as well as to Australia and New Zealand.
It is noticed here because of the remarkable fact that it does not occur
in North America. Most of the northern mosses confined to New Zealand
would appear to have found their way south through the North American
continent, but L. Smithii must have reached New Zealand, as well as
South America, along some other path.
Pylaisia Bruch. & Schimp. — Europe, Asia, Japan and North America.
The New Zealand species, P. australis Dix. & Sainsb., was discovered
some years ago in Marlborough, South Island, and has not been found
since. The plant was sterile.
Hylocomium splendens B. & S. — Europe, Asia, Japan, North Africa,
Canary Islands etc., North America.
Although only discovered in New Zealand in recent years this species
has been found to have a wide distribution in the central and eastern
mountain range of the North Island, where it has been found in several
localities growing in abundance at the top of the range, an altitude of
ca. 1.500 m. So far it has not been reported in the South Island, and
no fruiting plants have been found.
Buxbaumia aphylla Hedw. — Europe, Asia, Japan and North America.
Has been found at Atiamuri, in the central volcanic part of the North
Island, in moss-covered pumice ground amongst indigenous scrub ; and
also at Kaingaroa, not far distant, on the bases of introduced trees,
such as larch and pine. Other species are found in Australia, Tasmania
and New Zealand, but none belonging to the sub-genus Eubuxbaumia
to which B. aphylla is referable.
Polytrichum gracile Menz. — Europe, Asia, Japan and North America.
There is only one New Zealand record — from Canterbury, South
Island — where it was collected many years ago.
P. formosum Hedw. — Europe, North Africa, Madeira, Caucasus,
Syria, Japan and North America.
After being found twice in recent years in mountainous parts of the
NORTHERN MOSSES IN NEW ZEALAND
33
South Island, this species was again collected in a similar region of the
North Island. These are the first records, but further findings in similar
situations are quite probable.
It will be seen that of the 8 northern species in the above list which
are confined to New Zealand one half have never been found fruiting
in that country, and further that these are all pleurocarpous mosses,
whilst the fertile species are all acrocarpous. It would however be rash
to assume that these pleurocarps, with the exception perhaps of Hylo-
comium splendens, are normally barren in New Zealand, because syste¬
matic collecting has been far too scanty to warrant any such general
conclusion.
Beitrage zur Kenntnis der nivalen
Lebermoose der Alpen
von Helmut Gams (Innsbruck)
H. B. de Saussure und L. Agassiz, die als erste nivale Flechten vom
Mt. Blanc und der Jungfrau mitbrachten, Wui.een, Hoppe, Floerke
und Sch-wegrichen, die 1799 und 1800 nivale Flechten und Laubmoose
am Grossglockner sammelten, die Briider Schlagintweit, die 1850
eine Menge nivaler Flechten und Laubmoose aus den Ost- und Westalpcn
zusammenstellten, Lorentz und Molendo, die auf der Adlersruhe des
Glockners (3.458 m.) « das letzte Pulsieren des Mooslebens » auf « der
hochsten sturmgepeitschten Moosstatte Europas » gefunden zu haben
glaubten, Arnold, der bci seinen vieljahrigen « Lichenologischen Aus-
fliigen in Tirol » auch Laub- und Lebermoose mitnahm, Bernet, der
1888 einen ersten Katalog der Lebermoose der Walliser und Savoyer
Alpen gab, und viele andere Erforscher der alpinen Nivalllora fiihren
aus dieser nicht ein einziges Lebermoos an. Die ersten Funde soldier
in der Schneestufe machten 1880-1890 in den Westalpen Carestia,
Camus u. a., in den Ostalpen R. Wettstein, J. Breidler und F. Stolz.
Eine langere Liste von nivalen Lebermoosen gibt erst 1913 L. Vaccari
aus den penninischen und grajischen Alpen, wo er 12 zumeist von Bryhn
bestimmte Arten iiber 3.000 m. fand ; aber noch 1916 fiihrt K. Mueller
aus solcher Hohe nur 3 Arten von Gymnomitrium an, die allein nach
ihm « an den nackten Felsspitzen, die aus den Schneefeldern lierausragen,
gedeihen ». Vereinzelte Angaben iiber nivale Lebermoose geben weiter
Heinrich Handel-Mazzetti und F. Kern aus den Ostalpen, J. Amann,
J. Braun, Th. Herzog und Ch. Meylan aus den Schweizeralpen, aus
welchen Meylan 1924 bereits iiber cin Dutzend durchwegs akrogyner
Arten iiber 3.000 m. lcennt. Aus dem ganzen Alpenzug kenne ich heute
mindesten 27 Lebermoose aus iiber 3.000 m. Hohe, iiber der im grdssten
Teil der Alpen unter 3.000 m. verlaufenden Schneegrenze mindestens 40.
I. Die am hochsten steigenden Lebermoose der Alpen
Den bisher hochsten Lebermoosstandort der Alpen (mit Cephaloziella
grimsulana und einer weitern Cephaloziella neben 21 Laubmoosen) fand
J. Amann 1918 am Combin de Corbassiere (Siidwallis) in 3.650 m. Hohe,
BEITRaGE zur kenntms der nivalen lebermoose DER AI.PEN 35
den zweithochsten VaccarI am Antener ErzhaupL des Mte. Rosa 3.500 m.
(mil Cesia corallioides, Pedinophyllurn interruplum, dessen Bestimmung
allerdings mir und auch Meylan fraglich scheint, und Blepharosloma
Irichophyllum). Die von K. Mueller u. a. von Wettstein und Kerner
iibernommene Angabe, dass Cesia ( Gymnomilrium ) corallioides auf deni
Habicht in Tirol 3.500 m. erreiche, ist irrig, da dieser Berg nur 3.277 m.
Iioch ist.
Als dritthoclisten Lebermoosstandort kann ich die CEtztaler Kreuz-
spitze anfiihren, deren reiche Flechten flora schon 1877 Arnold untersucht
bat. Bci 3.450 m. fand ich 1938 auf dem Gipfelgrat Cesia corallioides
und in einer kleinen Mulde die friiher anscheinend nocht nicht iiber
3.000 m. beobachtete Cesia varlans. Es folgcn mil. 3.400 m. der Piz Linard
(Barbilophozia gracilis nach J. Braun) und der Mte. Leone ( Cephaloziella
Slarkii nach Meylan) ; zwischen 3.300 und 3.350 m. die hochsten Lo-
phozien der Wcstalpen ( Lophozia longidens am Passo Garin nach Vaccari,
Barbilophozia lycopodioides am Weisshorn iiber Gressoney nach Cares-
tia). Die Angabe Breidlers fur Aslerella Lindenbergiana « am Manhart
2.000-3.300 m. » beruht wiederum nur auf einem Schreib- oder Druck-
fehler, da dieser Berg nur 2.678 m. hoch ist.
Erst dann schliessen sich an mit 3.277 m. der Habicht ( Cesia coral¬
lioides und concinnata nach Wettstein), mit 3.207 m. der Piz Sesvenna
(Sphcnolobus minulus und Barbilophozia Hatched nach Meylan), mit
5.200 m. der Ilocheiser in den Hohen Tauern (Cesia corallioides leg.
Cornelius del. Gams). Dass von den hoheren Gipfeln der Hohen Tauern,
namenllich vom Glocknerg'ipfel selbst, wo auch ich vergeblich Leber-
moose gesucht habe, bisher keine bekannt sind, kommt wohl daher,
dass die meisten von ihnen aus sandig verwitterndem Kalkglimmers-
chiefer oder nur schwach sauren Griinschiefern bestehen und die meisten
nivalen Lebermoose streng kalkmeidend sind. Dasselbe gilt auch fur
Andretea.
Anthelia Juratzkana soil nach Stolz (bei Jack) im Gepatsch (Kau-
nertal) bis 3.200 m. steigen. Ich fand sie susammen mit Lophozia alpeslris
am Marzellkamm (CEtztal) bis 3.149 m., Rubel an der Bernina nur bis
2.955 m. ; Handel-Mazzetti Anthelia julacea am Becher in Ridnaun
bis 3.170 m. Ausser weiteren Funden von Cesia corallioides und con-
cinnala (Venedigergebiet 3.100-3.200 m., Becca di Nona 3.1G5 m. u. a.)
lolgen mit 3.100 m. der Piz Fliana (Cesia revolula nach Herzog) und
die Capanna Linty am Mte. Rosa (Leiocolea Mulleri, Sphcnolobus minulus,
Scapania curia und die beiden Cesien nach Vaccari). Bis 3.060 m. fand
ich am Marzellkamm Isopaches decolorans, bis 3.050 m. Meylan am
Piz Sesvenna Tritomaria exsecta, bis 3.040 m. Vaccari in Cogne Barbi¬
lophozia barbata und gracilis, bis 3.025 m. Breidler am Sonnblick bei
Malta Barbilophozia Floerkei mit den beiden Cesien, bis mindestens
Source: MNHN, Paris
36
HELMUT GAMS
3.000 m. Meylan in den Sclvweizer Alpen ausser schon genannten Arten
noch Marsupella sparsifolia, Lophozia alpestris und conferlifolia und
Bazzania Iricrenata ; Kern Lophozia uentricosa und Killias im Unter-
engadin als hochststeigendes thalloses Lebermoos Metzgeria furcala.
Von den Marchantiaceen scheinen Marchantia polymorpha und Cono-
cephalum conicuni nur 2.930 m. (Aostatal nach Vaccari) und Sautcria
alpina 2.920 m. (Graubiinden nach Meylan) zu erreichen, aus welchen
Hohen bereits eine grossere Zahl Akrogyner dazukommt. Dass sich diese
seit 1880 und besonders in den letzten Jahren rasch vermehrt und noch
vermehren wird, weshalb ich die Aufzahlung nicht weiter fortsetze, ist
wohl nicht nur auf die bessere Durchforschung der Schneestufe zuriick-
zufiihren, sondern auch auf das tatsachliche Ansteigen der Nivalflora,
das schon viele Beobachter festgestellt haben und das in den letzten
Jahren, entsprechend dem raschen Zuruckweichen der Alpengletscher
und Ansteigen der Schneegrenze, immer auffalliger wird. So diirften z.
B. die von mir 1938 auf der Kreuzspitze und auf dem Gipfel des Marzell-
kamms gefundenen LebermoosstandorLe noch um 1920 unter Firn gelegen
haben.
Die bisher ostlichsten nivalen Lebermoosfundorte in den Alpen sind
der Dachstein ( Sphenolobus minutus bei 2.990 m. nach Hinterhuber),
der Hochgolling (2.850 m.) und der Sonnblick bei Malta (3.025 m.) in
der Niedern Tauern (beide mit den beiden nivalen Cesien nach Breidler).
In systematischer Ubersicht ergeben sich somit bisher folgende Hohen-
grenzen :
Metzgeriaceaj: Metzgcria Inrcata (L.) Lindt). 3.000 m.
Mar-u } (Nees) Lair. 3.500, 3.450 in.
Cesia eoneinnala (Light!,) Lindb. 3.277, 3.165 m.
Cesia rarians Lindb. 3.450 in.
Cesia re valuta (Sees) Lindb. 3.K'0 m.
i . , i i mi. 3.000 ui.
Epiruiiianilun ea- : Pnlinui ’ Hun inlcrruptum (Nees) Lindb. 3.500 m. (!)■
Sphtnolol Steph. 3.207, 3.100 m.
Isopaches deealorans iLiinpr.) Buell 3.060 m.
Leiocolea Miilh’ri (N. ■■<■) Jorg. 3.100 m.
Lophozia alpestris (-••Ulciehev) Evans 3.149, 3.000 in.
Lophozia confciiildlia sVhiffner 3.000 m.
Lophozia venhieom (Licks.) Duin. 3.000 m.
Lophozia longidens (Lindb.) Maeoun 3.350 m.
Barbilophozia lyeopoi ioides (Wallr.) Lceske 3.300, 3.050 in.
Barbilophvzki llatchi (Evans) Lceske 3.207, 3.050 m.
Barbilophoz"! barbat. (Scbiuidel) Lceske 3.040 m.
Barbilopho. i (Ortho :ulis Buck) gracilis (Schleicher) Lceske 3.400,
3.040 in.
Barbilopho in (Oilhocatdis Buck) Floerkei (Web. u. Mohr) Lceske 3.025 m.
Tritomaria exsecta (Schmidel) Lceske 3.050, 3.000 in.
Scapaniacea: : Scapania carta (Mart.) Duin. 3.100 m.
Source : MNHN, Paris
BEITRaGE zur kenntnis der nivalen t.ebf.rmoose der ALPEN 37
Ceplialoziellacese : Cephaloziella grimsulana (Jack) K. Muller u. C. sp. 3.650 m.
Cephaloziella Starkii (Funck) Schiliner 3.400 m.
Lepidoziaeefe: Blepharostoma Irichnphyllum (L.) Dum. 3.500 m.
Bazzania tricrenata (Wahlenb.) Trev. 3.000 m.
Ptilidiacea;: Antlielia Juralzkana (Limpr.) Trev. 3.200, 3.149 m.
Antlielia julacea (L.) Dum. 3.170 m.
II. Zur Verbreitung der Ccsia corallioides (Nees)
Carr, und der Cesieta.
Trotz der irrigen Ilohenangabe fur den Habiehtgipfel bleibt die Tatsa-
che bestehen, dass von alien HepaLicie Ccsia ( Gynmoinilrium ) corallioides
als die extremste Polsterpflanze unter den arktisch-alpinen Lebermoosen
am regelmassigsten iiber die Schncegrenze steigt. Ich Kcnne bislier aus
den Alpen mindestens 15 Vorkommnisse zwi- lien 3.000 und 3.500 m.,
mindestens doppelt so viele als von C. concinnata und omal so viele als
von irgend einem andern Lebermoos. Sie gehtich seltener als alle andern
ahnlich hoch steigenden Arten unter die P umgrenze hinunter. Ihre
untere Grenze schwankt im grossten Teil c' r Zentralalpen zwischen
2.100 und 1.900 m. Als tiefster Standort in den Ostalpen gait bisher
der vom Pleschitzgraben am Baclier 1.100 in. (Breidler), der selbst
tiefer als alle bisher aus den Sudeten und Karpaten bekannten liegt.
Eine altere Angabe fur Bozen in einem der warmsten Becken Siid-
tirols (Bausch bei Jack 1898) schien daher iius.serst unwahrscheinlich,
und doch konnte ich sie selbst 1936 bestatigen : Ccsia corallioides wachst
tatsachlich auf Porphyrblocken der Eislocher iiber Eppan bei Bozen
in nur 520 m. Hohe, zusammen mil Sphenolobus minulus und Flechten.
W. Pfaff, der mit vieljahrigcn 1'emperaturmessungen die Erkliirung
fur das seltsame Phiinomen gibt (nur 8 Monate mit Mittel iiber 0°,
auch im Hochsommer nie iiber 5°, somit Temperaturen, wie sie
normalerweise erst in der alpinen Stufe auftreten), fiihrt aus den
Eislochern 20 zumeist schon von IIeufler gesammelte Akrogyne an,
darunter aber nicht unsere Art.
Obgleich diese demnach in den Alpen eine Vertikalamplitude von
gegen 3.000 m. hat, ist sie doch nichts weniger als eurytherm, wie es
B. Cephaloziella Slarkii und Blepharostoma sind, sondern hochgradig
mikrotherm. Sie wachst z. B. auch in der unteren alpinen Stufe vorzugs-
weise an Nordhangen, ist aber unter den mikrothermen Lebermoosen
zweifellos, dank dem dichten Zusammenschluss der oberwarts friih
absterbenden und ausbleichenden Blatter und der ganzen Sprosse, die
gegen Austrocknung und Wind- und Schneegeblase weitaus am besten
geschutzte Art.
Sie ist wohl von der vorwiegend chasmophytischen, subalpin-alpinen
C. concinnata als epipetrischer CEkotyp abgezweigt, vielleicht erst im
Lauf der Eiszciten, Im Gegcnsatz zu Andresea und den Grimmiaceen
CAMS
38 HELMUT
halte ich bei ihr die epipetrische Lebensweise fur durchaus sekundiir;
ebenso auch, mit Gojgel, den Verlust des Perianths, das bei der dichten
Beblatterung der Cesien iiberflussig geworden ist. Sporogone scheinen
ubrigem nur outer der Schneegrenze gebildet zu werden. Wahrend
C. corallioides auf den Sudgebirgen (nach Hesselbo auch auf Island)
ganz vorwiegend epipetrisch auf geneigten bis senkrechten Felsflachen
lebt, besiedelt sie im arktischen Fennoskandien auch schwach geneigte
bis ebene Schutlboden. Dass sie (und ebenso Andreiea) solche auf den
Sudgebirgen im allgemeinen meidet, komrnt wohl daher, dass derartige
Boden dort sehr viel grosseren taglichen Tempcraturschwankungen
ausgesetzt sind.
C. corallioides ist wohl im ganzen Zentralalpengebiet von der Steier-
mark bis zum Daupliine verbreitet, dagegen von den andern sud- und
mitteleuropaischen Gebirgen bisher nur von wenigen Fundorten bekannt :
im Westen aus dem Plateau Central und den Pyrenaen (Husnot u. a.),
im Oaten aus den Sudeten (Nees u. a.) und Karpaten (Szepesfalvy
u. a.), dem Kaukasus (Kasbek), dagegen noch nicht aus dem Ural. In
Nordeuropa liegen die siidlichsten Fundorte am Snowdon in Carnarvon,
auf den Grampian Mountains, in Saetersdal und Valdres. In der Arktis
ist C. corallioides eins der am weitesten zirkumpolar verbreiteten Leber-
moose ; sie reicht in Ostgronland bis mindestens 73°30\ an der sibirischen
Kuste bis 78°20’, im Franz Josephs-Land bis 80°30' (nach Savicz), ist
aber dabei (so auf Gronland, Island und in Fennoskandien) an den schnee-
reichen Westkiisten viel seltener als an den schneearmen Ostkusten und
geht erst auf den Faeroern und im nordlichsten Norwcgen bis zur Kuste
hinunter. Bei solchen Klimaanspriichen kann sic sehr wohl alle Eiszeiten
sowohl an den Kiisten Gronlands und Finnmarkens wie auch auf den
Zentralalpen iiberdauert haben.
Zu ihren regelmassigen Begleitern gehoren in erster Linie vorwiegend
epipetrische Flechten (Arten von Ochrolechia, Parmelia, Alecloria u. a.),
die mit ihr zusammen « Cesiolichen »-Vereine (Vkstergren) bilden, in
zweiter andere Cesien (besonders concinnata und revoluta) und Andreiea-
Arten (besonders petrophila), in dritter Grimmiaceen, Dicranaceen
(besonders Dicranoweisia und Paraleucobnjum) und andere Laubmoose.
Sowohl im Wallis wie in Tirol fand ich sie mchrmals mit dem Sulfatmoos
Mielichhoferia nitida (s. Gams 1927 S. 238). Von Algen scheint ein Stigo-
nema ziemlich haulig vergesellschaftet.
Bei den von Nordhagen 1936 aus Finnmarken erwalmten basiphilen
Soziationen mit Cesia corallioides diirften diese wohl schwerlich unmittel-
bar auf dem Kalkgestcin sitzen.
« Cesieta pura » hat m. W. zuerst 1887 B. Hui.t aus Enare-Lappmark
beschrieben, « Cesiolichen »-Vereine T. Vestergren 1902 und Arnell
und Jensen 1907 aus dem Sarjek-Gebirge. Sie sind auf den ostskan-
Source: MNHN, Paris
BEITRaGE ZUR KENNTNIS
NIVALEN LEBERMOOSE
ALPEN 39
dinavischen Gebirgen, wie ich aus eigener Anschauung bestatigen kann,
fur die obere alpine Stufe ebenso bezeichnend wie die Grasheiden. Ihre
Zusammensetzung und Vertikalverbreitung behandelt besonders Du
Rietz 1925 fur das zentralnorwegische Gebirge und 1926. fur das Kebne-
kaise-Gebiet, wo er 5 Zonen mit Cesiolichen- Soziationen fand, die unterste
mit Wiesen und Weidengebiischen, die mittleren mit Loiseleuria- und
andern Zwergstrauchhciden, die oberste mit Cesiolichen allein. Seine
1924 geausserte Ansicht, dass die Cesiolichen-Veget&tion « den Alpen
vollkommen fclilt », konnte ich schon in den folgenden Jahren widerlegen,
indem ich solche in der Silvretta und in den Tiroler Zentralalpen in
weiter VerbreiLung fand, meist in Verbindung mit Junccta Irifidi und
Loiseleuriela, also ebenfalls, wie bereits Vestergren festgestellt hat,
durchwegs an Often ohne langdauerndc Schncebedeckung.
Dadurch unterscheidet sich C. corallioides scharf von der entschieden
schneeschutzbediirftigen, vorwiegend chasmophytischen C. concinnala
und erst recht von C. varians und alpina, die ebenso wie die Anthelien
und Cephaloziella grimsulana echte Schneebodenmoose sind und damit
dem Pohlietnm gracilis und Polytrichetum sexangularis naherstehen als
den Cesiolichen-V ereinen und den diesen okologisch nachststehenden
und sic oft durchsetzenden Andreieeta. Cesiela varianlis beschreiben u. a.
Samuelsson 1916 von der I-Iardanger-Vidda, Nordhagen 1927 von
Sylene, Frey 1922 und Du Rietz 1924 aus dem Berner Oberland. Frey
bewertct sie als Vorstufe des Pohlietnm gracilis, m. E. kaum mit Recht,
da auch dieses oft erster Pionier und das Cesietum varianlis oft durchaus
stabil ist. (Ekologisch verhalt sich C. varians zu C. concinnala ungefahr
wie Anthelia Juratzkana zu A. julacea, doth scheinen die Cesien im
Gegensatz zu den Anthelien nie mykotroph zu sein.
Uber ihre Herkunft sind naturgemass nur Vermutungen moglich.
Phylogenetisch sind sie wohl jiinger als die besonders auf der Sudhemis-
phare viel weiter verbreiteten und artenreicheren Andreeeen und Rhaco-
milrien. Ein praglaziales Entwicklungsgebiet (kaum das einzige) durfte
urn die Nordsee und das Eismeer herum gelegen haben, von dem aus
sie, vielleicht wahrend der erstcn quartaren Eiszeiten, die SUdgebirge
besiedelt haben, doch scheint mindestens fur C. corallioides auch der
umgekehrte Wcg nicht ausgeschlossen, wie er fur den im grossen ahnlich
verbreiteten Ranunculus glaciulis immer wahrscheinlicher wird.
111. Die Hohengrenzen der nivalen Lebermoose innerhalb der Unterzonen
der Schneestufe
Norman (1851), Sendtner (1854), Lorentz und Molendo (1864)
haben bereits innerhalb der Schneestufe oder Nivalrcgion eine untere
Zone der nivalen Blutenpllanzen und eine obere der Kryptogamen unter-
schieden. Weitergehende Gliederungen liaben fur die Alpen u. a. Muhry
40
HELMUT GAMS
1879, Drude 1896 und Braun 1913 (vgl. die Zusammenstellung bei
Schroter 1926), fur Skandinavien Vestergren 1902, Samuelsson 1916,
Du Rietz 1925 u. a. gegeben.
Die reine Flechtenzone der hochsten Alpengipfel (Muhrys « atlier-
mische Region ») enthalt wohl die aussersten Vorposten epipetrischer
Laubmoose (besonders Griinmiaceen), aber nach den bisherigen Beobach-
tungen weder Lebennoose noch Bliitenpflanzen. Die darunter folgende
regenlose « Region des Rieselschnees » (Muhry, Drudes « supranivale
Formation ») reicht ungefahr von der Grenze der dikotylen Polster-
p(lanzen, die von etwa 3.300 m. in den Hohen Tauern aufuber 4.000 m.
in den Fenninischen Alpen ansteigt, bis zu derjenigen von Ranunculus
glacialis, die in den Zentralalpen ungefahr mit der des reichlicheren
Vorkommens von Rhacomilrium lanuginosum und andern Grimmiaceen
zusammenfallt, wogegen am Grossglockner und in Skandinavien Ranun¬
culus glacialis hoher steigt als diese. Dieser Zone gehoren wohl die obersten
Vorposten der genannten Ccphalozicllen und Cesien an, doch habe ich
selbst solche nie holier als Androsace alpina, somit eine dikotyle Polster-
pflanze, gefunden, die in den penninischen Alpen mehrfach bis 3.500,
vereinzelt bis 4.200 m. steigt.
Muhrys Firngurtel (Drudes <<ir.tranivale Formation », Brauns « Diko-
tylengiirtel ») ist bereits reich an Moosen und enthalt ncben Grimmiela
und Andre.Tela bereits auch gutentwickelte Cesiela und in geschutzten
Felsiitzen die obersten Vorposten von Hypnaceen, Lophozien, Anlhelia
und Blepharostoma, aber noch keine ausgedehnteren Schneebodenvereine,
die erst in der subnivalen (infranivalen) Salix he.rbficea-7.onc (Brauns
nivalem Pionierrasengiirtel) regelmassig auftreten und ihr Optimum
erst unter der Schneegrenze im supraalpinen Grasheidengiirtel finden.
Dass basiphile Lebermoose nur so selten in der Schneestufe gefunden
worden sind, beruht, wie die angefiihrten Vorkommnisse von Pedino-
phyllum und Leiocolea beweisen, weniger auf allgemein geringerer Eury-
thermie, sondern darauf, dass sowohl in den Alpen wie in der Arktis
viel weniger Kalkgipfel als Urgesteinsgipfel die Schneegrenze iiberragen
und dann meist viel weniger fiir Moose geeignete Standorte tragen.
Eine wirklich klimatologische Charakterisierung der Unterzonen der
SchneesLufe lasst sich bei der geringen Zahl meteorologischer Stationen
naturgemass noch nicht geben. Die fast gleich hohen Stationen Vallot
am Mt. Blanc, Jungfraujoch und Adlersruhe (alle 3.458-3.460 m.) ohne
Monatsmittel uber dem Gefrierpunkt liegen in der noch lebermoosfreien
Supranivalzone ; die Stationen des Hohen Sonnblick (3.106 m.) mit
2 Monatsmitteln uber 0° und cbenso die der Zugspitze und des Santis
mit 4 solchen Monaten bereits im Firn- Oder Dikotylengiirtel, die des
Gr. St. Bernhard (2.475 m.) knapp unter der oberen Grenze des Grashei-
dengiirtels, Ueber das tatsachlicheKleinklima der nivalen Moosstandorte
Source: MNHN, Paris
BEITRaGE zur kenntnis der nivalen lebermoose der ai.pen 41
fehlcn aber noch jegliche Untersuchungen, da die hochsten Kleinklima-
stationen, wie die von Muottas Muraigl, bereits der Zwergstrauchstufe
angehoren und auch die kiirzeren Messungsserien, wie die Wetters
aus dem Gotthardgebiet, nicht in die eigentliche Nivalstufe reichen und
zumeist keinerlei Riicksicht auf die Kryptogamenvegetation nehmen.
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Source: MNHN, Paris
Sur quelques groupements muscinaux
de la foret de Huelgoat (Finistere)
par R. Gaume (Paris)
Ayant sejourne line semaine environ a Huelgoat, en mai 1934, j’ai pu
faire un certain nombre d’excursions bryologiques dans la belle foret
qui avoisine ce village et etudier plus particulierement les groupements
muscinaux des arbres et des rochers de cette interessante localile. C’est
le resultat de mes observations que je viens donner dans cette courte
note.
I. Le Docteur F. Camus et la Bryologie en Finistere
Je ne veux pas aborder l’etude des Muscinees d’une localile bretonne
sans adresser auparavant un hommage emu a la mcmoire du D r Fernand
Camus qui connaissait si parfaitement la flora bryologique de la region
bretonne-vendeenne, oti il a fait tant de decouvertes de premier ordre.
F. Camus a explore attentivement les cinq departements qui constituent
notre grande province maritime de l'Ouest; il a relativement peu public
sur la Bretagne en comparaison des tres nombreux documents inedits
qu'il a laisses, a sa mort, sur cette contree. Pour etre bref, je ne parlerai
que des travaux et des decouvertes de cet excellent bryologue concernant
le seul departement du Finistere dont il est queslion ici. Le Finistere
est de beaucoup le plus riche des departements bretons au point de vue
bryologique; c’est celui, en effet, qui possede, de par sa situation, le
climat oceaniquc. le plus accentue.
Dans unc petite note consacree au Finistere, F. Camus donne une
liste assez importante des Muscinees rccoltees par lui a Huelgoat; j'ai
rctrouve beaucoup de celles-ci (-0) (1). Un certain nombre de Mousses
< t d’Hepatiques du menje departement sont signalees par ce botaniste
dans un travail concernant la region bretonne-vendeenne (21). Comme
je l’ai dit precedemment, F. Camus a fait de nombreuses et belles decou¬
vertes bryologiques en Bretagne, particulierement en ce qui concerne
les Hepatiqucs qui y elaienl fort peu connues avant lui; je citerai parmi
ses trouvailles les plus remarquables en Finistere, celles de : Marsupella
aqualica (Lindenb.) Schiffn., Alicularia compressa (Hook.) Nees (21),
Adelanthus decipiens (Hook.) Mill. (19-21), Marchesinia Mackayi (Dum.)
Gray (18), Jubuta Hulchinsia (Hook.) Dum. (20), Frullania microphijlla
(Gottsche) Pears. (32) pour les I lepatiques : Sphagnum molle Sull. (12-2(1),
Brachijdontium Irichodcs (Fuern.) Braithw. (21), Ditrichum subulalum
11) Les chiffres en caraotSres gees icnvoient il l'inilex bibliographique situcS en Un
U'ai'ticle.
Source: MNHN, Paris
44
C A UME
Hampe (21). Cryph.ra Lamyana Mont. (21) (1), Habrodon perpusillus
(de Not.) Lindh. (20-21). Fonlinalis islandica Card. ((!) pour lcs Mousses.
Cost encore le D r Camus qui rctrouva dans les Monts d’Arree la station
du Sphagnum Pylaici Brid., rccollc la par de la Pylaie en 1825, et
decouvril plusieurs autres localites de cettc rare Sphaigne (12-20); cet
excellent chercheur fut le premier qui rccolta fertile, a la Breche de Toul-
an-Dioul pres de Saint-Rivoal, le Fissidens polyphyllus Wils., dont les
fructifications etaient alors inconnues (20) (2), et ajouta une deuxieme
localite d'Orthodontium gracile Schwsegr. (entrc Bannalec et Scaer) (21)
a celle qui elail due a Tanguy fils (Guipavas pres de Brest) (13).
Le D r Camus decouvril. en Finistere beaucoup d’autres Muscinees
d'importance moindre, quoique cepcndant interessantes (3); on peut
citer parmi les Mousses : DicraneUa ccnnculala Schp., I). Schreberi Schp.,
Campijlopus suhulatus Schp., Fissidens erassipes Wils., Grimmia monlana
B. et S., Rhaeomitrium prolensum Braun, Pallia crinila Wils., Torlella
nitida (Lindb.) Broth., Amphidium Mougeotii (Br. eur.) Schp., Ortholri-
chum pulchellum Sm., Schislostcga osmundacea Mohr., Funaria mediler-
ranea Lindb., Mniobryum albicans (Wahl.) Limpr., Bnjum Donianum
Grev., Brachythccium Mildeanum Schp., Oxyrhynchium speciosum (Brid.)
Warnst., Callicrgon siramineum (Dicks.) Kindb., etc. En ce qui concerne
les Hepatiques, leur nombre est tres grand, etant donne que leur etude
avail etc presque totalement negligee avant les recherches de F. Camus.
Parmi les especes les plus remarquables, dont la decouverte en Finistere
est due a ce bryologue, sent a indiquer, entrc beaucoup d’autres : Gongy-
lanlhus ericetorum (Radcli) Nees, Eucalyx hyalinns (Lyell) Breidl., Ha-
plozia pumila (With.) Dum., Gymnocolea inflata (Muds.) Dum., Leiocolea
lurbinata (Raddi) Buch, Sphenolobus exsectiformis (Breidl.) Steph., Pla-
giochila spinulosa (Dicks.) Dum., Lc.ploscyphus anomalus (Hook.) Mitt.,
Saccogyna viticulosa (Sm.) Dum., Cephalozia Francisci (Hook.) Dum.,
C. fluitans (Nees) Spruce, Cephaloziella Turneri (Hook.) K. Mull., Odon-
toschisma Sphagni (Dicks.) Dum., Calypogeia argula Mont, et Nees,
Lepidozia Irichodados K. Mull., Trichocolea tomentella (Ehrh.) Dum.,
Scapania compacla (Roth) Dum., Sc. gracilis (Lindb.) Kaal., Sc. umbrosa
(Schrad.) Dum., Madolheca Porella (Dicks.) Nees, M. Thuja (Dicks.)
Dum., Colura calyptrifolia (Hook.) Dum., Microlejeunea ulicina (Tayl.)
Evans, Drepanolejeunea hamatifolia (Hook.) Schffn., Harpalejcunea ovata
(Hook.) Schffn., Fossombronia angulosa (Dicks.) Raddi, Riccia Huebe-
neriana Lindb., etc., etc. (4).
Un certain nombre d’autres bryologues ont public sur le departement
du Finistere ; je citerai parmi eux : de la Pylaie, qui a donne quelques
indications sur ce departement dans le Bryologia universa de Bridel,
les freres Crouan (25), Le Dantec (34-35), Boulay (35), Miciol (30),
de Bonnechose (10), Corbiere (24), Dismier (27), Plcquenard (37-39),
(1) D’aprds un renseignement in6dit de F. ('
que revienclrait la d^couveitc du Crypluea Lair
Quiruperl<$ en 1804, mais non determine fi cette
(2) D’apres P. Ai.i.oroe, e’est ms i.a Pylaie q
•phyllux muni de sporogones, en 1822, 4 la Rhi
(3) Hcnseignements pris dans des documents
Professeur P. Allorge a eu 1'amal.ilite de m’a
de bien vouloir accepter ici mes plus sinceris t
(1) E. Rogez, dans dcs " Notes botaniques su
1001). cite un Certain nombre de Muscinees trou
sius, e’est plutot au D r Picquenaro
•ana Mont, trouvii par lui a up res de
Uiurait r4coltd, le premier, le F. poly-
,e (Basses-Pyrenees) (4).
umuscrits inedits de F. Camus que le
toriser A consulter, ce dont je le prie
la Bretagne »(Feuille des jeunes nat.,
ees en FinisWrc par F. Camus.
Source: MNHN, Paris
GROUPEMENTS MUSCINAUX DE LA FORINT DE HUELGOAT 45
le D r Langeron (33). On trouvc egalement quelques renscignements
sur le Finistere dans les flores bien connues de Husnot et de l'abbe
Boulay, ainsi que dans divers travaux interessant d’autres departements
bretons. Je ne donnerai pas ici la liste de ces travaux, ce qui depasserait
par trop le cadre restreint de la presente note ; pour la meme raison,
je ne dirai rien des ouvrages concernant la flore vasculaire du Massif
Armoricain. Le D r Camus etant mort avant d'avoir pu realiser son projet
d’un catalogue complet des Muscinees de Bretagne, il n’existe aucun
ouvrage d’ensemble sur cette region (1), 1’une des plus riches de France
au point de vue bryologique. On ne trouve pas davantage d’etude sur
la repartition et les groupements des Muscinees bretonnes, qui aurait
tres heureuscment complete le beau et remarquable travail de M. des
Abbayes sur la vegetation lichenique du Massif Armoricain (1), et c’est
grand dommage.
II. Esqulsse des principaux groupements vegetaux de la foret
La superficie du massif forestier de Huelgoat serait, d’apres Picque-
nard (41), d’environ 1.500 hectares (2). Comme dans toutes les forets bre-
lonnes, le Hetre et le ChSne sont ici les essences dominantes. Le Chene
pedoncule est tres repandu, alors que son congenere, le ChSne sessile,
est rare, se localisant sur les pentes seches et bien exposees des coteaux.
Je n’ai pu visiter, faute de temps, qu’une tres petite partie de la foret
de Huelgoat, celle qui avoisine immediatemcnt le village de ce nom.
Sur de nombreux points, j’ai pu constater que des plantations de resineux
divers (Pin silvestre, Epicea, Sapin) ont remplace les essences autoch-
tones, modifiant ainsi profondement le paysage.
Ayant ainsi consacre tout mon temps a 1’etude des Muscin6es, je n’ai
pu examiner suflisamment la vegetation phanerogamique pour faire ici
un inventaire complet des principales associations vegetales rencontrees
au cours de mes excursions en foret. Je dirai simplement que la Chenaie,
telle qu’elle a ete analysee en Finistere par MM. Tuxen et Diemont (43)
aux environs de Rosporden et dans la foret domaniale de Kervallon
pres Brest, existe sur le Granite dit« de Plouaret » aux alentours du village
de Huelgoat. Cette Chenaie, dans laquelle le Hfitre est abondant, est
presque partout ruinee, et l’acidite du sol y est decelee par l’abondance
des bruyeres ( Calluna vulgaris Salisb., Erica cinerea L.) et de l’airelle
Myrtille ( Vaccinium Mijrtillus L.). Le tapis muscinal, qui seul nous inte-
resse ici, est, comme a l’habitude, tres pauvre ; dans les parties seches,
Pleurozium Schrcberi (Willd.) Mitt, est souvent abondant avec Dicranum
scoparium (L.) Hcdw. ct Polytrichum formosum Hedw. Sur les versants
des vallons exposes au N, comme tel est le cas sous la belle futaie d’Epicea
voisine de la « Grotte d’Artus », la fraicheur du lieu favorise le beau devc-
loppement d’un tapis continu de Rhylidiadelphus loreus (Dill., L.) Warnst.
qui domine, accompagne de Plagiothecium undulalum B. et S., tous deux
abondamment fertiles. En raison de l’absence d’humus, le Leucobryum
glaucum Schp. est rare dans cette Chenaie.
La Hfitraie, repandue dans toute la Bretagne, est bien representee
(1) F. Camus a cependant publid un Catalogue des Sphaignes de Bretagne, fait en
collaboration avec Emile Bureau, travail malheureusement inacheve (11).
(2) D’apr^s la Statistiquo des forets de Prance do DaUBRiSe, la foret domaniale do
Huelgoat proprement dite aurait seulement 591 hectares.
Source: MNHN, Paris
40
dans la partie de la foret situee sur les scbistes a nodules et indiquee
sous le nom de. « Bois de Mainguen ». A eet endroit cependant, des coupes
severes ont ires fortement eprouve de magniliques futaies, donl il ne
reste plus que quelques groupcs de tres beaux arbres sous lesquels j’ai
remarque deux grandcs Hypnacees : Laskeobryum breviroslre (Ehrh.)
Fleisch. et Thuidium tainariscinum (Hedw.) Br. eur.
Je ne dirai rien de la Lande a Ajoncs, si evocatrice du pays armoricain ;
cette Lande, riche en Phanerogames caracteristiques, mais toujours tres
pauvre en Muscinees sur les sols secs, represente evidemment un stade
tres avance de degradation de la silve ancestrale. La Lande a Ajoncs
et a Bruyeres se rencontre un peu partout en lisiere de la foret, marquant
le terrain que celle-ci a du abandonner. Je n'ai pas eu l’occasion de visiter
de Bruyeres tourbeuses du type de celles de Goarem-ar-Boulc’h pres de
Saint-Hcrnin, dont P. Allorge donne un releve, pris h title de compa-
raison, dans une elude concernant une autre region du secteur armorico-
aquitanien (3), ou de cedes du Yeun-Elez etudiees par M. Denis (20).
Comme on pourra s’en rendre compte en consultant ces etudes, les
Bruyeres tourbeuses sont surtoul riches en Sphaigncs. II m’a cependant
etc donne d’observer a la tete des vallons, aux sources des ruisselets qui
sillonnent la foret, des pres mouillcs a Juncus siloaticus Reich, qui sont
vraiseinblablement, a en juger par leur composition floristique, des Bruye¬
res tourbeuses transformer's a la suite du drainage (1). Comme j’ai pu
le constater en plus d’un point, ces pres marecageux, partiellement inondes,
passent progressivement a des pres mesophiles a Cynosurus cristatus L.
et Anthoxanthum odoratum L. au fur et a mesure de l’assechement du
sol. Laissant de cote la vegetation phanerogamique, cependant tres
instructive relalivement a devolution du tapis herbace, je citerai seule-
ment les Muscinees suivantes rencontrees dans ces pres a Juncus silva¬
licus Reich. : Sphagnum de la section subsecunda Schlieph., Aulacomnium
paluslre Schwaigr., Polytrichum commune L., Calliergon slramtneum
(Dicks.) Kindb. (2) (quelques brins settlement), dans les parties encore
tourbeuses ; Calliergonella cuspidata (L.) Lceske, Ithylidiadclphus squar-
rosus (L.) Warnst., dans les endroits mieux draincs.
Une Aulnaic a Fougeres et a Care.c lievigala Sm. occupe le fond des
vallons de la foret oil coulenl des ruisselets torrentiels formant, par endroits,
de jolies cascatelles sur les blocs de granite qui encombrent leur lit. Dans
les anses tranquilles et au voisinage des suinlements d’eau, cette Aulnaic
forme de petits marecages tourbeux ombrages dans lesquels les Sphaignes
sont abondantes; on y rencontre les Mousses suivantes: Sphagnum
cymbifoliiun Ehrh., Spli. amblyphyllum Russ., Sph. squurrosum Pers.,
Mnium undulalum (L.) Weis, Polytrichum commune L., Eurhynchiim
Slokesii Brid., Thuidium lamariscinum (Hedw.) Br. eur. C’cst il l’interieur
de cette Auinaie tourbcuse que se localisent de preference, sur les talus
suintants et les canalisations qui avoisinent les sources, Hookeria lucens
Sm., Pcllia cpiphylla (L.) Lindb., Trichocolca lomentclla Dum.
Le Montielum parait assez repandu le long des filets d’eau d’ecoulement
siloatlcus Reich, des plantes (1c
antes de tourbities a
(L.) Rchb., Anagallis
(2) Le Calliergon ulramimMin, qui n’nvait pas c-neoi
RR en Bretagne. En Finistere, E. Caiuts u'en doniu
avec la mention RRR.
Source: MNHN, Paris
GROUPEMKNTS MUSCINAUX DE LA
DE HUE!GOAT
47
des abreuvoirs et sur lc.s gu6s des ruisseaux de la region ; avec Moniia
rivularis Gmel., tres abondant, se trouvent la les quelques Mousses sui-
vanles: Philonotis cxspitosa Wils., Ires caracteristique, Caltiergonella
cuspidata (L.) Lceske, Rhytidiadelphus squarrosus (L.) Warnst.
III. Groupements muscinaux des arbres, des rochers et des talus
1. Les Arbres
La couverturc muscinale des arbres de la foret de Huelgoat, surtout
dans le fond des vallons au voisinage des ruisseaux, est abondante et
specifiquernent riche. J'ai surtout examine les forces des Metres qui
sont nombreux un peu partout, souvent meles aux Chines. Comme
Picquenard (38) et M. des Abbayes (I) le font remarquer pour les
Lichens, le developpement vegetatif et la fertility des Muscinees sont remar-
quables dans les forels de la Basse-Bretagne. A l’ombre d’une belle futaic
de Hdtre et de Chdne p^doncule, pres de la maison forcsttere de
la Coudraie, les tronc.s sont garnis d'6pais manchons d'Epiphytes parmi
lesquelles domine Isothedum myosuroides (Dill., L.) Brid. qui y attcint
des dimensions inconnues pour cette espece dans la region parisienne.
La liste globale suivante comprcnd toutes les especes que j’ai rencon-
trdes sur les troncs en foret de Huelgoat :
IHcranvm scoparivm Hedw.
Zygodon viridissimus (Licks.) R. Br.
Ulota Bruchii Ilornsch.
VI. crispa Brid.
VI. phyllantha Brid.
Orthotrichum striatum Hedw.
0. LijeUii Hook, et Tayl.
0. affine Schrad.
O. pulchellum Sm.
Hr yum capillare L.
Bryphtea arhorea (Huds.) Lindb.
Xeckera crispa (L.) Hedw.
X. pumila Hedw.
X. complanata (L.) Huebn.
Pterogowium gracile Sw.
IIonialotheciuui sericewn B. et S.
Isothenium myosuroides (Dill., L.)
Brid.
Hypnum cupressiforme L.
II. cupressiforme v. fdiforme Brid.
II. resupinatum (Wils.) Broth.
JMctzqeria jurcata (L.) Dum.
M. furcata var. prolijera Neos
Madula complanata (L.) Dum.
Madoiheca lavigata (Schrad.) Dum.
Cololejeunea minulissima (Sm.) Soliffn.
Lejeunea cavifolia (Ehrh.) Lindb.
Microlejeunea ulicina (Tayl.) Evans
Drepanolejeunea hamatifolia (Hook.)
Schffn.
Harpalejewnea ovata (Hook.) Schffn.
Frullania Tamarisci (L.) Dum.
F. dilatata (L.) Dum.
Ce groupement, tel qu’on le rencontre ici, correspond evidemment
a V Association a Orthotrichum Lyellii et Neckera pumila que P. Allorge
signale. dans le Pays Basque (9) et qui est, dit-il, repandue dans la plus
grande parlie de l’Europe occidentale. Les affinites entre la (lore de Bre¬
tagne et celle du Pays Basque sont du reste evidentes. Le caractere eu-
atlantique de cette association corticicole est encore renforcd ici par la
presence de nombreux petits Lejeunea et d'Ulota phyllantha. Comme
dans tous les secteurs atlanLiques, Hypnum resupinatum est tres abondant
sur les, arbres a Huelgoat et se presente avec des caracteres bien nets.
•le n’ai pas rencontre le Zygodon conoideus Hook, et Tayl. ; cette espcce
tuatlantique, assez repandue en Bretagne, existe cependant dans la region,
car F. Camus l’a trouvdo fertile sur la route de Huelgoat a Saint-Herbot.
Une particularity qui m’a vivement frappe, c’est l’absence de Leucodon
sciuroides Schw;egr., que je n’ai trouve nulle part a Huelgoat. Dans ses
uches manuscrites concernant le departement du Finistere, F. Camus
cite peu de localites pour cette espece si repandue sur les ecorces dans
de nombreuses regions ; ce bryologue note meme qu'il n’a pas rencontre
le Leucodon sciuroides autour de Chateaulin et de Cliateauneuf-du-Faou.
Dans les departements du Morbihan, des Cotes-du-Nord et de l’llle-et-
Vilaine, les localites de cette Mousse figurant dans les fiches de Camus
sont egalement peu nombreuses, ce qui laisse supposer que le Leucodon
est peu repandu en Bretagne. Je n’ai pas observe non plus Leplodon
Smithii Mohr, sur les arbres de la foret, pas plus qu’aux alentours, et
F. Camus ne le cite pas de cette localite; cet auteur fait du reste remar-
quer (21) que cette espece, mediterraneenne-atlantique en Europe, « bien
que repandue en Bretagne, y est cependant beaucoup moins commune
que ne semblent le croire beaucoup de bryologues ; elle devient plus fre-
quente au voisinage de la Loire et de la Vendee ».
II est interessant de faire observer ici que, si certains groupements
muscinaux de Bretagne se font remarquer par la presence, parmi leurs
constituants, d’especes de la zone silvatique, ou autrement dit de l’etage
du Hetre, celles-ci paraissent manquer complelement dans les associations
corticicoles. Les Muscinees de basses monlagnes, qui descendent jusque
dans les grandes forets de la region parisienne (Compiegne, Villers-Cotte-
rets, Fontainebleau) et sont repandues dans les hetraies des Vosges, par
exemple, telles que : Dicramun viride Schp., Orthotrichum slramineum
Hornsch., 0. speciosum Nees, Ulota Ludwigii Brid., Antitrichia curti-
pendula Brid., Pterigynandrum filiforme Hedw., Platygyrium repens Br.
eur., ne se rencontrent pas en Bretagne ou y sont rarissimes. Le Pylaisia
polyanlha B. et S. manque presque completement en Bretagne ; d’apres
F. Camus, cette Mousse n’aurait ete trouvee que sur des ceps de vigne
et, pour cette raison, ne s’eloignerait guere de la Loire (16). Je n’ai ren¬
contre nulle part Madotheca plalyphylla (L.) Dum., hepatique frequente
sur les arbres dans la region parisienne; F. Camus fait remarquer dans
ses notes manuscrites que cette espece serait bien moins repandue sur
les ecorces en Finistere que dans la Loire-Infericure et en Vendee. Comme
a l’ordinaire, les Lejeunea (1) se trouvent ici aussi bien fixes directement
sur les ecorces que rampant sur les autres Muscinees faisant partie du
meme groupement: Ilypnum resupinalum, Isothecium myosuroides, Frul-
lania 7'amarisci, etc. Ces memes petites Hepatiques colonisent parfois
les frondes des Fougeres ; j’ai trouve a Huelgoat le Microlejeunea ulicina
tres abondant sur VHymenophyllum tunbridgense Sm. avec Metzgeria
furcata var. prolifera, et F. Camus signale Harpalejeunea ovata sur la
m6me plante. M. et Mme P. Allorge, qui ont fait une etude detaillee
des Hepatiques epiphylles des Azores, citent des cas identiques dans
ces lies atlantiques (7).
Je n’ai pas sufiisamment etudie les arbres isoles pour donner une liste
des especes de l’Association a Torlula papillosa Wils. et Orthotrichuni
diaphanum Schrad. ; j’y ai cependant observe Torlula papillosa Wils.
L’ Ulota phyllantha Brid. est beaucoup plus abondant et forme des coussi-
nets bien plus developpes sur les arbres bordant les routes que sur les
Hetres et les Chenes de la foret, oil il m’a paru rare et chetif.
L 'Habrodon perpusillus (de Not.) Lindb., Mousse mediterraneenne-
atlantique en Europe, qui a ete trouve en plusieurs points du Finistere
(1) F. Cam 08, dans uno note sur Lejeunea Rossettiana Mass., donne les locality des
Lejeunea en Finistere (17).
I.VUX DE LA FORET DE HUELGOAT
GROUPEMENTS M1I:
49
par F. Camus, parail etre une bonne caracleristique de l’Association des
arbres isoles a Tortula papillosa et Orthotrichuin diaphanum. C’est dans
cettc association que M. XeGgli range VHabrodon perpusillus dans le
i'essin (31). C’est encore dans cette association que se trouve Orthotrichuin
tenellum Bruch. L’ Orthotrichuin Schimperi Hamm, qui appartient aussi
a ce groupement d’arbres isoles, manque en Bretagne, de meme que
\'Orthotrichuin obtusifolium Schrad. D’une fa?on generate, les Orthotrics
sont plus abondants et specifiquement plus nombreux dans 1’Association
a Tortula papillosa el Orthotrichum diaphanum que dans l'Association
silvatique a Orthotrichum Lijellii et Neckera pumila; leur disposition
en coussinets serres leur permet de resister mieux a l’evaporation qui est
plus grande sur les troncs degag^s. A la base des arbres, on trouve, en
foret de Huelgoat, quelques especes qui appartiennent plutot k la strate
muscinale du sous-bois et stelevent sur les racines ou a peu de distance
au-dessus du sol sur les ecorces; la plupart sont de grandes Hypnac<$es :
Isothecium viviparum Lindb., Thuidium tamariscinum B. et S., Rhyli-
diadelphus lorcus (Dill., L.) Warnst., etc. M. T. Wisniewski a decrit,
en foret de Bialowieza, deux associations differentes de ces Muscinees
constituant le manchon basilaire des troncs d’arbres (44).
Un certain nombrc des Muscinees arboricoles, qui figurent sur la liste
dressee prtcedemment, nc sont pas exclusives de ce genre de. station,
elles se retrouvent sur les rochers de granite de la foret; telles sont:
Pterogomum gracile Sw„ Isothecium myosuroides (Dill., L.) Brid., M ado-
theca Uvvigala (Schrad.) Dum., la plupart des petits Lejeunea, Frullania
I amarisci (L.) Dum. Je n’insisterai pas davantage sur ces especes a la
fois corticicoles et saxicoles, P. Allorge ayant fait d’elles une judicieuse
discrimination (3).
J ai eu 1 occasion d’examiner la couverture muscinale de quelques
Hetres dans la foret de Clohars-Carnoet pres de Quimperle en 1935, et
y ai trouve l’Association a Orthotrichum Lyelli et Neckera pumila iden-
tique a celle qui vient d’etre decrite pour la foret de Huelgoat; j’y ai
note la presence des memes especes atlantiques : Ulota phyllantha, Cryphcea
arborea, Neckera pumila, Hypnum resupinatum, Microlejeunea ulicina,
Harpalejeunea ovata.
2. Les Rochers
Les blocs de granite sont abondants dans la partie de la for£t de Huel¬
goat qui avoisine le village (Granite de Plouaret) et a ete amenagee pour
les promeneurs. Les Muscinees sont nombreuses sur ces rochers, particu-
lierement sur ceux qui sont ombrages et situes dans le fond des vallons
boises au voisinage des ruisselets. L'Hymenophyllum tunbridgense Sm.
est encore assez abondant sur les rochers du vallon de la « Grotte d’Artus »,
la ou M. Guffroy l’a signale (30) (1), et ailleurs dans les environs imme-
diats. La presence de cette delicate Fougere est un precieux point de
repere pour le bryologue, car elle indique, la oil on la trouve, une atmos¬
phere tres chargee en vapeur d’eau, eminemment favorable aux Musci¬
nees atlantiques.
J’ai surtout explore les rochers ombrages du vallon de la « Grotte
d’Artus » et de la « Mare aux Sangliers »; ce petit vallon boise, au fond
(1) M. i>. Chouard signale dgalemeut VU. tunbndgerue Sm. A la « Grotto d'Aitus »(23).
Source: MNHN, Paris
50
ft. iJALMli
duquel coule un ruisselct torrentiel, m’a paru particulicremenL riche au
point de Vue bryologique. Sur les rocherS dc granite. Sous le cotiVert des
arbres; j’ai riicoltc :
Rhabdoweisia striata (Sehratl.) Kindb.
Campylopus flcxnosus (Heilw.) Brill.
IHcmn uni svopariuni Hedw.
D. Scottianum Turn.
Mnium, hornum L.
Plerogonium gracile Sw.
Heterodadium heteropterum (Bruch)
Br. eur.
Cirriphyttilin crassUiervium (Tiijrl.) FI.
IsotheciuPi myoShroides (Dill.t L.)
Brill.
hsopterygium elegdns (Hook.) Linill).
Pidgiolhecium silvaticum B. et S.
ilypnuin vkpresSiforilie L.
Metzgbria eonjugdtd Lllnlb.
MarSupella emarginaid (Elirh.) Dum.
Avec les espeees ci-dessus, on rencontre aussi, sur les roehers siliceux
ombrages de la foret, ctes Mousses lerricoles provenant du sous-bois cnvi-
ronnant, parmi lcsquellcs les grandes Hypnacees dominent : Pleurozium
Schreberi (Willd.) Mitt., Plagiolhecium undulatiun (Hedw.) Br. eur.,
Hylocomiurn proliferiun (L.) Lindl)., Rhylidiadelphus loreus (Hedw.)
War ns l., R. Iriqueter- (Hedw.) Warnsl.. Ltxskeobrywn brevirostre (Ehrh.)
FI., Tkuidium iamariscinum (Hedw.) Br. eur., Dicranim majus rum.,
Leucobruiini gtaucum (Hedw.) Schimp., Polytrichum formoslim Hedw.,
qui se deVelopperit plutot sut la couverture d'humus qui coifTe certains
de ces blocs granitiques que sur la roche elle-meme ; ce sonl des humi-
coles et non des saxicoles a proprement parler. L ’Humenophyllum tun-
hridgcnse Sm. se localise dans les anfractuosites les plus fraiches de ces
roehers sur lesquels Umbilicus pendulinus DC. est frequent. L Hymeno-
phylliuh uriildlerale Bory, que je n’ai pas rencontre, se trouve egalement
sur Its rdchers de Huclgoal (28-30).
Le peuplement niuscinal des blocs de granite ombrages de Iluelgoat
correspond a 1’Association des roehers siliceux a Isothecium myosuroides
decrite pour la premiere fois par P. Allorge dans la region parisienne (2).
Par la presence d’especes lilies que. : Dicranum Scotlianum, Plagiochila
spirullosa, Scupania gracilis, ce groupemenl a id un caractere euallantique
bien marque, renforce encore par 1'adjonctioii des Hymenophylles. Plagio¬
chila spinuloSa et Scapania gracilis sont tres abondants sur les roehers
ombrages de Huelgoat; ils y torment des touffes etendues et profondes
frequemment gafnies de perianthes. Le Dicranum Scollianum est assez
commun et souvent fructifie.
On remarquera que la plupart des Muscinees qui figurent sur la liste
ci-dessus comme se trouvant sur les blocs de granite ombrages ne sont
pas exclusives de ce substratum : Mnium hornum L., Mursupella emar-
ginata (Ehrh.) Dum., Diplophyllum albicans (L.) Dum. sont plus repandus
sur les talus ombrages ; un certain nombre d’autres espeees colonisent
aussi les ecorces. C'est sur des roehers ombrages que F. Camus a trduve
■i Huelgoat: Cyiiodonliiun Brunloni (Sm.) Br. eur., Cephalozia media
(= C. lunulifolia Dum.), et le rare Diplophyllum ooalum Steph. (= D.
Dicksoni Dum.). 11 faut souligner particulierement la presence ici, sur
Lophozin ventricosa . (Dicks.) Dum.
Plagiochila asplenioides (L.) Dum.
P. spinulosa (Dicks.) Dum.
Loplwcoleu bidentnta (L.) Dum.
Bazzonid Irilobata (L.) Dray
Lepidoeia replans (L.) Duili,
Diplophyllum albicans (L.) Dum.
Hrapania gracilis (Linah.) Kaal.
Sc. um brosa (Schvad.) Dum.
Mtidotheca licvigata (Sc.lirad.) Dum.
Lejennea carijolia (Ehrli.) Lintlb.
Microiejeunea ulicina (Tayl.) Evans
Drepanolejeuned hamatijolid (llook.)
S cliff n.
Fnillanid Tantdtisvi (L.) DuuJ;
Source: MNHN, Paris
'.r,wi_ , ti.M'.iN I.-, MUM.INAL X DE LA FORET DE HUELGOAT 51
dcs rochers, du Scapania umbrosa, hepatique montagnafde qui est presqUe
loujours stricteraeilt lOcalisee sur les souches pourrics ; j’ai trouve cetlfe
espece sur deux points differents, mais assez rapproches, de la foret
La dec ° uverU : de cc Scapania a HueJgoat est due a F. Camus (20). Une
autre Muscinee montagnarde de rochers siliccux umbrages aurait ete
autrefois recoltOe par Le Dantec en Finistere aux environs de Brest
iZ re ron°n LA ^ . ( - A 1 Iuscim ' es de f^nce), c'est le Grimmia Harlmani
Schp. (-1). II est mteressant de signaler ici que plusieurs Muscinees, qui
sont assez repandues sur leS rochers siliccux umbrages de la region pari-
sienne, les gres de la ioret de Fontainebleau par exemple, n'ont pas encore
etc trouvees ou sont rarissimes en Finistere ; telles sont : Orlhodicranum
montanum (Hedw.) Lceske, Georgia pellacida (L.) Rabenh., Aulacomhium
androgynum (L.) bchyviegr., Orlhotrichutn rupeslre Schlcich., Sematophylium
denmsum Mil Dolichotheca silesiaca (Selig.) Fleisch., Sphenolobus 'exsec-
liformis (Breidl.) Steph., Blephaiosloma trichophyllum (L.) Dum.
J’ai pu examiner quelques rochers ensoleilles clissemines dans les clai-
nercs de la Ion?I et dans les landes du voisinage, et ai note sur quelques-
uns de ceux-ci les especes suivantes qui caracterisent bien l'Association
a Hedwigiu albicans (Hedw.) Br. eur. :
Andrecea Rothii Web. et Mohr
GrUhtnia decipiehs (Schultz) Lindb.
G. patens B. et L. (RR)
Ivhacomilrium heterostichum Britl.
Rhacomitrium lanuginosum Brid.
Ptychomitrium, polyphyllum Fuern.
Hedwigia albicans' (Hedw.) Br. eu
P oly trie hum piliferum Schreb.
L Andreiva Rothii est assez repahdu et forme des petites taclles noi-
ratres sur les blocs de granite. Le Rhacomitrium heterostichum est repre¬
sente iti par line forme dont les feuilles ont un poil terminal Ires'court
et des Uges dicombantes; c’est la var. gracUescens B. et S. Le Grimmia
patens nouveau pour la Bretagne, est une espece montagnarde de plus
a ajouter a la flore bryologique de cette province (29). Des recherches
plus attentives m’auraient peut-etre permis de trouver sur ces rochers
decouverts les especes suivantes signalees en Finistere et qui preferent
ce genre de station : Dicrdnoweisia cirrata (L.) Lindb., Grimmia campeslris
Hruch, (,. trichophylta Qrev., Frullania fragilifolia Tayl. Deux Mousses
assez communes sur les gres eclaires dans la region parisienne, en foret
de Fontainebleau par exemple, Campylopus introflexus (Hedw.) Mitt,
el biota amencana (Palis.) Limpr., sont Ires rates en Finistere ; F. Camus
lait remarquer que la seconde est rarissime dans l'Ouest (22). UHedwini-
iiun unberbe( Shi.) Br. eur., qui n’a ete trouve jusqu’a present qu’Urte
seule lois en Bretagne, en Loire-Itiferieure, par E. Bureau (15), est d
rechercher sur les rochers ensoleilles de la region des Monts d’Arree oil
sa presence est probable.
Les blocs de granite qui garnissenl le fond et les bords des ruisseaux
de la foret possiklehl une [lore muscinale tres interessante. On peut
distinguer ici, comme l’a fait M. des Abbayes pour les Lichens (I), trois
mveaux difFrents sounds a une inondation plus ou moins prolongee et
caractetises chacun par une population muscinale speciale.
Les rochers qui garnissent le fond du lit des ruisseaux et sont presque
vante" Ue k ’ mint ^ ^ 1 C ° Urant rapk ' e P r6sefttent k ’ s especes sui-
Source: MNHN, Paris
R. GAUME
Fontinalis antipyretica (L.) Hedw.
F. squamosa Schp. (1)
Rhynchoslegium rusciforme Br. eur.
Scapania undulala (L.) Dum.
Madotheca Porella (Dicks.) Nees.
Les Fontinales et Madotheca Porella caracterisent surtout ce niveau
inferieur le plus souvent inonde.
La partie moyenne des blocs granitiques, qui emerge cn 6te au-dessus
des basses eaux et est submergee durant les crues d’hiver ou apres les
grandes pluies d’orage, est colonisee par le groupement le plus riche en
especes, conslitue par des Muscinees amphibies pouvant supporter une
secheresse prolongee. J’ai note h ce niveau :
Fissidens Curnowii Mitt.
Grimmia alpicola Sw. var. rivularis
Brid.
Bhacomitrium aciculare Brid.
Didymodon cylindricus Br. eur.
Thamnium alopecurum (Hedw.) Br.
Brackythecium plumosum (Sw.) Br.
eur.
B. rivulare (Hedw.) Br. eur.
Hyocomium flagellare (Dicks.) Br. eur.
Isotheeium rivulare Holt
Aneura sinuata (Dicks.) Dum.
Chiloscyphus polyanthus Lceske (2)
C’est ici que doit se trouver Fissidens pusillus Wils. indique a Huelgoat
par F. Camus. II n’existe evidemment pas de limite absolument tranchee
entre les deux niveaux precedents et la transition s’opere souvent insen-
siblement de l’un a l’autre en ce qui concerne la repartition des especes
qui les caracterisent.
Enfin, sur la partie superieure des rochers soumise aux eclaboussures
de l'eau se rencontrent des Muscinees recherchant une atmosphere saturee
d’humidite ou simplement la fraicheur:
Mnium punctatum (L.) Hedw. Conocephalum conicum (L.) Dum.
M. undulatum (L.) Weis Saccogyna viticulosa (Mitt.) Dum.
Eurhynchium Stokesii B. et S.
Grimmia alpicola var. riuularis, Rhacomitrium aciculare, Brachythecium
plumosum, Fontinalis squamosa sont communs dans les ruisseaux de la
foret. I,'Isotheeium rivulare, espece atlantique signalee par P. Allorge
dans le Pays Basque (9), n’avait pas encore ete indique en Bretagne
a ma connaissance. Pour beaucoup d’auteurs, VI. rivulare n’est qu’une
variete hygrophile de VIsotheeium myosuroides ; cette plante attire 1’at¬
tention par sa couleur d’un beau brun dore. Le Fissidens Curnowii, dont
les jeunes feuilles d’un vert glauque tranchent sur les feuilles plus agees
d’un vert brun, parait assez frequent a Huelgoat; M. Potier de la
Varde, qui a trouve ce Fissidens a la Roche Maurice (Finistere), pense
qu’il est assez repandu en Bretagne (-42). Le F. Curnowii, indique au Pays
Basque par P. Allorge (8), est, d’apres lui, une espece euatlantique.
On peut encore souligner la presence ici de Didymodon cylindricus, espece
nettement montagnarde, dont la decouverte a Huelgoat est due h F.
Camus. CHaplozia pumila (With.) Dum., signale a Huelgoat par ce meme
bryologue, doit se rencontrer sur les rochers du lit des ruisseaux. Enfin,
pour en terminer avec les Muscinees rheophiles, je dirai qu ’Amblystegium
fluviatile B. et S. et deux Hepatiques nettement montagnardes, Alicularia
(1) Lc /■'. squamosa Schp. a ete trouviS fertile ft, Huelgoat par M. Potier de la Varde
(20).
(2) C’est aussi ft ce niveau que se trouve Fissidens polyphyllus Wils. signal* en plu-
Source: MNHN, Paris
GROUPEMENTS MUSCINAUX DE I,A FORET DE HUELGOAT 53
compressa (Hook.) Nees et Marsupella aquatica (Lindenb.) Schiffn., ont
dte recoltes en Finistere dans 1’Elorn par F. Camus (21).
Je n’ai pu retrouver le Jubula Hutchinsix (Hook.) Dum. au voisinage
de la cascatelle ou l’avait decouvert F. Camus : cette jolie Hepatique,
que Mmc P. Allorge a recoltee dans une station identique & la Rhune
(Basses-Pyrenees) (5), se rencontrera peut-etre ailleurs en Bretagne,
ainsi que Dumorliera hirsula SchfTn., sa compagne habituelle, qui reste
a trouver dans le Massif Armoricain.
Des rochers suintants doivent probablement exister dans la forSt de
Huelgoat; c’est 1& que Ton pourrait observer, avec Sphagnum quinque-
farium Warnst., indique dans cette locality par F. Camus, Rhacomitrium
prolensum A. Br. et Amphidium Mougeotii (Br. eur.) Sclip., rencontres
sur d'autres points du Finistere. F. Camus fait remarquer que I'Amphi-
dium Mougeotii est tres rare en Basse-Bretagne (20).
3. Les Talus
Les talus ombrages de la for&t hebergent les Muscinees habituelles
a ce genre de station qui constituent l’association decrite par P. Allorge
dans le massif de Multonne (3); on trouve, surtout dans les parties
abruptes, les especes suivantes :
Pogonalum aloides P. B.
P. urnigerum P. B.
Diphyscium foliosum Mohr
Ditrichum homomallum Ilampe
Dicranella heteromalla Schp.
Pissidens bryoides Hedw.
Bartramia pomijormis Hedw.
Mnium hornum L.
hopterygium elegans Lindb.
Reboulia hemispharrica (L.) Raddi
Marsupella emarginata (Ehrli.) Dum.
Calypogeia argula parait plus particulierement localise dans les anfrac-
tuosites du sol. Lorsque les talus sont en pente douce, ils sont envahis
par les grandes especes des parties plates du sous-bois : Polylrichum
formosum Hedw., Dicranum scoparium Hedw., Dicranum majus Turn.,
Eurhynchium striatum B. et S., Thuidium lamariscinum B. et S., des
Plagiothecium, des Rhytidiadelphus, etc.
IV. L es elements de la /lore bryo/ogique du Finistere
Le Finistere, plus encore que les autres departements bretons, est
caracterise par le grand nombre de Muscinees atlantiques (& divers
degres) que l’on y rencontre ; le climat doux et tres humide de ce departe-
ment est tout a fait favorable aux plantes appartenant a cette categoric.
Les especes euatlantiques sont bien representees en Finistere, ainsi que
les euryatlantiques et les subatlantiques, mais les m^diterraneennes-
atlantiques, dont le nombre est plus grand, refletent mieux encore les
conditions metdorologiques de la peninsule armoricaine.
Parmi les especes euatlantiques trouvees en Finistere, il faut citer:
Alicularia scalaris (Sclirad.) Corda
Haplozia crenulata (Sm.) Dum.
Lophezia bicrenata (Schmid.) Dum.
Lophocolea bidentata (L.) Dum.
Cephalozia bicuspidata (L.) Dum.
Calypogeia Trichomanis (L.) C'orda
C. arguta Nees. et Mont.
Lepulozia replans (L.) Dum.
Diplophyllum albicans (L.) Dum.
Scapania compacta (Roth) Dum.
54
ft. GAUME
Oampylopus subulatus .''dip.
Dicranum Scotliqnupi Turn.
Fissidens algarvicus Splnis
F. ('urnpyii Mitt.
F. polyphyllus Wils.
Pottia crinita Wils.
Trichoslomum Uttarqle Mitt.
Zygo.don copgideua Hopk. et Tayh
Orlhodonlium gracile Seliwtcgr.
Uryphsea Lamyana Mont.
Eyacomium fagellare (Dicks.) Br. eur.
Isothecium rivulare Holt
Plagiophila spinulosa (Dicks.) pum.
Adelanthus decimeps (Hook.) Mitt.
Lcpidozia pinnata (Hook.) Dupi.
Scapcmia gracilis (Lindb.) Kaal.
Colura calyptrijolia (Hook.) Dum.
Drepanolejcunea hamalijolia (Hook.)
Seliiff.
Jubula Hulehinsiic. (Hook.) Dun).
FrnUania microphyUa (Gottsdie) Pears
Marchesinia MaCkayi (Dum.) Gray
A pote ties especes de la liste ci-dessus, qqj sont, pour la pluparl, Iiini-
tees aux differenls secteqrs atlantiqqes de ( Europe et a la Macaronesie,
il ep existe qn plus grand nombrp qui penelrent plus ou inoins profonde-
ment en Europe Centralc qu nieme se retrouvent hors d’Europp ; ce sont
les subatlantiqueS et les euryatlantiques. Ces especes atlantiques de
second ordre sont repandues en Bretagne, particulierement en Finistcre ;
on peut mentionner pour ce (lepai
Andreiea Rotliii Web. ei Mohr.
Cynadontium Bruntoni (Sin.) Br. eur.
Cqmpylopus atrovirens tie Not.
C. brevipilus Schp.
C. fragUis B. et S.
Fissidens pusiUus Wils.
Qrimmia deripiens Lindb.
Plyvhomitrium polyphyllum Puern.
Leplodontium flexifolium (Dicks.)
Hampe
I lain phyllantha Brid.
Orthotrichum pulchcllum Sm.
Diphyscium joliosum Mohr
Fontinalis squamosa L.
Cryphwa arborea Lindb.
Eoolceria lucens Sm.
>ment les suivantes :
Hcterodadium heteropterum B. et S.
Sderopodium c&spilosum B. et S.
I'lagiothecimn undulatum B. et S.
Isopterygium elegqps (Lindb.) Broth.
Hypnum resupiuatum (Wils.)
Sphagnum molle Still.
Sph. Pylaiei Brid.
Fossombronia pusilla (L.) Dum.
Odonioschisma Sphagni (Dicks.) Dum.
Calypogeia argnta Nees et Mont.
Sacco gyna viticidosa (Sm.) Dum.
Madotheca Porella (Dicks.) Nees
Microlejeunea ulicina (Tayj.) K.vans
Harpalejeuneq ovata (Hook.) Sehifin.
Riccia Euebeneriana Lindenb.
Enfin, les esp&ces qui ont leur centre de dispersion dans la region
mediterraneenne el empruntent les seefeurs atlantiques pour remontcr
vers lc Nord sont nombreuses en Finistcre oil ellps trouvent un climat
qui leur est favorable ; parmi ces iqediterraneennes-atlantiques, il convient
tie citer :
Ditrichum subulalum Ilainpe
Tortula atrovirens Lindb.
T. cwneijolia Rotli
T. marginata Spruce
Tortella nitida (Lindb.) Broth.
Trichoslomum flavovirens Bruch
pialytrichia inucronqtu (Bri|l.) Ljmpr.
Funqria atlenualu Lindb.
Philonotis rigida Brid.
Epipierygium Tozcri Lindb.
Bryypi alpinum Iluds.
B. Doniqnum Grev.
R. murglc Wjls-
P{erogonium gracile Sw.
IIabmdoq per.pusiUus Ljmjl|.
Leptodon Smithii Morh
Sderopodium illecebrum B. et L.
Oxyrhynchium pumiluiq (Wils.) Broth.
Scorpiurium circinatum (Brid.)
Riccia nigrella DC.
Fossumbrunia anqulom (Dicks.) Raddi
Gopgylanlhus ericelorum (Raddi) Neep
Lfiocplea turbinata (Raddi) Buell
Cephalonella Turneri (Hook.) K. M.
Scapania c.ompaeta (Roth) Dum.
!\Ia<lotbera Thuja (Dicks.) Dum.
Colfilejeunea mingljssiyuf (ginith)
(Spruce.
F. Camus fait remarquer que beaucoup de ces ospecos mediterraneennes
d’origine sont plus repandues sur les coles qu’a l'interieur du departe-
meni ( 16 ).
Source: MNHN, Paris
GROVPKMKNTS Ml.'SCTNAUX DE LA FORET DE HUELGOAT 55
Quelques Muscine.es monlagnardes appartenapt a la zone silyatique
existent aussi en Finistere. Les plus notables sonl : Trichodon r.ylindricus
Schp., Brachydonlium trichodes (Fuern.) Braith. W., Fissideris osmun-
doides Hedw., Grimmia Harlmani Schp., G. patens B. et S., Rhqcomitrium
fasciculare Brid., Didymodon cylindricus B. et S., A/nphiditup Muuyeolii
(Br. eur.) Schp., Drepanocladus uncinalus (Hedw.) Warnst., Marsupella
aipialica (Lindenb.) Schiff., Alicularia compressa (Hook.) Nees, Lepidozia
Irichocladas K. M. ( Scapania unibrosa (Schrad.) Buip.
Commc le fait reinarquer M. des Abbayes poup les Lichens (1), la
presence d’especes montagnardes en Bretagne est due a l'humidite
atmospherique qui regne dans ce pays et non pas a l’altitude (1) qui est
negligeable, puisque le point culminant de cette province est le mont
Saint-Michel d'Arree qui a seulement 391 in. Pour F. Camus, ja vegetation
silvatique de la partie montueuse de la Bretagne est due moins a 1’altitude
qu’au sol plus loprmente qui fournit abondamment aux especes qui les
reclament c}es stations qu'elles ne frouvent que 4,6 loin en lpin dans les
parties voisines de la mer (16).
En raison de l’absence presque complete de sols calcaires en Bretagne,
beaucoup d.e Muscinees calcicoles, communes dans la region parisienne
par exemple, manquent ou sont tres rares daps le Massjf Armqricain;
ces especes-sont Iocalisees sur les sables maritimes, oil les debris de coquil-
lages fournissent du carbonate de chaux, spr le mortier des murs ou encore
dans les rares eontrees ou les roches calcaires affleurent.
Certaines especes calcifuges, frequentes dans d’autres regions, n’ont
pas encore, a ma connaissance, etc signalees en Fipisterp ; telles sont:
Dicranuni spurium Hedw., qui existe en Ille-et-Vilaine (14), Orlhodicrannm
flagellare (Hedw.) Loeske, 0. moplanum (Hedw.) Lc.eske, Ditrichum palli¬
dum (Schrad.) JIampe. D'aulres de ces especes silicicoles sont tres rares
dans cc memo departement : Campylopus intro flexps Brid., Weber q nutans
Hedw., Breidleria arcuata (Lindb.) Loeske. Enfin, Semalophyllum demissum
Mitt, n’a encore ete trouve nulle part en Bretagne.
Index bibliogbaphiqoe
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GROUPEMKNTS MUSCINAUX DE LA FOR^T DE HUELGOAT 57
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La Vegetation bryologique
de la Chataigneraie du Cantal
par le D r P. Duclos (Moret-sur-Loing) et L. L.wergne (Maurs, Cantal)
La Chataigneraie cantalienne occupe 1c versant meridional du Massif
Central, au sud de la ligne de partage des eaux Cere (Dordogne) et Cele
(Lot).
« La Chataigneraie n’est pas une region naturelle, mais un nom de
pays, ne. de la vie rurale. Les paysans du Massif cantalien qui l’ont cree
l'appliquent d'une fa?on stride a la contree d’Auvergne qui vit essen-
tiellement du Chataignier : le canton de Maurs et une partie de ceux
de Montsalvy et de Saint-Mamet » (6).
Territoire d’elude. — C’est sur cette region centrale de la Chataigneraie
qu'ont porte nos recherches : un quadrilatere ayant pour limites, au S
le cours du Lot de Vieillevie (Cantal), en amont, jusqu'a Port d'Agres
(Aveyron) et Livinhac-le-Haut en aval; a l’W le cours de la Veyre ;
& 1’E le cours de TAuze, au N les limites du bassin de reception de la
Ranee et du Cele, quadrilatere centre par la ville de Maurs.
Geologic, hydrologic, climal. — Au point de vue geologique, la region
est constitute par le socle cristallin de l'Auvergne : schistes a sericite
avec filons de quartz, localement seulement granite et dans Tangle sud-
ouest, porphyrites basiques du houiller. A Maurs s’etablit un bassin
lacustre oligocene avec assises superposees de sables quartzeux, argiles
et calcaires tongriens.
Le versant meridional du Massif cantalien se presente comme un dome
surbaisse de plateaux mollement ondules portant un vert manteau de
Chataigniers oti nos recherches se sont poursuivies & l’altitude generate
250-450 m. Ses pentes sont rapides, une multitude de sources dcvalent
en ruisseaux torrentiels a gorges tortueuses orientees generalement N-S.
Les grands collecteurs Ranee, Cele sont diriges du NE-SO, le Lot, E-W.
Dans Tensemble, notre territoire d’etudes represente le bassin superieur
du Cele. Toutes ces rivieres conservent un caractere torrcntiel, des eaux
limpides, a faible mineralisation.
Cette abondance des eaux resulte de Timportance des precipitations
atmospheriques qui caracterise l’ouest du Massif Central : Maurs regoit
une moyenne annuelle de 1.003 mm. de pluie ((5). La vallte du Lot est
deja moins arrosee avec 6 & 800 mm. annuels.
Quant au climat, il est deja beaucoup plus chaud que le climat auver-
gnat classique : la moyenne annuelle de Maurs est de 10°6 (30), avec
des etes chauds et secheresse regnant souvent de juillet a septembre :
toutes conditions d'etes submediterraneens expliquant Tempreinte mcri-
dionale regnant sur la vegetation du bassin oligocene.
VEGETATION BRYOLOGIQUE DE LA CHATAIGNERAIE DU C.ANTAL 59
Historiquc. — La Bryologie de notre region a ete etudiee par Frere
IIeribaud Joseph qui a consign^ le resultat de ses recherches dans son
ouvrage fondamental « Les Muscinees d’Aiivergne » (22). II cite les recpltes
de deux bryologues locaux : j’abbe Fuzet el .1. Jouve, qui ont parcouru
noire region, mais sans laisser de documents ecrits (22). 11 faut y ajouter
le nom du Frere Saltel, qui a explore egalement le S-0 du Cantal (32).
Plan el syslematiqu-. — Region siliceuse avec la Chataigneraie propre-
ment elite, region calcaire des Buttes du Bassin oligocene seront les grandcs
divisions de la flore bryologique etudiee. Au point dq vue systematique,
nous avons adopte la nomenclature de Brotherus (8) pour les Muscinees,
de W arnstorf (33) pour les Sphaignes, de Kar) Muller (33) poqr les
Hepatiques- En ce qui concernc les Groupements et Associations, nous
suivrqns la nomenclature etablie par P. Allorge (1).
I
La Chataiqneraie
Groupements silvatiques
Les plateaux du socle cristallin du Cantal meridional et les flancs des
ravins qui en cjcscendeqt sont fortement boises : taux du boisement
18.8 pour le canton de Maurs ((»). Sur les schistes cristallins le Chataignier
est l'essence dominante. En altitude, il ne depasse pas 700 m. en general,
e’est-i-dire la limite superieure de la zone silvatique inferieure.
Le Cbene pedoncule n’cxiste qu’& l’etat disperse le long des ruisseaux
ou sur les pentes. II ne forme guere de massifs purs : nous avons parcouru
ceux de la Vaysse pres Leynhac, du Vert et du Pechaire pres de Maurs,
les garennes des buttes oligocenes, tous de peu d’etendue.
Le Hetre est encore plus rare h ces basses altitudes : un fragment de
Hetraie notamment existe vers le Pont des Ramiers a Leynhac.
La Chataigneraie est constitute par des peuplements peu denses d’arbres
dont le facies s’apparente a celqi du Cbene pedoncule. Mais le couvert
y est beaucoup plus compact que dans la Chenaie. Partout un fourre
dense de Pleris couvre le te rain.
La vegetation muscinale est par suite, mal representee dans la Chatai¬
gneraie des plateaux, station relativement seche, mal eclairee, a h l U llus
peu abondant, & sol caillouteux. Les Pleurocarpes xerophiles y doppqent:
II /ilovomiuni vroliferum.
Pleurozium Snhrpberi.
Phi/liadel'phus lore us.
l/hytiadelplius triquetrm.
Ilypnum cupre.mfqrme.
Th n idi urn tamarisc i n u til.
Polytrichum jormosura.
Dicranum seoparium.
Absence de Dicranum spyrium, de Dicrartum undul(d\ur\, des Campy-
lupus, et grande rarcte de Leucobryam (nous n’avpps releve que trois
stations seulemqnt de L,eucobryum dans la Chataigneraie)-
Les bruyeres et landes a Sarolhamncs monlrent |es xerophiles hanales :
Pulytrichiun piliferum, Polylrichum juniperinum et Ceratodon purpureas,
Les talus des sentiers fournissent quelques autres especes, IJepaLiques
surtout, appurtenant aux groupements silvatiques des talus siliceux ;
Poi/onatum aloides. Diplophyllum albicans.
/' issidens bryoides. Calypofleia Irichomanis et yar. fiysfi.
Source: MNHN, Paris
P. DUCT-OS F.T T-. I-AVF.RGNE
60
Dieranella. heteromalla. Lophorolea bidentata.
Pleuridium subulatum. Lepidozia reptans.
Parfois les sentiers des bruyeres, sur les pentes, presentent dans des
zones argilo-sableuses des creux humidcs ou l’eau sejourne et c’est la
station d un petit groupement d'especes, quelques-unes subatlantiques,
fragment probable, de Cicendielum :
Calharinxa angustata.
Bryum eryth rocarpum.
A rch idi inn alterni folium.
Haplozia crenulata.
Cephalozia bicuspidata.
Fossombronia Wondraczehi.
Calharinxa angustata est frequent dans les stations de ce genre, mais
presque toujours sterile. De ces especes est a rapprocher Prionolobus
Turneri que nous avons observe sur le talus siliceux humide d’un fosse
(sables quartzeux oligocenes), chemin de Maurs a Montagnac, associe
aux especes precedentes : Calharinxa angustata c. fr., Fossombronia
Wondraczeki, Pleuridium subulatum. Cette Hepatique, subatlantique
mediterraneenne, est nouvelle pour l’Auvergne.
A la pauvret^ de la strate muscinale qui caracterise la Chataigneraie
des plateaux s’oppose le tapis muscinal luxuriant des Ch&taigneraies
des pentes et des vallees. I-a, les conditions ecologiques changent: dans
l’etroitesse habituelle des ravins ombrages, les sources et ruisselets mul¬
tiples entretiennent une humidite constante de l’air. La Chataigneraie
descend jusqu’au fond des thalwegsen se transformant en un peuplement
mixte aboutissant a l’Aulnaie des pentes ; station obscure et humide oil
la vegetation muscinale est luxuriante, les grandes Mypnacees sociales
mesohygrophiles, presque toujours en bel etat de fructification, forment
un tapis continu :
Coiliergonella cuspidata.
LasJceo bryum brevirostre.
Eurhynchium Stokesii
Mnium undulalum.
Mnium affine.
Eurhynehium striatum.
Brachythecium Rutabulum.
Plagiothevium denticulatum.
Cathariniea undulata.
Plagiochila asplenioides.
Sur les talus humides et suintants, la strate muscinale n’occupe guere
que les espaces denudes, sables humides que recouvre un tapis dense
d'Hepatiques vert pale d’oii emergent les pedicelles rouge vif de Fissidens
bryoides :
Calypogeia Trichomanis.
Calypogeia arguta.
('ephaluzia biouspidata.
Haplozia crenulata.
Alicularia scalar is.
Diplophyllum o blusifolium.
Diplophyllum albicans.
Bcapania nemorosa.
Des suintements et points sourceux sont indiques par un peuplemenL
dense de Mnium punclutum.
A la base de ces talus, vers les fosses remplis d’eau, quelques especes
bygrophiles apparaissent :
Pellia epiphylla. Brachythecium rivulare.
Fegalella conica. Brachythecium plumosum.
Dans les stations plus eclairees, le long des chemins d£gages et des
routes, surtout sur les argiles infra-tongriennes, on voit:
Source: MNHN, Paris
VEGETATION
LA CHATAIGNERAIE
61
Fossombronia Wondraczelci. Fissidens bryoides.
Eiccia glauca. Fissidens exilis.
Parmi cette florule, deux especes sont a remarquer :
Calypogeia argula est unc espece nouvelle pour 1’Auvergne. Eu-atlan-
tique, elle caracterise le climat des vallons de la Chataigneraie oil elle
est d’une frequence remarquable. Elle est facilcment discernable sur
place, meme melangee a Calypogeia Trichomanis, par sa taille plus grele,
ses feuilles rectangulaires et bidentees, translucides et brillantes en meme
temps que convexes sur le dos. Elle semble toutefois preferer les espaees
vides, plus humides, les points sourceux.
Fissidens exilis est aussi une espece digne d’attention. Bien que disse¬
nting dans l’O de la France (2'«), il semble tres rare dans le Massif Central
[une seule localite dans le Puy-de-Dome (22)].
Groupements arborlcoles de /a Chataigneraie
Les conditions climatiques sont tres differentes dans la Chataigneraie
xerophile des plateaux et la Chataigneraie mixte des pentes. Dans celle-ci,
couvert dense et voisinage des ruisseaux torrentiels creent une elevation
de l’etat hygrometrique de l’air qui favorise le developpement de 1’Asso¬
ciation corticole sciaphile a Ulola ulophylla. Les constituants sont unifor-
mement repartis sur les trois essences de la Chataigneraie mixte : Cha-
taignier, Chene pedoncule, Aulne glutineux. L’ecorce du Chataignier
participe d’ailleurs aux caracteres de l'ecorce des deux autres. Le tableau
suivant indique la composition generate de cette Association.
Associations corticoles de la Chataigneraie
Caraeteristiques
Ulota ulophylla .
Ulota Bruchii .
Ulota Ludwigii .
Orthotrichum Lyellii .
Orthotrichum speciosum ...
Orthotrichum stramineum ..
'/.yyodon conoideus .
t'ryphxa arborea .
1’latygyrium repens .
Microlejeunea ulicina .
1 2 3 4 5 6789
Ca A Ca Q A Ca Qu Ca Qu A A Qu Qu Qu
+ + +++ ++ + + +
+ +
+ + + +
+
++ +++ ++
++ +++ ++
+ + +
Accessoires
Zygodon viridissimus.
Frullania fragUifolia . + +
Frullania dilatata . ++ + +
Metzgeria furcata . + + -f + +
Leueodon sciuroides .
Feckera < omplanata .
if. cupressiforme filijorme .. . + + + + 4-
+ +
+ +
Les releves prdc&tents (classes par essence, Castanea. Quercus. A Inns) proviennent
'les localitfe suivantes : 1, Chataigneraie du vallon de Lcstradotte a Touest de Mams ;
2, Id. sur les pentes de Camalet; 3, Chataigneraie tres humide au-dessas jlu Pont du
Rieu, route do Quezac ; 4, Chataigneraie ruinee, route de Saint-Cirgue ; 3, Chenes et
Aulnes au bord du Cele sous le Chateau de Chaules a St-Constans ; 0. Aulnes au bord
de la Ressegue, mfme localite ; 7, C'henaie pure do la Vaysse pres Leynbae ; 8, CbSnes,
Source: MNHN, Paris
Dans cette association* I loin ulophylla predomine partout, Ulota
Bruchii est rare ; trois autres Orthotrichacecs de la zorie SilvdtiqUe
moyenne s’y rencontrent egalement, Viola Ludwigii, Orthotrichum specio-
sum et Orlholrichum stramineum.
Quatre especes remarquables caracterisent cette association, dont
trois sont tres repandues, Plalygyrium repens, Microlejeunea ulicina,
Frullania [ragilifolia et le rare Zygodon conoideus, especes qui ont echappe
aux investigations dTlERiBAUD.
Plalygyrium repens. « Element hygrothermique atlantique » est
une espece disseminee dans les forets montagrieuses de 1’Est de la
France (17), les environs de Paris (21), les Pyrenees centrales et basques.
C’cst une espece frequente sur les troncs de Ch&taignier du Bas-
Vivarais (2ft). Elle apparait done ainsi sur le rebord meridional du Massif
Central. Toujours sterile id, elle porle de nombreux rameaux propagu-
liferes : e'est sur les troncs des vieux Chataigniers qu’elle se rencontre,
d’ordinaire et elle se localise k son origine dans les crevasses humides
de l’ecorce.
Microlejeunea dlicind. iiuryatlantiquc, est uiie bonne caracteristique
de l’Association. Elle est extremement repandue sur les arbres (Cha-
taignier, Cllenes, Aulties, Bouleaux) des ravins ombreux, surtout dans
le voisinage des ruisseaux torretttiels. Dans la region, elle est presque
uniquenient cofticole.
Frullania fragilifolia. Est extremement repandue dans la CMtaighe-
raie, mais la exclUslvemeilt corticole. Elle est photophile et occilpe le
cote eclalte des arbres des clairieres ou des lisieres des bois. C’est une
espece disseminee dans toute la France, mais a qui « le climat du littoral
semble particulierement favorable » (IS).
Zygodoii conoideiis est une espece remarquable bien que nous ne l’ayons
bbsetvee qu’Une seule fois. Notre echanlillon n’est pas fructifie, mais
son appareil vegetatif est conforme aux descriptions classiques, notam-
ment ses propagules pales k 7-8 cellules, plus larges aU-dessous du
milieu (31). Cette espece, rare en France, est encore une atlantique carac-
teristique (Calvados, Manche, Bretagne) (Ml). C’est une espece nouvelle
pour l’Auvergne.
Crypluea arborea, atlantique egalement, est tres rare dans la region.
Notons egalement la grande rarete des Neckera dans cette Association
et l’absence assez curieuse de Pterigynandnun filiforme qui, dans notre
region, ne descend pas au-dessous de Pelage du Metre,
L'Association corticole silvatique a Viola ulophylla presente done
dans les ravins de la Chataigneraie un caractere atlantique accentin'-.
Sur les arbres isoles des clairieres et surtout. daiis les Chataigneraies
xerophiles des plateaux, cette association se modi fie, les especes sciaphiles
et hygrophiles disparaissent. Le. type extreme se trouve realise dans les
Chataigneraies ruinees par la maladie de PEncre (Chataigneraies ruinees
de la route de Lestrade et de la route de Saint-Cirgue). On y remarque
l’absence des Ulota et de Microlejeunea ulicina. Par contre predominent
Orlholrichum Lycllii, Leucodon sciuroides et sa var. morensis, meridionals
(tous deux c. fr,), Zygodon viridissimus, Frullania fragilifolia. Plaly¬
gyrium repens y est, aussi, abondant, il revet certains troncs plus que
ccntenaires de ses Louffes dorees brillantes au soleil. Souvent voisines
de plaques d'Hypnum cupressiforme, celles-ci d'un jauiie verdatre pale,
VEGETATION BRYOLOGIQl'B DE 1.A CHATAIGNEUaIE Dl' CANTAL 63
dies s'eri differericielit facilemerit par les rameaux plus courts dresSes
au centre de la toiiite, portant des feuilles plus courtes, exactement imbti-
quces, a la peripherie les tiges teiiiipdttteS soht tr&s adhSrentes & l’ecorce
a tel point qu’il est impossible d’en detacher une certaine longueur sans
les briser. Dans ces Stations ensdleillees,- les ramuscules de propagation
caractcristiques de cette espece (17) font defaut, on ne les retrouve que
dans les portions des toulTes abritees dahs les fissures de l’ecorce.
A la base des trOncs de Chataigniers se rencontre un petit groupement
d’esp&ces Vegetant en coussinetS denses, cdracterise par la presence preside
constante d 'Orthodicranum monldtium ; il cOmprend :
Orthodicramm montanum. Dicranum scoparium.
Orthodicranum flagellate. Dicranella heteromalla,
avec quelques Rleufocarpes et llepatiques :
Isotkecium vivvparum. Lophocolea bidentata.
llypnmn cupressijorme. Lepidozia reptans.
Homalia trichomanoides. Frullamia Tamarisci.
Ce groupement est generalement repandu dans la region sans etre
specialement attache au Chataigniet. Orthodicranum montanum est egale-
ment frequent, sous des formes rabougries, dans les crevasses des vieux
troncs de Chataigniers jusqu'a 2 metres au-dessus du sol. Orthodicranum
flagellate n’a ete observe qu’une seule fois (Bois de Montagnac).
Pour terminer, signalons sur les souches de Chataigniers arrachees
apres les coupes et sur la masse sableuse qui les entoufe un grbitpement
de petites Bryacees annuelles des champs Siliceux:
Potlia trxmcatula. Weisia riridula.
Knthostodon fasciCularis. i'unaria hygrometrica.
Bryum erythrocarpum. Ceratodon purpureus.
Les Chenaies pures sont rares dans la Chataigneraie. La ChgfiaiC de
la Vaysse pres Leynhac (altitude 450 m.) peut etre prise comme type :
peuplemenl d’arbres assez dense dans une localite aeree et assez seche.
Castrate muscinaie y est d'une giande banalite. La fiore corticole presente
une Association a Viola ulophglla reduile, Microlejeunccl et Plaltjgljrium
sont fdrt rares, UMd Liidwigii, espSUe montagnarde, est ici assez abon-
dante. Orthodicranum montanum est frequent au pied des arbres.
Groupements rupest'es de la Chaiaigheraie
Les rochers de la Chataigneraie sont constitues par des micaschistes,
schistes a sericite plus ou moins injectes de quartz, quartz qui apparait
?a et la en blocs purs et iSolds. Le granite est rare, souVent desagrgge,
peu favdtable a lh Vegetation muscinaie. Les rochers apparaissent sur les
llancs des valiees i la perite de celles-cl peut fitre occupge en lotalile pat
les bides rdeheUx qui t'galement en ctnironnent la Crete d’escarpements
pittoresques (vallee de la Ressegue, dominee par les Rocs des CorbeauX,
Roc de Lafargue). Ailleurs, la pente est moins rapide eL les bahes rocheux
emergent ?a eL la des bruyeres et broUsSailles. LeS climats ldcaUX sont
par suite fort dilfereilts : ergtes arides exposees a toutes Ids irttemperieS
et fonds de vallee aux expositions chaudes, abriLees, soumis par ailleurs
aux brumes nocturnes ffequeiites au voisinage des rivieres torreiitieiles.
B autre parti roriehlation genefale NE-SO des valiees principales (Ranee,
Source: MNHN, Paris
04
P. DUCLOS
L. LAVERGNE
Cele, Lot) cree une difference de la vegetation des versants : rochers
secs denudes, a l’exposition du midi et foret de Chataigniers avec rochers
ombrages et frais a l'exposition du nord.
A. — Rochers secs et decouverts
La vegetation muscinale des rochers siliceux ensoleilles et secs est
constitute par les representants de l’Association a Rhacomilrium hete-
rostichum et Hedwigia albicans, groupement xerophile et heliophile,
repandu dans toute l’Europe occidentale.
Le tableau suivant resume nos releves dans un certain nombre de
localites :
Association des rochers siliceux ensoleill&s et secs
Caracteristiques
Rhacomitrium heterostichum .
Hedwigia albicans .
Campylopus introflexus .
Ptychomitrium polyphyllum ..
Grimmia decbpiens .
Grimmia montana .
Grimmia trichophylla .
Grimmia campestris .
Grimmia commutata .
Coscinodon vribrosus .
Orthotrichum rupestre .
Bryum alpinum .
Scapania compaota .
Accessoires
Rhacomitrium lanuginosum .
Pterogonium ornithopodioides
Polytrichum piliferum .
Frullania Tamarisci .
1 2 3 4 5
7 8 9 10 11 12
1, Rochers de Outran : haute paroi roctieu.se expos4e au SE, rive droite de la Ranco
ontre Boisset et Maura ; 2. Rochers secs exposes au sud, Route de St-Cirgue au delA du
ponfc de Gros. a It. 450 m. ; 3, Rochers secs eotre Bagnac et Maui'S, alt. 250 m. ; 4, Base
de pente rocheuse au midi, AgrAs, vallee du Lot; 5, Rocheis secs au Pont de Coursavy,
valiee du Lot, alt. 217 in. ; 0, Longue paroi rocheuse, au bord de la route de St-Constans
au Chateau de Chaules, rive droite du Cele. alt. 350 m. ; 7, Roc des Corbeaux, crCte domi¬
nant la Ressegue en aval de Belguiral ; 8. Roc de Lafargue, mfmr locality ; 0, Rocheis
du has de la cote de Sadours. a Mourjou ; 10, Rochers de quartz aux Gl'Czes de Chaules,
alt. 500 m. ; 11, Rocheis secs A Mourjou ; 12, Rochers de serpentine A RoquetaniCre,
vallCe de la Veyre.
Dans ces releves, il taut noter la presence presque constante de Cam¬
pylopus introflexus, especc xerophotophile, caracteristique de l’Europe
occidentale et meridionale, repandue dans le S-0 et l'O de la France
jusqu’a la region parisienne. En Auvergne oil H£ribaud (22) le pretend
rare, il ne semble pas quitter le bas-canton de Maurs ; il disparait vers
600 m. dans la cote du Laurent. Par ailleurs, il suit le rebord cristallin
du Massif Central et est abondant dans le. Vivarais (20).
Ptychomitrium polyphyllum, presque aussi frequent que le precedent
eL Loujours couvert de capsules, est egalement une espece atlantique,
silicicole.
Bryum alpinum egalement tres repandu dans la region, photophile,
mais a un certain degre hygrophile : il ne dedaigne pas les rochers mouilles
'EGKTATION ]
BE LA ClI.VTA
RAIE DU CANTAL
65
expli-
ensoleillfoi. La pluviosite elevee, l'humidite das gorges des rivieres
quent son attendance sur des rochers secs.
Lcs Grimmiacees ont ici une distribution interessante. Absence, de
mutaia 10 ° mla ' rarCl<i reIative de campestris et Grimmia com-
Grim/ma trichophyllae st par centre assez repandue. Les echantillons
c e certames locahtes (Chateau de Chaules, Roc de Gerlcs) sent Ires voisins
de Grimmia Lis a?. Sur les filons de quartz des Grezes de Chaules, une
lorme intermediate se rapproche du Grimmia trichoplajlla type. 11 faut
v raisemblablement penser que ce sont D des formes a affinites mediter-
raneennes qu’on peut grouper dans Grimmia trichophytla var. meridionalis
comme 1 mdique Lceske (28).
Grimmia Montana. Sa frequence est remarquatle sur les micascliistes
ensoleilles ou elle est been devcfoppjfe et frnctilice a la fin de l'automne.
utte espece « sihcicole des basses montagnes, beaucoup plus rare aux
hautes altitudes » (28), est rare dans les montagnes de l'E de la France. (2'«),
nullc dans les Alpes sauf sur le houiller de la vallee de l’Arve oix elle coexiste
avec quelques Muscinees allanliques (14). Elle est, par contre, frequente
sur les colhnes sihceuses du N-0 de la France (24). C’est dans le Massif
U n ral que Grimmia montana acquiert sa plus grande dispersion (douze
ocahtes dans le Puy-de-D6me (22) et sept dans le Haut-Cantal). Dans
n iHi n dU Can ^-!; nous awns releve une douzaine de stations a basse
altitude vers 3o0 m. C est la que cette espece presente son optimum
tie developpemcnt sur les micascliistes ensoleilles et abrites. En France
Grimmia monlana se comportc done comme une orophyte des basses
montagnes sihceuses de I’O et du Massif Central (27, 28).
Coscinodon cribrosus. Silicicole des basses montagnes, est disperse ca
ct la dans notre region, souvenL sterile, rabougri, encombre de poussieres
terreuses ; il descend dans la vallee du Lot a 200 m. d''altitude.
Scapama compacla est la seule Hepatique remarquable de ces rochers
5,*“ ! C1 «“ rt fruclilic,.. Cost une espece atlantique
pnotopluie et plutot mesoxcrophile comme Bnjum alpinum
Dautres especes manquent ou sont rares qu’on s’attendrait a rencontrer
avec plus de frequence sur nos rochers siliceux secs. D’abord, nous n’avons
pas revu Hedwigidium imberbe au Roc de Lafargue et au Chateau de
Chaules ou J'abbe Fuzet l'avait recolte jadis (22).
Dicranoweisia cirrhala est absent des rochers siliceux dont il est ailleurs
<me. bonne espece caracteristique. 11 est rare dans notre region et gene-
ralement arboricole. ° y
Orlholrichum rupeslrc est exceptionnel dans la Chataigneraie et Ulola
americana y fait defaut comme dans tout le Cantab
En resume : Association a Rhacomilrium heleroslichum et a Hedwiqia
Wbicans dun type subatlantique, avec tendance mesohygrophile d’un
certain nombre de ses constituants.
Localement sy adjoignent quelques mckliterraneennes telles que Scor-
Piunum circinatum au Chateau de Murat pres Mams et Sdcropodiam
mceftrum a la base terreuse de micascliistes ensoleilles, aux Aurieres,
mute de Ragnac pres Maurs, espece nouvelle pour l’Auvergne.
np . 315 dans la vall6e du Lot que 1’influence mediterraneenne se
Preci^.. Du fait de son orientation E-O. les pentes de la rive droite, assez
up es, en partie denudees, sont exposees a une insolation vive, en
Source: MNHN. Paris
m&ne temps qu'elles sonl a l’abri des vents froids du Nord. Elies hebergent
quantile d’especes thermophiles mediterraneennes, Pottiacees et Brya-
cees annuelles surtout, donl le nombrc augmente en remontant la vallec.
Hekibaud (22) les a signalees sur la rive droite du Lot a Saint-Projet
ct a Vieillevie. Nous avons revu la pluparl de ces especes :, elles sont
largement dispersces sur les micaschistes du Roc de Gerles, d’Agres, du
Pont de Coursavy et au sud du Lot vers Conques.
La liste suivante indique les plus remarquables de ces especes :
Targionia hypophylla.
Grimaldia dichotoma.
Hymenostomum tortile.
Trichoslomum crispulum.
Trichostomum littorale.
Pleurochiete squarrosa.
Didymodon luridus.
Barbula acuta.
Barbula revoluta.
Barbula IIornschuchiana.
Barbula rigidula.
Tortula atrovirens.
Tortula cuneifalia.
Tortula canescens.
Aloina aloides.
Cette liste contient un nombre appreciable d’especes reputees calcicoles.
Leur presence sur les schistes cristallins peut s’expliquer — en dehors
des influences climaliques — par la presence de poussieres eoliennes
calcaires enlevces aux alluvions des crues lorrentielles du Lot et peut-
etre egalement par la presence dans les schistes sericiteux de la region
d'inclusions de calcite, d'apalite ou d’autres mineraux riches en calcium.
Un certain nombre de ces especes sont dignes de retenir l’attention.
Trichoslomum littorale. — Espece generalement localisee dans la region
atlantique et mediterraneenne decouverte. sur les rochers terreux de
Conques (Aveyron) et nouvelle pour l’Auvergne.
Funaria pulchclla a ete decrite par Philibert (3'i) sur des echantillons
recoltes par lui dans les interstices de murs granitiques pres Vais (Ardeche)
associ^e a Grimaldia dichotoma, seule localile connue jusqu’ici. A Saint-
Projet, die est bien caractdisee par son peristome el sa capsule. Non
loin de la existe comme a Vais Grimaldia dichotoma. C’est la deuxieme
localite frangaise de cette espece, nouvelle egalement pour 1’Auvergne.
Anomobryum juliformc est d’apres Lceske (2!)) une espece mediterra¬
neenne occidentale et atlantique. Elle est repandue en Portugal et en
Espagne (4, 5), Italic, Corse, France meridionale et atlantique [Environs
de Brest (Le Dantec), La Chataigneraie (Vendee) (9), talus tufl'eux pres
Limoges (25), Alpes-Maritimes (l(i, 18)]. Dans la vallee du Lot, elle est
localisee dans les fissures terreuses seches des rochers de Saint-Projet
ct de Vieillevie, localiles abritees et ehaudes oil la vigne apparait sur les
pentes. Cette espece est nouvelle pour l’Auvergne.
Urossidium squamigerum.
Funaria mediterranea.
Funaria pulchella.
A nomo bryum julijorme.
Bryum torquescens.
Bryum murale.
Bryum atropurpureum.
Bryum gemmiparum.
Bryum comenee.
Bartramia strict a.
Fabronia pusilla.
Scorpiurium circinatum.
Plerogonium ornithopodioides.
B. — Rochers ombrages et humicles
Les rochers ombrages sont moins repandus dans la Chataigneraie que
les precedents. 11s se rencontrent sur les pentes boisees fraiches des ravins
encaisses el soni souvent en partie ddsagreges, recouverts d’eboulis
terreux. Fraicheur et lumiere attenuee conditionnent le developpement
Source: MNHN, Paris
07
-v-iyuo. «« ^ CHATAIGNERAIE DU CANTAI.
dune llore sciaphile, hygrophile, a aBlnitds montagnardes, nui serattache
Le tab,™"" mdlerS SiH ““ ™ ab ™S« 4
Le tableau suivant resume quelques-uns de nos releves :
Association des rochers siliceux ombragfes
Amphidium Mougeotii . 3 4 5 6 7 8 9
Heterocladium heieropterum ....... , 7 + t + +
Isotherium myosuroides .’ ~ 1 + + +
Plagioihecium silvaiicum .
Ctenidium molluscum . . , +
Fissidens crislat us . . ■ d , +
Trichostomum brachydontium ... .. " r , F + +
Dicranum f ulvum, .• • • • • -I- _|_
Lophozia guinquedeniata .' ’ ’
Lovhocolea cuspidata . ' ’ ‘ ~ l " +
Sphenolobus minutus ............
Marmpella emarginata . , ,
Rebovlia hemisphicrica . ' ^ t +
1, liochcrs ombragcs tr£s humiili.e p„_f ,,, ,, , . ,,
'I" , M,,,,Un d'Agms, confluent du Mourjou et du LoT-TKoolun’° R . ochols “mbragda
Ces tochers siliceux humides et ombrages sont caracterises nar la nrn
rSandnf T cl d 'Hiterodaiium heteroplerum largement
epandus dans la region jusque dans la vallee du Lot (all. 210 m? Pour
^ au-dessous de°la
t a ion sunaipine. bn lealite, ce sont des orophyles atlanticrues aui nnt
laFranS™* mi "“ <listri!> “ lion 9“ Orimmia mcnlana dans PO de
poSs i Ik"™'™ 6SPteS ’ W ™ q ™ rares ' SOnt i #f|Skes i divers
se^?,iw7“ m brachydmlium e s L une espcce submediterran&nne ob-
tcaa de ChanlefeT 0 ” 1,r f g “ s l i' un ™“ x P™‘ Mr Ic CiU sous le Chd-
enhe MaSs rt Rnl ° *S r 1115 micaschistes desagreges et humides
hemlpSZa “ T “ Am ' ,Miiwn M ° “9“'" <* iMouiid
d> fl Cha°u™ £T1 SU | l>l0C de t T rtz sous Ia CMtaigneraie du Cl,Mean
w Uraules. Cest cn Auvergne la troisieme iocalite de Cette esncce de
'?*“'?? anterieuremenL dans la Haute Vallee de la
(2_) et dans la vallee de la Cere a Lamativie (10).
Pont U ltT n " Un ( \ nc { r r°' Jl,mm sur rochers anfractueux ties humides au
de cette ei r rarfXn;i'ta!. a ta S r. C0 * ** coaaaissi ™
miSk7 ft r- /, a°n““'u 0ropl,yte cli!scellll “ des montagnes snr les
var ^ Fo " molllis ' associ& 5 Dicrcmella heteromaUa
<***<*! OMeptionuel dans la Chataigneraie (roehers
Pres Maurs as s d A S ris « ™ le Moulin ,le Sdnergues
Plus al ° rs qu il est tepandu
7 ,, na ^ dans la vallee de la Cere vers Aurillac.
ttoidtum delicatulum sur roehers frais au bois de Lacan prds Mouriou
St une acquisition nouvelle pour la {lore d’Auvergne. P
(58
1>. DUCL.OS ET L. LAVEHGNE
En outre, deux, especes n’apparaissant pas sur nos releves se rencon-
trent ca et la : Antitrichia curlipendula et Anomodon viliculosus.
Mais ces tochers ombrages sont surtout caracterises par une nombreuse
population d’Hepatiques souvent banales. Diplophyllum albicans couvre
de ses touffcs pales ou jaunatres la plupart des blocs avec Scapama
nemorosa (et sa var. uliginosa au Pont de Cros), Cahjpogeia Tnchomams,
Leieunea cavifolta, Plagiochila asplenioides, Marsupella emargina a. Les
caracteristiques sont bcaucoup plus rates : Lophocolea cuspidata dans
le vallon du ruisseau de Lestrade; Sphenolobus minutus desccndu des
regions montagneuses au Roc de Lafargue dans la vallee de a Ressegue ;
Lophozia quinquedentata est un peu plus repandue, dans la region de
Maurs, la vallee du Cele et jusque dans la vallee du Lot ou, au Pont de
Coursavy, des rochers au nord offrent une colonie luxunante de la plante
male ; Lophozia barbala est par contre rare ; Pleuroschisma trilobaturn
est repandu au Chateau de Chaules et au bois de Lacan ; Jamesomella
autumnalis sur blocs do quartz aux Neuf-virages pres Lauressergues,
c’est la deuxieme station en Auvergne de cetle espece, signalee seulement
jusqu’ici dans la vallee de la Rhue (22). Nous en avons d ailleurs observe
une troisieme localite sur notre limite septentrionale, dans la cote du
bois du Laurent. . ... ' .,
Les rochers ombrages de la Chataigneraie, stations froides et humides,
sont done occupes en grande partie par une flore bryologique a affimtes
montagnardes. ...
Parfois ces rochers offrent des conditions locales particulieres : leur
humidite s’accroit, un filet d’eau suinte de la roche, une source parait
a leur base avec un petit groupement fontinal:
Brachxjihecium rivulare. Philonotis jontana.
Calliergonella cuspidata. PeUia epvpnyua.
Eurhynchium Stolcesii. Fegatella cornea.
Mais Philonotis fontana y reste rabougri. Deux autres petits Philonotis
existent egalcment dans les points sourceux : Philonotis marchica, medi-
terraneen a Port d’Agres et Saint-Projet dans la vallee du Lot et Plulo-
nolis capillaris, atlantique, au Pont de Cros sur la Veyre et sur la route
de Quezac. ,
Une seule station de Sphagnum quinquefarium existe dans la Uhatai-
gneraie, sur les rochers humides surplombant le Cele au bas de la cote
de Fournoules (alt. 350 m.).
D’autres points sourceux a eau plus mineralisee montrent: Brgum
venlricosum et Cratoneurum filicinum (Rochers de Cabran).
Un autre facies de vegetation muscinale se rencontre sur les rochers
exposes au Nord quand l’humus est devenu assez abondant a leur surface :
ils sont recouverts en totalite par un tapis continu de grandes Pleuro-
carpes sociales descendues de la forct sus-jacente. Telle est la grande
paroi rocheuse longee par la route de Calvinet au-dessus du Chateau
de Chaules qui presente :
Hylocomium proliferum.
Rhyliadelphus iriquetrus.
Pleurozium Schreberi.
Pseudoscleropodium puruvi.
Eurhynchium striatum.
Isolliecium myosuroides.
Ctenidium molluscum.
Plagiothecium denticulatum.
Hypnum cupressiforme.
Neckera complanata.
Thuidium tamariscinum.
Madotheca platyphylla.
Plagiochila asplenioides.
Source: MNHN, Paris
VEGETATION BRYOLOGIQUE DE I,A CHATAIGNERAIE DU CANTAL 69
Les rochers de micaschistes sont souvenl disloques par clivage hori¬
zontal de la roche, d’oii fissures, excavations plus ou moins remplies
d humus. Leur florule n'a rien de special : Bartramia pomiformis y est
largement repandu, Isopterygium elegans et sa var. nnnum, frequent,
Cynodontium Brunloni et Rhabdowcisia striata, dissemines 5a et la.
Diphyscium sessile est assez frequent sur les bandes terreuses des
rochers et a la base des surplombs, c’est la sa station habituelle dans
notre region ou il est exceptionnel sur les talus.
Zygodon rupestris, espece nouvelle pour l'Auvergne, existe dans les
fissures des rochers de Cabran et dans les fissures d’un vieux pont sous
le Chateau de Chaules. Dans ces deux stations, la plante est plutot lninii-
cole que saxicole.
Campylopus fragilis existe cgalement dans les fissures du Rocher de
Cabran, c’est sa deuxieme localite d'Auvergne, H£ribaud ne 1’indiquant
que dans la valiee de la Rhue, de meme que. Campylopus flexuosus (22).
L'absence de ces deux Campylopus d’Auvergne est un fait difficilement
explicable. Campylopus fragilis, espece de l’Europe occidentale, Campy¬
lopus flexuosus, euryatlantique, devraient se trouver dans notre region ;
nous les y avons vainemcnt recherches et pourtant leurs stations favorites
ne manquent pas dans la Chataigneraie.
Enfin, les Hcpatiques sont rares sur 1’humus des fissures : Cephaloziella
Starkei, Cephaloziella Limprichtii au Tunnel du Bos, Lophozia bicrenala
aux Rochers de Cabran.
Groupements des eaux courantes
A- — Au fond des ravins, la Chataigneraie mixte arrive en bordure
des ruisseaux a cours rapide ou torrentiel (ruisseau de 1’Arcambie, ruis-
seau de Lestrade a Maurs ; Celd sous le Chateau de Chaules ; Auze h
Saint-Projet). Sur 1'humus ombrage et sature d’eau, entre les blocs proches
des rives, apparaissent sous les grandes Filicinees les Muscinees des berges
des ruisseaux boises de 1’Europe occidentale. Ce groupement est bien
caracterise, notamment au bord du Cel6 sous le Chateau de Chaules au
pied d’une grande Chataigneraie, ainsi que dans le ravin de Lestradotte
pres Maurs, a l’ombre d’une foret de Sapin (plantee). 11 comprend :
Tric'nocolea tomentella.
llookeria lucens.
Mnium punctatum.
Fissidens osmundoides.
Brachytheeium- rivulare.
Bryum ventricosum.
Pellia epiphylla.
Aneura pinguis.
L’absence de Sphagnum est un fait notable. La presence de Fissidens
osmundoides a cette basse altitude (il existe egalement vers le barrage
de St-Constans & 250 m. d’altitude) est conditionnde par le climat atlan-
tique : cette orophyte a, en elTet, ete observee en Bretagne et en Nor¬
mandie ou elle apparait comme une relique glaciaire (2). Dans notre
contree, elle semble plutot etre descendue des montagnes le long des
torrents, grace & des conditions climatiques favorables.
*L — Les torrents et ruisseaux issus du socle cristallin de la Chataigne¬
raie sont tres faiblement mineralises, leur cours est generalement torren-
tid, entrecoupe de blocs, de cascades ; leurs eaux sont agitees, aerees et,
d’autre part, froides et limpides.
L’Association b Rhacomilrium aciculare et a Scapania undulata est ici
70 p. nucLOS nr l. i.avergne
a son lieu d’election sur les rochers de micaschistes submerges dans le
lit des rivieres ou sur les blocs ruisselants ou pdriodiquement exondes
des rives : c’est le groupemcnt rheophile des ruisseaux siliceux de l’Europe
occidentale. Le tableau suivant resume quelques releves caracteristiques
de ce groupement tres repandu dans la Chataigneraie :
Groupements rheophiles de la Chataigneraie et du Bassin oligocene
Chataigneraie
Bass
i oligoefen
1
2 3 4
5
6
7 8
Caracteristiques
Rhacomitrium aciculare .
q.
Sca/pania undulala .
+
+ + +
Brachylhecium plumosum .
+
+ +
Fonlinalis squamosa .
-j-
+ +
Ilyocomium flagellare .
+
Hygrohypnum eugyrium .
+
4-
Accessoires
Hygroamblystegium fluviatile .
+
+ +
Fonlinalis anlipyretica .
+
Chiloscyphus rivularis .
+
Platyhypnidium rusciforme ....
+
+ +•
+
Thamnium alopecurum .
-1-
+
Brachylhecium rivulare .
+
+ +
Grimmia apocarpa .
+
+
Grimmia rivularis .
+
1, Ruisseau de Lestrade ; 2, Ruisseau do l'Arcambie (affluents de la Ranee) ; 3, Veyre
a Roquetaniere ; I. Cele a Chaules ; 5, Auze A St-Projet ; 6, Cele A Nt-Coustaus ; 7, Ranee
A Maura ; 8, CAIe A la Planchc de Villedieu.
II faut d'abord remarquer la frequence des rheomorphoses des Pleuro-
carpes dans ces ruisseaux & courant rapide : telles sont Brachylhecium
rivularc var. fluilans, et var. cataractarum, Platyhypnidium rusciforme
var. calaraclarum.
Une seule espece reste constamment submergee, Fonlinalis squamosa,
qui forme des tapis ondulants, d'un noir a relicts metalliques sur les roches
du fond des ruisseaux.
Dans son ensemble, ce groupement rheophile se presente ici sous son
type atlantique : il est caracterise par la presence d’Hyocomium flagellare,
espece oreo-atlantique, tres bien developpee et fructifiee sur les rochers
de la rive gauche du Cele sous le Chateau de Chaules, au bas de la Cote
de Fournoulcs ; par la presence de Fonlinalis squamosa frequentc dans
la Veyre, le Cele, les petils affluents torrentiels de la Ranee. Hygrohypnum
eugyrium, « hygrothermique mediterraneen » d’apres Amann, est une
orophyte qui descend jusqu'au Lot dans la vallee de l'Auze au Moulin
de St-Projet (altitude 192 m.) oh il se presente sous sa belle var. Mackayi
non sans analogic d’aspcct avec Brachylhecium plumosum.
Enfin, Grimmia rivularis est exceptionnel a ces basses altitudes (Cele
au Moulin de Sadours); par contre, Grimmia apocarpa var. irrigala
Warns!. (211) se rencontre assez souvent sur les pierres arrosees des ruis¬
seaux.
Aux ruisseaux peuvent aussi se rattaeher les rochers et pierres humides,
ponts, murets de leur voisinage immediat. Dissemines ?a et la, ils sont
caracterises par Brachylhecium populeum et accessoirement:
Source: MNHN, Paris
VEGETATION BRYi
GIOUE DE LA CHATAIGNERAIE
71
Girriphyllum crassinervium.
Scleropodium ciespitosum.
Rhyncostegiella atgiriana.
Ilnmalia trichomanoides.
Orthotrichum rivulare.
Trichostomum brachydontium.
Madotheca Ixvigata.
Madotheca platyphylla.
Des qu’elles abordent le plancher du bassin oligocene, les caractdres
dcs rivieres se modifient: vallees plus larges, cours ralenti, enfin eau
plus mindralisee. La (lore bryologique est tres appauvrie, on n’observe
plus guere qu’Hygroamblystegium fluviatile, frequent dans les rivieres
du bassin oligocene et en France dans le domaine subatlantique, el Mado¬
theca Porella, Hepatique atlantique sur les pierres du Cele en aval de
Saint-Constans (22).
La vallee du Lot forme la limite meridionale de notre region : le Lot
v entre a Vieillevie h 225 m. d'altitude (le Port) dans un couloir oriente
d'E en 0 : le (leuve possede un courant encore rapide, sujet a des crues
lorrentielles. L’eau du Lot a vraisemblablement un dcgre de mineralisa-
Lion assez eleve du fait de la traversee du Lias et du Jurassique dans la
region de Mende. La flore bryologique ripariale y est pauvre, elle est
constitute par quelques elements de l’Association rheophile calcicole
et surtout d’especes meditcrraneennes ou atlantiques. Ainsi a Agres,
confluent du Mourjou, sur les pierres ct racines des berges se rencontrent,
avec le banal Cinclidotus fonlinaloides, deux allantiques, Ortholrichum
rivulare et Scleropodium aespilosum, deja observes par Heribaud (22)
sous le Chateau de Chaules dans le Cele. Plus en amont, au pont de Cour-
savy, les rochers des berges montrent Scorpiurium deflexifolium espece
mediterraneenne, associec a deux especes montagnardes Orthotrichum
eupulatum var. riparium et Grimmia rivularis, probablement descendues
de la haute vallee de la Truyere. De Saint-Projet a Vieillevie, les rochers
ensoleilles des rives presentent en toulTes grisatres encombrees du limon
des crues : Grimmia commutata, Grimmia apocarpa var. irrigala, Orlho-
Irichum eupulatum var. oclostriatum, Rhyncoslegium confertum. C'est dans
retie region, sur les pierres de la rive droite, qu’a ete decouvert Fissidens
Julianus (22).
Groupement des prairies
Dans la region etudiee, arrosee de ruisseaux multiples, les prairies sont
Ires developpees : elles realisent le type des prairies hygrophiles sur les
pentes ou le fond des ctroites vallees de la Chalaigneraie proprement
dite, et le type des prairies mesophiles dans les grandes vallees de la
Ranee et du Cele sur le bassin oligocene et du Lot a notre limite meri¬
dionale.
A. — Les prairies humides des pentes, les prairies des fonds de vallees
presentent un Lapis profond de grandes Pleurocarpes hygrophiles :
Galliergonella cuspidata. Climacium dendroides.
Rhytiadelphus squarrosus. Mnium undulatum.
Ce pre tourbeux acide a Sphagnum est rare. Le plus bel exemple est
la prairie tourbeuse de la Vaysse sur les bords du ruisseau de Leynhac,
au niveau du plan d'eau de la rivifere h 450 m. d’altitude, avec ilots de
•Sphaignes et quelques Muscinees :
Sphagnum plumulosum. Dicmnum Bonjeani.
Sphagnum inundatum. Aulacomnium palustre.
Sphagnum cymbifolium. Campylium siellatum-.
P. DUCLOS ET L. LAVERGNE
En descendant la vallee, les pentes s’accentuent, les pres s’asseclient
et les Sphaignes se localisent dans les fosses en se rarefiant:
Sphagnum inundatum.
Sphagnum subsecundum.
Un autre fragment de pre tourbeux acide a Jonce.es et Cyperacees
se rencontre sur la rive droite de la Veyre, en amont du Pont de Cros.
La (lore bryologique y est assez riche :
Aneura sinuala.
Philonotis fontana.
Galliergon stramineum-
Drepanocladus vernicosus.
Sphagnum teres.
Sphagnum subsecundum.
Sphagnum inundatum.
Chiloscyphus pallescens.
Calypogeia sphagnicola.
Ce petit, marecage sur une pente exposee au N-E, dans une vallee
profonde dirigee du N au S, presente une (lore a affinites montagnardes
qui n’est pas sans analogic avcc celle des tourbieres de la Haute-Auvergne.
Toutes ccs especes n'ont pas encore ete mentionnees jusqu’ici dans la
zone silvatique inferieure de l’Auvergne : Calliergon stramineum et Drepa¬
nocladus vernicosus sont localises avec Sphagnum teres dans les hautes
tourbieres du Union et de Pra-de-Bou. Les deux dernieres Hepatiques,
sphagnicoles montagnardes, sont nouvelles pour le Cantal.
Plus appauvrie est la flore des pres tourbeux du ravin de Rimal aux
Estresses (alt. 500 m.). Ce ravin, draine par un ruisseau rapide a Rhaco-
mitrium aciculare et a Platyhypnidium, presente sur ses pentes des pres
marecageux avec :
Sphagnum plumulosum.
Sphagnum laricinum.
Sphagnum■ cymbifolium.
Fissidens adianthoides.
A ulacomnium paluslre.
(iimacium dendroides.
Sphagnum laricinum etant une espece montagnarde comme Sphagnum
teres.
Enfin, quelques autres petits marccages a Sphaignes se rencontrent
qa et la, plutot fosses herbus de chemins humidcs oil ne vegetent guere
que les especes de la section Subsecunda.
B. — Dans le bassin oligocene de Maurs, les grandes prairies mesophiles
d’alluvions (Ranee et Cele) livrees au paturage ne montrent qu’une vege¬
tation bryologique discontinue et fort pauvre en especes.
Dans les fosses humides : Oxyrrhynchium prielongum, Calliergonella
cuspidata, Cratoneurum filicinum, Leptodidyum riparium, Mnium undu-
latum, Climacium dendroides ; dans les haies argileuses, Cirriphyllum
piliferum, rare dans la region ; dans les trous d'eau sourceux ombrages,
Riccia fluilans ■ sur le bord des routes seches, Thuidium Philiberli. La
region de l'Etang de Trioulou est dessechee depuis longtemps et les
especes signalees par Heribaud ont disparu (22). Cependant sur les argiles
et sables quartzeux oligocenes, sous le bois de Montagnac, une. vaste
prairie declive a la tete d’un vallon montre encore quelques Hots de
Sphaignes dans ses bas-fonds et ses fosses de drainage : Sphagnum cym-
bifoliiun. Sphagnum ucutifolium, landis qu'a sa partie superieure, en
lisiere du bois, un taillis tourbeux est occupe par un peuplement dense
et profond de Sphagmun crassicladum.
En resume, la vegetation bryologique prairiale n’offre aucun interet,
VEGETATION BRYOLOGIQC'E DE LA CHATAIGNERAIE DU CANTAL 73
si cc n’est les quelques pres acides, stations froides qui hebergent un
certain nombre de Sphagnum et d’especes montagnardes.
Groupements arboricoles des prairies
Dans le bassin oligocene, les arbres torment un mince rideau le long
des rives de la Ranee ct du Cele (Chene pedoncule, Frene, Aulne, Peu-
pliers). Leur (lore corticole est pauvre, dc caractcre xerophile, e’est une
Association a Tortula lievipila ct a Sircemia oblusifolia tres reduite. Ainsi
sur les Chenes des rives de la Ranee, ou sur les Peupliers des prairies
de Maurs, on note les especes suivantes :
Tortula lievipila.
Tortula papillosa.
Orlhotrichum tcnellvm.
Orthotrichum affine.
Leucodon sciuroides.
Ilomalothecium sericeum.
Frullania dilatata.
Radula com.planata.
II y a lieu de noter la frequence d’ Orlhotrichum lenellum, la rarete de
Sircemia oblusifolia, d’ Orlhotrichum diaphamun. Leucodon sciuroides
acquiert ici un beau developpement, presque partout fructifie, ainsi
que sa forme meridionale, var. morensis. La base des arbres dans les berges
est occupee par l’Association a Tortula latifolia avec Leskea polycarpa,
Dialytrichia mucronala et Tortula latifolia.
Beaucoup plus digne d’interet est la flore corticole dans la vallee du
Lot. £a et la, quelques prairies plantees de Peupliers bordent la riviere,
a Agres notamment. Les troncs sont assez ombrages, l’atmosphere y est
plus humide : aussi aux Sircemia oblusifolia et Orlhotrichum affine voit-on
s'ajouter Lejeunea cauifolia, Zygodon viridissimus et Neckera pumila.
La base de ces arbres montre les especes de l’Association a Tortula lati¬
folia, en touffes grisatres encombrees de limon designant le niveau des
crues habitueiles du fleuvc :
Tortula latifolia. Barbula sinuosa.
Dialytrichia mucronata. Cinclidotus fontinaloides.
Leskea polycarpa et var. paludosa. Scleropodium exspitosum.
Plus en amont vers Saint-Projet, Vieillevie, la flore arboricole, comme
la flore saxicole, revet un caractere mediterraneen. Aux Cambous de
Saint-Projet, sur une haute terrasse sableuse en plein midi, dominant
la riviere, au flanc d’un coteau couvert de vignes, des Noyers et des Peu¬
pliers montrent une flore riche ou apparaissent des especes mediterra-
neennes :
Hahrodon perpusillus.
Sircemia ohtusifolia.
Tortula Uevipila.
Dialytrichia mucronata.
Orlhotrichum affine.
Leucodon morensis.
Tortula muralis.
Grimmia apocarpa.
Anomodon viticulosus.
Homalia trichomanoides.
Frullania dilatata.
Madotlieca platyphylla.
flabrodon perpusillus, nouveaute pour i’Auvergne, est une espece ther-
niophile caracteristique de la race mediterraneenne de l'Association a
lortula Uvvipila. Notre localite relie les stations du Bas-Vivarais oh elle
est abondante (20) a celle de Floirac (Lot) dans la traversee des Causses
do Quercy par la Dordogne non loin du rebord cristallin du Massif Central
egalement (10). Dans la region mediterraneenne, Habrodon est generate-
74
DUCLOS ET L. LAVERGNE
ment associe a deux autres petites Pleurocarpes : Fabronia pusilla et
Lepiodon Smilhii. Dans la vallee du Lot, Fabronia pusilla existe non loin
de la, mais exclusivement saxicole, dans les fissures des rochers entre
Saint-Projet et Vicillevie (22) et au Roc de Gerles pres Livinhac-le-Haut
(Aveyron) oil le Fr. Saltel la decouvril. Quant au Lepiodon que nous
n'avons pas rencontrd dans la Chataigneraie, il y a cependant et6 observe
en quelques localites (Bois de Lacan, Rochers de Cabran) (22).
A ces especes, Leucodon morensis, tres robuste, couvert de longues
capsules arquees, ajoute encore un element mediterraneen. Remarquons
egalement la presence de Dialytrichia mucronala qui, sur plusieurs Peu-
pliers, s’eleve jusqu’a 1 m. 80 an-dessus du sol, dans les crevasses de
l’ecorce, bien au-dessus du niveau des crues du fleuve. Enfin, quelques
touffes d’Orthotrichuin slramineum detonnent dans ce milieu mediterraneen
et doivent provenir de la Cliataigneraie de la rive opposee du Lot.
Groupement des cultures
Les cultures ont peu d’extension dans la Chataigneraie. C’est la llore
bryologique des moissons argilo-siliceuses qui s’y rencontre avec peu
d'especes d’ailleurs :
Pottia truncatula. Ephemerum serratum.
Entosthodon fascicularis. Weisia mueronatn.
Bryum erythrocarpum. Pleuridium subulatum.
II
Les Hautes-Buttes calcaires oligocenes
A la Chataigneraie calcifuge du socle cristallin du Massif Central
s’oppose la region calcaire du Bassin oligocene de Maurs. Sur le plancher
de ce bassin lacustre. (alt. 250 m.) sc dressent les buttes a flancs blancha-
tres couronnees de bois de Chencs de la Garenne de Saint-Santin, de la
Garenne de Montmurat avec la Butte de Rogiers et comme fond de ta¬
bleau, affaissde, la longue echine grisatre du Causse de Gratacap (table
resistante de calcaire tongrien, vers 400 m. d'alt., recouvrant les marnes).
Cette region tres differente de la Chataigneraie permet d’observer le
contact de celle-ci avec la flore submediterraneenne des Gausses, au nord
du Lot.
C’est sur le Causse de Gratacap, longue pelouse xerophytique rocail-
leuse, que la flore bryologique est mieux caracterisee et plus riche que
sur les buttes voisines, par le fait de cette station decouverte et ensoleillee
et de la presence de nombreux bancs calcaires et de pierrailles denudees.
Les bancs rocheux secs et cliauds donnent asile a une serie d’Acro-
carpes thermophiles et photophiles, la plupart mediterraneennes de l’Asso-
ciation des rochers calcaires chauds h Grimmia orbicularis :
Grimmia orbicularis.
Trichostomum crispulum et v(U'-
Tortella nitida.
Tortella Bambergeri.
Hymenostomum tortile.
Barbula rigidula.
Orthotrichum saxatile.
Tortula montana et var. calva.
et d’apres IUcribaud (22)
Crossidium squamigerum.
Aloina stellata.
Tortula inermis.
Trichostomum bravhydontium.
Gymnoslomum calcareum.
Didymodon luridus.
Bryum torquescens.
VEGETATION BRYOLOGIQUE DE LA CHATAIGNERAIE DU C.ANTAI. 75
et comme accessoires : Grimmia pulvinata, Grimmia apocarpa, Barbula
reooluta, 7 orlella lorluosa, Aloina eriaefolia , Fissidens cristalus. Les pleuro-
carpes, rares, se rencontrent uniqucment sur les versants a l’ombre :
Ctenidiwn molluscurn var. gracile, Homalothecium sericeiun, Neckera
crispa, Madolheca plalyphylla.
Les cavites fraiches y sont rares, tapissees de Rhyncostegidla algiriana
ct d'Eucladium verlicillatum, auxquels s’ajoute Seligeria pusilla a la
grotte de Montmurat (22).
Les pelouses calcaires a Festuca duriuscula montrent sur leurs parties
denudees des tapis etendus et denses d'especes xerophiles et photophiles :
1,‘hncomilrium canescens et v. ericoides.
Rhytidium rugosum. Abietinella abietina.
IMnchum flexicaule. Thuidium Philiberti.
I'tenidium molluscurn. Pleurochxte squarrosa.
< 'ampylium chrysophyllum.
A 1’ombre des bosquets de Genevriers, seul lieu du Causse oii persiste
un peu de fraicheur, s’abritent quelques especes moins rigoureusement
xerophiles: Hypnum cupressiformc v. lacunosum, Pseudoscleropodium
purum, Camptolhccium lulescens, Oxyrrhynchium pnelongum.
Sur la terre nue des pelouses et des rochers, toute la serie des petites
Bryac^es thermophiles :
Hyrnenostomum tnieronto mum.
Barbula gracilis.
Barbula vineaUs.
Barbula rmguiculata.
Bryum atropurpurewm.
Bryum aespiticiuni.
et d’aprOs IIAribaud (22)
Pottia bryoides.
Pollia recta.
Ephemerum recurvifolium.
Pottia lanceolata.
Pottia minutula.
Pottia Starkeana.
Anisolhecium rubrum.
A cette flore surtout terricole se rattache le groupement des murettes
des vignes sur les pentes des buttes calcaires. Ainsi a Montmurat leur
sommet terreux se recouvre de Abietinella abietina et Pleurochxte squar¬
rosa, et sur les pierres ou dans leurs interstices terreux : Aloina eriaefolia,
Didymodon rubellus, Hyrnenostomum tortile, Grimmia apocarpa, Grimmia
pulvinata, Torlula montana.
Lnfin quelques Acacias sur la Butte de Rogiers prescntent deux especes
niediterraneennes, Torlula leevipileeformis et Leucodon morensis.
Dans toute cette. region calcaire permeable, les points d’eau sont rares :
le lavoir de Montmurat montre un petit groupement d’especes calcicoles
hygrophiles et thermophiles : Didymodon tophaceus et Eucladium verti-
nllatum sur des blocs quc recouvre. egalement Cratoneurum filicinum
var .tenuis. Quant a la Fontaine de Sainl-Santin oii vivait autrefois
Fissidens Julianus (22), on n'y rencontre plus actuellement que Lepto-
diclyum riparium et Platyhypnidiunx rusciforme.
Parmi les calcicoles precedcntes presque toutes mediterraneennes,
trois seulement sont saxicoles exclusives : Grimmia orbicularis, Ortho-
trichum saxatile, Torlula montana; les autres sont terricoles, ou vivant
sur les replats terreux ou dans les fissures. Celles-ci comprennent Hyme-
noslornum tortile abondanL et fruclifie et toute la serie des Trichostomees,
parmi lesquclles domine Trichoslomum crispulum et ses var. datum et
orevifolium, repandu partout. Tortella nitida est une espece nouvelle
pour 1 Auvergne, Tortella Bambergeri egalement, en meme temps qu'elle
Source: MNHN, Paris
1». DUCLOS ET I.. LAVERGNE
76
doit Sire rare en France. Nos eclianlillons sont conformes aux descriptions
et figures de Limpricht (27) avec un faisceau central bien developpe
et constanl. T. Bambergeri se rencontre egalement sur les orthophyres
du houillcr (porphyrites basiques) un peu en amont de Figeac : ces roches
presented la un complexe d'especes calcicoles et calcifuges du a leur
composition chimique: Campylqpm intro flexus, Scapania compacla,
Torlclla Bambergeri , Pkurochivle squarrosa, Barbula fallax. Orthotrichum
saxalitc, Gymnostomum calcareum var. mulicum et h quelque distance
de la Eucladium verlicillalum.
Quant a Tortella torluosa, elle n’est pas exclusivement calcicole : cette
especc se rencontre dans la Chataigneraie sur les micaschistes secs au
Chateau de Murat pres Maurs oil elle couvre des blocs entiers, ct sur les
rochers face au Don a Roquemaurel-sous-Cassaniouze oil elle est associee
a Grimmia commutala et a Plagiothecium elegans.
Tortula monlana se presente ca et la sur les calcaires durs du Caussc
sous sa var. calva, race therm ophile.
Rhacomiirium canescem couvre de grandes etendues a l’etat pur sur
le Causse de Gratacap, le plus souvcnt sous sa var. ericoides qui fruclifie.
Cette espece xerophile semble done assez tolerante vis-a-vis du calcaire,
dur et compact tout au moins, car elle vegete ici sur de la pierraille qui
n’est rccouverte d’aucun humus.
Thuidium Phitiberli est egalement assez frequent sur le Causse, sa
station d’eleclion. 11 se rencontre, egalement au bord des routes sur les
talus secs et ensoleilles de la region des micaschistes (route de Bagnac
a Maurs, Chateau de Murat, terrasse de Cambous a Saint-Projet).
Enfin, deux especes manquent ici : Entodon orthocarpus qu’ecartent
deja les influences mediterraneennes et Tortella inclinala.
En resume, la flore bryologique de la region du calcaire oligocene du
Bassin de Maurs renferme encore un nombre appreciable d’especes medi¬
terraneennes, calciphiles strides pour la plupart, qui s’arretent 1& en
avant du socle siliceux plus froid du Massif Central.
Groupements urbains
Les groupements bryologiqucs urbains n’ont ete etudies que dans la
ville de Maurs.
Les vieilles ruelles sont bordees de murs en pierres seches plus ou moins
degrades, a joints terreux. Leur flore bryologique est constituee en ma-
jeure partie de Bryacees ubiquistes :
Tortula muredis.
Tortula monlana.
Barbula revolula.
Aloina ericiujolia.
Orihotrich urn anomal ut
Grimmia pulvinata.
Grimmia apocarpa.
Bryum nmspiticium.
Bryum argenleum.
Homalothecium sericeum.
Sur une longue muraillc de soutenement a l’extremite de la rue Figea-
guaise, en plein midi, mais avec quelques plages ombragees et humides,
des especes meridionales s’ajoutent aux precedentes :
Crossidium squamigerum. Barbula vinealis.
Grimmia orbicularis. Barbula rigidula.
Didymodon lurid us.
Especes auxquelles Heriraud (22) ajoute Tortula alrov'renset Grimmia
Source: MNHN, Paris
VEGETATION BRYOLOGIOUE DF. LA CHAT V1GNERATE DU CANTAL 77
crinita : nous n’avons jamais rencontre cettc derniSre qui doit etre rare
en raison du substratum special (mortier calcaire desagrege) qu’elle exige.
Pour en terminer avec cette florule urbaine, mentionnons le groupe-
ment corticole des Platanes des avenues. Ici, les vieux arbres conservent
en partie leur ecorce du cote de l'O ct la s’observent quelques especes :
Frullania dilatata , Torlula papillosa, Orlholrichum affine, Ortholrichum
lenellwn, ce dernier se presentant sous une forme a long pedicelle. qui
n'est pas sans ressemblance avec Orlholrichum pulchellum.
Conclusions
L etude de la population muscinale de la Chataigneraie nous a montrd
dans sa composition : des especes atlantiques, des orophytes, des medi-
terraneennes, l'absence de certaines especes (element negatif), des especes
nouvelles pour la flore d'Auvergne.
Especes allantiques. — Liees au climat oceanique, caracterise par une
pluviositc abondante, une temperature hivernale relativement elevee,
une temperature estivale moderee, conditions realisees dans les vallons
ombrages oil l'etat hygrometrique reste eleve et les oscillations de la
temperature restreintes, les especes atlantiques sont nombreuses dans
la Chataigneraie. Parmi les plus remarquables, il faut citer :
Subatlantiques
Prionolobus Turneri.
Sr.apania compacta.
Frullania fragilifolia.
('ampylopus introflexus.
Campylopus fragiMs.
Rha co m i trium ac iculare.
Ptychomitrium polyphyllum.
Ortholrichum rivulare.
Fontinalis squamosa.
< 'ryphwa arborea.
Hookeria lucens.
Hygroamblystegium fluvialile.
Brachythecium plumosum.
II est a remarquer que les Muscinees atlantiques sont ici apparemment
plus nombreuses que les Phanerogames atlantiques.
Orophyles. — « Le regime atlantique combine a des pluies abondantes
est la cause principale de l’abaissemcnt de nombreuses limites biologiques.
Nombre d’especes montagnardes se maintiennenl dans les plaines k
climat oceanique » [J. Braun-Blanquet (7)]. Et confirmant cette obser¬
vation, un certain nombre dc Muscinees montagnardes, d’orophytes,
descendant des cretes du socle cantalien, se rencontrent dans la Chatai¬
gneraie (alt. 350 m.-250 m.) et m6me dans la vallee du Lot (alt. 210 m.).
Telles sont:
Atlantiques
Cidypogeia argukt.
Microlejeunea ulicina.
Mculotheca Porella.
Trichostomum littoralc.
Philonotis capillaris.
/rygodon conoideus.
IIyocomium flagellare.
Scleropodium aespitosum.
Hphcnolobus minutus.
hophozia nuinquedentata.
Jamesoniella autumnalis.
1 hiloscyphus pallescens.
Oalypogeia sphagnicola.
Sphagnum teres.
Sphagnum laricinum.
Fissidens osmundoides.
Bichodontium flaveseens.
uicranum fulvum.
Grimmia rivularis.
Grimmia montana.
A mphidium Hougeotii.
Viola Ludwigii.
Ortholrichum cupulatum.
Orthotrichum speciosum.
Ileterocladium heleropterum.
Hygrohypnum eugyrium.
Drepanocl ad us vernicosus.
Calliergon stramineum.
Source: MNHN, Paris
Toutes especes suivant les especes atlantiques dans les ravins ombrages,
sur les rochers humides, dans les prairies tourbeuses oil l’etat hygrome-
trique eleve et I'ombrage les protegent centre les rigueurs de l’ete meri¬
dional, « colonies des gorges » de J. Braun-Blanquet.
Especes mediterraneennes. — Depuis longtemps les phanerogamistes
ont mis en evidence le caractere meridional de la flore vasculaire du Bassin
oligocene et de la vallee du Lot | Heribai d (23), Lavergne (2G), Braun-
Bi.anquet (7), Luquet (30)].
Parallelement, les Muscinees mediterraneennes sont nombreuses dans
notre region aussi bien sur les micaschistes ensoleilles de la vallee du
Lot, leur couloir d’immigration, que sur les hautes buttes calcaires du
bassin oligocene. Elies s’eteignent a la base des rochers siliceux des fonds
de vallees abrites et chauds de la Chataigneraie et rares sont celles qui
penetrent plus avant dans le Cantal. Les plus importantes sont:
Targionia hypophylla.
Grimaldia dichotoina.
Hymenostomvm tortile.
Trichostomum crispvlum.
Trichostomum brachydontium.
Tortdla nitiila.
Tortella Bambergeri.
Tortula ouneifolia.
Tortida atrovirens.
Tortula hevipihvjormis.
Pleurochivte squarrosa.
Crossidium squamigerum.
Grimmia crinita.
Grimmia orbicularis.
Funaria mediterranea.
Anomobryum julijorme.
Bartramia stricta.
Philonotis mar chic, a.
Leptodon Smithii.
Leucodon morensis.
Habrodon perpusillus.
Fabronia pusilla.
Scorpiurium circinatum,.
Scorpiurium deflexi/olium.
Sderopodium illecebrum.
Enfin quelques elements sarmatiques ( Rhytidium , Abietinella) rejoignent
ces especes mediterraneennes sur le Causse, region a caracteres substep-
piques.
Elements negalifs. — Un certain nombre d’especes manquent a notre
region oil Ton pourrait s’attendre a les y rencontrer, d’autres sont rares
et de ces faits il y a peu d’explications valables. Telles sont:
Campylopus flexuosns (absent).
Campylopus jragilis (tres rare).
Dicranum spurium (absent).
Dicranum undulalum (abs.).
Leucobryum glaucum (rare).
Tortella inclinata (absent).
I lota americana (absent).
Brachy thee item albicans (abs.).
BrachythccAum glareosum (abs.).
Entodon orthocarpus (absent).
Especes nouvelles pour l’Auvergne. — Enlin l'etude de la (lore bryo-
logique de. la Chataigneraie nous a permis de preciser l’aire de distribution
d’un certain nombre d’especes et de rencontrer quelques especes nou¬
velles pour l’Auvergne ou le Cantal comme :
Calypogeia arguta.
Prionolobus Turneri.
Tortella nitida.
Tortella Bambergeri.
Grimmia trichophylla v. meridionalis.
Funaria pulchella.
Anomobryum julijorme.
Zygotlon rupestris.
Zygodon conoideus.
Thuidium deUeatulum.
Habrodon perpusillus.
Platygyrium repens.
Scleropodium illecebrum.
En resume, sur le versant meridional du Massif Central, la Chataigne¬
raie de Maurs et le Bassin oligocene situes aux confins du Domaine atlan-
tique (secteur aquitanien) et des Causses, « avant-postes de la region
Source: MNHN, Paris
VEGETATION BRYOLOGIQUE DE LA CHATAIGNERAIE DU CANTAL 79
mediterraneenne », presentent une vegetation bryologique & caracteres
mixtes, atlantique avec orophytes dans la Chataigneraie fraiche et sili-
ccuse, mediterraneenne sur les calcaires secs et chauds du Bassin oligo-
cene et sur les micaschistes ensoleilles de la vallee du Lot.
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Source. MNHN, Paris
Le Fissidens intralimbatus Ruthe
dans !es Basses-Pyrenees
par R. Potier DE LA Varde (St-Pair-sur-Mer)
Dans les dermers jours de 1943, peu de temps avant d’etre brusque-
ment enleve a la science et a ses amis, le tres regrette directeur de la
Revue Bryologique m’cnvoyait pour la determination un lot de Fissidens
voltes par lui et par Mme Allorge dans la Peninsule Iberique et dans
le Pays Basque. Parmi diverses especes, j’ai reconnu F. intralimbatus
Hu the. L etiquette portait la mention suivante : « N° 126, avec Southbua
Sticillidiorum, talus argilo-calcaires, route d’Hasparren a Briscous (Basses-
Pyrenees), 24.IV. 1940 ».
Comme il s’agissait d'une espece rarissime qu’il avait longtemps
recherchee, je me suis empresse de faire part de ma constatation a
M. Allorge... Ma lettre est malheureusement arrivee trop tard pour lui
donner la satisfaction de sa decouverte.
F. intralimbatus peut, en effet, etre considere comme une des grandes
raretes de la llore europeenne. Public en 1870 par Ruthe qui l’avait
distingue entre des plants de Fissidens incurvus recoltes par Solms-
Laubach, en 1866, dans le sud du Portugal, pres de Tavira, il fut retrouve
en 1892 par Fleischer en Ligurie, pres de Rapallo, et encore reconnu
par Ruthe parmi de jeunes tiges de F. taxifolius. Dans ces deux stations
le support est argileux. Ces deux localites ont iRe longtemps les seules
oil 1’espece avait etc observte. Assez recemment, le D' Latzel, d’Olmiitz,
a fait connaitre un nouveau centre de dispersion en indiquant plusieurs
stations sur substratum argilo-calcaire, en Dalmatie (cf. Latzel, Vor-
arbeRen\Zu einer^Laubmoosflora Dalmatiens. Beihefle zum Bot. Cenlralb.,
La plante des Basses-Pyrenees correspond en tous points k la descrip¬
tion tres complete de Ruthe et est identique aux recoltes de Latzel
que j’ai jadis dessin^es.
Comme l’a fait remarquer Philibert (Rev. Bryol., IB annee, 1884,
P- 57), cette espece est tres voisine de F. subimmarginalus Phil, dont en
1-rance trois localites sont seulement connues : 1“' Aix-en-Provence oii
1 1 a ete decouvert par Philibert, 2° Gap (leg. Girod), 3° dans les Alpes-
Mantimes, Esterel (leg. Dismier) (Cf. Dismier, in Bull. Soc. bot. Fr
'*7, 1920).
Les differences donnees par Philibert (e descriplione) et precisees
plus tard par Ruthe (Cf. Limpricht, Die Laubmoose, 3, p. 672), si dies
paraissent assez subtiles, se verifient cependant facilement. J'y ajouterai
une remarque personnelle : chez F. intralimbatus les feuilles etant lin-
OTIF.B DE LA VARDF,
82
guides, la courbe dessinee par le bord de la lame dorsale est tres pcu
accusee, Landis que chez F. subimmarginatus ellc est du type parabolique,
surtout dans les feuilles superieures. II est certain que ce sont deux especes
aflines, mais distinctcs.
Si, d’autre part, aucun doute n’esl possible sur l’identitd de la plante
des Basses-Pyrenees avec F. iniralimbatus, il semble, par contre, qu une
discussion s'impose sur la place systematique dc cette espece et de 1 espeee
voisine F. subimtnarginalus.
Ruthe et Philibert, frappes de cette limitation du limbidium a la
partie engainante (ou lamina veta), limitation tout a fait insolite dans la
flore europeenne, ont immcdiatement fait un rapprochement avec cei-
taines especes cxoliques, actuellcment classees dans la^ section Semi-
limbidinm. Brotherus, de son cote, dans son Genera, n a pas hesite a
les inscrire en tete de cette section avec F. exiguus Sull. ((.f. cd. II, p. 148).
Quelqu.es lignes plus haul cepcndant, il avail bien specific que les especes
de la section Semilimbidium ont. des cellules petites, prcsque opaques
(undurchsichtig) et densement papilleuses. Or rien dc tout cela ne se
constate dans les deux especes qui nous occupcnt: le tissu relativement
a la largeur des lames est plutot lftche et parfaitement translucide ; aucune.
papille ne peut etre observee sur le lumen des cellules qui sont done
completement lisses. 11 est vrai que dans la section Semilimbidium, plu-
sieurs types de papilles peuvent etre distingues (Cf. Potier de la Varde,
Ann. de crypt, exot., 4, 1931). 11 exist© meme un groupe que j’ai appele
sublucidi ou ces papilles tres fines et souvent distantes n ont pour effet
que d'obscurcir tres legerement le tissu. Pour les decouvrir, decolorants
ou eclaircissants sont indispensables. Or dans le cas de F. iniralimbatus
et de. F. subimmarginatus, quel que soit le precede d’obscrvation employe
et quel que soit 1’artifice d’eclairage utilise, les cellules apparaissent tou-
jours lisses. 11 faut done conclure que si I on s’en tient aux termes de la
definition de la section Semilimbidium, e’est ailleurs qu il faut recherchei
les afiinites de ces especes.
Deux directions semblent possibles : la sect. Brgoidium et la sect.
Aloma. Evidemment ceci pourra parailre paradoxal: la premiere etant
caracterisee par des especes dont les lames sont toutes bordees par un
limbidium et la seconde par 1’absence (confomie a l'etymologie) de ce
limbidium. Cependant nombreux sont les exemples dans la sect. Brgoidium
d’especes qui poussent des re jets aux feuilles parfaitement immarginees,
ou ayant des limbidia incomplets. Pour ne pas sortir de la flore d’Europe,
les F. pusillus Wils. el F. minutulus Sull. oftrent souvent au debut de
leurs existences des formes singulierement embarrassantes pour les debu¬
tants, en raison de l’absence ou de l’intcrmiLLence du limbidium. On
peut en dire autant du F. Bambergeri Schp. et du polymorphe F. Warns-
lorfii Fleisch. On doit toutefois reconnaitre que dans les especes de la
sect. Brgoidium, ce limbidium exisle loujours virtuellement, apparaissant
?a et 1© sous forme de vestiges sur une lame quelconque. Ces vestiges
deviennent des ebauches de plus en plus accentuees dans les feuilles
plus evoluees et finissent par se transformer en vrais limbidia. Nous ne
voyons rien de sembtable chez F. iniralimbatus et especes voisines.
Reste done la possibility d'affiniles plus reelles avec la sect. Aloma.
Si 1’on se place sur le terrain de l'etymologie, cette pretention parait
absurde. Dans le tome XIII de cette Revue, a propos de Fissidens afri-
Source: MNHN, Paris
1.13 FISSIDENS INTRAL,IM BATUS
I BS BASSES-J’YRENKE
cains de la sect. Aloma, j’ai montre que cettc section n’etait pas homogene
et que des limbidia rudimentaires pouvaient v etre constates §
Je pense done finalement que e’est dans cette section que l’on doit
rechercher les affimtes reelles de F. intralimbatus et de F. \ubimmarqi-
nalus. Cette conclusion rejoint en partie cello de Casares Gil (Flora
lberu - u ’ 1 ou r preciser davantage, je rappellerai que dans la note
precitee j indiquais que l'on pouvait considerer dans les Aloma africains
un groupe qu, tendait vers la sect. Bryoidium. C’est evidemment dans
cc groupe que doivent prendre place : F. exiguus Suii. de l’Amerique
* nNord, Finlrahrnbatus Ruthe, F. subimmarginaius Phil, et F. Kosanini
Latzel, de Dalmatie (Cf. Latz., loc. cit.).
Existence de Mousses au fond des lacs
en Suede
par Herman Persson (Stockholm)
En 1870, se trouvant au lac de Stavsjon en Suede, Hj. Mosen fit la
decouverte surprcnante que le fond etait couvcrt d’un tapis um de Mousses
a une profondeur de 2 m., sur une etendue d’environ 3.000 m. Examinant
ces Mousses, il constata qu’elles ne se composaient que d’une seulc et
unique espece presentant de grandes difficultes & identifier. Perseverant
dans ses recherches, Hj. Mosen arriva enfin a trouver qu’il s agissait
d'une forme de Rhynchoslegium riparioides (Hedw.) C. Jens. (Hypnum
rusciforme Neck.), sensiblement modifie et dont il donnait la description
sous le nom de var. lacustrc Mos.
En 1883, H. W. Arnei.l (1886) trouva, de son cote, des grandes parties
des fonds des lacs Glappsj-m et Torpsjon couvertes de Mousses jusqu’a
une profondeur de 6 m. et composees d’une quantite de differentes especes.
Examinant la litterature bryologique, il ne trouvait que fort peu dc
renseignements les concernant et, bien quo certaines especes, telles que
Fissidens Jiilianus (Sav.) Scbp. et Fontinalis hypnoides Hn., fussent
deja connues de differents lacs, leur existence n’y avait ete constatee
que par petites quanlites et toujours dans des eaux peu profondcs. D un
autre cote, le Thamnium alopecurum (Hedw.) Br. eur. nous est mdique,
dans ce sens, par Arneix comme existant dans le lac de Geneve a une
profondeur de 60 m. (Schnetzler, 1885).
Quelques decades se passerent ensuite avant que les Mousses des fonds
de lacs fussent de nouveau mises a l’etude d’une fa?on plus circonstanciee ;
ce fut le commencement des recherches limnologiques dans divers pays
qui, en meme temps, reveilla 1’in tore t pour elles. Quoique notre connais-
san’ce de leur existence au fond des lacs en ait pas mal profitc, il reste
cependant beaucoup a faire dans ce domaine et de grandes parties de
l’Europe ct du globe sont encore entierement inexplorees.
Sur ce sujet, la Suede peut etre consideree comme le pays oil 1 on a
fait les recherches les plus approfondies ct je pense qu’un expose des
resultats obtenus pourrait ainsi etre a sa place ici.
Trois cents lacs environ ont, de ce fait, ete examines, plus ou moms
consciencieusement. Ainsi, G. W. F. Carlson (1902) a trouve dans le
Smaaland (Suede meridionale) que les Mousses des lacs de cette province
y jouaient un role preeminent et il en cite 13 especes differentes. Apies
lui, trente annees s’ecoulerent sans recherches de grande importance
et ’ce nest qu’a partir de 1928 que celles-ci ont ete reprises par G. Eo
hammar, qui les continua jusqu’en 1937 (1938) ; pendant cette penode,
EXISTENCE DE MOUSSES AU FOND DES LACS EN SUEDE 85
il a explore environ 150 lacs de la Suede centrale et septentrionale. Ses
recherches visaient, en premier lieu, les conditions hydrologiques, ainsi
que les plantes superieures; toutefois, un bon nombre de Mousses fut
aussi recolte et ce materiel a etc determine par moi, mais non encore
publie. Depuis, M. Lohammar a continue ses recoltes de Mousses dans
les lacs des parties meridionales et. centrales du pays dont j’ai regu du
materiel provenant d’environ 75 lacs.
Le professeur T. G. Halle, qui a explore environ 70 lacs, m’a aussi
fourni un materiel important et de grande valeur en ces dernieres annees
et qui a fait l’objet, egalement, d’examen de ma part et dont une partie
a dejh ete publiee (Persson, 1942).
Des Mousses ont 6te trouvees dans les deux tiers des lacs examines.
L'cxamen a porte sur une profondeur d’au moins 1 m. et s’cst fait gene¬
ralement sur 2 m. ou plus, les Mousses croissant a fleur de l’eau ou imme-
diatement au-dessous n’ayant pas ete comprises. Comme la plus grande
partie des lacs n’a pas ete exploree en detail, il est permis de prevoir
qu’on trouvera des Mousses dans beaucoup de lacs ou, jusqu’a present,
on n’en a pas signale. Souvent aussi, c’est seulement dans une certaine
partie d’un lac que les Mousses se presentent, par exemple. dans une
baie, etc., et il en ressort done une importance considerable jouee par
la vegetation des Mousses au fond des lacs suedois, surtout que celles-ci
existent en masse.
En general, elles se tiennent sur des fonds de 1 & 5 m. de profondeur,
variant ainsi dans les lacs. Rarement on les trouve plus profondement
et la plus grande profondeur d’ou elles ont ete pSchees en Suede se
tient a environ 15 m.
Dans les lacs ayant fait 1’objet d’examen, l’ensemble des especes ren-
contrees est d’environ 45 et le nombre maximum trouve dans un seul
lac est de 15. Plus souvent, cependant, ce n’est qu’une demi-douzainc,
voire mSme qu’une seule espece qui alors, generalement, se presente
en masses enormes comme, par exemple, les Fontinalis antipyietica Hedw.
et Scorpidium scorpioides (Hedw.) Limpr. qui sont les pius frequents
et qu’on a bien trouves dans une centaine de lacs. Je considere le F.
goiica Card, et Arn. comme une forme du premier, ayant remarque tous
les passages au F. anlipyretica normal. C’est une forme extreme, grele,
a feuilles etroites, et dont les contrastes sont representes par les var.
lalifolia, etc., formes robustes & feuilles larges, croissant dans les lacs
calcaires. Parmi les especes les plus communes se trouvent ensuite les
Calliergon megalophyllum Mikut., Drepanocladus exannulatus (Gumb.)
Wrnst., D. Sendlneri (Schp.) Wrnst., I), capillifolius (Wrnst.) Wrnst.,
ainsi que lc Fontinalis hypnoides Hn., qui ont ete trouvees en 50 lacs
environ. Calliergon megalophyllum Mikut., connu dernierement grace
a R. Tuomikoski (1937, 1940), est tres repandu dans rhemisphere Nord
(Persson, 1942), pour manquer entierement en Europe centrale. Il joue
1111 grand role dans les lacs suedois du Nord. Drepanocladus exannulatus
est certainement compose d’un nombre de petites especes qui ont ete
soumises a une etude approfondie par Tuomikoski. A cause de la guerre,
11 n’a pu achever ces interessantes recherches. Drepanocladus capillifolius
est prouve par Tuomikoski etre une espece bien determinee, opinion
a laquelle je me rallie aussi. D. Sendlneri se presente, generalement,
s ous une forme fort contrastante aux fonds des lacs. La nervure est
Source: MNHN, Paris
86
faiblissime et de 50 u (contre ordinairement 75-125 (<) de largcur seule-
ment, finissanl au milieu de la feuille, el cette Mousse aurait facilement
pu etre prise pour unc espece speciale si, en des cas rares, on n avail,
pas rencontre de Sendtneri plus typique, ainsi que sous des formes qui,
tout, au moins, auraient pu etre supposees etre des varietes. Commc
pour le Calliergon megalophyllum , il parait ne pas exister en Europe
ccnlralc ; toutefois, il esl bon de noter que les lacs de cette region sont
loin d’avoir ete aussi bien examines que ceux des pays nordiques.
Comme especes abondantes suivent ensuite les Drepanocladus aduncus
(Hedw.) Mdnkem., D. trichophyllus, Bryum pseudolriquctrum (Hedw.)
Schwsegr., D. tundra ? Arn., Colliergonella cuspidata (Hedw.) Lske, Cam¬
py Hum polygamum (Br. et Sch.) J. Lange et C. Jens., Fissidens Julianus
(Sav.) Sehp. et Rhgnchoslegiwn riparioides (Hedw.) C. Jens. (R. rusci-
forme Br. eur.) qui ont etc trouvees en 25 lacs environ. Drepanocladus
trichophyllus et D. lundnv constituent deux des especes considerees par
Tuomikoski comme appartenant a D. exannulatus et toutes les deux
paraissent faire defaut eu Europe centrale. Campylium polygamum
n’avait guere ete demontre commc existant au fond des lacs, et etant
donne sa frequence a ces cndroits, il faut convenir que 1’eLude des Mousses
de lacs a etc bien negligee jusqu’a present.
Les Mousses pleurocarpes sont, apparemment, plus communes que les
Mousses acrocarpes, les Hepatiques et les Sphaigncs, provenant de ce
que celles-la, fort longues et branchues, sont plus facilement attrapees
au fond que les autres Mousses, souvent plus courtes et sans branches,
ou, en ce qui concerne les Hepatiques et les Sphaigncs, asscz fragiles et
ainsi susccptibles d’etre brisces. Des observations directes ayant 6tc
failes sur ce point, il a ete demontre, en tous cas, que les Mousses pleuro¬
carpes dominent absolument.
Il a <5te rendu compte dans ce qui precede des Mousses importantes
des lacs sucdois. En dehors de celles-ei. il existe un grand groupe de
Bryophytes rencontre.es dans une dizaine de lacs seulement, parmi les-
quelles je cite ici les Calliergon trifariiun (W. et M.) Kindb., Chiloscyphus
pallescens (Ehrh.) Dum. (C. fragilis (Both) Schiffn. : C. Nordstedtii
Schiffn.), C. polyanthus (L.) Corda, |C. rivularis (Schrad.) Lceskej,
Cladopodiella fluilans Jdrg., Climacium dendroides (Hedw.) W. et M.,
Fissidens adianthoides Hedw. et F. osmundoides Hedw., Fontinalis dale-
carlica Schp., ainsi que Sphagnum conlorluni Schultz (avec var. platy-
phyllum (Sull.) Aberg) et S', subsecundum Nees. Le Fontinalis dalecarlica
apparait sous des formes tres differentes de l’aspect de l’espece habituelle
qui croit dans l’eau courantc. Une partie se rapproche le plus de la var.
microphylla (Schp.) Limpr. et j’avais d’abord rapporte une de ces formes
au F. dichelymoides Lindb. (seul representant de la section Stenophyllce
Card.), mais il y aura probablement lieu de la ranger plutot sous I'-
dalecarlica comme une forme extreme. Les deux Sphagnum ci-dessus,
ainsi que d’autres, sont presque impossibles a reconnaitre comme appar¬
tenant h ce genre quand ils poussent sur les fonds de lacs et lcur deter¬
mination est sujette a de grandes dillicultes et complications.
Il y a enfin un groupe assez considerable d’especes qui n’ont ete trou¬
vees que dans quelques lacs, voire meme qu’en un seul lac : Amblystegium
riparium (Hedw.) Br. eL Sch., A. lenax (Hedw.) Dix. (A. irriguum Br.
et Sch.), Blindia acuta (Hedw.) Br. et Sch., Calliergon giganleum (Schp.)
Source: MNHN, Paris
Kindi)., Calypogeia submenu (Am.) Wrnst., Campylium helodes (Spr.)
Broth., Cinclidium slygium Svv., Dichelyma capillacewn (Dicks) Hn
Drepanocladus revolveris (Sw.) Wrnst.., Hygrohypmun ochraceum (Turn.)
l.ske, Mecsea Inquelra (Hook, cl Tayl.) Angstr., Mnium einclidioides
(lilytt) Ilu])., M. punc.talum Hedw., M. ruyicum Laur., Riccardia pinguis
(L.) Gray, R. sinuata (Dicks.) Trev., Sphagnum magellanicum Brid. et
S. obtusum Wrnst.
Comme deja indique, les Mousses des fonds de lacs different sensible-
incnt comme formes et sont ainsi souvent sujettes a des erreurs dans la
determination dc 1especc cl du genre. La ladle varie aussi beaucoup et,
comme exemple, je pourrais citer le Callicrgon megalophylliun qui se
presente, on general, en formes assez grosses, mais qu’on rencontre ici
parfois comme fo. micropluylla. La forme des feuilles varie aussi enor-
mement chez plusieurs especes et le Callicrgon dont j’ai parle ci-dessus
pent avoir des feuilles qui, pratiquenient parlant, pour avoir ete circu-
laires, vont a la forme lanceolee ovale ; il ressemble alors beaucoup au
C. cordifolium (Hedw.) Kindb. et est souvent pris pour celui-ci. Comme
deja connu et constate par des essais de culture, les variations sont assez
typiques, en certains points du moins, pour la plupart des especes qu’on
rencontre au fond des lacs. Tiges et Louffes deviennent ainsi allonge.es,
les feuilles etalees et memo saillantcs, parfois squarreuses. De nombreux
details morphologiques sont plus ou moins effaces. Denticules ct marges
opaisses disparaissent, le tissu foliaire devient plus uni et non differencie,
etc. II faut enfin rerriarquer la sterilile absolue qui distingue cos Mousses,
car non settlement on n’y trouve jamais de fruits, mais le plus souvent
on n’y rencontre pas de fleurs.
Peu de Mousses de fonds de lacs sont reslreintes a ces stations exclu-
sivement, mais la plus grande partie d’entre elles croit aussi dans des
rivieres, sur les rives, etc. Elies sont pechees au moyen de dragues confec-
tionnees de diverses fa?ons, sans qu'il y ail eu possibility de se rendre
compte de leur aspect sur place, el il est done permis de se demander
si ces .Mousses n auraient pas etc amenees des rives et rivieres au fond
des lacs par le courant. J’ai pu constater qu’en effet ces transplantations
se produisent, mais, :i part quelques rares exceptions, ceci n’a cju’une
importance minime et la construction morphologique memo fournit
presque toujours des renseignemenls precis a cet egard. D’un autre cote,
il peut bien etre considere comme forL probable que les Mousses des fonds
de lacs proviennent de pareilles stations par la dispersion des spores,
des touffes, etc., et sans doute aussi par des animaux tels que les
oiseaux, etc.
loute la presentation des Mousses de fonds de lacs nous parait assez
capricicuse, mais ceci tient probablement beaucoup & ce que nous n’avons
pas etudie sullisammenL les conditions exigees de leur existence et de leur
prosperity ct il nous reste enormement a faire a ce sujet. Des recherches
approfondies dans la nature ainsi que des essais de culture s’imposent.
•Maints facteurs jouent ici. Les conditions du fond doivent exercer une.
inlluence decisive et l’examen de cos derniers au point de vue morpho-
logique et chunique devient necessaire. Dans mon pays, le Suedois Lund-
yvisx (1927, etc.) a effeclue un travail remarquable dans ce domaine
l ’t public plusieui's ouvrages importants.
HERMAN PERSSON
Bibliographie
Arnele (H. w.). — Bryologiska notiser frjn Vesternorrlands lan (Bot. Not.,
Camion (G. W. F.). — Om vegetationen i niigra smftlandska, sjadr (Bih. t.
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(Symb. Bot. Upsal, III, 1. 1938).
Lunuqvist (G.). — Bodeuablagerungen und Entwicklungstypen der Seen
{Die Binncngewdsser, Bd. II).
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Ser C, n. 423, 1939).
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Schnetzler (J. B.). — Vorlaufige Notiz uber ein Moos des Genfersees (Bot.
Centralbl., Bd. 23). , „
Tuomikoski (R.). — Vorliiufige Mitteilung iiber die Revision des Calliergon
giganteum-Materials sowie einiger Plagiothecium-Arten im Herbarium Musei
Fennici (Ann. Bot. Soc. Zool.-Bot. Fenn. Vanamo, 9, n. 7).
— Calliergon megalopliyllum Mikut. und Drepanocladus capillifolius (Warnst.)
Warnst. in Finnland (Ibid., 15, n. 3).
i north Sweden
Das mediterrane Element in der Moosflora
Westfalens
von Fritz Koppe (Bielefeld)
Der BegrilT « Element » wird hier nach dem Vorschlag von Braun-
Blanquet (1923) geographisch, nicht genetisch Oder noch andersartig
aufgefasst. Auch beschranke ich mich auf die Beachtung der europaischen
\ erbreitung der Moose, da die Behandlung der aussereuropaischen Areale
Fragen aufwerfen miisste, die auf knappem Raume nicht besprochen
werden konnten. Die mediterranen Moose sind im Schrifttum Mittel-
europas bisher nicht so eingehend behandelt worden wie beispielsweise
die atlantischen. Auf die Lebermoose geht K. Muller (1906/16) ein,
Herzog (1926) erwahnt einc Anzahl charakteristischer Arten, die Deuts¬
chland und teilweise auch noch das siidliche Skandinavien erreicht haben,
und deutet kurz ihre Wanderwege an, ohne im Rahmen seines Werkes
auf Einzelheiten eingehen zu konncn. Amann (1928) bringt fiir die Schweiz
zwei Listen von Arten, die zu unserem Element gerechnet werden konncn :
die mediterrane und die siideuropaische Gruppe. Zur ersten zahlt er solche
Arten, die ihr Verbreitungszentrum im Mittelmeergebiet haben ; in der
Schweiz besiedeln sie gewohnlich trocken-warme Boden, die kalkhaltig
bis indifferent sind. Zur siideuropaischen Gruppe werden solche Moose
gezogen, die den sudlichen Teilen Europas eigentiimlich sind, in den
nordlichen Gegenden sind sie selten und meist steril. Da sich nun die
Angaben « im Mittelmeergebiet » und « in den sudlichen Teilen Europas »
iiberschneiden, ist eine scharfere Trennung der beiden Gruppen kaum
moglich, und so ist es verstandlich, dass Herzog und andere Autoren
manche Moose als mediterran bezeichnen, die Amann zu den siideuro-
paischen zieht. Wesentlich ist jedenfalls, dass beide Gruppen im Mittel-
meergebiet verbreitet und haufig sind und nach Mitteleuropa hin mehr
Oder weniger schnell selten werden und verschwinden. Deshalb erscheint
es mir zweckmassiger, die beiden Gruppen als « mediterranes Element »
zusammenzufassen, wie auch Walter (1927) von mediterranen oder
siideuropaischen Pflanzen sprieht. Analog der Untertcilung des « ozeanis-
chen Elementes » (vgl. daruber die Ausfiihrungen von Degelius 1935),
kann dann die mediterrane Gruppe unterteilt werden in
1) eumedilerrane Arten, die auf das engere Mittelmeergebiet beschrankt
sind.
90
FRITZ KOPPE
2) submcditerrane Arten, die in klimatisch giinstigen Gebieten. bis
Mitteleuropa vorstossen, bier aber selten sind ; nur in Ausnahmefallen
erreichen sie noch das sudliche Skandinavien.
3) eurymedilerrane Arten, die ihre grosstc Haufigkeit im Mittelmeer-
gebiet erreichen, aber auch in Mitteleuropa eine weitere Verbrcitung
erlangt haben. Sie erreichen fast alle auch noch Skandinavien, sind dort
aber selten und auf die siidlichen Gebiete beschrankt.
Innerhalb dieser Untergruppen lassen sich dann weitere Verbreitungs-
typen erlcennen, auf die ich aber nicht eingehen will. Hingewiesen sei
nur darauf, dass mehrere Arten innerhalb der atlantischen Gegenden
recht weit nach Norden vorstossen, z. B. nach Grossbritannien und Noi-
wegen. Das diirfte der Grund sein, weshalb Podpera (1902) die medi-
terrane und die atlantische Verbreitungsgruppe nicht scharf auseinander-
halt. Tatsachlich kann man in manchen Fallen im Zweifel sein, zu
welchem dieser beiden Elemente man eine bestimmte Art ziehen soli.
So ist der im Schrifttum mehrfach gebrauchte Ausdruck « mediterran-
atlantisch » fur einige Moose durchaus angebracht.
Da Westfalen vom Mittelmeergebiet ziemlich weit entfernt, durch
den Wall del Alpen und durch Mittelgebirge davon recht scharf getrennt
ist und wesentlich andere Klimaverhaltnisse aufweist, ist die Zahl der
mediterranen Moose nicht sehr bedeutend. Eumediterrane Typen fehlen
ganzlich.
Submediterrane Arten
a) im engeren Sinne
Hymenostomum tortile var. crisp alum
(Weisia crispata).
Trichostomum paUidisetum.
Pleurochmte squarrosa.
(Barbula eordala).
Barbula revoluta.
(Crossulium squamigerum).
Acaidon triquetrum.
b) mediterran-atlantiseli
Cololejeunea Rosettianu.
Pottia recta.
P. etespitosa.
Epliemeruui minutissimum.
Funaria obtusa.
Pottia Starkeana var. brachypoda (P.
mutica).
Cinclidotus aquaticus.
Cvndidotus riparim.
Grimmia orbicularis.
Funaria dentala.
Bryum torquescens.
Rhynchostegium rotundi/oUum.
Cryph.ra heteromalla.
Plerogonium gracile.
Scleropodium illecebrum.
Rhynchostcgiella curviseta.
Eurymediterrane Arten
Riccia ciliata.
Astomum crispum.
(symnostom um calcareum.
Gyroweisia tenuis.
Eucladium verticillatum.
Triclwstomum crispulum.
Tortella wclinata.
Barbula lurida.
B. tophacea.
B. gracilis.
Source: MNHN, Paris
DA.8 MEDITERRANE ELEMENT IN HER MODSFLORA WE8TFALENS 91
B. Hornschuchiana.
B. vinealis.
Synlrichia montana.
Aloina aloides.
A. eridfolia.
Pterygoneuron p uts iliu m .
Acaulon muticum.
Poltia rufescens.
Grimmia campeslris.
Mniobryum carneum.
Bryum bicolor.
Philonolis marchiea.
B rackytlieciu m eampeslre.
Oirriphyllurn crassinervium.
C. Vaucheri.
Phynchostegiella algiriana.
Bhynchostegium conjerlum.
llh. megapolitcmum.
Entodon orthoga/mus.
An submediterranen Arten sind 1 Lebermoos und 20 Laubmoose aus
der Provinz bekannt, dazu kommen 2 Varietaten, die oft als besondere
Arten aufgefasst werden, ferner 2 Arten, die in unmittelbarer Nahe
unseres Gebietes gefunden wurden, diese sind in der Aufzahlung in Klam-
mern gesetzl. Das sind bei 13(i Leber- und 530 Laubmoosen, die insges-
amt in Westfalen vorkommen, 0,73 % der Leber- und 3,77 % der Laub¬
moose. Von eurymediterranen Arten sind 1 Leber- und 28 Laubmoose
aufgefiihrt, das sind 0,19 und 5,28 %.
Verbreitung der mcditerrancn Moose in Westfalen
Die medilerranen Moose sind in Westfalen sehr ungleichmassig ver-
teilt. Die grosste Artenanhaufung treffen wir in der Umgebung von
Hoxter. Mier tritt die Weser dicht an die Hoxtersche Muschelkalkplatte
und schaITt steil abfallende Hange. Diese sind teilweise slid- oder siid-
ostgerichtet, so dass warme, sonnige und relativ trockene Standorte
entstehen, die nur mil lichlem Gebiiscli orMf- sparlichem Rasen bedeckt
sind. Die nackten, besonnten Felsen tragen von unseren Arten Grimmia
orbicularis, Pleuroduclc squarrosa, Crossidium squamigerum, Didymodon
cordatus, Bnjum torquescens. An beschatteten Felsen gedeihen : Barbula
lurida, B. vinealis, Cirriphyllum Vaucheri, Rhynchostegiella algiriana.
Auch die humoscn Kalkfelsritzen sind bevorzugte Standorte unserer
Arten ; wir treffen bier : Trichostomum pallidiselum, T. crispulum, Potlia
nespilosa, Aloina aloides, A. eridfolia. An anderen Stellen sind die Hange
llacher und mit lehmigem oder mergeligem Verwitterungsboden bedeckt,
der gleichfalls nur lichtes Gebiisch oder eine lockere Grasnarbe tragt.
Hier finden sich auch zahlreiche warmeliebendc Phanerogamen, z. B.
Aceras anlhropopiwra. Von unseren Moosen gedeihen dazwischen : Potlia
Starkeana, P. rufescens, Astomum crispum, Pterygoneuron pusillum, Bar¬
bula gracilis, Acaulon muticum, Ricc.ia dliata. In nassen Kalkfelsritzen
oder auf feuchten Kalkblocken wachst Eudadium vcrtidllalum, auf
feuchtem Lehmboden Mniobryum carneum, Barbula tophacea ; auch
Cirriphyllum crassinervium und Entodon orthncarpus lieben schatlige,
ziemlich feuchte Kalkfclsen oder Mergelboden. Buntsandstein ist bei
Hoxter nur in geringerem Umfange aufgedc.ckt; auf ihm gedeihen an
95
FRITZ
PPI3
schattig-feuchten Stellen Rhynchostegium rotundifolium (sehr selten) und
R. conferlum, an trocknen Fclsen Rhynchoslegiella algiriana. Auf Steinen
in der Weser findct sich Cinclidotus riparius.
Ausserhalb des engslen Wesergebietes fehlen der Hoxterschen Mus-
chelkalkplatte Lrotz vorhandenen Muschelkalkes und trotz vieler stark
besonnter Felsen und Triften alle submediterrancn Arten bis auf Barbula
revoluta und Pollia Starkeana. Von eurymediterranen finden sich noch
Gyrnnostomum calcareum, Eudadium vertidllalum, Trichostomum cris-
pulum, Tortella indinala, Barbula tophacea, B. vinealis, Plerygoneuron
pusillum, Mniobryum carneum, Cirriphyllum crassinervium und Entodon
orthocarpus.
Westlich der Hoxterschen Muschelkalkplatte erstreckt sich der Teuto-
burger Wald. Er hat eine Lange von etwa 150 km. und eine grosste Hohe
von 468 m. Er bildet im allgemeinen drei parallele Bergzuge. Der nordliche
Zug besteht aus Muschelkalk, der Mittelzug aus Neokom-Sandstein, der
Siidzug aus Kreidekalk, besonders Cenoman und Turon. Kalk ist also
in grosser Menge vorhanden, vielfach finden sich besonnte Felsen und
diirre Grastriften, trotzdem fehlen die meisten mediterranen Moose, die
bci Hoxter vorkommen. Nur Ephemerum minulissimum und Barbula
revoluta sind davon vorhanden, dazu kommen 2 Arten, die bei Hoxter
fehlen : Cryphwa heleromalla und Plerogonium gradle. Von eurymedi¬
terranen Arten wurden beobachtet: Astomum crispum, Trichostomum
crispulum, Tortella indinala, Barbula Hornschuchiana, B. gracilis, B.
vinealis, B. lurida, B. tophacea, Aloina aliodes, A. eridfolia, Plerygoneuron
pusillum, Acaulon muticum, Mniobryum carneum, Bryum bicolor, Philo-
notis marchica, Cirriphyllum crassinervium, C. Vaucheri, Rhynchostegiella
algiriana, Rhynchostegium conferlum, Entodon orthocarpus. Haufig ist
im Teilgebiet keine dieser Arten.
An den 'I'eutoburger Wald schliessen sich nordwarts das Ravensberger
Hugelland und das Lippische Bergland. Im Ravensberger Hugelland
finden sich Jurakalke, haufig uberdeckt von diluvialen Lehmen, z. T.
Losslehm ; bei Biinde ist ein kleines Vorkommen von kalkreichen oligo-
zanen Meeresablagerungen. Sudlich von Vlotho bieten harte KalktulTe,
die « Horststeinc » giinstige Moosstandorte. Auch im Lippischen Berg-
lande finden wir gelegentlich noch Jura-, meist aber Keuperablagerungen.
Diese sind entweder lehmig und tonig, odcr in den hoheren Erhebungen
(250 bis fast 500 m.) als Quarzite entwickelt. Vielfach treten diluviale
Ucberlagerungen auf. Von unseren Moosen sind aus dem Lippischen
Bergland nur Mniobryum carneum, Cirrhiphyllum crassinervium und
Rhynchostegiella algiriana < als Seltenheiten bekannt. Auch das Ravens¬
berger Hugelland ist arm daran ; beobachtet wurden Barbula revoluta,
Eudadium vertidllalum, Tortella indinala, Aloina aloides, Acaulon muti¬
cum, Pottia rufescens, Bryum bicolor und Rhynchoslegiella algiriana,
Source: MNHN, Paris
DAS MKDITERRANI! ELEMENT IN DER MOOSl'LOHA WESTFAI.ENS 93
Nach Norden werden diese beiden Hiigellander vom Wesergebirge
(rechts) und vom Wiehengebirge (links der Weser) begrenzt. Kalke, Tone
und Sandsteine setzen die niedrigen Bergzuge (grdsste Hohe 320 m.)
zusammen. Aus dem Wiehengebirge, das weit in das nordwestdeutsche
Tiefland vorgeschoben ist, ist keine der mediterranen Arten bekannt,
aus dem Wesergebirge : Hymenoslomum tortile var. crispatum, Barbula
vinealis, Aloina abides und Rhynchostegiella algiriana.
Sudlich vom Teutoburger Wald, zwischen diesem Gebirge im Norden,
dem Eggegebirge im Osten und dem Haarstrang im Siiden, debut sicli
die Munstersche Tieflandsbucht aus. Im Westen ist sie weit nach dem
Nordwestdeutschen und Hollandischen Tieflande geSfinet. Den Unter-
grund der Tieflandsbucht bilden senone Kreideablagerungen. Diese
erreichen in den Beckumer Bergen und in den Baumbergen westlich
Munster die Oberflache, wahrend sie sonst von diluvialen Sanden und
Lehmen uberdeckt werden. Von submediterranen Moosen kommen im
Tiefland vor : Funaria obtusa, Cryphtea heleromalla, Scleropodium illece-
brum (nur bei Handorf) und Rhynchostegiella curviseta (in Brunnen bei
Handorf). Von eurymediterranen Arten wurden festgestellt: Astomum
crispum, Tortella inclinala (selten auf Sand), Barbula lurida, B. Hornschu-
chiana, Aloina abides, A. ericifolia, Acaulon muliciun, Poltia rufescens,
Mniobryum carneum, Bryum bicolor, Philonotis marchica, Brachythecium
campestre, Rhynchostegium megapolilanum, R. conferlum (Mauern), Rhyn-
choslegiella algiriana (Mauern) und Entodon orthocarpus (selten auf Sand).
Die aus dem Lehmund Sand emporragenden Kalkhiigel haben : Tri-
chostomum crispulum, Aloina ericifolia, Mniobryum carneum, Pterogonium
gracile (Stromberg), Rhynchostegiella algiriana und Rhynchostegium
confertum.
Das Munstersche Tiefland wird im Siiden, wie erwahnt, vom Haar¬
strang begrenzt. Dieser ist ein schmaler Streifen von Kalkablagerungen,
namlich von Kalken des Cenomans und von Griinsandsteinen des Turons.
Vielfach werden sie oberflachlich von Losslehm uberlagert, der frucht-
baren Ackerboden bildet. Nur die eingeschnittenen Bach taler erreichen
die Kreideablagerungen ; der Grunsandstein wird bei Buthen u. a. Orten
durch grosse Steinbriiche erschlossen. Weiter westlich setzt sich der
Haarstrang im Ardeygebirge fort, dieses besteht im wesentlichen aus
karbonischen Sandsteinen. Von submediterranen Moosen finden sich im
Haarstrang nur Poltia Slarkeana und Rhynchostegium rotundifolium
(Grunsandstein bei Riithen). Reichlich treten eurymediterrane Arten
auf: Riccia ciliata, Astomum crispum (Acker gemein), Barbula lurida,
B. gracilis, B. tophacea, B. vinealis, B. Hornschuchiana, Syntrichia mon-
tana, Aloina abides, A. ericifolia, Pterygoneuron pusillum, Acaulon muti-
cum, Poltia rufescens, Mniobryum carneum, Bryum bicolor, Cirriphyllum
crassincruium, C. Vaucheri, Rhynchostegiella algiriana, Entodon ortho-
Source: MNHN, Paris
carpus. Im Ardey bei Hohensyburg wurde Pterogonium gracile beobachtet,
bei Witten Funaria denlata : auch diirfle in dieser Gegend Pollia recta
« an der Ruhr » (Hiibener) gefunden Worden sein.
Der siidliche Teil Westfalcns wird von dern Sauerland eingenommen.
Dieses hdchste Bergland der Provinz (Kahler Asten 840 m.) besteht
fast ganz aus Ablagerungen der Devonzeit, vor allem aus Tonscliiefer.
Im Nordteil des Sauerlandes treiTen wir einen viclfach unterbrochenen
Zug von Massenkalk. Gut entwickelt ist dieser l)ei Padberg, Messing-
hausen, urn Brilon, hier besonders schdn im oberen Almetal ; zwischen
Callenhardt und Hirschberg, besonders an der Bilslcinliohle; im Hdnnetal;
um Iserlohn, besonders; am Fclsenmeer, und am Weissenstein bei Hohen-
limburg. Von hier aus setzt er sich dann westlich in der Rhein provinz
fort, z. B. in dem bekannten Neandertal bei Dusseldorf. Im mittleren
Sauerland tritt er noch einmal im Kr. OIpe zwischen Grevenbriick,
Heggen und Attendorn auf. Der Tonscliiefer wird vielfach von vulka-
nischen Massen devonischen Alters unterbrochen. Bei Brilon-Wald liegen
die Porphyre der Bruchhauser Steine (756 m.); im Hoppecketal und im
oberen Ruhrtal und seinen Nebentalcrn haufen sich Durchbriiche kalk-
reicher Diabase und ahnlicher Gesteine. Eine weitere Gruppe devonischer
Vulkane liegt im Gcbiet- der oberen und mittleren Lenne ; hier handclt
es sich um kalkarme Keratophyre. Die svidlichste Spitze Westfalens
gehort schon zum Westerwald und hat Anteil an seinen Basaltvulkanen.
Auf den Massenkalkbergen, aber auch auf den zwischen ihnen liegenden
Diabas- und Tonschieferhangen kommt eine bedeutende Zahl mediter-
raner Moose vor. Eine Anhaufung dieser Arten trelfen wir aber nur
zwischen Niedermarsberg und Messinghausen. Die zur Weser fliessende
Diemel und ihr Nebenlluss, die Hoppecke, haben hier ein tief eingesch-
nittenes Tal gebildet, an dessen Hangen Tonscliiefer, bei Messinghausen
auch Massenkalk und Diabas mehrfach besonders warme und trockene
SLandorte schaffen. In diesem Gebiet linden sich von submediterranen
Arten : Hymenoslomum tortile var. crispalum, Trichostomurn pallidisetum,
Barbulu revolula, Pollia Starkcana var. brachypoda, Grimmia orbicularis,
Funaria oblusa und Pterogonium gracile ; die eurymediterranen sind fast
vollzahlig vertreten, darunter die seltenen Gyroweisia tenuis, Grimmia
campeslris und Brachylhecium campestre.
Weiter westlich treten alle submediterranen Formen selten und verein-
zelt auf: im Almetal Funaria dentata, bei Warstein Cinclidolus aquaticus ;
auf Diabas bei Ostwig und auf Massenkalk bei Sundwig : Cololejeunea
Rosetliana ; im Hdnnetal Grimmia orbicularis, Hymenoslomum tortile
und Funaria dentata ; bei Hohenlimburg Pollia ciespitosa, auf einCm
lehmigem Acker siidlich Meschede Acaulon triquetrum, bei Meschede
auf Diabas Pterogonium gracile, an einer Buche bei den Bruchhauser
Steinen Cryphaui. Einige eurymediterrane Arten sind hier recht verbreitet;
DAS MEDITERRANE ELEMENT IN DER MOOSFLORA WESTFAI.ENS 95
namlicli Gymnostomum calcareum, Eucladium verticillatum, Trichoslomum
crispulum, Torlclla indinala, Syntrichia montana, Barbula lurida, Cirri¬
phyllum crassineruium, C. Vaucheri, Rhynchostegiella algiriana und Enlo-
don orthocarpus ; selten sind dagegen Barbula lophacca, B. gracilis, B.
vinealis, B. Hornschuchiana, Aloina aloides, A. ericifolia, Poltia rufescens,
Mniobryum carneum, Bryum bicolor und Philonolis marchica.
Uas sudliche Massenkalkgebiet zwischen Grevenbruck und Atiendorn
hat noch aufzuweisen : Aslomum crispum, Trichoslomum crispulum, Tor-
tclla indinala, Barbula revoluta , B. lurida, Syntrichia montana, Aloina
ericifolia, Rhynchoslegiclla algiriana, Enlodon orthocarpus. Auf trocknen
Tonschieferfelsen bei Kirchhundem, in der Nahe dieses Gebietes, gedeiht
Bryum torquescens.
Aus den hoheren Sauerlandbergen sind nur noch wenige Arten als
Seltenheiten bekannt geworden : Potlia rufescens, Pterygoneuron pusillum,
Mniobryum carneiun, Bryum bicolor, Cirriphyllum crassineruium, C. Vou¬
ched und Rhynchostegium conferlum. Auf dem Westerwald findet sich
nur noch Cirriphyllum crassineruium.
Griinde der Moosverbreitung.
Es sei nun kurz angedeutet, wie weit klimatische, edaphische und
historische Griinde fur die heulige Verbreitung der mediterranen Moose
in Westfalen anzufiihren sind.
Westfalen liegt innerhalb des atlantischen Klimagebietes Deutschlands.
Es hat infolgedessen milde Winter und relativ kiihle Sommer. In den
niederen Hohenlagen betrjigt das Januarmittel iiberall etwas mehr als
0 Grad, im hohen Sauerland etwa — 3 Grad. Die mittlere Jahrestem-
peratur liegt im grdssten Teile Westfalens und auch in den meistcn
Gebieten, die eine reichere mediterrane Moosvegetation haben, zwischen
8 und 9 Grad ; nur im Lippegebiet steigt sie etwas dariiber. Der Teuto-
burger Wald und das Gebiet an der Diemel und Hoppecke haben nur
'-<S Grad Jahresmittel; dieses sinkt im Sauerland mit zunehmender
Hohenlage von 8 auf 4 Grad.
Die jahrlichen Niederschlage betragen nach Lucken (1903) im allge-
meinen 80-90 cm., bei Hoxter nur 73, auf der anschliessenden Muschel-
kalkplatte 80-85 cm., im Ravensberger Hugelland je nach Hohenlage
'0-90, im Teutoburger Wald 80-90, in seinen hoc-hsten Gebieten etwa
'°0 cm. ; im Sauerland meist liber 90 cm., in den hoheren Teilen etwas
fiber 100 cm. Auch im flacheren nordlichen Sauerland, das reicher an
mediterranen Moosen ist, liegen die Niederschlagsmengen zwischen 90
und 100 cm., nur im Diemel Hoppeckegebiet in kleinen Teilen etwas
unter 70, auf den hoheren Bergen gleichfalls etwa 90 cm.
Die Jahrestemperaturen liegen in Westfalen also uberall unter, die
Niederschlagemengen iiber denen des Mittelmeergebietes. Die mediter-
Source: MNHN, Paris
ranen Moose haben dahen nur an ortlich begiinstigten Stellen die Moglich-
keit der Ansiedlung; daraus erklart sich ihr zerstreutes Vorkommen.
Solche ortlich begiinstigten Stellen sind slid- und siidwestlich gerichtete
Berghange, namentlich auf Kalk and Diabas, wahrend Tonschiefer mit
seltenen Ausnahmen auch dann gemieden wird, wenn er trocken und
besonnt ist. Das diirfte dadurch bedingt sein, dass viele mediterrane
Moose kalkliebend sind. Besonders ist dies in der C.ruppe der im engeren
Sinne submediterranen Arten der Fall. In der Gruppe der mcditcrran-
atlantischen Arten tritt die Abhangigkeit vom Kalk weniger in Erschei-
nung. Bei diesen Moosen diirfte vielmehr das verhaltnismassig milde
Winterklima und die gleichmassig uber das ganze Jahr verteilten
reichlichen Niederschlage wescntlich sein. Die eurymediterranen Moose
sind weniger empfindlich und daher weiter verbreitet. Doch fallt auf,
wie stark auch sie das hohere Sauerland und andere Berggegenden meiden.
Mit klimatischen Grunden allein lasst sich die Verteilung der medi-
terranen Moose in Westfalen nicht erklaren, da die Gegenden des reichsten
Vorkommens nicht auffallend begiinstigt sind, und andererseits langst
nicht alle giinstigen Standorte besiedelt sind. Die mediterrancn Moose
haben bei uns keine bedeutende Ausbreitungskraft; sie sind von ihren
Wanderstrassen her nur vereinzelt weiter vorgedrungen. Wie friiher
gesagt, ist bei uns das Wesergebiet besonders reich an diesen Arten.
Es steht auf zwei Wegen mit siidlichen Gebieten in Verbindung : 1) von
der Balkanhalbinsel her durch Ungarn, Mahren und Bdhmen uber Thii-
ringen und die Werra ; 2) aus dem Rhonegebiet uber die Oberrheinische
Tiefebene durch das Maintal langs der Rhdn und durch das Fuldatal.
Andererseits geht aber auch ein Wanderwcg von der Oberrheinischen
Tiefebene zur Moosel und Eifel und von dort zum nordwestlichen Sauer¬
land. So erklart es sich, dass Bdhmen und die Eifel, aber auch noch
Rhdn und Thiiringen, reicher an mediterranen Moosen sind als Westfalen.
Die mediterran-atlantischen Arten aber sind wenigstens teilweise auch
aus dem atlantischen Gebiet zu uns gestossen. Wie wir wissen, war das
Klima der Nacheiszeit nicht gleichfdrmig. Es ist naheliegend, die Ein-
wanderungszeit dcr verschiedenen Gruppen auf verschiedene Klima-
perioden zu verlegen, das ware fur die meisten Arten der warmste Absch-
nitt der Ancyluszeit und fiir die mediterran-atlantischen Arten die feucht-
warme Litorinazeit.
SCHRIFTTUM
Asian N (J.). — Bryogdographie de la Suisse. Zurich, 1928.
Braun-Blanquet (J.). — L’origine et le d&velopptement des flores dans lo
Massif Central de France. Paris et Zurich, 1923.
Degblius ((>.). — Das ozeanischo Element der Strauch- und Laubflechten-
flora von Skandinavien. Uppsala, 1936.
S ME)
ERRANE ELEMENT IN DER MOOSFLORA WESTFALENS 97
Lucken (W.). — Die Niederscklagsverhaltnisse der Provinz Westfalen und
ilirer Umgebung ( Jhrsber. Westf. Prov.-Ver. Eunst u. Wissensch., Munster
1903).
Muller (K-). — Die Lebermoose Deutschlands, Osterreicbs und der Schweiz.
Abt. II. Leipzig, 1912/16.
Podpera (J.). — Einige Bemerkungen zur geographischen Yerbreitung der
Laubmoose in Mitteleuropa (Buglers Bot. Jlirb. System, u. Pfl. aeotir.,
31, 1902).
Walter (H.). — Einfiihrung in die allgemeine Pflanzengeographie Deutsch-
lands, Jena, 1927.
Bryophytes du Val Piora
par M. J.eggli (Bellinzona, Suisse)
Le Val Piora, oil nous fimes les recoltes et les observations qui forment
l’objet de ce modcsle expose, est situe a la limite meridionale du massif
du St-Gothard, a une direction Est-Ouest et apparait comme une haute
vallee suspendue au-dessus de 1.800 m., sur la rive gauche du Tessin,
dans l’axe d'un synclinal forme par des schistes lustres, metamorphoses
en schistes sericiteux, granitifcres, etc., et de gisements calcaires et dolo-
mitiques du Trias et du Lias qui eftleurent surLout sur le versant droit
de la vallee, tandis que, sur le versant de gauche, se presentent des ortho-
gneiss el des micaschistes du massif du Lucomagno. Bien des savants
se sont occupes, a maintes reprises, de la structure gcologique et petro-
graphique du territoire et de la genese des lacs qui forment le plus superbc
attrait de l’imposant paysage alpestre (1). Le plus vaste et le plus char-
mant, le lac Ritom, qui a une longueur de 2.034 m. el une largeur maxi¬
male de 538 m., est surtout interessant a cause de ['utilisation de. ses
eaux pour les usines electriques du chemin de fer du Gothard. Nous
remarquons, tout de suite, que les travaux necessaires a la creation du
bassin d’accumulation ont cause la submersion periodique d’une vaste
plaine marecageuse, longue do 500 m. (palude dell’ alpe di Campo), a
l’extremitc orientale du lac. La formation la plus etcndue de plantes
hygrophiles a ainsi disparu. Heureusement, la plupart des especes sont
encore plus ou moins representees autour des pelits lacs epars dans
1’alpestre region et que nous avons visites. Ce sont: Lago di Cadagno
(1.921 m.), Lago Tom (2.023 m.), Lago Piano dei Porci (2.200 m.), Lago
Taneda (2.250 m.).
La flore du Val Piora, pour ce qui se rapporle surtout aux Phanero-
games et aux Fougeres, au point de vue systematique, est assez bien
connue. Bon nombre de botanistes (Luizet, Bqrnmuller, Favrat,
Schroter, etc.) y ont herborise. Leurs trouvailles sont enregistrees dans
le Catalogue des plantes vasculaires du Tessin de P. Chenevard. On ne
peut en dire aulant pour les Cryptogames, a l’exception du Phytoplancton
qui fut suffisammcnt etudie avant les travaux entrepris pour FuLilisation
des eaux du lac Ritom. Rares, en tout cas, sont les indications sur les
(1) Eautensach, Dio klein
kunde, N. S), 1B14).
Bachmans (H.), Der Riloi
anderungon. E. Tompuraturoi:
NiquXJ (l 1 .). Preisswerk,
dor Tessiner Alpen zwisclicn
ion Seebecken der Tossineralpon ( ZeiUchnjl
msec. A. Geologische Uebersiehb. B. Morpbo
n (Xcitschrijt f&r Hydrobiologie. N. 2. Aarau.
(.1 RUTTER, BOSSARD, KUNDIO. Geologische
Maggia- und Bleniot.al ( Beilr. zur geol. Karl
■ern, 1930).
fur Gldscher-
fll'li)!
Bescbreibung
le der Schweiz.
Source: MNHN, Paris
BRYOPHYTES D
VAL PI ORA
Bryophytes du Val Piora. Une quinzaine de Mousses, recoltees par
Brkdelar, Culm an, Aman, vers la fin du siecle passe (1), est indiquee
dans la Flore des Mousses de la Suisse d’AMANN. Dans ses«Beitrage zur
Laubmoos- und Torfmoosflora der Schweiz » ( Hedwigia , Bd. ^1897,
Dresden), J. Roll donna la liste des Sphaignes qu il a trouves au Val
Piora. Ce sont : Sphagnum acutifolium, S. Schimperi, S. robustum, S.
Cnrgensohnii, S. leres, S. compactum, S. cymbifolium avec plusieurs
varietes.
Nous devons la meilleure contribution a la connaissance botanique
du Val Piora a M. le D r Walo Koch (2) qui a, pour la premiere fois,
explore et etudic diligemment, selon les principes modernes de la socio-
logie vegetale, les formations marecageuses le long des lacs de noire
territoire. Ce qui nous interesse ici, c’est que, dans son travail, il mentionne,
outre les Phanerogames des marais, une trenlaine de Mousses hygrophiles
pas encore connues pour la region et cinq especes de Sphaignes (.S', platy-
phyllum, S. subsecundum, S. subbicolor, S. magellanicum, S. Russowii)
pas encore signalees par RoLLet quclques Hepaliques. La plus belle trou¬
vaille de Koch, c’est Paludella squarrosa, rare en Suisse, nouvelle pour
le Tessin. Tout compris, on avait enregistre, jusqu’a nos jours, au Val
Piora, soixante especes de Bryophytes. Dans le cadre des recherches
que nous poursuivons pour le recensement des Mousses du canton du
Tessin, nous avons, pendant plus d’une semaine, parcouru le Val Piora
sur une longueur de 5 km. et dans les limites d’altitude entre 1.800 a
2..500 m. Quoique 1'exploration soit bien loin d'etre epuisee, nous voulons
quand meme resumer ci-dessous toutes les connaissances actuelles sur
les Bryophytes du Val Piora, puisque la liste s’est enrichie de plus de
100 autres especes, et nous ne sommes pas surs de pouvoir continuer
les herborisations dans la paisible contree.
Pour une rapide orientation sur la ilore bryologique du territoire
explore, nous estimons qu’il convient de distinguer trois secteurs : les
deux versants et les marecages, qui sont pour la plupart autour des lacs
et au fond de la vallee.
Le versant droit
Par rapport aux Mousses, les deux llancs de la vallee offrent des condi¬
tions de vie bien difTerentes. La pente droite, nettement exposee au Sud,
a un substratum presque entierement calcaire, permeable et, sauf dans
les depressions oil reposcnt les petits lacs, une forte inclinaison. La seche-
resse du terrain revetu, pour la plupart, d'une couche herbeuse, le manque
absolu de vegetation arborescente, ne favorisent evidemment pas le
developpement des Muscinees. Meme les rochers tres aridcs qui efllcurent
et la du gazon vert n’abritent qu'un petit nombre d’especes rupicoles.
Sur la terre, entre les souches de la prairie et du paturage, on ren¬
contre des Mousses assez communes et repandues. Telles sont:
«r subalpinen Seen und Moorge
mg, Heft 3 und 4. SauerlAnder,
chance do rctrouver : Mnium
'hi oblusifolia, Campylopus
Moorgebiete des Val
lander, Aarati, 1928).
Source: MNHN, Paris
100
Ceratodon purpureus (1).
Barbula unguiculata.
Tortella tortuosa.
Bryuvi ciespilicium.
Moins frequentes : Dicranella
DwHcliium montawum.
Bryum pollens.
Polytrichum piliferum.
Poly trichum j uniperinum.
subulala et D. crispa, sur la terre de
temps en temps humide.
Relativement pauvre est la florule bryologique des rochers calcaires
cnsoleilles de ce versant entrc 1.800 et 2.000 metres. Pas de peuplements
eontinus, mais de maigres colonies, surtout dans les fissures, et dans des
niches oil l’on rencontre quelquefois Timmia bavarica, Orlhothecium
inlricatum et parfois Gijmnoslomwn rupestre. Parmi d'autres especes
rupicoles nous notons :
Ditrichum flexicaule.
Erytrophyllum rubellum.
Barbula gracilis versus var. icmado-
pliila.
Tortula muralis var. mstiva.
Syntrichia ruralis var. norvegica.
Leslcea catenulata.
Lescurxa alrovirens.
Homaloihedum sericeum.
Encalypta contorta.
« rhabdocarpa.
Grimmia apocarpa var. conferla.
Bnrtramia (Eden.
Thuidium abietinum.
Hypnum Vaucheri, rare.
Sur ces pentes fortement exposees au soleil et calcaires, on rencontre
en gazons asscz denses Grimmia alpestris sur les pierres, acalciques des¬
cends des sommets oh efileurent des rochers siliceux.
D'abondantes touffes de Mousses prosperent sculement le long des
torrents et. des ruisseaux qui descendent aux lacs de Tom, Cadagno,
Ritom, etc. Mais il s’agit d’un nombre tres limite d’especes. Oh les eaux
sont relativement riches en sels dissous, a reaction alcalinc, domme le
Craloneuron comnmlalum var. falcalum et les Phanerogames : Saxifraga
slellaris, Epilobium alsinifolium, Cardamine amara, e t, oh les eaux sont
plus rapides, la var. irrigatum et le Hygrohypnum dilatalum. Ces Mousses
y torment de vraies associations avec les Phanerogames caracleristiques .
Arabis bcllidifolia, Saxifraga amides, Carex [erruginea. La oh les eaux
sont faiblement mineralisecs, a reaction neutre ou acide, domme Bryum
Schleicheri avec B. ventricosum et Philonolis seriala. Cette association
(Bryelum Schleicheri) est, au Val Piora, bien moins difTusee que la prece-
dente du Craloneuron commutaium.
Les rivages des lacs
C’est le secteur qui fut explore par W. Koch et qu'il a illustre dans la
monographic a laquelle nous renvoyons le lecteur qui desire des renseigne-
ments detailles a ce propos. Nous nous bornons a renumeration des
Mousses qui font partie des associations marecageuses comprises par
Koch, sur l’exemple de Braun, sous le nom de Caricion fusex et qui
est, au Val Piora, surtout represente par le Caricetum fusex alpinum
et le Trichophorelum exspitosi alpinum avec leurs diverses variantes.
Le Caricetum fusex, qui s’installe frequemment sur l’association ou du
Bryelum Schleicheri ou du Caricetum in flat x ou sur des gazons serres
de Drepanocladus sp., est a son tour ordinairement substitue par le 2ri-
chophoretum exspitosi.
(1) Pour la nomenclature, nous suivons l’ouvrage de W. MO.nKEHEYER, Die Laub-
moose Duropas, Leipzig, 1927.
Source: MNHN, Paris
BRYOPHYTES Dl' VAL PIORA
101
Les especes caracteristiques du groupe (Verbandscharakterarten au
sens de Braun) seraient, scion Koch (1):
Drepanocladus intermedius*.
» exannulatus et var. purpurascens*.
Colliergon trifarius*.
ii sarmentosum*.
Paludella squarrosa*.
Especes concomitantes (Begleiter):
Blindia acuta*.
Dieranum Bonjeani.
Bryum pollens*.
Mniurn Seligeri*.
Aulocomium paluslre.
Pkilonotis fontana*.
Pkilonotis tomentella*.
Oligotrichum hercynum.
Camptothecium miens *.
Scorpidium seorpioides*.
Calliergon gyganteum*.
Calliergon stramineum*.
Drepanocladus uncinatus*.
Climacium dendroides.
A crocladium cuspid alum.
Chrysohypnum stellatum*.
Gymnocolea inflata*.
Scapania irrigua*.
» subalpina.
» uliginosa.
Comme nous l’avons deja dit, la plaine. de l’alpe de Campo, longue
d’envirpn 500 metres a l’extremite Est du lac Ritom, etait constitute
par des peuplcments du Caricion (uscae. Apres 1’elevation du niveau du
lac, ils sont disparus presque entierement, mais deux seules especes
(Splachnum sphxricum et Calliergon cordifolium) que nous avons trouvees
en 1916, avant la creation du bassin d’accumulaLion, nc se rencontrent
plus ailleurs. Aujourd'hui les associations martcageuses occupent surtoul,
ii environ 100 metres plus en haut du lac Ritom, la vaste depression
qui s’etend sur une longueur de 1.500 metres, de la « cappella di San
Carlo »jusqu’au rivage du lac Cadagno (1.921 m.), lequel repose au milieu
d'une magnifique couronne de montagnes. C’est la que le Trichophorclum
ciespitosi est le plus developpe et oil Ton trouve toutes les Mousses enu-
merees, y compris des Sphaignes qui preparent la transformation des
marais plans en marais bombes, oil domine le Sphagnum aculifolium
avec S. Schimperi , .S'. Russowii, S. Girgensohnii , S. compuctum, Aulo-
comnium paluslre, Polylrichum slriclum, etc.
La oil les caux sont moins acidiphiles, on rencontre plutot : Sphagnum
platijphgllum, S. teres, S. cymbifolium, S. subbicolor, S. magellanicum
avec Care. r pauciflora et d’autres Phanerogames (Voir Koch, op. cil.).
Avec l’altitude, le nombre des Mousses hydro- et hygrophiles, autour
des petits lacs, diminue sensiblement. Au lac Tom (2.023 m.), nous n’en
trouvons que trois ( Drepanocladus intermedius, Calliergon Irifarium,
Calliergon sarmentosum). Plus haut encore, pres du lac Taneda (2.308 m.),
oil les colonies de Carex fusca vonl se dissoudre, ces Mousses disparaissent
et, 5 la place du Caricetum fusex, se developpe. le tapis caracteristique
des depressions a neige (Schneesalcheurasen) avec les Phanerogames
bicn connues ( Carex fcelida, C. Lachenalii, Alchemilla pentaphyllea) et des
Bryophytes, telles que : Gymnomitrium concinnatum, Webera commulata,
W. Ludwigii, Dieranum falcatum, Polytrichum sexangulare, Olygolrichum
hercynum.
(1) Les espfcces signages, pour la premiere fois, par Koch sontsuivies il'un asterisque.
Source: MNHN, Paris
102
rjEGGLI
Le versant gauche
Le versant gauche est bien autremcnt favorable au deployment de
la vie bryologique que le versant oppose. L’humidite, la fraicheur y sont
abondantes. De nonibreux ruisseaux parcourcnt la pente, desormais
recouverte, jusqu’a 2.100 metres, par de denses formations de Rhodo¬
dendron, Alnus viridis, Vacciniurn Myrlillus. La forel des Sapins et des
Melezes, parnii lesquels apparaissent quelques exemplaires de Pinus
Cembra (survivants d'une association jadis prospere ?), s'eclaircit rapide-
ment. Sur la pente escarpee, la vegetation des arbrisseaux et des arbres
est pourlant £a et 14 interrompue par des blocs, des rochers, des pierriers
presque nus, oil les gazons des Mousses, au moins pour un certain temps,
sont a l'abri de la concurrence des plantes superieures. II y a, en tout cas,
sur ce flanc de la vallec, une grande variete de stations qui abritent
des Mousses aux exigences les plus diverses par rapport a l'humidite,
a la lumiere, a la nature du terrain. Le substratum est, ici, presque
entierement acalcique. Nous allons fairc suivre, d’apres l’habitat, les
Bryophytes recoltees :
Roches seches, decouvertes. — On y trouve surtoul : Grimmia alpes-
Iris, Grimmia anomala (pas frequente), Schistidiiun apocarpum var.
confertum, Synlrichia ruralis var. norvegica. Parfois, aussi, Grimmia
commutata, Coseinodon cribrosus.
Roches moins exposees a la lumiere. — De denses colonies de : Grim¬
mia palens, Rhacomilriam hetcroslichiim, R. sudeticiun. Pas rarement,
sont dominantcs: Andriea pelrophila, Bryum alpinum et, par place,
Andrrea frigida.
Dans une phase successive, ce gazon peut etre envahi par : Clcnidium
molluscum, Chrysohypnum stellatum, Hypnum cupressiforme, etc.
Parmi les Phanerogames qui prenncnt presque toujours demeure les pre¬
mieres sur les coussinels des Mousses rupicolcs, il faut signaler les especes
du genre Sedum et Sempervivum el, surtout, Sedum dasyphyllum, Sedum
album, Sedum mile, Sempervivum arachnoideurn, Sempervivum monlanum.
Blocs et pierres entre les Melezes. — Nous nous rapportons ici aux
Mousses saxicoles relevees dans une raide formation qui se trouve au-
dessus de I'Hotel Piora, a l'Ouest du lac, entre 1.800-1.950 m., sur un
terrain constitue par de la dolomie et des schistes calcaires (schistes
grisons). Les voici par ordre de frequence :
Distichvum monlanum.
Ditrichum flexicaule.
Dicranoweisia crispula.
Dicranum longi/olium.
Tortella iortuosa.
Tortilla ruralis.
Grimmia Hartmanii.
Pterygynandrvm filijorme.
Ditrichum tortile.
Leskea catenulata.
Leskea nervosa.
Lescurcea atrovirens.
» mutabilis.
Anomodon viticulosus.
('amptothecium lutesccns.
Brachylheci um re/lexum.
» Starkei.
Ptycodium plicat u m.
Brachgthecium Geheebii.
Hypnum Vaucheri.
Les Braehylhecium sc retrouvent meme sur la terre. A signaler parti-
culicrement, pour 1’altitude exceptionnclle de la station, Anomodon
viticulosus et Braehylhecium Irntum.
Source: MNHN, Paris
BRYOPHYTES DU VAL PIORA
103
Cette vegetation muscinale, assez riche et vaviee, est fortement menacee
par la flore phanerogamique qui, se rejouissant au sol de la foret des
Melezes d’une lumiere abondante, est bien plus prospere et envahissante
que celle des Sapins. Parmi les Anthophytes qui, accompagnees de Mousses
humicoles (Rhyliadelphus Iriquetrus, Hylocomium prolifcrum, Eniodon
Schrcberi, Potytrichum sp.), occupent volontiers les coussinets des Mousses
saxicoles, nous signalons : Sempervivum arachnoideum, Alchemilla Hop-
peana, Dryas odopelala, Salix retusa, Saxifraga oppositi folia, Saxifraga
aizoon. Thymus Serpyllum, Bellidiastrum Michelii, suivies, a leur tour,
par des Graminees et enfin par des arbrisseaux du Rhododendron et Alnus
viridis avec Vaccinium.
Rochers humides et pierres, la long des ruisseaux plus ou moins ombra-
ges. — Dans les fissures des parois plus ou moins verticales, c’est
VAmphidium Mougeotii, qui est caracteristique. Dans les memes stations
on rencontre : Rarlramia ilhgphylla, B. (Ederi, B. norvegica. Plus rare-
menl, Anacectangium compadum. Sur la surface massive du gneiss, on
trouve, plus frequente, Blindia acuta.
Sur les pierres des eaux ruisselantes croissent Brachythecium plumosum,
B. riwulare, B. rutabulurn, Chrysohypnum stellatum, Scapania imdulata,
Marsupdla sphacelala.
La oil elles sont moins touchees par l’eau courante, les pierres sc recou-
vrent, & et la, d’une mince couche d'Hepaliques, parmi lesquelles nous
avons note la rare espece Haplozia cxspiticia avec :
Gymnomitrium concinnatum. Blepharostoma trichophyllum.
Sphendlobus minutus. liadula complanata.
Marsupella emarginata. Calypogeia Neesuma.
Lejeunia camfolia.
Dans une phase successive de developpement, nous avons constate
des Mousses ( Dicranum falcatum, Grimmia palens, Tortdla lorluosa), puis
des Phancrogames ( Primula viscosa, Saxifraga steltaris, Valeriana mon-
tana, Sernpervivum monlanum, etc.) et enfin le Vaccinietum.
Terrain humicole frais. — C’est la station dominante du versant dont
nous parlons, et qui est peuplee, en grande partie, par des brousses de
Alnus viridis, Rhododendron, Vaccinium sp. el des exemplaires dissemines
de Larix, Picea, Pinus Cembra. Ou les arbrisseaux sont moins denses,
il y a une foulc d’especes communes silvicoles, telles quo Hylocomium
prolifenun, Rhyliadelphus Iriquetrus, Eniodon Schreberi, Polytrichum
alpinum, P. altenuatum, P. juniperinum. En moins grande quantite :
Hylocomium pyrenaicum, H. umbratum, Dicranum scoparium, D. conges-
lum, D. albidum, Leucobryum albidum, Hypnum cupressiforme, H. calli-
chroum.
Sur la terre non encore envahie par la vegetation superieure, on peut
noter :
Brachythecium. reflexum.
» collinum.
» velutimim.
Plagiolhecium striaiellum.
diversi- « silesiacum.
a Rmseanum.
Pohlia cruda.
» nutans.
Meesea Iridiodes.
Mymella julacea.
Burhynchium slrigosum var.
104 JJEGGLT
A ces Mousses vont parfois s'aj outer des Hepatiques, telles que :
Lophosia lycopodioides. Cephalozia bicuspidata.
» Morkei. Leptoscyphus anomcdus.
» gracilis. Lophosia longiflora.
» incisa.
Meme ces peuplements finissent, dans la majorite des cas, par etre
submerges par les Rhododendron et les Vaccinium.
Sur le versant frais, dont il est question ici, on observe aussi, pas
rarement, des etangs de proportion reduite avec quelques-unes des especes
des rivages marccageux dont nous avons deja parle ( Drepanocladus
exannulalus dans les varietes brachydidns et Rosae, I), fluilans, Callicrgon
straminenm) et, aux marges de ces petits bassins d’eau : Alicularia geo-
scypha, A. scalaris, Cephalozia connivcns). Des Sphaignes sont groupes
aussi, ?a et la, sur la pente, surtout au voisinage du lac Piora, dans les
endroits plus humides, entre les arbrisseaux (Sphagnum Girgensohnii,
S. teres, S. subsecundam).
Nous avons fait une revue, rapide, d'apres les stations plus importantes,
des Bryopliytes observecs au Val Piora. II nous reste a indiquer les especes
arboricoles et des murs. Les premieres sont, a cause de l'altitude et de
la pauvrete de la vegetation arborescente, en petit nombre. Nous n’avons
vu que : Orlhotrichum striatum, 0. rupestre, 0. leucomitrium, Hypnum
cupressiforme var. filiforme, Pterygynandrum filiforme. Sur les troncs
pourris, tres dissemines, Georgia pellucida, Dicranum monlanum, Lepi-
dozia replans, Tritomaria execla, Blepharostoma trichophyllum.
On ne trouve de murailles, dans notre territoire, qu’a certains points
de la route qui va de la partie superieure du funiculaire qui relie la plaine
du Tessin au Val Piora. II s’agit d’une station qui n'existe que depuis
une vingtaine d'annees et qui abrite un nombre limite de Mousses et
de peu d’exemplaires. Nous y avons remarque :
Brijum avspiticium var. Kunzei, B. pollens, B. capillare, Barbula
gracilis, Schistidium apocarpum, Lescurxa alrovirens, Ceralodon purpureus
var. breuifolius, Polytrichum pilifenun, Barlramia ilhyphylla, Torlula
ruralis. Parmi les Fougeres et les Phanerogames : Asplenium trichomanes,
Aspidium lonchilis, Campanula pusilla, Biscutella levigata, Rumex scu-
talus, Cerastium arvense.
Nous resumons : La florule bryologique connue jusqu’ici du Val Piora
compte 180 especes, y compris les 60 deja enregistrees avant nos recher-
ches. Si Ton consktere qu’elles se sont poursuivies pendant une br6ve
periode de temps, sur une zone restreinte entre 1.800 et 2.300 metres
d'altitude, on peut bien affirmer que lc Val Piora, assez connu par ses
beautes naturellcs et tres interessant au point de vue scientifique par sa
morphologic, sa gencse et sa constitution geologique, est bien digne
d’attention et d’etude pour la variete et la richesse de sa vegetation
bryologique.
Source: MNHN, Paris
La sexualite et le dimorphisme des spores
des Mousses
par Marthe Ernst-Schwarzenbach (Zurich)
Le determinisme du scxe des Mousses s’exprime le plus clairement par
la sexualite de leurs spores. Le gametophyte entier : spore, protonema
et tige feuillee, constitue la generation sexu<5e, tandis que le sporophyte
est normalcment asexue (les experiences de E. et Em, Marchai, ont prouve
que le sporophyte est en realite genetiquement bisexue). La reduction
chromatique, lors de la formation des spores, marque le commencement
de la phase haploide sexuee, la fecondation la termine. C’est done dans
le gametophyte quo la morphosexualisation a lieu d'apres le mode soit
genotypique, soit phenotypique de determinisme du sexe.
Quand le determinisme est genotypique , le scxe de l’individu est fixe
de.j& a l’etat de spore. Les tendances bisexuees des cellules-meres des
spores sont reparties sur les 4 spores de maniere a ce que deux spores
soient mSles, deux femellcs. De ces spores unisexuees, les stades suivants
du gametophyte, protonema et tige feuillee, prennent leur origine et
gardent naturellement la tendance sexuee, Le gametophyte entier est
done dioique.
Quand le determinisme du sexe est phenotypique, les spores sont gene¬
tiquement bisexuees. Les stades du gametophyte issus de ces spores se
comportent di(T6remment. Chez certaines especes, Ephemerum serratum
par ex., les tiges feuillees sont ou males ou femellcs, mais dies proviennent
du meme protonema, e’est-a-dire de la m6me spore. La disjonction tissu-
laire doit avoir cu lieu tres t6t, probablement dans le protonema. Chez
d’autres Mousses, certaines branches des plantes feuillees portent des
archegones, d’aulres des antheridies. Un dernier groupe porte archegones
et antheridies dans les memes inflorescences. Ces dilferentes categories
de sexualisation sont toutes phenol ypiques, ces Mousses sont toutes
monoiques, car elles remontent a des spores bisexuees. L'interet genelique
de cette classification se borne aux problemes genetiques-physiologiques
concernant le mecanisme de la determination au point de vue physio-
logique.
La sexualite de toute planle peut se manifester differemment. La
polarity des sexes est en premier lieu d’ordre physiologique. Certains
Basidiomycetes heterothalliques et les Algues isogames ne montrent que
cette expression toute primaire de sexualite. Plus souvent, la sexualite
s'exprime aussi dans la morphologie, ce qui mene a la grande variete
d’organes de reproduction sexuelle connus dans le regne vegetal. Ces
differences des organes reproducteurs constituent les caracteres sexuels
primaires.
Dans certains organismes, le dimorphisme sexuel peut embrasscr, en
MARTHF. ERNST-SCH W ARZENBACH
plus des organes de reproduction, les individus entiers, c’est-a-dire leurs
parties vegetativcs. II s’agit dans ces cas de caracteres sexuels dits secon¬
daires. Ceux-ci sont rares chez les plantes et ne se trouvent chez les Pha-
nerogames guere autrement qu’en differences quantitatives si minimes
qu’on ne les reconnait que par les methodes de la biometric. Des carac¬
teres sexuels secondaires ne se trouvent d'une maniere plus evidente
que chez certaines Mousses et Hepaliques (Sphierocarpus !). Bon nombre
de Mousses europcennes portent leurs antheridies sur des tiges plus petites
et a feuilles rcduites en comparaison de celles qui portent les archegones
et les sporogones. Cette difference est independante du mode de deter-
la feuiUe
Fig. 1. — .Miles nt
minisme du sexe, les caracteres sexuels secondaires peuvent se trouver
aussi bien chez des especes monoiques que chez des especes dioiques.
11s peuvent etre limites a la plante feuill^e ou comprendre protonema
et spores.
Dans les Mousses du genre Macromilrium, repandues dans les regions
tropicales du monde enticr, ce diinorphisme est specialement prononce.
On sait depuis les etudes de Max Fleischer (1920) que, dans les especes
dioiques, les m&mes sporogones ferment des spores de taille differente.
Ces especes presentent, en plus, un diinorphisme des plantes feuillees
tres prononce : les tiges feuillees males sont naines et vivent, issues des
spores tombees sur les feuilles des plantes femelles, sur celles-ci meme
Source. MNHN, Paris
SEXUALITE ET DIMORPH13ME DES SPt
1USSES
107
qui sont beaucoup plus grandes que les plantes males (fig. 1). Les especes
monoiques ne montrent pas de differences entre leurs spores.
II s’agissait done de chcrcher s'il y a des relations entre le dimorphisme
des spores el c.clui des plantes feuilUes dio'iques. A Java, pendant un sejour
en hiver 1931/32, il nous fut possible de recolter plusieurs especes et
d’en faire des cultures pares soit a Buitcnzorg, soil de retour a Zurich.
Petites et grandes spores ont montre la faculte de germer (fig. 2). II nous
fut possible de demontrer aussi que les petites spores donnent naissance
aux plantes males naines, les grandes spores aux grandes plantes portant
les archegones et sont purement fcmelles (fig. 3). Les petites spores ont
une determination male, les grandes sont femelles.
Le dimorphisme sexuel embrasse done chez le Macromilrium la phase
haploi'de entiere. La difference qui cst la plus nette dans les plantes
feuillees a ete etudiec par quelques mensurations (tabl. 1).
Les dimensions des organes dependent en general du nombre et de la
laille des cellules qui les forment. Dans le genre Macromilrium, le nanisme
des males provient exclusivement du nombre des cellules. Chez 4 plantes
males et femelles, le nombre des cellules foliaires en longueur et en largeur
a ete determine a l'aide du planimetre, ainsi que la surface de la projec¬
tion des cellules. Les dimensions des cellules sont a peu pres les meines ;
en tout cas, les cellules des femelles ne sont pas plus grandes que celles
des males. Leur nombre, par contre, differe considerablement: les feuilles
des tiges males sont formees en moyenne par 33,5 cellules en longueur
et 23,2 cellules en largeur, tandis que les feuilles des femelles ont 204
cellules en longueur et 74,7 en largeur. Les feuilles des plantes femelles
ont done en longueur h peu pres 6 lois, en largeur a peu pres 3 fois le
nombre des cellules des plantes males.
Source: MNHN, Paris
108
MA RTHE F.R NST-SCHWARZENBACH
Tableau 1. — Le dimorphisms du Macromitrium Sa'akanum
Plantes
femelles
Hauteur des tiges. 20-30 nun.
Longueur des feuilles.1,5-2,5 mm.
Nombre des cellules foliaires en longueur. . . . 204
Nombre des cellules foliaires en largeur .... 74,7
TaiHe des cellules foliaires .. 54,7 unites
Diametre des spores. 0,0365 mm.
Couleur des spores. vert
0,5-0,7 mm.
0,30-0,45 mm.
33,5
23,2
61,7 unites
0,0196 mm.
jaune
II est probable que le protonema issu des spores est dimorphe aussi,
mais aux differents stades de son developpement il est tellement soumis
au milieu, que des differences genoty piques ne peuvent se manifester.
Seul, le protonema secondaire, qui prend son origine des tiges feuillees,
Fio. 3. — Macromitrium Satakanum, males nains portent des anth&idies et jeunes
plantes femelles dans une culture issue de pctites et grandes spores. 18 x.
est dimorphe : il a le caractere de rhizo'ides quand il est femelle et le
caractere dit chloronema, c'est-a-dire de protonema primaire, quand il
est male.
Le dimorphisme des spores est d’un interet special. Bon nombre de
Mousses ont des spores de variability assez large. Pour trouver l’origine
de cette variation, il est n^cessaire de compter un certain nombre de
spores pour voir la relation numerique entre grandes et petites spores
et de determiner, s'il y en a, le nombre des spores degenerees. Un petit
nombre de grandes spores unicellulaires parmi un grand nombre de petites
spores non degenerees montre que la formation des spores n’est pas
toujours normale. C’est le cas lorsque certaines spores sont devenues
tetraploides par des irregularitcs de la meiose. Quand les deux categories
de spores se trouvent & peu pres en nombre 6gal, il est probable que leur
difference provient de la determination sexuee genotypique, par laquelle
deux spores de la meme letrade sont males, les deux autres femelles.
SEXUALITE ET DIMORPHISME DES SPORES DES MOUSSES 109
II s’agit alors de faire des cultures et de les poursuivre pendant un certain
temps pour voir si la meme categoric de spores donne constamment des
individus du meme sexe et dont le sexe ne change plus.
Pour l'etude du dimorphisme des spores, un grand nombre de Macro-
mitrium d’herbiers d’origine differente (voir publ. 1939) a complete ceux
de Java. De chaque espece trois sporogones et de cliaque sporogone
200 spores furent prises pour les mesurer. Les spores furent prises des
sporogones mures et mesurees dans un melange d’alcool et de glycerine
avec une plaque Deniermeter d’apres Herzog. C'est un petit reseau
grave sur verre avec lequel on compte le nombre de carres couvrant
la coupe optique de chaque spore. La distance des lignes formant les
carres est de 0,162 mm., en combinaison avec l’optique du microscope
utilise, chaque carre represente une surface de 27,56 milliemes de mm 2 .
Ainsi fut mesure le materiel de Java. Pour simplifier la methode en don-
nant des resultats presque identiques, du materiel des herbiers seul le
diametre des spores fut mesure a 1’oculaire ordinaire de mensuration.
Les resultats ont et6 reproduits graphiquement par des polygones de
variation (fig. 4-6). . , ,
Dix especes mono'iques, dont trois d’origine asiatique, ont ete etudices.
Elies sont toutes isospores, leurs spores ne montrant aucune difference.
Le polygone de leurs mesures n’a qu’un sommct, c’est le cas, entre autres,
pour le Macromilrium Reinwardti (fig. 4). Des 28 especes dioiqu.es etudices,
l’une ne montre ni heterosporie ni dimorphisme des plantes feuillees.
Les 27 autres ont des plantes males naincs vivant sur les feuilles de fe-
melles de grandeur normale. Sept de ces especes sont isospores, 20 hete¬
rospores. Les especes heterospores donnent des polygones de variation
a deux sommets (fig. 5). Le prototype de cette categoric, est le Macro-
milrium Salakanwn, qui se montra le plus apte a la culture et produit
Source : MNHN, Paris
110
E ERNST-SCIIWARZENRACH
de nombreux males nains et quelques plantes femelles. Ses spores different
aussi par leur couleur, les petites spores males sont jaunes, les grandes
spores femelles d’un vert pur.
D’autres especes, le Macromitrium Bhimei par ex., ne sont qu'indis-
tinctement heterospores, leur polygone ne montre ni deux sommets
distincts, ni conslamment un seul sommet (fig. 6). Chez le M. Bhimei,
cela pourrait etre explique par des irrcgularites dans le determinisme
sexuel, observees par K. Dening (1935/36).
Dans le genre. Macromitrium, la sexualite des spores est done, pour un
grand nombre d’especes, etroitement liee a un dimorphisme tres prononce.
La difference des dimensions des spores n’est visible qu’assez tard dans
leur developpement. Apres la formation des tetrades, les jeunes spores
sont toutes de la meme grandeur. Les spores de la meme tetrade se
separent longtemps avant le point assez avance de la maturation oil la
difference entre les spores devient visible. Ainsi, ce qui est bien regrettable,
il n’est pas possible de faire de cultures pures des 4 spores issues de la
meme tetrade.
Dans sa Flore des Muscinees de Buitenzorg, Max Fleischer enumere
8 autres genres et specialement Schlotheimia dont certaines especes
forment des spores d'assez grande variability. Des mensurations du ma¬
teriel de Schlotheimia Grevillcana Mitt, que H. N. Dixon de Northampton
a eu l’amabilite de me procurer ont donne un resultat assez interessant
(fig. 7); les spores de 3 sporogones de plantes du Ivaapsche Hook,
Transvaal, donn^rent des polygones de variation a un seul sommet, mais
de variabilite assez differente. Les spores de 3 sporogones provenant
des Monts Nilghiri dans les Indes anglaises donnerent des polygones
a deux sommets tres peu distincts, ressemblant a ceux de M. Blumei,
tandis que les spores d'un sporogone dont l'origine est, d’apres les notes
Source: MNHN, Paris
SEXUALITE EX DIMORPHISMS DE$ SPORES DES MOUSSES 111
du collectionneur, dans les Palmi Hills, donnent un polygone & deux
sommets tres prononces. La meme espece est done, dans une region,
monomorphe, dans une autre assez eloignee, vaguement dimorphe, dans
une troisieme plus pres, distinctement dimorphe.
Tableau 2. — Mensurations des spores do Schlotheimia
Quelques especes de Schlotheimia du Bresil, provenant de l’herbier
de l’Ecole polytechnique federale (Prof. Gaumann) et recoltees par Th.
Herzog, ont donne un resultal semblable. Elies portent sur leurs feuilles
des nains males tout a fait semblables a ceux de Macromitrium. Le Schl.
brevisela a un polygone a deux sommets distincts, le Schl. Campylopus
un polygone a deux sommets tres distincts, le Schl. elata un polygone
a un sommet. Le materiel etant rare, ces mensurations ctaient moins
nombreuses que celles des especes de Macromitrium. En plus, dans un
sporogone de Trismegislia Brauniana de Java provenant de l’herbier
Boissier (Geneve) (Prof. Hochreutiner), materiel encore plus rare, il a
Source: MNHN, Paris
112
MARTHE ERN8T-SCHWARZ'ENDACH
pu etre constate que les spores sont dimorphes aussi, les grandes ayant
un diametre a peu pres le double de celui des petites.
Quant aux Mousses europeennes, des males nains ont ete decrits sou-
vent : Fissidcns dccipiens, Campiothccium lutescens et Homalothecium
fallax par Philibert (1883) et devaient etre revus. Pogonatum nanum,
Lcucobryum glaucum ct Buxbaumia aphylla ont ete Studies plus recem-
ment par divers auteurs. Chez le Pogonatum nanum, le determinisme
du sexe n’est pas encore dclairci. Chez Leucobryum glaucum, A. Wcesler
a montre quc le nanismc n’est pas general chez les plantes males; on
trouve tous les degres depuis des plantes presque de la grandeur des
femelles jusqu’ii dcs plantes tres petites. Ce nanisme semble provenir
d'un manque de nourriture qui n'influence que la grandeur des males.
Pour les males nains de Dicranum undulalum et D. Scoparium de
M. Fleischer el Clausen, l’origine est probablement la meme, car normale-
ment les plantes males ne sont qu’un peu plus petites que les femelles.
Fig. 7. — Polygones do variation des spores do 3 races du Schlothcimia (Irevillcana,
originaires : du Transvaal, des Monts Nilghiri, de Palmi Hilts.
Chez Buxbaumia (etudie par K. Dening), il s’agit par contre d’un dimor-
phisme tres prononce, tous les males sont nains.
Quant aux mensurations des spores dcs Mousses europeennes, le resultat
est peu encourageant. Divers auteurs (Correnz, Schratz, Dening,
Wcesler) ont fait des mensurations tres exactes, mais n’ont pas reussi
a trouver un dimorpliisme sexuel. Les polygones n’ont jamais deux som-
mets distincts et les plantes diblques n’onl pas, en general, une variabilite
plus grande que les plantes monoiques. Chez le Buxbaumia aphylla, la
variabilite est mC>me specialement petite.
Des confusions sur l’etendue de l’het^rosporie sont possibles par le fait,
brievement note, que certains auteurs out abuse de l’expression « het£-
rosporie » pour designer des spores a differents stades de leur germination
(par ex. dans les Dicnemonacees) ou meme par erreur, prenant des corps
etrangers aux Mousses (spores de Champignons parasites des sporogones
ou restes d’animaux entres dans les sporogones) pour des spores de
Mousses.
Les recherches sur le dimorpliisme et la sexualite des Mousses mon-
Source: MNHN, Paris
SEXUALITY ET D1M0RPHISME DES SPORES DKS MOUSSES 113
trcnt done qu'unc vraie heterosporie, genotypiquement determinee, liee
au sexe des plantes, n’a ete constatee jusqu’a present que dans des
Mousses tropicales, specialement dans le genre Macromilrium, tres pro-
bablement aussi chez Schlotheimia. La difference entre les deux sexes
est visible dans les spores, le protonema secondaire et les plantes feuillees.
I.es grandes spores donnent les grandes plantes femelles, les petites spores
les males nains qui vivent sur les feuilles des plantes femelles.
(Institut de Bolanique generate de VUniversite dc Zurich.)
Bibliographie
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bei den lioheren 1 flanzen (Handb. d. Vererbunqswiss. 2. 138 p )
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- 1942. Weitere Mitteilungen fiber den sexuellen Dimorphismus der tropischen
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bporen bei den Laubmoosen ( Ber. d. Deutsch. Bot. Qes.. 38, p. 84-92).
Maresquelle (H. J.). — 1936. La signification generate de la difference
_ sexuelle. Hermann & Co, Paris, 74 p.
Schratz (E.). — 1928. Beobachtungen an Pogonatum nanum (Schreb.) P. B.
und Pogonatum aloides (Hedw.) P. B. ( Planta , 6, p. 192-215).
Wcesler (A.). — 1935. Zur Zwergmiinnchenfragc bei Leucobryuin glaucum
Schpr. I. (Planta, 24, p. 1-13).
Excursion bryologique a la tourbiere
de la Cailleuse
(foret de Montmorency, Seine-et-Oise)
par G. Bimont (Paris)
Dans le but tie reinplacer le Catalogue des Sphaignes ie la Flore pan-
sienne du D r Camus pare an 1903, nous avons entrepns, depuis 1929,
d c s recherches methodiques anx difKrentes tourbieres des environs de
Paris, dans 1'espoir d'y decouvrir des especes non encore srgnalees ou
de nouvelles localites des especes les moins communes.
Une de nos premitres visites a ete pour une tourbiere de la Fortt de
Montmorency exploree en 1892 par le D r Camus.
Sous le litre Excursion bryologique a la tourbiere ie la Fonlame iu
Four (fortt ie Montmorency), le D r Camus a public, dans le Bulletin de
la Sociele bolanique ie France, tome 39, le recit de trois excurs.ons qu .1
avail taites 4 cette tourbiere, sen!, les 20 mars et 4 avril 1892, en compa-
anic d’Ed. Jeanpert le 31 mars de la mtme annte. Dans son recit, le
D' Camus mentionnait six especes de Sphaignes; nos recberches pour-
suivies jusqu'4 ce jour nous permettent d'en citer quatorze dont le rare
Sphagnum Russowii Warnst., decouvert en 1933.
La foret de Mont.no,eney s'etend du Sud-Est an Nord-Ouest, depuis
Montmorency jusqu'4 Bessancourt, sue une superficie d'environ 3-000 ha.
Sa plus grande longueur est de 9 km., sa plus grande largeur de - km
La route de Domont a Montlignon la divise en deux parties mega es e
bien distinctes : a l'Est, un plateau de 188 m. d'altitude maximum, riche
en meuliercs, peu interessant pour le botaniste, et a l'Ouest, trois chainons
paralleles s’etendant respectivement jusqu’a Chauvry-Bethemonl-Bessan-
court et dont les points culminants, atteignant 182 a 185 m. d altitude,
se situent a la route de Saint-Leu a Chauvry, qui traverse la fort* dans
sa plus grande largeur.
Cette partie Ouest est tres accidentee, coupee de vallons riches
ruisseaux, ttangs, prairies humides. Les localites les plus interessantes
au point de vue bryologique sont les environs du chateau de la Lhasse,
Sainte-Radegondc, le ru de Corbon et, enfin, la tourbiere de la Cailleuse.
On accede & la tourbiere, soit par Saint-Leu, soit par Chauvry (gare
de Bouffemont), mais le premier parcours est plus profitable.
115
EXCURSION A LA TOURRIERE DE LA CAILLEUSE
De la gare de Sainl-Leu-la-Foret, on gagnera, peu apres la mairie,
la route de Chauvry. Cette route monte en lacets relies par des sentiers
encaisses jusqu’a la route de la Croix-Jacques. Des la montee, on obser-
vera sur le talus de droite quelques Mousses et Hepatiques communes :
Aulacomniiun androgijnum Schwgr. avec propagules, Webera nutans Hedw.,
Ccralodon purpureus Brid., Diplophyllum albicans Dum., Calypogeia Tri-
chomanis Corda, etc., et le rare Dicranum flagellare Hedw., abondant
sur les souches des Chataigniers. Le Chataignier est 1’essence forestiere
la plus repandue de la forfit; on l’emploie pour reboiser les terrains d’oii
1 on a extrait la meuliere et il progresse tres rapidement.
De la route de la Croix-Jacques, la route de Chauvry s'6tend en ligne
droite sur un plateau toujours plante de Chataigniers, puis, peu apres
la route du Milieu, oblique a droite, descend brusquement jusqu’a la
route des Fonds que nous trouvons a quelques metres du restaurant
du Faisan dore.
La route des Fonds, qui s’etend du sud de Bethemont a la rouLe de
Domont k Andilly, conduit, a droite, au chateau de la Chasse dont les
environs tres humides sont bien connus des botanistes. Nous prenons
la route des Fonds, a gauche, et a 70 metres environ de la route de Chau¬
vry, nous sommes a la tourbiere.
En reality nous avons affaire le long de la route des Fonds k trois
petites tourbieres situees dans un vallon de peu d’etendue, s’etendant
sur une longueur de 700 metres.
Chaque tourbiere possede des especes caracteristiqucs, c'est ainsi que
le Sphagnum Russowii est cantonne dans la deuxieme et ne se retrouve
pas dans les deux autres.
La premiere tourbiere, a droite de la route des Fonds, s’etend sur
150 metres environ, peu apres la route de Chauvry jusqu’au sentier des
Six-Chiens. C’est dans cette partie et pres du sentier que se trouve l’etang,
tr£s profond, d’oii sort le ruisseau de la Cailleuse..
La deuxieme tourbiere, separee de la premiere par le sentier des Six-
Chiens, s’£tend sur une longueur de 250 metres, parallelement au ruisseau
qui devient de plus en plus encaisse, et dont les environs cessent d'dtre
tourbeux, mais sont riches en Muscinees des lieux humides.
La troisieme tourbiere se trouve a gauche de la route des Fonds, a
500 metres de la route de Chauvry, dans un vallon tres encaisse, tres
tourbeux, coup£ de fosses d’assechement. C’est ce vallon que le D r Camus
designait sous le nom de vallon sud ou affluent.
Les deux premieres tourbieres sont parcourues dans touLe leur longueur
par un ruisseau appele ruisseau du Mont-du-Bois (1) ou ruisseau de la
Cailleuse, qui se jette dans l’Oise k Mery-sur-Oise.
(1) Le nom de Mont-du-Bois est une alteration de Montubois, nom port<5 par un chateau
C une ancienne tone situes au-dcssus de Bessancourt, A la lisidre de la forC't.
Source: MNHN, Paris
116
G. B1M0NT
C’est improprement que ce ruisseau a ete appele ruisseau de la Fon-
tainc-du-Four ; ce nom, qui figurait sur les anciennes cartes d’etat-major,
a d’ailleurs disparu sur les nouvelles cartes, c’est pourquoi nous avons
du substiluer au nom de « Fontaine-du-Four » celui de « la Cailleuse »
dans le titre de cet article.
En suivant la route des Fonds, depuis la route de Chauvry jusqu au
sentier des Six-Chiens, le talus, a gauche de la route, procurera quelques
Hepatiques des terrains siliceux : Diplophyllum albicans Dum., Scapama
nemorosa Dum., Alicularia scalaris Corda, Lepidozia replans Dum.,
Haplozia crenulala Dum., Lophocolea bidentala Dum., Cephalozia bicus-
pidala Dum., avec perianthes, Calypogeia Trichomanis Corda, Lophozia
venlricosa Dum., Sphenolobus exsecliformis Steph.
A droite de la route des Fonds nous penetrons dans la premiere tour-
biere. Autour du petit etang l’on recoltera plusieurs especes de Sphaignes :
Sphagnum inundatum Warnst., S. subsecundum (Nees) Limpr., S. rufescens
(Bryol. germ.) Limpr., S. aurieulatum Sclipr., S. cymbifolium Ehrh. (1).
Dans les parties humides avoisinant l'etang : Campylopus turfaceus
Br. Eur., Dicranum Bonjeani De Not., Fissidens adianloides Hedw.,
Aulacomnium palustre Schwsgr., etc. _ ,
La queue de l’etang atteint le sentier des Six-Chiens. De l’autre cote
du sentier, nous penetrons dans la deuxifcme tourbiere en suivant la rive
droite du ruisseau de la Cailleuse. Immediatement nous trouvons en
abondance le Sphagnum fimbriatum Wils. qui existe ici sous sa varietc
gracile Grav., toujours tres fertile jusqu'a fin octobre. Apres avoir suivi
le ruisseau pendant une quarantaine de metres, nous obliquons a droite
et renconlrons un petit layon qui serpcnte a travers le marecage : c est
entre le ruisseau et ce layon que l’on recoltera le rare Sphagnum Russowii
Warnst. II est assez abondant et se presente sous sa forme caracteristique,
c’est-a-dire teinte de rouge, mais on le trouve aussi de teinte vert pale
et jaune verdatre. La plante male avec chatons rougeatres est frequente.
Continuant a suivre le layon et avant d'arriver a un petit bois de
Pinus silvestris L., nous recoltons Sphagnum amblyphyllum Russ., de
diverses teintes : vert, jaune pale, jaunatre, S. aculifolium Ehr. et
S. rubellum Wils. qui s’observe, teinte de rose ou de rouge, mais aussi
completement vert. La plante male est tres commune et ses chatons
sont toujours colores en rouge, meme dans les formes vertes.
Depuis plusieurs annexes nous constatons, sans variation, la presence
d’une forme de S. rubellum Wils. formant des touffes compactes de taille
bien au-dessous de la moyenne, les tiges n’ayant pas plus de 3 a 4 cm.
En se rapprochant du ruisseau, sous les arbres, le S. cymbifolium
(1) Les sphagnologues ne sont pas
avons adopte la nomenclature et les
par Ci. Dissuer en 1927.
d’accord sur la valeur de ccrtaines espece:
noms de la Flore des Sphaignes de France
s. Nous
Source: MNHN, Paris
EXCURSION
LA TOURRIERE
LA CAILLEUSE
117
Ehrh. cst commun sous differentes formes : brachycladum, dasycladum,
compaction, laxifolium, glaucescens, glauco-virescens, fuscescens.
Dans cette tourbiere Ton observera encore : Hypnum slellatum Schr.,
Hypnum cuspidatum L., Plagiolhecium deniiculatum Br. Eur., Campylopus
turfaceus Br. Eur., Pellia epiphylla Corda, Aneura pinguis Dum., etc.,
et dans les parties seches, a gauche du layon : Polytrichum formosum
Hedw., Hypnum purum L., H. Schreberi Wild., Tetraphis pcllucida
Hedw., etc.
Nous reprenons la route des Fonds qui pendant cent metres se divise
en deux branches. Les talus de la branche de droite sont converts d’une
forme de Pellia epiphylla a thalle de couleur violet fonce. A la descente,
nous laissons la route pour penetrer, a gauche, par un petit layon tr6s
humide, dans la troisieme tourbiere. En suivant ce layon sur une cin-
quantaine de metres, nous arrivons h un petit bois coupe dc fosses.
Sur les talus, une jolie fougere : Blcchnum Spicant Sw. est abondante.
Autour des arbres, lc Sphagnum fimbrialum Wils. var. gracile Grav. est
commun et forme des bombements compacts et tres profonds.
En penetrant plus avant dans la tourbiere, Ton recoltera Sphagnum
plumulosum Roll., S. recurvum P. de B., S. amblyphyllum Russ., S.
squarrosum Pers. et sa variete imbricaium Schpr., S. rubellum Wils.,
S. cymbifolium Ehrh. sous differentes formes ou varietes, principalement
la variete brachycladum Warnst., bien typique.
En 1892, le docteur Camus avait recueilli a cet endroit le Sphagnum
Girgensohnii Russ, a qui il donnait peu de temps h vivre, vu sa rarete
et son etouffement par les autres Sphaignes qui l’entouraient. Le 13 no-
vembre 1932, nous avons pu en recolter deux ou trois tiges ; depuis,
nous ne l’avons pas revu, mais il n’est pas prouve qu’il n’cxiste plus.
En contournant la tourbiere pour revenir a la route des Fonds, nous
recolterons Sphagnum fimbrialum var. robuslum Braithw., S. acutifolium,
bien typique, et plusieurs des especes de Sphaignes dej& signaldes.
Nous reprenons la route des Fonds dans la direction du carrefour des
Six-Routes, en notant, h gauche, dans les fosses et sur les talus : Mnium
punclatum L., Ms homum L., M. undulatum Neck., Pellia epiphylla Corda,
& thalle entierement violet fonce, Marchantia polymorpha L. et enfin,
formant d’abondantes touffes, Trichocolea tomentella Dum.
L’exploration des tourbieres se termine au carrefour des Six-Routes,
d'oii nous regagnons Saint-Leu en prenant, h gauche du carrefour, le
chemin de l’lsle-Adam, puis la route de Chauvry.
Source: MNHN, Paris
Plantes rares ou nouvelles pour la France
du Val d’Isere et de Peisey
par M. Guillaumot (Limanton, Nievre)
Cette annee 1938, abandonnant le val de Peisey, nous avons herborise
au pittoresque village de la Gura de Sainle-Foy dans le Val d'Iserc. Nous
y avons deco uvert:
Slylostegium aespiticiwn Schp. C'est. la premiere fois, a notre connais-
sance, que cette espece est signalee en France. Nous l'avons recoltee au
fond d'une petite grotte suintante, dans la region de la cascade qui descend
du glacier de la Savine, un peu au-dessus du sentier. Elle etait entourte
de touffes dcnses de Gymnostomum calcareum. Elle n’etait pas abondante,
mais cn bon etat et robuste. Le substratum etait ce gres dur et feuillete
tendant au schiste, si commun dans ces regions. L’aspect exterieur est
a peu pres celui de Blindia acuta; mais la touffe est plus dense, moins
soyeuse et tournant au jaune, Landis que Blindia , dans les stations simi-
laires, est vert. Dans le sujet que nous avons examine, le tissu est celui
decrit dans les flores, mais le sommet des feuilles est aigu et decolore.
La fructification est abondante mais peu visible, la capsule, tres petite
etant enfouie dans les feuilles perichetiales. Nous l’avons retrouve en
abondance a Nangroix dans une station semblable.
Tayloria serrata Br. eur. Recolte sur des debris vegetaux cn petite
quantite. Cette espece est beaucoup plus rare que Tayloria splachnoides
Hook. La frequence des Tayloria me semble d’ailleurs tres capricieuse.
En 1932, nous avons rencontre frequemment Tayloria splachnoides. Les
annees suivantes, aux mSmes stations, nous ne l’avons pas retrouvee.
C’est pourquoi nous accucillons avec circonspection les reflexions de la
Br. eur. rapportecs par Boulay et nous pensons que cette plante est rare.
Quant a la serrata, elle est tres rare.
Scopelophila ligulata Spr. C’est la premiere fois, a notre connaissance,
que cette plante est signalee dans les Alpes frangaises. Boulay et Husnot
ne l'indiquent que dans les Pyrenees, et encore rarissime. Je l’avais prise
pour une Gyroweisia tenuis. C’est M. Ch. Meylan qui a rectifie ma deter¬
mination en faisant remarquer que cet exemplaire etait plus petit que
le type. Je l’ai recoltee dans l'anfractuosite d’une roche humide sur une
argile sablonneuse rouge, le long de la petite rouLe qui monte a la Gura.
Husnot n’en indique qu'une station dans le Tyrol suisse. Sen imper
egalement qui le nomme Merceya ligulata.
Webera gracilis de Not. Sous deux formes differentes. L’une en touffes
tres denses et assez etendues se presentant comme un tapis vert gai,
l'autre en brins allonges et greles faisant penser h quelquc Philonotis,
mais la couleur est d’un vert tres pale. La premiere espece tend vers
PLANTES RARES OU NOUVELLES DU VAL D’lSF.RE 1 19
commutata, ce qui confirme cette remarque de Dixon : « It is undoubtedly
closely allied to it (commutata), and the characteristic growth and habit
may be occasionally seen in that species ; have thought it, therefore,
more satisfactory to consider it a sub-species of W. commutata. » Le
Webera commutata est beaucoup plus frequent. C’est evidemment une
plante d’altitude, mais je l’ai trouvee abondamment en allant au col
du Palet entre le lac de Plagne et le col, au-dessus de la plaine de la
Grasse, a c6te du Gymnomitrium varians. Elle forme des plaques vert-
brun sombre, presque noir comme la plupart des especes qui demeurent
longtemps enfouies sous la neige.
A signaler encore sur la petite route de la Gura de belles touffes fruc-
tifiees de Webera albicans sous une forme gracile, elancee, a feuilles etalees
et nullement glauques, mais d'un beau vert.
A Plagne de Peisey, le Meesea uliginosa var. minor Schmp., qui parait
Stre plus qu’une variete, mais une sous-espece. Les feuilles sont aigues
ou subaigues. Le tissu est plus ferme. L’aspect general de la plante bien
different de Meesea uliginosa Hedw. La capsule est plus arquee et plus
enflee. Aucun intermediate avec la plante-type qui croit a c6te.
Source: MNHN, Paris
Peuplement bryologique des bois pourrissants
et rochers ombrages des environs de
Samoens (Haute-Savoie)
par Suzanne et Paul Jovet (Paris)
Au cours des etes de 1936 et 1937, l’un de nous sejourna a Samoens,
la deuxieme fois au Laboratoire ecologique de la Jaysinia. Plutot que de
dresser une liste aussi longue que possible des Muscinees de la region,
l’attention se fixa surtout sur le peuplement muscinal de quelques stalions
precises de localites restreintes.
II ne sera question que de stations ombragecs : bois pourrissants, parois
et blocs rocheux des environs immediats de Samoens, surtout: partie
inferieure du vallon du Clevieux (affluent de droite du Giffre) jusqu’a
la Grotte de l’Ermoy, et, dans la vallee. du GifTre, les Vieilles Gorges
des Tines. Ces dernieres constituent l’ancien cours du Giffre, avant qu'il
ait entaille sa gorge actuclle aux parois verticales et inaccessibles : e’est
presqu’exclusivement le long du sentier (avec echelles) qui permet de
parcourir les Vieilles Gorges que les observations furent faites. Quelques
recoltes interessent un petit nombre d’autres stations de la vallee du
GifTre, notamment les environs de la Cascade du Nant Dant. Toutes
ces localites sont a basse altitude : entre 760 et 800 m. environ.
Au Laboratoire de Cryptogamie du Museum furent determinees unc partie
des Musciu6es, et les pH evalues eii avril 1942 (echantillons conserves dans les
papiers de recolte).
Nomenclature adoptPe i
Mousses. — Brotiierus, Musci (Laubmoose) (iu Die naturlichen Pflanzen-
fanvilien de A. Engler et K. Prantl, 10 et 11. 1924-192.1, Leipzig).
Hepatiques. — Buck (H.), Evans (Al. W.) and Verdoorn (Fr.), A preliminary
check list of the Hepaticif of Europe and America (North of Mexico) ( Annales
Bryologici, 10. 1937 (1938), pp. 3-8).
Lichens. — 11 arm and (Abbe), Lichens de France, I, 1905, Epiual ; 111, 1907 ;
IV, 1909, Paris.
Fougferes et Phanfirogames. — Fournier (P.), Les quatre flores de la France,
1934-1940, Poinson-les-Grancey (Haute-Marne).
I. — Bois pourrissants a Noweiiia curvifolia (Dicks.) Mitt.
61 Stepiaros'.oma trichophyllum L. Dum.
Les bois pourrissants gisent dans des vallons encaisses oh coulent des
torrents, done dans une atmosphere toujours fraiche ; la foret mixte
les ombrage (les feuillus dominent au Clevieux et au-dessus du village
des Vallons, les Epiceas dans les gorges des Tines); leurs belles teintes
vertes sont dues a une quarantaine d’especes qui les recouvrcnt entiere-
ment.
121
I 1 |2|3|4 ,5,G| 7 |. 8 | 9 |,0|n|, 2 |, 3
ItSfe
Tf
SSSSSslSs:;.
Total des esftces . 4
p.H (voir tableau 11). .
< i/o/ioles Clfimb ~
5 14
4.7 5.7
'W-P yr„^
2, trono brisd, tom bo. assez
3. — Vieilles Gorges ties Tines. Epictia. I
sieves concernent des troncs d’arbres brisks, done dPta-
e du Clevieux. Feuillus * —^ 1, D = 10 cm., trono tres
Source: MNHN, Paris
122
SUZANNE KT PAUL JOVET
Cinq bases enracinfies (d’arbres tronyoimds), done dressees et. ayant, a 1’inverse
des precedents, un large contact avec le sol, ont permis d’ctablir les releves
4. —- Rive gauche du Clevieux. Feuillu ou resineux I H = 40 cm.; D =
60 cm. Dans le voisinage immediat d’un torrent, sous foret (Frenes, Hetres,
Epicdas. etc...). Ombre epaisse. Atmosphere trfes liumide.
5 - - Au-dessus des Vallons. Resineux. Ombragee par la foret mixte.
6 — Gorges des Tines, rive gauche du Giffre vers la passerclle du monument.
Epieea. H = 30-40 cm. ; D - 80 cm. Ombragde par de grands Epiceas.
7. — Partie superieure des Vieilles Gorges des Tines. Epicda. II = 40 cm.;
D = env 50 cm. au sol, 30 cm. au sommet. Ombragee par Epiceas et Hetres.
8. — Rive gauche du Giffre, au-dessus du pout de Samoens. Vieille souche
encore debout, sous foret mixte sur pente boisee.
Aioutons encore la vegetation eu coussinet dense qui recouvrait, au niveau
du sol, remplacenient d’une vieille souche disparue ombragee par la foret
mixte (9. - Au-dessus des Vallons); deux notations d une seule espece cha-
cune (10. _ Souche dans un chemin creux pres de Samoens. 11. — Gorges
des Tines. Morceau de hois pourrissant detaclie a l’intdrieur d’une vieille souche
(•reuse) • et deux observations concernant des branches mortes tombees (12. -
Rive gauche du Clevieux, branches a terre sur pente forte. 13. — Bnndilles
pourrissantes suspendues entre les blocs du fond du vallon du Clevieux).
Les especes se repartissent assez irregulierement : telle peut abonder
sur un support et manquer absolument sur les autres, Ditrichum flcxicaule
par exemple ; Tetraphis pellucida couvre entierement les morceaux de
bois detaches contenus a l’interieur d’une vieille souche (n° 11). Ces
irregularites s’expliquent en partie par le hasard des trouvailles, mais
aussi de la dissemination des especes.
Les especes les plus frequentes ne figurent que dans 5 releves, c cst-a-
dire mcme pas la moitie du maximum possible. Les deux premieres carac-
teristiques, veritables exclusives des bois pourrissants, ne sont notees
que deux fois et n’existent pas dans les releves 4 et 7 qui possedent cepen-
dant la population la plus variee : 14 et 19 especes ; ces derniers nombres
n’egalent cependant ni le 1/3, ni la moitie du total des especes recen-
sees (44).
Le peuplement anterieur des ecorces vivantes ne rctentit que faible-
ment sur celui des bois pourrissants. Dans les exemples etudies, aucune
parcelle d’ecorce n’a pu etre decelee. 11 faut que les especes corticoles
puissent subsister en depit des modifications du bois et de la concurrence
des mieux adaptees au bois pourrissant.
Parmi le petit lot d’especes corticoles mentionnees, les unes se tiennent,
sur les arbres vivants, assez loin du sol ( Isothecium viviparum, Homaliu.
trichomanoides, Radula complanala, Leskeella nervosa ), d’autres hantent
piutot la base des troncs ( Plagiothecium silvalicum, Peltigera, Plagiochila
asplenioides) ou la terre du voisinage immediat ( Thuidium , Mnium,
Hylocomium, etc.). Toutes ces especes vigoureuses sont, sauf Dicranum
scoparium, plus ou moins couclices, a tiges rampantes et rameaux plus
ou moins dresses, quelques-unes ayant de veritables stolons. Elies rcsis-
tent victorieusement a la concurrence, ou en maintenant une occupation
lotale qui empeche les immixtions ulterieures, ou en tolerant l’intro-
duction d’etrangeres & l’interieur de leurs touffes.
Cependant, presque toutes les vraies corticoles (1) manquent sur les
es au peuplument bryologiqne (le 1'ecorcc d'acbres
Sur un Sapin (8-10 cm. do I)) : au-dessus du village
foret mixte : I'rullania dilatata (L.) bum., Radula
brmant pas plaquettcs, et ddpiirissant.; Orthotrichum
Source: MNHN, Paris
PKUPI.F.MENT BRYOLOGIOI E
bois pourrissants, sauf Isothecium viviparum et Radula comptanata qui
sont aussi des saxicoles, et, la derniere, accidentellement terricole. Les
nouvelles arrivdes prccxistaient sur les bois deja pourrissants du voisi-
nage; leurs spores, propagules, rameaux-marcottes, sont transposes
par le vent, l'eau, les pelits animaux ; leur developpement est lie a leurs
facultes d’extension vegetative plus ou moins rapide.
Exposition. — Sur les troncs horizontaux (ou presque), les Muscinees
n’occupent que la face superieure qui rec/oit la pluie : elles sont presque
toutes terricoles ou saxicoles (rel. 1, 2). La meme influence de la pluie
explique I’emplacemcnt d'especes de grande taille (Hypnacees, Dicranum
scoparivm) au sommet et a mi-flanc des souches tronconiques (rel. 7, 4),
mais ne se fait plus senlir sur les parois verticales du Lronc n° 3 ou des
bases restees cylindriques.
Humidite. — L’etendue de la surface de contact avec le sol agit sur la
composition du peuplement. La presence de quelques calcicoles (rel. 1, 2)
est a la fois attribuable a 1’humidite plus faible due au contact reduit
avec le sol et a l'environnement calcaire ; celle du Campylium protensum,
plutot heliophile calcicole, correspond a l’cclairement plus fort du tronc
n° 2. Au contraire, les bases trongonnees enracinees, ayant un large
contact avec le sol, en pompent facilement V humidite, de plus, la pluie
ne ruisselle pas rapidement du sommet et s’infiltrc ; aussi, leur masse,
maintenue humide, pourrit, devient spongieuse et nettement acide, d'oii
presence et souvent dominance d’especes reputees calcifuges (rel. 4 a 8).
Sauf Nowellia curvifolia et Isopaches Hclkrianus, les autres caracteris-
tiques et le premier lot de compagnes sont des silicicoles exclusives ou
preferantes (rochers, talus, et meme tourbicres des terrains siliceux).
L’ombre, l’humidite, la transformation du bois en humus cxpliquent
la presence de terricoles silvatiques a quelque distance du sol (rel. 4, 7, 9).
Acidite. — Des mesures d’acidite ont ete effectuees par la methode
colorimetrique (appareil Helige). Quand plusieurs essais ont ete faits,
ils peuvent concerner le meme echantillon laisse dans le tube de verre
neutre et soumis a une nouvelle maceration, ou bien un echantillon
reparti en 2 lots soumis & des macerations de duree differente. Le pH
est celui du liquide surnageant, tres exceptionnellcment du liquide obtenu
par legere pression.
Tableau II
Rhytidome rouge brun de Sapin vivant, 4 essais.5.6, 5.7, 5.6, 5.7
Souches dressees :
N° 4. Particules ligneuses tri'S friables, 3 essais. 5.0, 5.0, 5.0
Particules terreuses pour les 3/4 du volume, ligueuses
pour le 1 /4, 2 essais. 5.0, 4.7
N“ 5. Parcelles de bois, 4 essais.4.3, 4.5, 4.3, 4.4
Gros fragment ligneux. 4.5
Source: MNHN, Paris
PAUL JO VET
SUZANNE ET 1
N° 7. Parcelles de ..
Parcelles de bois 4- debris muscinaux.
N° 8. Parcelles de bois, 2 essais.
Coussinet au niveau du sol n° 9 :
Ddbris noiratres avee aiguilles de Picea, 3 essais . .....
Bris de bois n° 11 avec. debris organiques (foliaires, ligneux,
muscinaux, buiniques), 2 essais.
Brindilles n° 13. Debris ligneux spongieux, mais consistants.
Memo milieu + aiguilles de Picea et particules huimques . .
Si le rhytidome de Sapin vivant se montre deja acide (pH 5.7), les bois
pourrissants le sont davantage (pH de 5.0 k 4.3). Le pH de la souche
n° 4 (de 4.7 a 5.0) differe nettement de celui de l’environnement.: humus
des rochers moussus assez elcves au-dessus du sol 6.0 ; particules terreuses
detachees des Mousses des rochers has 6.8, alors que cclui des pierres
elles-memes est 6.0-7.2. L’acidite s’attenue quand la decrepitude de la
souche est complete, mais 1’influence de celle-ci est encore manifesto
(n° 9, pH 5.7), tandis que le pH des debris de bois contend# dans une
vieille souche s’approche de la neutrality (n° 11, pH 6.5). Les brindilles
n° 13 suspendues entre les rochers du fond du vallon ont exactement
la mcme acidite que l’humus detache des Mousses de ces rochers, pH 6.0.
Seuls, avec HC1 dilue, 11 et 13 ont fait, sur plusieurs essais, chacun une
fois, legere effervescence (audible, non visible) qu'on pout evaluer 1,
si Ton convient de noter 1'effervescence de 0 a 5. Ces echantillons etaient
au contact du sol.
L’absence presque complete des calcicoles-basiphiles, la frequence et
l'abondance des especes reputees silicicoles-acidiphiles concordent avec
les mesures d’acidite reportees sur le tableau 1.
Evolution. — Ii faut se garder des generality concernant revolution
du peuplcment. Signalons une lacune tres importante : il faudrait con-
naitre les elements fongiques et algaux libres ou associes : certains desa-
gregent le bois, d’autres attaquent et detruisent les colonies muscinales
deja installees (tres petits Nostocs spheriques et Cyanophycees formanl,
a sec, des pellicules translucides). 11 serait evidemment desirable de suivre
revolution du peuplement a partir de la chute des arbres jusqu’a la dis-
parition complete de la souche : on y obvie par l’observation sur place
des bois pourrissants d’ages divers, puis par l’examen detaille des echan¬
tillons recoltes.
La base tron?onnee n° 4 comporte plusieurs petites stations. Un cha¬
peau la coiffe (grandes Hypnacees : Thuidiuin recognitum, Rhytidiadelphus
triguetrus, melees de quelques Oxalis Acctosclla). Le I huidium , par ses
tiges couch6es garnies de minuscules chevelures de rhizoi'des penetrant
jusqu’h 3 mm. dans le bois, possede un grand pouvoir recouvrant: sous
ses touffes aplaties se voit la litiere des Ditrichum flexicaule, presque
tous morts : quelques-uns seulement, deperissanls, percent avec peine
le reseau de l’Hypnacee.
Ce chapeau deborde legerement la plate-forme culminale abritant un
peu les parties superieures des flancs presque verticaux formes de bois
non decompose ou, au contraire, tres spongieux. De toute evidence,
localement, pionniers sur le bois encore compact, Blepharostoma tricho-
phyllum et Lepidozia replans ne penetrent pas dans le substrat ferme et
etaient leurs ramifications en stolons; sur d'autres surfaces & population
melee coexistent, avec les deux precedents: Pedinophyllum inlerruplum
Source: MNHN, Paris
PEUPI-EMENT BRYOLOGIQUE DES BOIS P0URR1SSANTS 125
(pa), Ditrichum flexicaulc (ta), Telraphis pellucida (pa), ainsi que de tres
menus Plagiothecium silvaticum et Mnium affine.
Sur le bois deja spongieux, Tetraphis pellucida, favorise par ses moyens
de propagation rapide (spores et propagules), domine tout de suite et
peut meme former un peuplement pur. Mais le bois spongieux se desa-
grcge vitc : superficiellement les particules humiques se melent aux
ligneuses, creanl un milieu complexe que maintient le laris des tiges et
rameaux du Ditrichum. Ces deux Acrocarpes, portant a leur base de courts
rhizoides, semblent implantees dans le substrat. Dans le gazon du Ditri¬
chum, les Lepidozia reptans et Blepharostoma s’infiltrcnt en se ramifiant
beaucoup : ils ont tot fait d’escalader, de recouvrir et d’etoufTer le pre¬
mier occupant dont on retrouvc les nombreux cadavres. Le Lepidozia
replans (fig. 2 et 4) se montre remarquablement doue pour l’extcnsion
vegetative : ses extremites peuvent s’effiler boaucoup, se decolorant et
se garnissant de feuilles de plus en plus petites a mesure qu’elles penetrent
dans la masse du Ditrichum ; quand les rameaux en ressortent, les feuilles
reprennent la taille normale. Ces stolons-drageons, Ires nombreux et
blancs, s’enfoncent obliquement. dans la masse spongieuse oil lls ne portent
que de minuscules ecailles et des rhizoldes.
L’evolution du bois spongieux-terreux semble rapide. Parnn le gazon
haut de 7 a 8 mm. des Telraphis et Ditrichum detruil plus ou moins par
les Lepidozia replans et Blepharostoma, et oil Pedinophyllum domine
parfois, se piquent les Eurhynchium striatum, Mnium affine (qui se mar-
cottent par les rameaux « penetrants » garnis de petites feuilles-ecailles)
et, surtout, Plagiothecium silvaticum. Ce dernier etend a profondeur
constante (2 h 8 mm.) dans le bois pourrissant un reseau de ventables
rhizomes a petites feuilles-ecailles et nombreux rhizoldes; ses rameaux
aeriens se transformed aussi en s’effilant (les feuilles s’espacent, de-
viennent etroites, se dressent plus ou moins conlre la tige); les rhizoldes
apparaissent sur les rameaux penetrant dans le substral, les feuilles tres
reduites s’accolent a la lige (fig. 1). Derniers venus, quelques Cladonia
squamosa vivaient en epiphytes sur les Ditrichum.
Void les observations concernant la base tron?onnee n° 7. Sur le bois
consistant : Lepidozia replans, Calypogeia Trichomanis (r.), Lophozia
vcntricosa, rampent en pionniers ainsi que Riccardia palmata ; ce dernier
applique les ramifications extrememenl droites de ses thalles sur le bois
dans lequel ne penetrent pas ses courts rhizoldes, puis, ses thalles se
superposant, il pent remporter, dans sa lulte avec Lepidozia et Blepha¬
rostoma, des victoires temporaires, mais il linit par succomber sous l’aclion
de ces Hepatiques auxquelles se joint Cephalozia media (fig. 2).
PEUPl.IJMENT BHYOLOGIQUE DES BOIS. POURR1SSANTS 127
L’ Eurhynchium striatum (fig. 4) et VIsothecium viviparum vivent au
contact immediat du bois pourrissant et cnvoient dans ce substrat friable
leurs rameaux modifies qui atteignent 5 4 6 cm. de longueur, ceux de
VIsothecium viviparum ressemblent a s’y meprendre aux « rhizomes »
du Plagiothecium silvalicum, mais les feuilles different a fort grossisse-
ment (fig. 3).
Les precedentes especes disparaissent k leur Lour : on les retrouve
mortes ou mourantes sous les Jungermannia lanceolata aux rhizo'ides
longs et ramifies ; par contre, Dicranum scoparium , egalement lignicole
direct, mais vigoureux, survit en traversant la masse des Hepatiques.
Toute Cette couche vivante reste mince : 2 mm. d'epaisseur, et peut
succomber sur de grandes surfaces sous l’attaque de filaments algaux
blanc-verdatres en nappe mince mais dense.
Nowellia curvifolia et Cephalozia media ne penetrent pas non plus
dans le bois. Sous le Nowellia, qui semble en profiter (sa vigueur en te-
moigne), un enduit fonce brillant sans epaisseur recouvre la surface du
bois oil court un reseau lache de filaments bruns. Ces deux Hepatiques
ne modifient nullemenl leurs rameaux en filaments plongeurs. Les quel-
ques rameaux a minuscules ecailles ou a rhizoi'des 3 fois plus longs que
Source: MNHN, Paris
SUZANNE El
PAUL JOVKT
128
les feuilles reduites du Cephalozia media ne font que cheminer en surface
dans les creux du bois (fig. 4). La couche vivante de ce Cephalozia prospere
sur un feutrage de ses propres filaments morts, mais recouvre aussi
Riccardia palmala et Noiuellia ; quelques brins de ce dernier traversent
cependant 1'ensemble et, atteignant la surface, s’y etalent. Les Isopaches
et Tritomaria sont aussi des lignicoles directs.
Sur les troncs d’arbrc, revolution differe. En 2, toutes les especes sont
directement lignicoles : survivantes probables de l’ecorce comme Radula
complanala ou Leskeella nervosa, ou provenant du voisinage du sol calcaire
comme Leiocolea Muelleri et Pedinophyllum interruption. La iutte n’appa-
rait pas encore. Au cours du vieillissement, Mousses et Hepatiques s’en-
chevelrent (releve n° 1): Thuidium recognitum rampe sur le bois comme
les tiges primaires de VIsolhecium viviparum. Les Plagiolhecium silvaticum
et Hgpnum cupressiforme emettent des rameaux fiucts a feuilles minus¬
cules. La masse vivante recele des ecailles de bourgeons de HStres, des
feuilles mortes, de menues brindilles, etc.; s’y trouvent aussi les Ne-
phromium et Peltigera qui, epiphytes sur les premiers occupants, les
detruisent ou, tout au moins, diminuent leur vitalite.
Parmi les derniers arrives, citons : Trichocolea lomentella (sur Eurhyn-
Source: MNHN, Paris
PEUPLEMENT BRYOLOGIQUE DES BOlS POURRISSANTS
129
chium striatum et Dicranum scoparium) et Oxalis Aceiosella dont les
feuilles se montrent eparses au milieu des grandcs Mousses et Lichens.
Quelques Lichens epiphytes ont ete deja sign ales. L'Icmadophita s’etale
directement sur le bois nu, mais recouvre aussi les Mousses el Hepatiques
pionmers dont il epouse exactement la forme : dies succombent tres
vite, mais les Tetraphis percent quelque temps encore sa croute meurtricre
A mesure que la matiere ligneuse disparait, la souche s’affaisse sous
le convert forestier. Les silvatiques neutrophiles el acidiphiles, quelques-
unes ncttement hygrophiles, prosperent sur le milieu humique touiours
irais. Le nombre des Muscinees se reduit par suite de 1'extension des
plus vigoureuses (surtout des plagiotropes): Rhylidiadelphus triquetrus,
R. squarrosus( L.) Warnst., Hylocomium prolife-rum, Polylrichum attenua-
lum Menz., Tnchocolea tomentella, etc. Phanerogames et Fougeres se
multiphent -. Oxalis Aceiosella L. (toujours present), Vaccinium Myrtillus
L., Dryoplens Linnxana Chrsn., D. Phegopteris (L.) Chrsn., etc. (Vieilles
Gorges des fines) (1).
Beaucoup plus tard, quand il ne restera plus aucune partie saillante
au-dessus du sol, on pourra retrouver quelques debris ligneux sous le
coussinet dense et surbaisse forme par des Muscinees silvatiques plus
vigoureuses et plus groupees qu’au voisinage (n-> 9). Les branches et
bnndilles tombees sur le sol disparaissent plus vite : des le debut, les
Hypnacees de l’environnement se fixent sur dies (n°s 12, 13).
En se souvenant qu’un certain nombre d’cspeces peuvent coexister
parfois presque des le debut, et en ne tenant compte que des plus impor-
antes, on peut ainsi resumer revolution du peuplement des bois pour-
nssants: 1 ^
(1) La vegetation difterait
^arie haut d’l m. se cUessan
1 Ermoy : Selaginella Helvetic
phaneroganiique, dont : Festu
L., Oxalis Aceiosella L., Vero
ncttement de ce qu’elle est sous le couvcrt sur un trono
it dans un lieu plus degagd aux environs de la Grotto de
a (L.) Link rampait parmi les Muscinees, et une florule
tea silvalica Vill., Saxifraga rotundifolia L„ Fragariavesca
idea latifolia L., Campanula rhomboidalis L., ...
130
SUZANNE ET PA
JOVET
Ainsi, le bois maintenu humide se pourrit sous Taction des organismes
fongiques et algaux, puis muscinaux. Le milieu s’acidiFie. La formation
d’humus, augmentee par les debris tombes de la voute (aiguilles de Resi-
neux, feuilles et ecaillcs de bourgeons de feuillus), est activee par la destruc¬
tion des Muscinees due aux Algues, Lichens, petils Gasteropodes, larves
d'insectes. Podurides, Finterieur de la masse est sillonnt 1 de galeries minus¬
cules oil les larves laissent les produits de leur digestion... Finalement.,
les Muscinees de grande taille, Phanerogames et Fougeres, en meme temps
qu’agissent ruissellement et pesanteur, conduisent a l’incorporation au
sol forestier.
11. -— Rochers ombrages a Tortella tortuosa ( L .) Limpr.
et Ctenidium molluscum ( Hedw .) Mitt.
Situcs presque tous aux memes localites que les bois pourrissants,
les rochers ombrages par la foret mixte varient de formes et de dimensions.
Dans les Vieilles Gorges des Tines, les parois verticales hautes de plu-
sieurs metres ombragent elles-memes leurs bases. Deux releves proviennent
des environs de la Cascade du Nant Dant.
Les releves 1 a 5 concernent des blocs de faibles dimensions ou des
parois proches du sol.
I et 2. — Rive gauche du Clevieux. 1, rocher tendre. 2, petit bloc
depassant le sol de 7 a 8 cm.
3 , 4 , 5 . _ Vieilles Gorges des Tines. 3, petit bloc en haut de la grande
echelle. 4, paroi presque verticale, vegetation jusqu’a 20-30 cm. du sol,
vers le haut du sentier. 5, bloc de 40 X 80 cm., en haut de la grande
echelle.
6 a 10 : parois verticales. 6 h 8 . — Sentier des Vieilles Gorges des Tines.
Bases ombrag 6 es par les parties supdrieures. 6 , le long de la grande echelle.
7 , derriere la petite echelle. 8 , en haut de la dcrniere echelle, eclairement
oblique.
9 . — Un peu en aval de la Cascade du Nant Dant. Gros blocs calcaires
tres ombrages par la foret..
10 . — Sentier des Vieilles Gorges, presque en haut. Paroi haute d’l m.
s’arrondissant superieurement en croupe, tres inclinee. Sous Hetres et
Epiceas.
N 08 11 a 21, sous couvert forestier, done eclairement modere, cependant
quelque peu variable.
II a 16. — Gorges des Tines. Rochers. 11 a 13. — Vers le haut du sentier
un peu encaisse des Vieilles Gorges ; ombrages surtout par Hetres et
Epiceas, portent de nombreuses Phanerogames.
14 . _ Partie moyenne de la pente amont. Rocher en saillie avec vege¬
tation en pendeloque. Sous Epiceas.
15 et 16. — Rochers de la partie superieure. 15, en amont. 16, en aval.
17 . __ Chemin au-dessus de la Cascade du Nant Dant. Parois verticales
assez ombragees.
18. — Vallon du Clevieux. Blocs tres moussus sur pente a 45°. Sous
Fagus, Corglus, jeunes Picea, etc.
19. — Au-dessus de Fcntree aval du tunnel du tram. Sous taillis. Bord
du sentier.
20 a 24. — Vallon du Clevieux. 20. Environs de la Grotte de FErmoy.
Abondante vegetation phanerogamique arbustive et herbacee.
Source; MNHN, Paris
JPLEMENT BBYOl.C
ICII HISS A NTS
131
99 ’ oV mitC de * a pente de la rive gauche et de l’Aulnaie.
— et -3. — Sous 1'Aulnaie (Alnus incana, Epicca Frene etc \
22, petits blocs. 23, gros blocs. P ’ ’ etc ->*
24. — Rocher. Base de la pente droite, sous foret
2o. — Plantes observers en dehors des releves precedents
Sur le tableau III (1), les relevds groupent souvcnt la population de
plusieurs rochers, alors cju’un seul presente presque toniours plusieurs
stations elementaires a microclimats different*. Les vegetaux superieurs
ne hgurent pas toujours au complet, leur total pent done exceder le
“7?; ^ UX \ asards des cccoltes, on pent imputer des inexacti¬
tudes de distribution. Le nombre assez eleve des observations (24) pallie
en par tie a ces inconvenients. ' "
Sur notre tableau ne figurent pas les especes suivantes signalees par
C. Sarrassat (2): Lophocolea minor Nees, environs de Samoens ; Barfoda
pa/udosa Schw., rochers calcaires humides ou suintants, Gorges des Tines •
Orthothecmm intricatum Br. Eur., Gorges des Tines ; Hypnum uncinatum
Hedw. var. plwriulosum Sell., vallee du ClevieuX (non trouvees dans 110 s
notre^tude 1 “ “ ^ ^ ^ A1Iamands 9 ui n ' est P as comprise dans
des L MusTn^p?i C T CWri f iq ^V at,;eint P resc I ue le 1 /5 du nombre total
des Musances et Lichens ; deux d entre elles sont presentes dans la moitie
Ce soItT ’ V d f. S I 6 ^ ° U Vantage, du nombre des relevS
U sont toutes des calcicoles decidces : nous verrons pourquoi 1 epithete
« calcaire » n est pas ajoutee a « rochers ombrages ».
tn .H S “ ascin ees du groupe 11 (qui englobe un peu moins du 1/3 du nombre
total) bien que preferantes des roches calcaires ombragees, peuvent
vivre (plus de la moitie d'entre elles) sur roches siliceuses; Clenidium
molluscum, Dichodonhum pellucidum , etc., d'autres, sur ecorces souches
bois pournssants (Neckera crispa, Ditrichum flcxicaule, ...), sols argilo-
calcaires (Brachythecium glareosum, Barbula acuta) 011 varies (Mnium
1CS5 ter6es de “ urs (Hraro ' w "“ m pa,mlK -
Presque toutes presentes tine ou deux Ms (3 seuleraent se voient dans
t' 1 des releves), les Muscinees du groupe III habitant assez indiffc-
remment les roehers, ecorces, vicilles souches, sol forestier. Peut-etre
duT.a “ nS ‘ lie , re , r ? mme «*** preferante la var. HamsknecUii
du Caaor ( ra“ uniulpfa. La plupart de ees especes tolerent un eclairemcnt
moyen, parfots relativement fort (Mrtzgena [unala, Thuiiimt)
Le deuxieme sous-groupe compreud une douzaine d'especes hygrophiles
mill, J' grei d ™ rS ’ calclco11 -' 5 : Conocephalum, Prussia, Cratoneuron
manarn, ... inihlterente au sol: Mnium pimclalim. Les Brawn pallens
et Climacuim lrequentent aussi des stations non franchement calciques
ct se dessechant beaucoup. 1
ConsidMes comme accessoires du point de vue < rochers calcaires
umbrages ,, Muscinees et Lichens du'groupe IV sent, plus ou tlK!
silvatiques terncoles. Certaines, vivant en epiphytes, echappent en
Source: MNHN, Paris
11121314 1517161S19 llO| 11112|
132
SUZANNE ET PAUL JOVET
Source: MNHN, Paris
PEUPLEMF.NT BRYOLOGIQUE DES BOIS POURRISSANTS 133
134
ET PAUL JOVET
Source: MNHN, Paris
PriUPLEMENT BRYOLOGIQUE DES BOIS POURRJSSANTS
Source: MNHN, Paris
136
SUZANNE ET PAUL JOVET
% partie a l'influence du substrat ( Trichocolea tomenlella, Lejeunea cavifolia).
Si une dizaine se montrent indifferentes a la nature chimique du sol
( Plagiochila, Mnium, Eurhynchium striatum, Rhylidiadelphus triquetrus,
etc.), d’autres fuient le calcaire ( Dicranum scoparium, Scapania nemorosa,
Pleurozium Schreberi, Polytrichum allenuatum, etc.). Quelques-unes
peuvent supporter un eclairement variable : Lepidozia replans, Pelligera,
tandis que prosperent parfois en pleine lumiere Brachythecium rulabulum,
Eurhynchium prielongum, Hypnum cupressiforme, Cladonia squamosa.
Le Plagiochila asplenioides est present dans la moitie, et trois especes
dans le 1 /3 du nombre des releves. Mais les 5/6 ne figurent qu’un tres
petit nombre de fois.
On a essaye, sur ce tableau III, de disposer les releves de maniere a
donner une idee de 1'evolution de la vegetation des rochers ombrages,
tout en groupant Muscinees et Lichens suivant leurs preferences vis-a-vis
du calcaire. Parmi les caracteristiques calcicoles, plusieurs manquent
ou sont tres rares sur les releves 11, 12, 15, 16, 20, 24. Les saxicoles pre-
ferantes, en majority a la fois calcicoles et silicicoles, assez bien reparties,
dominent cependant nettement dans la moitie gauche du tableau. Alors
que les hygrophytes se distribuent un peu dans toute la largeur du tableau,
les Muscinees silvatiques indifferentes au substrat ou calcifuges sc mon¬
trent surtout a parlir du releve n° 10. De meme, les vegetaux superieurs,
absents des premiers releves, sont abondants et varies dans le releve 11.
Ainsi, on note, en allant de la gauche vers la droite, des modifications
tres nettes du peuplement global des rochers ombrages.
Si toutes ces stations relativement proches subissent les memes condi¬
tions climatiques generates, elles different cependant les uncs des autres.
Comparons les bases dc murailles verticales du sentier des Vieilles Gorges
(n 08 6, 7) aux parois hautes d’l a 2 m. du rocher n° 19 sur pente assez
faible exposee au SW et couverte par la hetraie. De toute evidence, les
ecarts de temperature sont plus grands pour le rocher n° 19, l’ombre
et l’humidite, plus elevees pour les releves 6-7, y varient moins. La nature
physique differe : roche tendre et permeable localement, recevant plus
aiscment la pluie (n° 19); substrat dur, moins permeable, sur lequel
l’eau peut ruisseler apres avoir ete collectee par la paroi verticale (n os 6,
7), etc. Bien qu’en dehors du pH et des notations de 1’efTervescence
aucune mesure n’ait ete faite, quelques remarques dues a la simple obser¬
vation s’imposent.
Le tres petit nombre d’especes (2 et 5 pour les pierrailles n os 1 et 2,
8 pour le rocher n° 24) peut s’expliquer par l’Sge du peuplement: stade
tres jeune sur surface tres reduite pour les deux premiers, stade tres
avance oil les Muscinees sociales tres recouvrantes occupent toute la
place pour le n° 24. L’eclairement varie d’une station & une autre ; ainsi,
le n° 19 comporte des especes tolerant une lumiere assez vivo : Isothecium
viviparum, Metzgeria furcala, Thuidium Philiberti, les Peltigera, et meme
une vraie heliophile : Orthotrichum anomalum. La permeabilite, en meme
temps que la verticalite (tout au moins locale), explique aussi la pauvrete
du n° 19 en silvatiques accessoires ; mais l’etat anterieur du peuplement
joue egalement: ce dernier rocher a du etre, au moins en partie, decouvert.
Presque tous les rochers re?oivent, parfois seulement pendant un tres
court laps de temps, une lumiere tamisee, mais directe et oblique ; ainsi
peut s’expliquer le nombre reduit de caracteristiques du n° 8 beaucoup
Source: MNHN, Paris
PEUPLEMENT BRYOI.06IMUE DES BOIS POURRISSANTS 137
moins riche que le n° 10, peu eloigne mais plus encaisse (et de surface
un peu plus grande). L’eclairement tres attenue varie peu pour 6, 7 (ou
il est indirect, reverberation par les parois) et pour 9 (sous couvert tres
epais). Partout 1’atmosphere reste fraiche (couvert forestier, bas de parois
verticales). L’action de l’eclairement direct une partie de la journee sur
la pente a Ptilium (n° 21) ou les rochers h Selaginelle (n° 22) se combine
a l’evaporation de l'eau du Clevieux.
Le comportement des especes est, bien entendu, primordial. Les plus
exigeantes trouvent moins souvent la place favorable et risquent d'etre
eliminees par celles qui possedent une grande amplitude ecologique.
Ainsi, les stations n° 11, 12, 15, 16 manquent de caracteristiques calcicoles
et possedent un faible contingent de saxicoles preferantes : le substrat
(gres luteticns ?), impermeable aux rhizoi'des et a l’eau, se montre
inhospitalier aux lithophytes, mais leur surface plus ou moins arrondie
ou plane permet la facile installation des grandes silvatiques sociales qui
s'imbibent facilement de pluie. Les lithophytes vraies \Seligera, Fissidens
minululus) ne craignent pas, en general, les parois verticales ou fortement
de dives, pourvu que leurs rhizoi'des puissent s'y cramponner et y trouver
l’humidite necessaire. Plagiopus Gsde.ri et quelques autres peuvent egale-
ment vivrc a meme le roc, mais evitent, en general, les stations stricte-
ment verticales. Tous ces rochers n’offrent que de rares fentes, d’oii
l'absence presque complete de Chasmophytes (le n° 19 en heberge quel-
ques-unes). La plupart des Phanerogames et des Fougeres vivent en
exochomophytes.
Le peuplement depend aussi de nombreux facteurs : surface favorable,
duree de l'cnneigement et quantite d’eau de fusion, retention de l’eau
par le substrat, modifications de l’dclairement et des conditions ther-
miques au cours de l’annee, actions des organismes entre eux et sur le
rochcr (modifications superficielles, formation d’humus), etc. Les quel¬
ques exemples resumes ci-dessus ne donnent qu’une faible idee de la
multiplicite des facteurs qui conditionnent la vie sur ces rochers. Quelques-
uns d’entre eux nous retiendront davantage.
Substrat. — Relativement au substrat, la carte geologique indique
aux Gorges des Tines la presence de Cretace superieur, de calcaires num-
muliliques, de calcaire et gres du Lutetien. Ces notations concordent
avec la presence d’especes calcicoles caracteristiques et preferantes et
l’absence de silicicoles (rel. 4-8, 10, 19). La partie etudiee du vallon du
Clevieux se trouve dans la bande d’eboulis (qui peuvent provenir des
memes etages que ci-dessus, et de l’Urgonicn constituant la masse du
Criou qui domine la rive gauche), aussi la nature lithologique y varie-
l-elle beaucoup : si certaines roches sont calcaires (1, 2), l'acide acetique
dilue ne cause aucunt? effervescence ou une tres faible sur les petits cailloux
inclus dans la couverture muscinale des n oa 18 et 24, ce qui a motive
la non adjonction de l’epithete « calcaires » a la designation « rochers
ombrages ».
Ce ne sont la que des indications... Apres identification de chacune des
roches, on devrait etudier son comportement vis-a-vis des agents atmos-
pheriques et de l’eau qu’elle re?oit (pluie, ruissellement) ou absorbe
par capillarite : quels sont les elements qu’elle cede aux organismes ?
Les blocs k Pliliiun (n° 18) h effervescence tres faible, et plus souvent
nulle, hebergent cependant un nornbre eleve de caracteristiques : situes
IBS
SUZANNE E'f PAUL JOVE 1 ;
a la base du Criou (Urgonien), sont-ils arroses par une eau calcique ?
Rappelons qu’un rocher est un complexe de stations elementaires
souvent intriquees : une inesure faitc on un point donne peut perdre
sa valour a courte distance. De plus, le revetemont muscinal cree son
propre milieu en incorporant a ses morts les debris tombes de la voute
(brindilles, debris d'Epicea, ecailles de bourgeons de Hetre, fragments
foliaires de Hetre, Sorbus aria, Salix grandifolia, etc...). D’autre part,
si les lithophytes vraies peuvent etre considdrees comme des exclusives,
un grand nombre de caracteristiques capables de vivre au contact du
rocher subsistent et prosperent sur milieu organique, quelques-unes
mdmc en veritables epiphytes, ce qui n’empeche pas Cololejeunea calcarea
de mdriter son nom specifique.
Acidile. — On a employe la meme technique que pour les mesures de
pH des hois pourrissants (1). Dune maniere generate, les echantillons
sont mis a macerer dans un poids d’eau 5 ou 10 fois plus grand. L effer¬
vescence, evaluee de 0 a 5, est produite par HC.1 ou CH 5 COOH ddues.
Quand ltechantillon dont le pH a etc mesure a fait 1 objet, apres mace¬
ration, d’une appreciation de l’effervescence, les chiffres de cellc-ci figurent
sur la meme ligne que le pH. Dimension des petits cailloux, en milli¬
metres : 6-8 a 10-12 x 4-6 a 12 X 1 a 4.
Tableau
IV
N os des
relevds
3. Humus grossier noir • • ....•
4. Particules calcaires et liuiuiques sons Jungermanma
atrovirens ..
5 . Particules terreuses noires grumeleuses, avec tres
petit caillou, 3 essais de durdes diffdrentes . . ■ •
6. Terre gris clair, poussidre 4- grumeaux, 2 eclian-
tillous diff.
7. Part icules rocheuscs.
Particules humiques, grameleuscs, noires, retenncs
par rhizoides.. .
8. Petit caillou + particules ligneuses (pulverisation
facile)..
Particulesnoiratres fines i- quelq. aiguilles d Epicea.
Particules noirfttres lign. et terreuses + quelq. aiguil.
d’Epicda... • ■ ■ •
Humus terreux se detachant facilement des Fissulens .
i0. Particules noires (et en petite quantity, bruncs) f
pous8ifere.
Humus sdpare de rdcliantillon prdeedent. . . . . •
Particules noires + etc. (ci-dessus) - parcelles d’Ho-
patiques..
Humus separd de l’dohantillojl precedent.
12. Petits cailloux gris ...
Particules orgauiques grossidres (ccaill. bourg. de
Hetre, f. uiortes, aig. d'Epicea., rliiz. de Muse., bois
decomposd pr. les 8/10 du vol.) detachdes de Pla-
yiotheciwm silvaticum .
13. Feutre organique brun noir&tre + particules fines en
proportions vaxides, 2 dchantillons differents . . •
pH Efferv.
6.8-7.3-7.5 2,5
7.6-7.7 4-4,75
4
4
6.7 3,5
6.6 3,5
6.7 3,5
1
6.7 1,5-2
0
6,6 1,5
0
7.0 4,75
6,5 0
6.3-6.3 2-2,6
( 1 ) Un commontaire plus ddtailU aurait quelque intdrfit, inais ne peut trouver place icl.
Source: MNHN, Paris
IKS HOIS POUHRISSA
PEUPLEMENT HRYOLOGIOL'K n
139
15. Humus brun rougefttre (pulverisation facile), sous
Plagiothecium sttvaticwm, 3 essais do dulses (lift'd -
reutes.
Petits cailloux gris pale.
18. Humus grumcleux (pulverisation difficile), poudre
Debris muscinaux + aiguilles d’Epieea -) partic.
bumiques.
5 defiant. : 2 petits cailloux ; particules bumiques
uoires; particules terrcuses ; terre brun fonoe, lcs
5 essais .
19. Particules rocheuses tres friables blanch&tres, sous
Muscindes.
Caillou gris.
Terre brun-rougeatre adber. aux Hypnacdes (ss.
Orthot. ru/escens) .'.
Particules bumiques.
24. 2 dchant. : caillou gris foncd ; part, bumiques, 2 essais.
22. Pierraille grise, 3 essais de durees differentes ....
Particules terrcuses grises (pulverisation facile) . . .
Bone grisiltre tres fine, detaebee de Fissidens crislatus.
23. Humus grossier, pulvdrisat. diff.. poudre brun foncd,
2 essais .
(°) = tres localeroenfc.
5.0-5.2-5.3 0-0,5
7.8 4,75
6.0 0
6.2 1 (o)
0
3,5
3
0,5
0
6.9-7.0-7.2 4,5
3
6.8 3
6.0-6.0 0,5-1
Si ces chiffres ne permettent pas de fixer ^amplitude ecologique indi-
viduelle des especes, void cependant quelques deductions.
Quand des particules calcaires se trouvent incluses dans l’humus,
le pH varie avcc la duree de maceration (n° 5), les premiers resultats
eorrespondant & l’humus. Pour les parcelles rocheuses seules, la variation
cesse apres une maceration de 30 a 40 minutes. En milieu humique homo-
gfcne (n° 15), le pH varie a peine pour des durees superieures a 20 minutes.
Pour les particules organiques identifiables et l'humus grossier, le
pH est acidc : 6.5 a 5.0, avec effervescence de 0 a 1. Melange de ces m£mes
particules avec de la poussiere terreuse ou de la terre : pH voisin de la
neutrality : 6.6 a 6.8 avec effervescence de 1.5 a 3.5. Pierrailles et terre
poussiereuse faisant effervescence de 3 k 5, pH : 6.8 & 7.7. II existe done
une concordance nette entre l’effervescence, me me grossidement appre-
ciee, et le pH; les melanges donnent des chiffres intermediaires.
Les stations n oa 5, 6 (pH 6.8, 7.7) possedent. un lot important d’especes
calcicoles, mais aussi les rochers n° 18 (pH 6:2-6.0) : une l^gere acidity
(sous reserve d’un ruissellemcnt calcique probable) n’est done pas un
obstacle absolu au devcloppement des calciphiles, ceci Confirmc maintes
observations de telles especes sur des substrats faiblement calcaires.
Par contre, les n os 13, 23 et les memes rochers n° 18 (pH 6.3, 6.0) montrent
<le nombreuscs preferantes des rochers et sols siliceux (la comparaison
ties n 08 22 et 23 se trouvant dans des conditions analogues est demons¬
trative). Quelques especes (Hylocomium proliferum, Isothecium viviparum,
picranum scoparium ) n’ont Cte observees que sur des milieux de pH 6.7
n 6.0. La calcifugie apparalt beaucoup plus stricte que la calcicolie.
La difference se montre parfois considerable (n° 15) entre le substrat
calcaire (meme les simples cailloux inclus dans l'humus, pH 7.8) et l’humus
(pH 5.0-5.3). Quand le pH paralt constant (n os 8, 10), il faut noter que
1 humus n’a ete separe des poussieres terreuses qu’au moment de l’essai
avec 1’acide qui n’a cause alors aucune effervescence. Done, en un point
Source: MNHN, Paris
140
SUZANNE ET PAUL JOVE
doime a la roche se superpose un milieu organique tie propriety diile-
rentes : revolution du peuplement sera, Svidemment, en correlation avec
ces changements.
Subslral humide. — La presence des Hepatiques, CQllemaees Mnmm
(surtout M. punctatwn), des formes a feuilles sans dents de M. affine, etc.,
atteste que la couverture muscinale retient une notable quantite d eau.
Mais c’est surtout la base des parols verticals (murailles et blocs
iusqu^ environ 30 cm. du sol) qui constitue un milieu frais. Dans une
atmosphere fraiche, l’humidite depend de l’eau (pluie, fus.on de la neige)
accumulee dans le rocher ou le sol (d’oii elle remonte par capiUante et
s'evapore). C'est la station des lithophytes pionmers ( Sehgera, Fmidens
minutulus), mais aussi de trois Hepatiques qui luttent avec leurs hotes .
Premia quadrata, Riccardia pinguis et Conocephalum comcum. Si 1 humi-
dite favorise Conocephalum, il I’emporte sur Mmum lycopodwid.es (terre
des fissures verticales, n° 6) et sur les Muscinees anteneurement installees
sur un petit terre-plein incline devant une fente horizontal^ d ou ses
thalles s’elancent a la conquete de la couche muscinale et hurmque. Lotte
petite station bien individualisee ne comporte cependant pas d especes
speciales; de l'humus legerement acide (pH 6.6) jailhssent quelques
feuilles d 'Oxalis acetosella : c'est deja un stade evolutif assez avance.
Les crues submergent en totalite ou en partie les pierres et blocs (2- tt
23) gisant dans les parties dessechees en etc du lit du Clevieux : Lampijuum
slellatum, Grimmia apocarpa fo. irrigata, etc... forment transition avec
les groupements muscinaux hydrophiles.
Subslral permeable. — Examinons le comportement des especes sur
roche friable, done permeable (n° 19). Les rhizoides des Ggmnoslomum
rupeslre , Barbula rigidula, Dichodonlium pellucidum (qui forme gazon
epais de 4-5 mm.) s’enfoncent dans le calcaire tendre blanchatre. Solonna
saccala vit egalement au contact direct de la roche, mais aussi de quelques
Si l’on sectionne perpendiculairement une toulfe de Tortella lortuosa,
on observe les couches suivantes (sur 12-25 mm.): verte, vivante, tiges
verticales serrees, 3 mm.; jaunatre (facultative), 0-2,5 mm.; brun-roux,
tiges alignees, verticales, puis rhizoides dans toutes directions, passant
au gris a la base, 7 mm. ; blanchatre de plus en plus clair, 1 a lo mm.,
enfin roche-mere. En surface, dans le voisinage, Tortella se melange de
Clenidium molluscum, Cirriphyllum Vaucheri, Pelligera aphthosa et mclut
des debris provenant des Hetres. Le Tortella tortuosa desagrege la roche
et s’accrolt done sur lui-meme. ..
Rhynchostegium confertum et Campylophyllum Hallen peuvent croiire
directement. sur rocher, mais aussi former une epaisseur vivante cie
2-3 mm., le premier recouvrant Ortholhecium rufescens dont les rameaux
« hypogees » se glissent sous 1’ensemble au contact du substrat (et se
garnissent, quand ils sortent, de rameaux courts feuilles). Le C. tlalleri
prospere sur lui-meme, ses rameaux morts enfermant des particules ter-
reuses-humiques : cet humus provient de sa destruction et de celle e
ses hotes (Hygrohypnum palustre, Webera commutata) par les orgamsmes
h Cyanophycees ; de la couche engluee sortent les petites feuilles vertes
ou bronzdes des Mousses. . ,
Egalement sur ses rameaux pionniers morts, Leiocolea Muellen ctai
Source: MNHN, Paris
PEUPLEMENT BRYOLOGIQIJE DES BOIS POURRISSANTS 141
ses plaques vert-brun olivatre (1-3 mm.); l’humus grossier qu’il recouvre
comprend aussi les tiges mortes de Grimmia apocarpa, tandis que sa sur¬
face heberge Ctenidium molluscum, Bryum pollens (minuscules rosettes),
Jungermannia atrovirens, Barbula gracilis, Distichium capillaceum, Fissi-
dens decipiens, de petits Galium et Geranium Robertianum. C’est aussi
sur sol brun que repose le lacis (7,5 mm.) des tiges et rhizoides roux sous-
jacent aux parlies vertes du Mnium stellare ; les rhizoides de Mnium
lycopodioides consolident le sol terreux jusqu'a 2 cm. Dans leurs parties
aeriennes cheminent quelques Hypnacees.
Ainsi, sur la roche tendre, quelques organismes ne peuvent guere former
de peuplements importants; d’autres, attaquant la surface et s’accrois-
sant sur eux-memes, creent un sol, seuls ou avec l’aide de destructeurs
(modification de l’effervescence : particules blanchatres friables 4 ; humus
mele de terre 3 ; humus seul 0,5) et servent de support pour les nouveaux
arrivants : ce sont done les Muscinees qui peuvent vivre a la fois en litho-
phytes et exochomophytes qui jouent le role le plus important dans
('installation de la vegetation. Cette station comporte aussi quelques
fentes, d’ou la presence de chasmophytes ( Asplenium viride, A. Tricho-
manes, Cystopteris fragilis, Lamium Galeobdolon). La chute de brindilles
y a amene Isothecium viviparum et Metzgeria furcata (rr) subsistant au
milieu des saxicoles.
Stations subaeriennes. — Par suite de legers encorbellements, quelques
Mousses pendent. Eurhynchium morale , Orthothecium rufescens, mais
surtout Grimmia apocarpa (rameaux de 2-4 cm.), et encore davantage
Plagiopus CEderi, supportent.: Hygrohypnum palustre, Scapania sequiloba,
S. aspera, Tortella tortuosa, Leptogium et Collema, ... qui, ainsi, n’adherent
a aucun substrat solide. Si les tiges de Plagiopus atteignent 8-10 cm.,
celles de Neckera crispa (qui ne portent rien) s’allongent davantage :
30 cm. (elles s’accrochent aux racines dechaussees d’ Asplenium viride).
Sur le rebord d’un rocher en saillie (14) se voyait un bel exemple de
coussin epais, pendant, forme par les tiges paralleles et verticales (dont
beaucoup etaient mortes) de Plagiopus CEderi portant aussi Scapania
xquiloba; a l’interieur des longues pendeloques du Melzgeria pubescens
(epiphyte sur Hylocomium proliferum) se faufilaient les tres oombreux
et tenus filaments du Ctenidium molluscum var. gracile, couraient les
Mcehringia muscosa, tandis que les rosettes du Saxifraga cuneifolia sem-
blaient piquees a la surface.
Evolution sur substrat dur. — Sur les parois verticales a peu de distance
du sol et sur les blocs de petites dimensions, les pionniers sont des Bryacees
minuscules : Seligera pusilla, S. Doniana, Gyroweisia tenuis, Fissidens
minutulus, mais sur ces parois adherent aussi des Algues filamenteuses
et se collent de petites Nostocacees.
Ensuite s’appliquent des Hepatiques: Jungermannia atrovirens et
Leiocolea Muelleri ; l’epaisseur ne depassc pas 1-2 mm. La complication
commence : J. atrovirens recouvre les parties feuillees de Barbula acuta
et de Fissidens minutulus, mais leurs pedicelles percent sa plaquette
qui, elle-meme, sert de substrat a Gymnoslomum rupestre, quelques Mnium
rampants, de tres jeunes Orthothecium rufescens. Favorise par une humidite
un peu plus forte, Pedinophyllum inlerruptum forme aussi plaque (epais-
seur 4 mm., humus deja present) oil vegetent Riccardia pinguis, quelques
Fissidens cristalus, Hygrohypnum palustre, Clenidium molluscum, tout petits.
Si 1'atmosphere est un peu moins humide (<>, 10), les pionniers sont
des Hepatiques et Ilypnacees adnees : Campyloplujllum Halleri, Clenidium
molluscum tressant un reseau assez dense oil s'etalent : Grimmia apocarpa,
Fissidens cristalus, Jungermannia atrovirens, et, en petites colonies epi¬
phytes, Cololejeunea calcarea. J. alrovirens vit egalement sur Orthothecium
rufescens (mort) et retient un mince humus grassier oil s’entremelenl
les nombreux stolons, longs de 10 cm., de Mnium affine var. rugicum.
Sur J. atrovirens et Leiocolea Muelleri sont litteralement codes, avec
Cololejeunea, de tres petits Fissidens cristalus, des rosettes de Tortella
iortuosa, Dichodonlium pellucidum, Gymnostomum rupcslre. Ailleurs on
observe Preissia quadrala (mort) dans un gazon de Mnium undulalum
avec Scapania aspera et de nombreuses autres Muscinees. Ce ne sont
la que quelques exemplcs de ce stade de peuplement.
Tres souvent, quand le placage vivant n’a encore que 2-3 mm., il est
severement altaque. Les Collemaces, Nostocacees, surtouL Cyanophycees,
detruisent presque entieremenl les feuilles : de la masse, cngluee recou-
vrant le lads de rameaux noiratres emergent de rares feuilles bien vertes.
Cololejeunea, epiphyte sur de nombreuses especes, reste vivant sous le
reseau d'Algues filamenteuses vert jaunatre ; il reoccupe les rameaux
encore englues. Apres cette destruction, Fissidens cristalus et Tortella
Iortuosa prospered a nouveau. Solorina saccala, qui s’installe aussi sur
les cadavres, meurt rapidcment, mais revit tout a cdte.
Les notations ci-dessus ne donnent qu’une idee incomplete de l'enche-
vdrement des organismes dans le stade auquel nous sommes parvenus
et auquel on pourrait donner le nom de deux especes toujours presentes :
Tortella Iortuosa et Fissidens cristatus. Ce dernier, rapprochant ses frondes,
constitue, sur humus noir, comme Dichodonlium, un gazon epais de
2 mm. ; Cratoneuron filicinum, Eurhynchiwn striatum et E. pndongum
tissent un reseau lache de rameaux souvent tres ddies. Mnium affine
accroit beaucoup le nombre de ses stolons, Orthothecium rufescens et
Dichodonlium emettent des tiges pendantes au pourtour des plaques.
Les rameaux d' Orthothecium portant des rhizoldes a l’extremitd se rccour-
bent, peuvent penetrer a nouveau dans la masse, ressortir 2-3 cm. plus
loin (fig. 5). A l'interieur de la couche vivante (maintenant epaisse dc
1 cm.) ou sous elle, contre le roc, s’allongent les tiges vert pale a feuilles
courtes et espac6es de Ctenidium molluscum. Les Hypnacees s’enehe-
vetrent, leurs rameaux, colies a la paroi, se dirigent souvent vers le haul,
vcrticalement. Tres vives apparaissent les competitions : Riccardia pinguis
recouvre Tortella tortuosa, Dichodonlium, mais les Hepatiques le « sub¬
merged » a leur tour; Collema granosum mulliplie ses thalles sur Jun¬
germannia atrovirens, Campylophyllimi Halleri, Clenidium molluscum,
mais celui-ci, aide de Tortella tortuosa, Unit par l’emporter, a moins que
ce ne soit J. atrovirens, Scapiwia cequiloba et S. nemorosa. Conoccphalum
et Leiocolea Muelleri ont alternativemenL 1'avanlage. Preissia escalade
atrovirens, etc. N’oubljons pas Cololejeunea qui festonne sur des hotes
varies. Et, toujours, veillcnt les petits Nostocs el les Algues...
Toutes ces peripeties s’observent sur parois verlicales ou presque ver-
ticales, L’cvolution est arretee par la pcsanteur ; le placage, par son
propre poids, se decode et tombe, parfois en s’enroulant, masse vivante
a l’interieur de la volute.
Source: MNHN, Paris
PEUPLEMENT BRYOLOGIOUE DES DOIS POURRISSANTS 143
Sur les parois fortcment inclinecs s’observe le slade a HypnaceeS adnees,
d’abord de petite taille et en reseau, puis Orthothecium rufescens et Pla-
giopus (Ederi (dont nous avons vu l’importance dans la constitution de
la vegetation pendante aerienne). Sur les bourrelets muscinaux et hu-
miques epais de 3 cm., on note de grandes Mousses : Dicranum scoparium,
Hylocomiwn proliferum, Neckera crispa. Mais ces bourrelets ne sauraient
Orf Hotheeium ruf.scens (Dick^Bn/ot. our
s’accroitre sur ces surfaces lisses : revolution qui s’accomplit tres rapide-
ment s’arrete par manque d’adherencc.
Sur les rochers a meplals, ou arrondis en croupe, ne se decele aucune
trace d'un slade pionnier a Bryacees. Quoique des Muscinees de grande
taille se trouvent au contact de la rochc (d’ou possibilite de leur installa¬
tion directe), il semble bien que Involution dcbute normalement par une
vegetation basse appliquee, mais on ne peut remonter a des stades ante-
rieurs a celui des plaques peu epaisses (2-3 mm.) auxquelles participent:
iMocolea Muelleri, Scapania aspera, Fissidens cristatus, Tortella tortuosa
(n° 13); Hygrohypnum palastre, Eurhynchium murale, Mnium punc-
tatum (tres stolonifere) (n" 1(5); Amblystegium serpens var. knur, Grimmia
opocarpa ssp. vulgare fo. epilosa, Mnium rostralum, Plagiochila aspic -
144 SUZANNE ET PAUL JOVET
nioiies (n» 17); CaUiergtmdla cmpiiala, Neckera complanata, Hyloa-
m ium nrdifcrum, FMrhynchium striatum, Cirnphyllum Voucher! (n 23).
Ces Ensembles corespondent a pe„ pres a la M ia stade a Ft mdem
cristalus et Tortella lortuosa. Quelques-unes des Muscmees prfcedrntis
subsistent vivaatcs sous les pcuplements qui se superposent d elies et
qu’elles percent encore un certain temps. L epa.sscnr attaint cm. (C e-
nidiurn mdluscum, Mnium marginatum, et nombreuses autres), purs
'•-3 cm tantot Encalypla contorto et Tortella abondent, tantot C. mol-
luscum forme soul des coussins, on encore (n" 23) les deuxdemitos CB^
servant de support a une douzaine d autres ; les toufles de Mnium margi
F, “' vi .vssss,
* travera la eouche inuaeinale, pm. vit au cralatt Uu .oclur,
liut. WM iri'Sgule'lvmcnt, pta. long. ,t abo.rfante ™ D, EDJ.B. .
tS-xt S2S * qsssn
minuscules ; cette sorte de vegetation sympodique s’obscrvo aussi en JJ, u, w.
natum penvent etre profondes de 5 cm., Dimmum scoparium alteindre
IS cm etc Des Hypnacees (C. mdluscum, Campylmm sldlalum, Cirn-
pbplta Vunrtari) serpentent dans cet ensemble dense ; Cotorta ct
Lejeunea covifolia s’installent en epiphytes. L evolution se montrc done
friquemment raccourcie, brusquee. La formation d humus s augmc
par la « sedimentation • souvent importante des debris silvatiques et
Taction des larves (grumeaux, galcries). Lcs Iittt.es do recouvremcnt sont
meurtrieres. Scapania wquilobu, capable de s'epaissir (3 mm.) et de
s’etcndre rapidertient, tue ses predecesseurs molluscam, Orlholhecium
rufescens, P'issidem, etc.), tandis qu'Eurhynchium pnelongurn continue
a vivre «souterrainemcnt»par ses ramcaux a feuilles modifiees qui cOurent
sous la masse contre le roc (lig. 0); Men tot lcs Hypnaeees reprendront
T a vantage eL elimineront le Scapania (n° 20). Autre succession : Pelligera
aphlhosa nicurt sous l’ccran de feuilles mortes quo rccouvre Neckera
c-rispa ; cclui-ci, a son tour, succombe presque complelement sous Pla-
giothecium silvaticum ; enfin Trichocolea tomentella domino le tout (oil
s’obserVent 7 autres Muscinecs) (n° 12). Sur le rochcr n° 13, les dominances
furent ephemeres, car la litiere se compose, sur 1 cm. settlement, des
strates suivantes : feutrage brun rougealre avec fragments foliaires
(feuillus et Epicea), ramcaux normaux morts, mais filaments modifies
vivants des C.. molluscum ; Trichocolea mort; C. molluscam vivant;
Conocephalum vivant; Trichocolea vivant; sur lc tout, 8 autres Muscinees,
Mcehringia muscosa et quelques Phanerogames. D’autres successions
pourraient etre donnees en exemple ; ici, Scapania nemorosa servit de
fond ; ailleurs, les Milium, etc. Le nombre des especes en melange depasse
sou vent 10.
Quand les parodies de bois decompose abondent dans le revetement
muscinal (n° 18), avec Torlella lortuosa comme soubassement, on note,
en particular, Dilrichum flexicaale et Rhodobryum roseum. Les Rhodo-
brijum, Mnium cuspidalum, M. affine, se font remarquer par leurs longs
stolons, alors quo les Hypnaeees elfdent beaucoup leurs tiges et rameaux
aeriens: Eurhynchium pradongwn, Cirriphyllum Vaucheri, Thuidium
Philibcrti, etc. D’autres utilisent les aiguilles d’Epicea comme support,
forment des touffes profondes et des peuplemenls epais (15-20 cm.):
Calharinea, Polylhricum allenualum, Plagiochila dsplenioides var. major,
Uylocommm proliferum a rameaux julaces, etc. (n° 21).
Mais cetlc vigoureuse vegetation, peu adherente, pent etre arrachee;
des especes de grande Laille s’installent sur les places denudees de la roche.
Ajoutons a cclles dejii mentionnees les Anomodon, Dicranum scoparium,
Madotheca leevigata, Anlitrichid curlipendula, etc.
Dans les stades tres evolues, le nombre des Museinee's diminue, alors
(jue le recouvrement des especes restantes augmenle (n° 24); les epiphytes
sont variees (Metzgeria furcala, M. pubescens, Pelligera, Collemaces),
ainsi que les Fougeres et les Phanerogames ( Oxalis Acelosclla et Mcehringia
muscosa souvent presents).
Sur la penle forte aboutissant au Clevieux, dans le taillis clair (Coudrier,
Sorbus aucuparia, Rosa pendulina L., Aruncus silvesler Kostel...) que
dominent les Metres, quelques grandes Hypnaeees ( Rhytidiadelphus
triquetrus, Hylocomium proliferum, Plilium Crista-caslrensis ) en tapis
tres epais et conlinu ; les herbacees (Care.v montana L., C. digitata, Pirola
secunda L., P. minor L., Veronica latifolia...) sont eparses et beaucoup
moins abondantes que dans la proche aulnaie a Senecio cordatus Koch.
Dans celle-ci, tres ombragee (n° 21), sur les roches moussues, oh, parmi
beaucoup d'autres, abonde Climaciiim dendroides, les Phanerogames
lont courir leurs tiges, stolons et drageons (Viola biflora L., Mcehringia
muscosa, Oxalis Acctosclla, Asarum europeeum, Circeea alpina, etc.);
la Myrtille est presente, ainsi que Saxifraga rolundifolia et quelques autres,
Source: MNHN, Paris
mais surtout des Fougercs : Dryopleris Phegopteris (L.) Chrstn. Pohjsli-
clmm Filiv-nws (L.) Roth., P- dilatation HoiTm. et un grand nombrc.
siiivanLcs ciui peuvcnt vivre sur sol pierreux, avec ou sans humus
mprSlle :Dr„:Urh Linneumi Chrstn., U. RobeMana (Hoflm.j Chrstn.,
CiKtopIme frnjiiis, Asplmium Trithomams, A. inntlr, A. fonlanum.
/SZ lJLL (Huds.) Sw. Rappelons, pres dr la Grotte de 1 Ermoy,
kLa de MM hr mica (a" 20) airr les rochers moussus ou le
nombre d’especes est ileve, et qui portent one vegetation nrbustive at
lierbacee a la tois saxicole et hnimoole silvulique.
Aux Gorges des Tines, a pen de distance du rooher aux pendeloques
(n» H), sou’s la Pessiere, sur sol penteux, Ires rocailleux, pourvu d un
peu de terra et dTiumus grossier, parrni les Mniwn punclatum , M. cuspt-
L>, Dicranum scoparim,, Ptagwlhedm, Man Cfemdium molius-
„u m EmhpncMum Smartrii (Turn,) Hoik., Plagiochlla ahplmmitt,, Ble-
pharosloma IrichophijUwv, on remarque i Cystoplens frajilu. Park guadn-
Min L., Mcrcurinlis perenn is, Saxifraga amnfdm. Mahnngui musmea,
Valeriana tripteris, Clrciea intermedia Ehrh. (et a pen de distance, C.
cl/pilia et C. Lutetiana L.), Oralis Acet.mlla, etc. Si 1 miluenee des resnicux
aiigniente (abondance des aiguilles), la vegetation muscmale s efface.
Enbas de Cette pente, de gros blocs torment chaos. La vegetation musci-
nale, tres epaisse, eomprend seulement «n petit nombre d especes, avec,
entre les blocs, dans les depressions, un epais lapis de bphaigncs (Sap-
passat y cite seulement S. oculifolium Ehrh.). Void on
ment • Ronccs, Myrtille, Rhamnm alpma L... Samfraga amnfolm.Lgco-
podium Sclago L.( L. annolirmm L., OmtUmidpIme tnquelrus, Mmam
undulatnm, etc. Ces rochers mcritent, au point do vue ecologique, une
C \1nsi!Tmesure que Am se forme, lc substrat agit de moins en
moins. l'acidite augments el. encore davantage s ll s ajonte des parcel cs
ligneuses ou des aiguilles d'Epicea, revolution sur rochers aboutll aux
■groupements silvatiqnes sur sol humique ou pierreux. On pent aussl
observer sur les inuretles de soulien le passage aux groupements anthro-
popbiles parietaux liclaires : (irimmia apacarpa ssp. iiiilsorf. Tar ala
muralis, Trichoslomum rigidulum van densum Bry. eur. (tr.), Brachylhc
c ium rutabulum, Radula complanata, etc.
i dont les
cristalus) sont deja plus
Dan, les premiers Btades. les Bryacees null qu un role edificateur
modeste, sauf TorkUa lortuasa, et a moindre degre Didwilontmm prllu-
ciiillm; cellos qui oouchent leurs tiges (Plagiopm (Eden)
feuillcs sont conligues et disliques (Fisslden.
li!1 Les^lhpotiqiies 1) pclites feuillcs et les Hypnaoees etalent rnpidonient
lours ramoaux cl, capables de former des plaquettes denses, agissent
activement ; destrucleur, vis-a-vis de ceux qui les precedent, ils servent
de support et crecnl un taible humus ii leurs successeurs. Mais les Hypna-
cees surtout. on pnrticulier dans les stades d'age moyen, sont efficients,
insistons a nouveau sur lent faculte d'allonger tiges et ramcaux oenens
ou d'emettre des organon soulerrains (porteurs dc feuilles modiliccsentre-
melees de rhizoides) qui, quoique cheminant sous une hliere epaisse tie
plusieurs millimetres, voire plusieurs centimetres, sont vert clair. On peut
YuLUGiyu
* HOIS POURUISS/
147
parin' lei tie rhizomes, stolons, tnarcoltcs. Lcs Bryacees, donees normale-
"K'Ut tie stolons, » elendent aussi avec faeilite (Mnium, Rhodobniwn
™ ™ ) - D ? ns , k ' s slades I*. Is* Bryacees capaljles tie formc/dcs
»»; i pe„ pr it:„s 5perent ***““ < P ° ¥mm «-
Les epiphytes Its miens <t adaptees . possedent des thalles cpais a
croissance rapide, qur rnterceptent lumicre et pluie ( Pdlujtra ); leur (opt
pendant et souvent concurrence les espeers qni, comme Trichocolea
tnmcnlella, multiphent rameaux cl tcuilles an point d'cn laire an feutre
VIVant, Les epiphytes ne manifested aucunc preference pour un bote
determine, amsi Colcleje.unea calmrea, trouve senlement une fols en
pionmer Mr roclier, a etc note sur Fissidms erislatus, Grimmia apocatpa,
Orthotlmmm rufaams, Clmidmm tmltmum , CmpylophylMm Halter!
sur'TS™, et mtmi
Dans 1’ensemble, les espdces qni paraissent le plus favorisees pour vivre
sur les rochers umbrages possedent des organes vegetatifs pbgiolropes
a grand pouvoir d extension, done de reeouvremenl, el capabies de
triomphcr des envalusseurs. II existe peu d’epijitlies obligatoires ■ beau-
on U u,r qi l'r ) “ V ‘ I ‘Id ,1Vrc S “ r ™ C P ros P™ nt sur 1’bumus, memo mince,
ou sur d autres Muscmees.
Le graphique ci-dessous schematise lcs diflerents stades du peuplement
des rocliers onibragcs. ‘
done nlus homier ,c f cs a sn S»« plane ou airondie,
S tat“3 I t-JT ! , “ * grand ' ^ l es'olulion debate
les Mu,cin f LIT FiSSidem *»rtout
du schema ^ reeouvremenl et les plantes vasculaires. En has
schema sont i cunts un certain nombre de vegetans vivant surtout en
Source: MNHN, Paris
148
SUZANNE ET PAUL JOVET
aninbvtes ■ k. Blepharostoma et Upidozia replans, pionniers et. souveat
epiphyte . ' , r ] es ) l0 i s pourrissants, n existent pas sur
« s ab “"t”Mes t n’a^paralaaent queWa tardieemenl sur lea rochera
CSS- MoLes silvatiques humicolea. Trkhacolea lomen-
derniereset eat done conaidere e„
faisant partie.
Auteurs ensfes
EotILAT (Alibi). - ***** * 1*»«•“' I- ***** “•*> P ““ ‘ “■ HdP “'
d,Sh"»V-»‘ >““•'* 4 BrU “ k *“*“■ 3 “ e4 ' 1924,
Ilf,™? 0 ?”)” - aSi |i« galliea. Acrom r V „, 1884-1890, Ikta •* P»*>
togamen-Flora...IV, 1927, Leipzig.
Key to Hue’s Aspicilia
by A. H. Magnusson (Goteborg)
During my work on the paper : Studies of the Aspicilia — group in
the genus Lecanora —- which is to be published in Acta Royal Swedish
Academy of Science — I examined many of the species treated by Hue
in his extensive work on Aspicilia in Nouv. Arch. Mus. Paris, ser. 5, II
(1910).
As several of them were cotypes to his new species and others were
well known species I had an opportunity of studying his methods, his
terminology and the results of his research : his arrangement of the
species, which probably is meant to be a systematic one.
Long ago I heard an eminent lichenologist complain of the impossi¬
bility of conceiving Hue’s species in spite of, or perhaps rather on account
of, his long descriptions, as much more as his system was founded upon
subtile anatomical characters taken from microtome sections. And the
whole exhaustive work seems not to have furthered the knowledge of
this undoubtedly difficult group but on the contrary frightened licheno¬
logist from every attempt of extricating this section.
The most important matter, the thourough knowledge of the authentic
specimens of old species — preserved mainly in Helsingfors, Uppsala
and Stockholm — has gained practically nothing by Hue’s work. Therefore
1 had myself to start from the bottom and have had little or no use of
his examination, as much more as mine was based on a les subtile method.
The results and the differences of our opinions on the species will not
lie treated here. But as I think I have gained a conception concerning
the leading systematic characters in the section I have tried to group
Hue’s species according to my poinls of vue — as much as this has been
possible from the descriptions only. But thanks to my on researches
1 have been able to interpret many of Hue’s expressions which I did
not understand formerly. Thus « articulis sphaericis et triplice D rls
Gueguen reagente rubentibus » means that the medulla, at least its lower
part, contains oil — a stuff of common and often abundant occurrence
in Aspicilia. Perithecium in Hue’s work seems to comprise as well the
basal stratum usually named hypothecium as the often distinct cup¬
like stratum from the upper margin round the hymenium and below
the hypothecium. It is often very distinct in sections and sometimes
assumes a dark blue colour well limited from that of the hypothecium.
But I can still not understand how Hue has obtained his measures of
the thickness of the paraphyses, 4-12 u. And he seems not to have made
due distinction between the different nubilations in the thallus : if from
oxalate crystals, particles from the substratum and perhaps air.
I too have noted a difference in the form of the paraphysal cells but
I do not think that this difference which is somewhat difficult to state
with certainly and somewhat varying according to tile employed reagent,
has the importance given to it by Hoc. I have no conception ot the
importance ot the different branching ol the cortical hyp!* because
this difference can only be studied on thinner sections than I have had
the possibility ol making. At all events these facts can certainly not lie
used for the every day work of determining species.
I made it evident in my monograph of the genus Acarospom that
Hue had described the. same species several times because he laid so
much stress upon the anatomical details that he lorgot — or probably
had no eye for — the habitus of the examined species. The same seems
to be the case in his research on Aspiciliu, I will give the following preli¬
minary notes from my studies on the Aspic-ilia gibbosa group.
1[ seems me likely that L, Candida and rosacea is one species and —
though I have not studied them in detail - L. adunans, lap pa men and
Murini 1 have proved that Hue’s (and Arnold's) A. lacvala v. albicans
is L. superlegens, that Hue’s A. lacvala (KOH -) is not that of Acharuis
(KOI I + yellow), that L, cuproeogrisca produces rusty crystals in KUli
(Hue • KOH - ), that his A. gibbosa ( caesiocinerca) and subdepressa
arc not the real ones ; that A. lobulala is synonymous to L. verrnculosa
Krmpli (KOH r yellow). A. amphibola Hue is L. aqualica Hepp which
curiously enough is not treated, and A. clula is only a form of L. aqualica,
In order to facilitate the survey of Hue’s system I have quoted the
species in his own arrangement with the group characters established
1 >v him. When his descriptions are rounded on exsiccatas 1 have given
their name and number (according to Lyngc's Index). They are all pre¬
served at Paris like most of the other described species. When the species
is known from several countries I haye given no note of its distribution.
I have brought the species under the generic name of Lccanora in my
key but I have quoted only the first author of the name in order to save
space. In Hue’s arrangement they remain under the genus Aspicilia,
but there I have also quoted the author combination for the species
in the genus Lecanora, if placed there before the publication of Zalil-
bruckner’s Catalogus.
Notes to the key : Ap. several means that there are several apotnecia
in ope areola, ap. 0,5 mm. broad means the breadth of the disc, K+
red means the formation of rusty needles in sections under the microscope
on addition of KOH, exc. quite blue (according Lo Hue) probably means
that both liypolhecium and excipulum (parathecium acc. Lo Frey) slam
blue in iodine.
Key
A. Tliallus effuse (not distinctly radiate or effigurate).
la. Med. P -f red. lipitli. black. Con. unknown.
2a. Tli. sorediate, verrneose, pale brown. Sp. 16-20 x 9-12 p
686. Bockii (Rodig.).
Source: MNHN, Paris
ASI'ICIL! •
151
2h. Th. non-soredlate, ar. plane, dark brown. Sp. 10-16 x 8-11 y
687. eantracta Th. Fr.
lb. Th. I + blue.
3a. Th. ocliraceous. Ap. often several, 0.3-0.5 mm., black. Sp. 9-14 x 5-7 y
Con. 4-5 y. 604. r.inereorufeseens v. diamarta (Ach.)
3b. Th. brown, ar. white marginated.
4a. Th. pale brown to white. Ap. 0.2-0.5 mm., pruinose. Sp. 16-24 x 9-14 y
508. umbrinella (Hue).
4b. Th. dark red brown.
5a. Th. shiny. Ap. solitary, 0.5-1 mm., ± red brown. Sp. 10-12 x 5-7 y
606. olivacea Bagl. & Car.
5b. Ar. dark castaneous, margin often violet (or white). Ap. black, pruinose.
Sp. 12-17 x 6.5-8 y 653. psoroides Anzi
3c. Th. gray to white.
6a. Th. K -f- red (see below lc).
6b. Th. K —.
7a. Sp. 14-20 x 10-14 y. Ar. 0.4-0.6 mm. on blackish hypothallus. Disc
dark red, margin of ar. narrow 605. sanguined (Knnph.)
71). Sp. 12-16 x 5-7 y. Ar. 1-2 mm., ± contiguous
604. cinereorufescem (Ach.)
7c. Sp. 10-12 x 5-6 y. Th. white, shiny. Ap. 0.4-1 mm., solitary or 2-3
663. eremicolor (Hue)
lc. Th. K 4 yellow or red.
Ha. Th. 1\ 4 yellow to red without crystals, pale yellow, dark from black dots.
Sp. 8-14 X 5-8 y 607. aterrimg (Fde)
8b. Th. K 4 rusty crystals.
9a. Med. I 4 intensely blue. Sp. 5-7 y broad.
10a. Th. gray to whitish. Ap. 0.5-0.8 mm. Sp. 8-17 y long. Con. 4-6 g
603. alpina (Smrft.).
101). Th. pale, gray, shiny. Ap. one to several, 0.3-0.5 mm. Sp. 16-20 g
long. Con. absent. Ilym. and exc. I 4 blue
662. stenospom (Hue).
9b. Med. I 4 bluish or I — ?. Con. short. Hym. I 4 blue. Sp. 12-20 y
11a. Cortical hyphae rarely simple mostly branched. Th. yellowish white,
1-2 mm. thick. Ap. 0.3-0.6 mm. Con. 5-7 y 650. Myrvni (Fr.)
lib. Cortical hyphae always branched. Ap. 0.5-1 mm.
12a. Th. white to pale ocliraceous, 0.5-2 mm. thick, Ap. levej with thallus
Sp. 8-10 y broad. Con. 5-7 u 679. adunans (Nyl.)
12b. Th. bluish gray, 0.4-0.5 mm. thick. Ap. emergent. Sp, 5-9 y broad.
Con. 4-6 g 680. lapponica (Hue)
9c. Med. I —.
13a. Th. sterile, scantily sorediate. gray, thin 693. grisea (Arn.)
13b. Th. fertile.
14a. Sp. large, generally above 24 y long. Hyp). 1 4 blue.
15a. Con. 19-25 g. Th. white, ar. plane. Ap. 2-4, dark brown red, 0.7-1 mm.
Sp. (18) 24-28 x 12-16 y 595. Myssalongii (Hue)
15b. Con. short.
16a. Ap. pruinose, Th. pale reddish yellow to white, smooth. Ap. 0.5-
0.7 mm. Sp. 26-28 x 13-14 u-. Con. 6-10 g 597. amiyotropha (Hue)
16b. Ap. naked, 0.3-0.6 mm.
17a. Th. thin, white to bluish gray. Sp. 22-28 X 12-14 y. Con. 7-9 y
630. inlermutans Nyl.
17b. Tb. + thick, whitish gray. Sp. 20-22 x 12-16 g. Con. 6-7 y. Exc.
I 4 blue. 594. cupreogrisea Th. Fr.
14h. Sp. small, generally below 14 u long or below 8 y broad.
Source: MNHN, Paris
18 a. Tb. gray, thick. Ap. 0.5-0.8 mm. g mm Sp . 12 -18
]9a. Hvm. 1 + blue. '1 b. pale gray. Ap. seveial, 0.5 0.8 m -F
, 6-7 p. Con. absent. 634. lecideotdea (Nyl.)
19 h Hvttf. 1 4 red. Th. bluish gray, vermcose in centre. Sp. K.-18 X
' 4.5 it 612. dimnrphodes (Hue)
18b. Tb. very pale to whitish. n , H m
20a. Sp. 17-20 X 7-8 y. Th. greenish white, smooth Ap. 0.5-1.5
jl [ L r ,,(i ('on. absent 631. lewcera (Hue)
20b. Sp. shorter. Th. white or yellowish ^ite ^mooth^
21a. Ap. 0 .1-0.3 nun., several confluent Sp 10- 3 X 6 7.5 y. tly
] 4 - blue. Con. 18-22 y 655. nigntella (*Ge)
21b. Ap. 0.4-1 mm. 56 Con . 10-12 y
22a. Th. tlvm. Ap. partly convex. Sp. 8 10 x 0.0
Exe. 1 + blue. 661. »* eras pore a (Hue).
22b Th. 1 mm. thick. Sp. 10-13 x 5-6 u. Con. absent Exc. I »
' K + yellow 608. subimmersa (We)
14c. Sp. generally 15-25 y long, above 8 ft broad
33 a. TJ, tanm olfy. gray. thin. JE». 1 + H . 1 +,'“L
24 a Con 10-12 a. Th. brownish gray, plane. Ap. m swelling .u., rare,
0.4-1 nun. Sp. 12-10 x 7-11 P 618. lumens (Hue)
24b Con 18-24 u. Th. olive, shiny, non-contmuous. Ap. 0 2-0.4 mm.,
concave. Sp. 12-22 x 9-12 y 671. silvaticav. docellensis ( Hue)
23b. Th. gray to dark gray. . , , _
25a Con 10-12 a. Th. determinate, indistinctly radiate. Ap. 0.3-0.O nun.,
often pniinose. Sp. 19-24 x li-lip 875 Fmnaa (Si>«)
25b. Con. 12-16 ft. Th. often ± verrueose. Ap. 1-4. mam.
Sp. 12-20 x 8-10 y 615. cinerea (L.)
25e. foil. 1.-20 ’
2,8,1 Cm‘"2 24'o.Ap.'2irtary, 0.8-1 m,4 Sp- 20-24 x 12-14 u. Epitli.
rugose. ' 591. epigli/pta, Nyl.
23c. Th. yellow- or reddish-gray, thin. Ap. 0.7-1 mm. s l l - l4 '. l8 | < !l ‘ 14 •“
Con. 15-27 it. Exc. I i quite blue 668. gerdemis (Hue)
23d. Th. pale gray or whitish, llym. I J red.
26a. Exc. 1 1 quite blue. Th. thick, L shiny, uiu vei • P-
0.4-0.5 mm. Sp. 19-20 x 8-12 y. Con. absent
• 676. mwquatula (Hue)
26b. Exc. x- blue. Ax. plane, rngulose. Ap. 0.5-0.7 mm. Sp. 14-20 X
8-10 a. Con. 8-12 y 623- tephroda (Hue)
26c. Exc. I - .
27a. Sp. 16-22 >
12-14 ft. Th. tliii
■acky. Con. 14-16 y. Ap. 0.2-1 mm.
617. adamanticola (Hue)
27b. Sp. 15-24 X 10-12 u. Th. thin, plane. K + yellow ! Ap. 0.2-
0.3 mm., in convex ar. Con. absent 619. tofacea, (Hue)
23e. Th. yellowish white to whitish. Hym I -I red.
28a. Ap.' less than 0.5 mm. diam., immersed.
29a. Th. thick, sordid white. Ap. several. 0.3-0.o mm. Sp. I* lb
9- 10 ft. Con. absent 667. tyrohama (Hue)
29h. Th. thin, smooth, yellowish gray. Ap. 0.2-0.6 mm. Sp. 16-24 x
10- 12 ft. Con. 15-16 y 673. Arnold 4 (Hue)
28b. Ap. mostly 0.5 mm. diam. or more.
30a. Th. thin, dirty white, ar. plane- Ap. 0.4-0.8 mm. bp. 16— x
8 lOu Exc I— Con. absent 592. chwnampoana (line)
30h. Th. 0.4-0.6 mm. thick, whitish. _ „„ .. rl „„
KEY TO
ASPICILIA
153
311). Ar. plane. Ap. 0.5-1.5 mm., emergent. Sp. 15-20 x 9-10 a. Exc.
1 + blue. Con. absent 036. exserta (Hue)
8c. Th. K. -f yellow.
32a. Tli. brownish, white pruinose, tliiok. Ap. 0.2-0.4 mm. Sp. 13-16 x 8-9 p
Exc. I T blue. Con. absent 633. Owaniana (Hue)
32b. Th. pale to dark gray.
33a. Exc. quite blue. Th. thin, pale reddish gray. Ap. 0.2 mm. Sp. 20-30 x
14-18 y. Con. absent 682. prolula (Nyl.)
33b. Exc. I + blue. Th. verrucose. Ap. 0.3-0.4 mm. Sp. 14-22 x 8-11 p
Con. 15-22 u 626. verrucigera (Hue)
33c. Exc. I -. Th. olive gray, shiny. Ap. 0.3-0.6 mm. Sp. 14-22 x 9-12 p
Coil. 18-22 u. 671. silvatica (Zw.)
32c. Th. whitish.
34a. Hym. I | blue. Th. zonate. Ap. 0.2-0.5 mm. Sp. 10-12 < 5-6 p. Con.
6-7.5 u. Exc. I — 660. geographica (Hue)
34b. Hym. 1 + red.
35a, Ap. 0.4-1 mm. Th. thick, smooth. Sp. 10-13 X 5-6 y
608. subimmersa (Fee)
35b. Ap. 0.5-0.8 mm. Th. white. Sp. 12-16 x 8-10 p- Con. 6-7 p. Med.
partly It ! orange, white-granular 641. eireummunita (Nyl.)
35c. Ap. 0.2-0.4 mm. Con. absent.
36a, Exc, I T . Th. yellowish gray to white, thick. Sp. 16-20 X 10-15 y
Ap. one to several 635. straminella (Hue)
36b. Exc. I - -. Th. white to gray, thin. Sp. 15-24 x 10-12 y. Med. K +
yellow, -+- ferrugineous 619. tofacea (Hue)
Id. Th. K —.
37a. Med. granular.
38a. Sp. unknown. Hym. I + red. Con. absent.
39a. Th. yellowish ochraceous, rimose. Ap. 0.3-0.5 mm. Exc. I —. On
granite 632. oreinoma (Hue)
39b. Th. bluish white, thick, smooth. Ap. 0.4-1 min. Exc. I + blue
683. pyrenaica (Hue)
38b. Sp. 10-12 x 3-4 u. Th. white, very thin. Ap. 0.2-0.3 mm, reddish. Con.
absent 654. laclea (Mass.)
38c. Sp. usually between 12 and 20 y long.
40a, Epitheeium bright blue green. Th. yellowish gray, very thin. Ap. 0.2-
0.3 min. Sp. 14-16 x 8-10 ft. Con. Chroolepus ?
688. flavida Hepp
40b. Epitheeium olivaceous to brownish.
41a. Ar. blackish brown, white marginated. Ap. 0.3-0.4 mm, pruinose.
Sp. 12-22 x 9-14 y■ Con. absent. On volcanic rock
593. albomargmata (B. de Lesd.)
41b. Th. pale, yellowish or grayish, uneven. Ap. 0.5-0.8 mm. Sp. 15-18
X 8-10 y. Con. 16-20 p. Exc, I + blue, hym. red
629. polychroma (Nyl.)
41c. Th. 4; white, ± effigurate.
42a. Ap. 0.2-0.3 mm, oblong. Th. bluish white, calcicolous. Sp. 12-14
x 8-10 y. Con. absent. Hym. I + red. Exc. I + blue
644. lobulala (Anzi)
42b. Ap. larger.
43a, Th. ± thick, K + ? Ap. 0.5-0.8 mm. Sp. ,12-16 x 8-10 y. Con.
6-7 y Exc. I + blue, hym. red. Calcicolous
641. circAimmunita (Nyl.)
43b. K —.
44a. Hym. I -f blue. Ap. 0.4-0.6 mm. Sp. 14-16 x 9-12 p. Exc. I —.
Calcicolous 643. Candida (Anzi)
Source: MNHN, Paris
154
A. H.
44b Hym. I 4= red. Th. Indistinctly lobate.
45a. Exc. below (= hyp. t) I + blue. Th. whitish gray, verrucose.
Ap. several, 0.5-1 mm, Sp. 14-22 x 8-16 t
638. ctesioalba ( LePrev.)
white. Ap. 0.3-1 mm., pruinose. Sp. 11-16
lalcicolous 640. farinosa (Plk.)
xc . i + blue. Hym. I + red. Ap. 0.5-1 n
45b. Oxc. I t blue. Th.
X 7-10 (a- Con. 5-6 ja. 1
38d. Sp. usually 20-80 p long.
46a. On wood, th. verrucose. E
n „ V? n *' , f . -20.25 u 589. lundensis (Ft.)
47a. Th. bluish white, bp, 4-7, 18-.iu x v ....
47b. Th. white, thick- Ap, urceolate. Sp. 8. 18-22 >- I*
627. lignicola (Anzi)
46b. Ou stone.
48a, Th. + distinctly gray. (In Europe).
49a. Cortex translucid. Th. with a bluish shade. Sp. 18-24 X 10-44 p
Ap. 0.5-2 mm., level with th. Con. 10-12 P Exc, I + quite
bl y e 632. rolleana (Hue)
49b. Cortex opaque. Th. with a violet shade. Sp. 18-22 x 12 -‘4 4- Al>-
o.s-o.5 mm. Con. 22-40 f. Km. t dr. Mr*. 6T0. < A ”->
48b. Th. white to whitish. n a
50a. Sp. narrow, 22-25 X 8-12 (i. Th. thick, uniform- Ap. 0 4-0.8 mm.
Con. 6-6 p. Hym. I + blue 656. entypia (Krmpli.)
50b. Sp. broader.
51a, C'alcicolous.
52a. Sp. 4-8, often subglobose. Con. 7-11 p. Ap. pruinose.
53a. Ar. often dispersed. Sp. 20-30 18-20 p. Ap 0.2-0.6 mm..
immersed 628. contorUi (Hoffm.)
53b.T areolate, often effigurate. Ap. 0.3-0.6 mm often oblong.
Sp. 20-28 x 18-26 p. 639. calcana (L.)
52b. Sp. 8, not subglobose. . , „ T . llvm
54a. Ap. 0.5=1 mm., pruinose. Th. determinate. Exc, \ + blue, hym.
5oa U Th. grayish white. Ap.-margin farinose. Sp. 20-25 x 17-20 p
Con. absent 620. premadina ( Huc > . ,
55b. Th. bluish white. Ap. several, margin black. Sp, 20-24 x 12-16 p
Con. 21-22 p 645. rosacea (Hue)
54b. Ap. smaller, 0.2-0.5 mm- Th. verrucose. Con. absent.
56a. Th. grayish white, thick. Ap. pruinose. Sp. 22-24 X 16-1. p
Exc, I + blue 584. niphetoda (Hue)
56b- Th. white, tlijn, Sp= 2Q-24 K 12-15 H
665. verruculosa (Ei'inpu.)
51b. Non-caleicolous.
57a, Hym. I .+ blue, Ap, pruinose, 28
58a. Th. gray to grayish white, smooth. Ap- 2-4, O.o-l mi i. P-
x 12-14 p Con 6-7 p 596. pavimcnUms (Nyl.)
58b. Th. reddish white, Ap. 0.4-0.8 mm-, immersed. Sp. 18-28 X 12-
16 p. Con. 16-24 p 651. helveticfi (Hue)
5 59a.^pm ahint ed Th. effigurate, white, farinose. Ap. 0.2-0.6 mm.,
pruinose. Sp. 20-24 x 14-18 p 649. virgmea (Hue)
59b- Con, «-7 P- Th. whitish gray, Ap- ".4-0.6 mm., irregular, Sp. 20-
22 x 12-16 p. Exc. I + blue 594. cupreqgnsea 1 li. Jr.
59c. Con. 17-25 p- Tli. grayish white, thick. Ap. 0.5-1 mm. bp. ■
X 14-16 p (= supertegens i.) 669. Ixvaki v. albicans (Am.)
38e. Sp. above 30 p long. , . .
60a. On earth etc, Sp. 30-50 X 21-30 p. Exc. ± brownish blackish at
surface. Hym. I + dark blue 647. verrucosa (Acli.)
Source: MNHN, Paris
60b. On cortex or wood. Sp. 40-54 x 24-30 p. Th. yelowiah sordid white.
Exc. I 4- blue 648. mutabilis (Aoh.)
37b. Med. not granular, translucid or air-filled.
61a. Sp. below 15 (17) p long.
62a. Ap. -j- yellowish red. Th. oohmoeous. Sp. 13-18 p. Ilyin. I + red.
Exo. I + blue 624. lamstris (With.)
62b. Disc, brown to black.
63a. Hypothecium dark brown. Ilyin. I + blue. Sp. 12-17 p. Ap. 0.3-
0.5 min. 609. plumps (Nyl.)
63b. Hypothecium colourless.
64a. Th. blackish, shiny. Sp. 7-9 a long. Hym. I + blue
659. morioiiles (Blomb.)
64b. Th. ochraceous, pale. Ap. 0.2-0.3mm. Sp, 10-14 X 7-10 p. Con.
3.5 p. Hym. and exc. I + blue 678. rivularia Ny.
64e. Th. -|- gray.
65a. Con. 18-22 a. Th. reddish gray. Ap. 0.3-0.8 mm. Sp. 9-13 x 5-6 p
Hym. 1 blue. Exc. 1 -. Asci 40 p long. 657. romplanata Klir.
65b. Con. 10-15 p. Th. bluish gray. Ap. 0.3-0.6 mm. Sp. 14-16 x 6-7 p
Hym. I -f- red. Exc. I —. Asci 65-70p 666. aomoriana (Hue)
65c. Con. 3-5 p. Hym. I + red. Exc. I -f blue. Th. gray.
66a, Th. pruinose. Ap. 0.3-0.7 mm., (lark red. Sp. 12-i4 x 7-8 p
Asci 70 p 646. Ilarmandiana (Hue)
66b. Ap. 0.5-1 mm., dense. Sp. 10-14 X 9 p. Th. thick, cracky
590. recedem (Tayl.)
61b. Sp. about 17-20 p long.
67a, Th. dark, ± olivaceous. Hym. I + red.
68a. Ap. 0.5-1 mm. Th. blackish olive. Sp. 16-20 X 9-10 p. Con. 12 p !
Exc. below I -f- blue 664. obscurata (IT.)
68b. A].. 0.2-0.4 mm. Exc. 1 —. Th. olive, shiny (Europe).
69a. Con. 18-22 p. Th. olive, shiny, thin. Sp. 14-20 x 9-10 p.
671. silvatica v. lusva (Nyl.)
69b. Con. 20-32 p ?. Tb. K — ?. Sp. 16-22 x 9-13 p 669. hvvata (Ach.)
67b. Tb. pale.
70a. Th. n; thick, olivaceous yellow. Ap. 0.5-0.8 nun. Sp. 15-18 X 8-10 u
Con. 10-20 p, Exc. 1 4- blue, hym. red 629. poli/chroma (Anzi)
70b. Th. very thin, gray. Ap. 0.2-0.5 mm. Hym. 1 + blue. Gonidia Ohroo-
lepus.
71a. Th. reddish gray. Sp. 14-20 (24) • 10-12 (18) p, Exc. I I- quite
blue. Con. absent 691. niteUina (Hire)
71b, Exc, I Sp. 17-20 > 7-10 p. Con. absent 090. mdranica (Hue)
71c. Exc, I 4- bine, Sp. 18-21 x 11-12 p, Con. 4 p. Par. Iv + violet.
Calcioolous 689, lwmalomorplui Nyl.
61c. Sp. 20-25 p.
72a, Ap. very pale. Th. pale, very thin. Sp. 14-24 x 8-12 p. Exs. I -f quite
blue, bym. red 602. ceracea Arn.
72b. Ap. blackish.
73a. Th. olive, shiny, thin. Ap. 0.3-0.6 mm. Sp. 19-25 X 10-18 p. Con.
10-12 u. Exc. 1 - , hym. red 681. Flagei v. palyophthalma (Hue)
73b. Th. grav to white.
74a. Hym. I + blue. Th. white. Ap. 0.4-0.8 mm. Sp. 22-25 x 6-12 p
.Con. 5-6 u. Exc, 1 4- quite blue 656. enlypta (Krmpli.)
741). Hym. I 4 red.
75a, Exc. I . Th. dirty grayish white, thin. Ap. 0.3-0.5 nun. Sp. 20-26
X 10-18 p. Con. 8-9 p 674. inornata Arn,
75b. Exc. I 4- blue.
76a. Th. gray. Ap. 0.5-1 mm., 4- emergent. Sp. 20-24 X 9-12 a. Con-
9-14 a ? 614. subdepressa (Nyl.)
156
MAGNUSSON
76b. Th. bluish- to whitish-gray. Ap. 0.5-2 mm., ± confluent. Sp. 18-
24 x 10-14 p. Con. 10-12 p 632. roUeana (Hue)
76c. Th. reddish white, thicli. Ap. 0.4-0.6 mm. Sp. 18-28 X 12-16 p
Con. 15-24 p 651. hdvetica (Hue)
61d. Sp. often surpassing 25 p in length.
77a. Con. unknown. Th. whitish, partly verrucose. Ap. 0.3-0.8 mm., margin
prominent. Sp. 24-30 X 15-20 a. Exe. 1 ± blue, hym. red
601. eluta (Nyl.)
77b. Con. 6-10 u.
78a. Th. olive, very thin, Ap. 0.2-0.3 mm., circumseissed. Sp. 30 X 14 p
Con. 8-10 p 681. Piaget (Hue)
78b. Th. gray to white.
79a. Th. bluish gray, verrucose. Ap. 0.4-1 mm. Sp. 20-30 x 11-16 p
Con. 6-10 p. Exe. I d: blue 611. uesiocimcrea (Nyl.)
79b. Th. pale gray, verrucose. Ap. 0.3-0.6 mm., crenulate. Sp. 23-30 X
18-24 u. Coil. 7-10 P- Exc. 1 rX blue 610. gibbosa (Ach.)
79c. Th. white, K 4- rose-coloured. Ap. punctiform to 1 mm. Sp. 20-34
X 14-17 p. Con. 6-10 u. Exc. I + blue 600. arvernica (Hue)
77c. Con. 9-15 p. _
80a. Hym. 1 + blue. Th. pale bluish gray, smooth. Ap. 0.5-0.6 mm. Sp.
22-36 x 11-16 p. Con. 11-15 p. Exc. I -!- blue
652. bricvonensis (Hue)
80b. Hym. I -+- red. Exc. I —.
81a. Th. yellowish gray, shiny, smooth. Ap. 0.5-0.8 mm., reddish. Sp.
20-30 X 17-21 p. Con. 10-12 p 625. submersa (Lamy)
81b. Th. bluish olive, -+- verrucose. Ap. 0.3-0.5 mm., urceolate. Sp. 20-
30 x 16-20 p. Con. 9-12 p 599. amphibola (Ach.)
B. Th. distinctly radiate or etfigurate.
la. Th. with distinct lobes.
2a. Th. K -+- red.
3a. Sterile. Th. dark gray, granular, radiate, lobes 5-7 mm. long, 0.2 mm.
broad 692. mastrucata v. pseudoradiata (Am.)
3b. Fertile. Hym. I + red.
4a. Corticolous. Th. gray, very thin, lobes long. Ap. 0.3-0.6 mm. Sp. 13-20
X 9-11 p. Con. absent 672. teplira (Hue)
4b. Saxicolous.
5a. Th. bluish gray, laciniate-squamulose, granular. Ap. 0.3-1 mm. Sp.
11-15 x 8-12 p. Con. 4-5 p. Silicicolous 677. squamulala (Hue)
5b. Th. whitish.
6a. Th. shiny. Ap. 0.3-0.5 mm., immersed. Sp. 14-24 x 8-9 p. Cortex
10-20 p thick. Exc. I + bine 658. stellata (Hue)
6b. Th. yellowish white, subfarinose, smooth. Ap. emergent, 0.6-0.8 nun.
pruinose. Sp. 11-14 x 6-8 p. Calcicolous 642. endoleuca (Hue)
2 b. Th. K —.
7a. Th. bluish gray, med. granular. Ap. 0.2-0.5 mm. Sp. 16-20 X 10-14 p
Con. 11-14 p 616. asteria (Hue)
7b. Th. x white. Ap. pruinose. Hym. I + red.
8a. Ap. 0.5-1 mm. Sp. 20-24 X 12-16 p. Con. 21-22 p. Calcicolous. Exc.
1 + blue 645. rosacea (Hue)
8b. Ap. 0.2-0.6 mm. Sp. 20-24 x 14-18 p. Con. absent. Exc. I —
649. virginea (Hue)
8c. Ap. 0.2-0.3 mm. Sp. 12-14 X 8-9 p. Con. absent. Exc. I + quite blue
644. lobulata (Anzi)
lb. Th. zonate.
9a. Th. K + yellow. Ap. 0.2-0.5 mm. Sp. 10-12 X 5-6 p. Con. 6-7.5 p
660. (jeographiia (Hue)
9b. Th. K —, med. granular.
Source: MNHN, Paris
AS1MCILIA
10a. Silicicolous. Tli. bluish gray. Sp. 18-22 x 12-14 y. Con. 22-40 y
670. supertegens (Arn.)
10b. Calcicolous. Th. white,
11a. Sp. 4-8, 20-28 x 18-26 u, subglobose. Ap. 0.3-0.6 (1.7) mm. C<
lib.
7-11 y
Sp. less than 20 y long,
llym. 1 + blue. Ap. 0.4-0.6 i
630. calca
x(L.)
i. Sp. 14-16 X 9-12 y. Exc. I —
643. Candida (Anzi)
12b. Hym. I -[- red. Ap. 0.3-1 mm. Sp. 11-16 x 7-10 y. Con. 5-6 y. Exc.
I + blue 640. farinosa (Plk.)
Hue's arrangement of the treated species
I. Hypliae cortieis superioris simplices vel parce ramosae.
A. I’araphvses summae moniliformiter articulatae.
1. Cortex lateralis praesens.
589. A. lundensis Hue ; L. ealcaria f. lundensis (Fr.) Nyl. Exs. : Fr. 321.
590. A. recedens Am.; L. recedens (Tayl) Nyl. L. subcinerea Nyl. Exs.:
Norrl. 244.
v. griseola Iluc. L. griseola Th. Fr.
591. A. epiglypta Hue. L. epiglypta Nyl. Exs. : Norrl. 240.
592. A. chinnampoana Hue. Corea.
593. A. albomarginata B. de Lead. Mexie
594. A. cupreogrisea
l. Cortex lateralis deficiens.
595. A. Massalongii Hue
596. A. pavimentans Hue
597. A. ammotropha Hue
598. .1. umbrinella "
L. cupreogrisea Th. Fr. Sweden.
A. cinerea v. alba Anzi. Exs. : Lang. 565.
L. pavimentans Nyl. Exs. : Lojka Hung. 46.
A. trachytica Flag. Exs. : Alg. 123.
B. Paraphyses summae simul sphaeroideo et oblongo articulatae.
599. A. amphibola Arn.; L. amphibola Wain. Exs.: Norrl. 243.
600. A. arvemica Hue; L. calvaria v. Hoffmanni (Aoh.). France.
601. A. eluta Hue; L. caesiocinerea v. eluta Nyl. France.
C. Paraphyses summae oblongo articulatae.
602. A. ceracea Arn. ; L. ceraeea Zw. Exs. : Arn. 9 ; Flag. Fr. — C. 367.
D. Paraphyses summae c-lavatae.
603. A. alpina Arn. ; L. alpina Smrft. Exs. : Arn. 341 a, b.
604. A. cinereorufescens Th. Fr.; L. cinereorufcscens Nyl. Exs.: Lojka
Hung. 128, Arn. 623.
'.aria Th. Fr. ; L. cin. ruf. v. diamarta Nyl. Exs. : Arn. 455,
884,
cheer. 128.
: 1729.
'.; L. cupreoatra Nyl. E:
Am. 1114, Lojka
L. alroflavens Vain. Exs. :
605. A. sanguinea Krnipln
f. subcandida Am. Ext
606. A. olivacea Bagl. &
Hung. 44.
607. A. atcrrima Hue; Lecidea aterrima Fee;
Bras. 1314 b.
608. A. subimmersa Hue; LeeUlea subimmersa F6e; L. swbimmersa Vain.
Brazil.
609. A. phaeops Arn. ; L. phaeops Th. Fr. Exs. : Arn. 403.
II- Hypliae cortieis superioris rare simplices, saepius ramosae.
A. Hypliae medullares plerutnque Bicut corticales, moniliformiter articulatae.
Paraphyses summae eodem modo articulatae.
a. Cortex lateralis praesens.
610. A. gibbosa Kbr. ; L. gibbosa (Ach.) Nyl. Exs. : Harm. 81.
v. xyloides Hue. Finland.
611. A. caesiocinerea Hue; L. caesiocinerea Nyl. Exs.: Norrl. 242 b.
612. A. dimorphodes Hue. Corea.
613. A. MaurilH Hue; Switzerland.
614. A. subdepressa Arn.; L. subdepressa Nyl. Exs.: Arn. 1168.
615. A. cinerea Kbr ; L. cinerea (L.) Smrft. Exs. : Zw. 764, Flag. Fr.-C. 366.
v. alba (Schaer.) Hue.
f. tigrina (Schaer.) Hue.
Source: MNHN, Paris
I. MAliNUSSON
). Cortex lateralis ileficiens.
616. /I. asteria Hue. Corea.
617. A. adamanticola Hue. Corea.
HIS. A. lumens Hue. Corea.
619. A. tofacea Hue. Corea.
620. A. premadiana Hue ; A. calvaria v. vi
Lang. 324. A.
621. A. Hoffmanni Hue ; Lichen Hoffman,
v. griseola Hue; Nyl. Exs. : Pyr. or
11 e ; A. calvaria f. ocln
622. A. orcinoma Hi
623. A. lephroda Hui
624. A. lacuslris Tli.
ridula f. pruinosa Anzi. Exs.:
•u Ach. Ess. : Am. Mon. 152.
. 59, Harm. Loth. 695.
■acea Anzi. Exs. : Lang. 69.
L. lacuslris Tli. Fr. Exs. : Fr. 328, Am. 435,
Zw
766.
f. diamartoides Keriist. ; L. lacuslris f. diamartoides Nyl.
v. rhenana Aru. Exs. 590.
625. A. submenu Hue ; L. subdepressa v. submenu La my.
B. Hypliae medullares multae oblongo, paucae sphaerico artieulatae.
1. Paraphyses sununae moniliformiter artieulatae.
a. Cortex lateralis praesens.
626. .1. verrucigera Hue; L. subdepressa Hnsca Nyl. Exs.: Norrl. 241.
627. A. lignieoia Hue; A. gibbosa f. ligwicola Anzi.
628. A. conlOrta Kbr. ; Yerruvariaconlorln Hoff in. Exs. : Fr. 396. Ilepp 629.
629. A. polychroma Anzi. Exs. : Lang. 277. L. polychroma Nyl.
630. v. ochracea Anzi. Exs. : Lang. 70.
v. pallesvens Anzi. Exs. : Lang. 530.
630. A. intermulans Aru. ; L. intermulans Nyl. Exs. : Pyr. or. 11 et 12,
Am. 1257 b.
631. A. leucera Hue. Corea.
632. A. rolleana Hue; A. caesiocinerca Am. Exs. 1169.
633. A. owaniana line. Japan.
634. A. lecideoidea Hue; L. cinerea f. lecideoidea Nyl. Norway.
635. A. straminella Hue. Japan.
b. Cortex lateralis ileficiens.
636. A. exserla Hue. Corea.
637. A. trachyUca line ; Paehyospora calvaria v. trachitica Mass.
638. A. c aesioalba Hue; Uroeoiaria cacsioalba Le Prev. Exs. : Malbr. 175.
639. A. calcaria Kbr; L. calvaria (L.) Sinrft.
f. concreta (Schaer.) Kbr. Exs. : Fr. 397. Nyl. Par. 126. Ilepp 627.
640. A.jarinosa Hue ; L. jarmosa (Flic.) Nyl. Exs. : Par. 127, Flag. Alg. 244.
641. A. circummunita Flag.; L. ciroummunita Nyl. Algier.
642. A. endoleuca Hue; L. endoleuca Hue. Belgium,
643. A. Candida Hue ; L. Candida (Anzi) Nyl. Exs. : Anzi Lang. 325.
644. A. lobulata Hue ; L. calcaria f. lobulata (Anzi) Nyl.
645. A. rosacea Hue ; A. polychroma *candida Am. Exs. 999.
646. A. Harmandiana Hue : L. complanula Harm. Exs. : Loth. 688.
2. Paraphyses surnmae simul sphaerico et oblongo artieulatae.
a. .Cortex lateralis praesens.
647. A. verrucosa Kbr.; L. verrucosa (Ach.) Laur. Exs.: Anzi It. 211,
Ilepp. 193, Tli. Fr. 36.
648. A. mulabilis Kbr ; L. mutabilis (Ach.) Nyl. Exs. i Schaer. 134, Harm.
Loth. 697.
649. A. virginea Hue. Spitsbergen.
650. A. Myrini Hue ; L. Myrini (Fr.) Nyl.
b. Cortex lateralis ileficiens.
651. A. helvetica Hue.
652. A. bricconensis Hue. Exs. : Am. 1113, Zw. 834.
653. A. psoroides Anzi. Italy.
3. Paraphyses summae oblongo artieulatae.
654. A.'lactea Mass. Italy. Exs. : Anzi 52.
655. A. nigritella Hue; L. nigrilella (Fee) Zahlbr. Brazil.
656. A. entypla Hue; L. enlypta (Krinplr.) Zahlbr. Brazil.
4. Paraphyses sununae olavatae.
. Cot
657. A.
: lat.
* pr;
mplanala 1
; L.
mplanala Kin
; Aru. 496.
Source: MNHN, Paris
KEY TO IIU
ASPICILIA
159
b. Cortex lateralis (leflciens.
658. A. siellata Hue. Corea.
659. A. morioides Blomb. Exs. : Arn. 904.
660. A. geographica Hue. Corea.
661. A. microsporeta Hue. Japan, Corea.
662. A. slenospora Hue. Corea.
663. A. cremicolor Hue. Japan.
III. llyphae corticis superiors rarapsae.
A. Gonidia cystococcoidea velut in precedentilms speciebus.
1. Parapbyses summae moniliformiter articulatae.
a. Cortex lateralis praesens.
664. A. obscurata Arn. L. obscurata (Fr.) Nyl. Exs. : Fr. 343.
665. .4. verruculosa Krmpb. Exs. : Arn. 1728.
666. A. aomoriana Hue. Japan.
667. A. tyroliana Hue. Exs. : Arn. 1228 b.
668. A. gerdensis Hue. France.
b. Cortex lateralis deficiens.
669. A. luevata Arn. ; L. laevata (Ach.) Nyl, Exs. : Fr. 367.
v. albicans Arn. Exs. : Arn. 1167, 1618 ( - superteqens).
670. A. supedegem Arn. Exs.: Arn. 668.
671. A. silvatica Arn. Exs. : Arn. 7o3.
1. doceUensis Hue. L, lusca Harm. Exs. : Harm. 389;
v. lusca Hue. L. lusca Nyl. Hungary.
672. A. tephra Hue. Finland.
673. A. Arnoldi Hue. Exs. : Am. 1228.
674. A. inornata Arn. Exs. : Arn. 669.
675. A. Ftturiana Hue. Corea,
676. A. inaequata Hue. Japan.
677. A. squamulala Hue. France.
678. A. rimldria Hue. L. rivulatia Nyl. France.
2. Parapbyses summae simul sphaerico et, oblongo articulatae.
a. Cortex lateralis praesens.
679. A. adunans Arn. L. adunans Nyl. Exs. : Loika Hunir. 45 Z\v 938
Arn. 622 b. 8
680. A. lapponica Hue. Exs. : Norrl. 247.
b. Cortex lateralis deftcicns.
681. A. Flagei Hue. Exu : Flag. Alg. 124.
v. polyophlhalma Hue. Algier.
682. A. proluta Hue. L. caesiovinerea f. proluta Nyl. France.
683. A. pyrenaica Hue. France.
684. A. niphetoda Hue. W. Africa.
685. A. parinijormis Hue; L. porimformis Nyl. Exs. i Johns, 274.
3. Parapbyses summae oblongo articulatae.
686. A. Bockii Hue; L. Bockii Rodig. Exs.: Arn. 932, 1583.
687. A. conlracta llue; L. Bockii f. contrada Th. Fr. Norway.
B. Gonidia cln'oolepoidea.
688. A, Ilavida Arn. ; L. flavida Hepp, Exs. : Hepp 630, Anal Lang. 278.
689. A. homalomorpha Hue; L. hvmalomorpha Nyl. France.
690. A. vulcanica tine. Corea.
691. A. nitdliiiu Hue. Japan.
Thalli steriles usque modo observati.
692. .1. maslnwala f. pseudoradiata Arn. Exs.: Arn. 1043.
693. A. grisea Arn. Exs. : Arn. Mon. 36.
Source: MNHN, Paris
Nachtrage zum Artikel : « Uber einige
interessante Lebermoose aus Ungarn »
von Dr. A. Boros (Budapest)
Mein Artikel (Trav. Dryologiques dedies a la Memoire dc Pierre-Tran-
quillc Husnot, fasc. I, Paris, 1942) wurde vor mehr als 2 Jahren geschrie-
ben. Seitdem sind in der Literatur neure Daten erehienen und ich sclbst
machte weitere Funde. Auch aus der alteren Literatur stand mir damals
nicht alles zur Verfiigung. Die l'olgenden Erganzungen sollen diese Mangel
beseitigen.
Riccia Froslii Austin land ich heuer (1942) an dem Ufer der Donau
auch bei Dunaalmas im Komitat Komarom, l'erner bei Ujvidek im Ko-
mitat Bacs-Bodrog und bei Erd im Komitate Fejer. Uber ihr Vorkommen
"in der Umgebund von Budapest bcschaftigt sich J. Szepesfalvi in Annales
Mus. Nat. Hungar. Pars Botanica, 34. 1941 : 5 eingehend.
Unser Sphaerocarpus lexanus gehort nacli Lorber ( Jahrb. wiss. Bol.,
80 , 1934: 065), K. Muller (Die Lebermoose, Erganzungsband, 1940:
206) wolil zu S. europaeus Lorbeer.
Lophozia Baueriana ScliilTn. wurde auch aus der Tatra von V. Krajina
(Beih. Bol. Centralbl., 1933 : 820-208, Veda Prirodni, 1933 : 184), aus
der Kleinen und Grossen Tatra vom . 1 . Smarda ( Sbornik Idub. prirod.
Brne 1936 : 43, 1939 : 12) publiziert. In der Tatra land ich sie neuerlich
selbst, undwar neben dem Tarajka (gegen Kecskeko) oberhalb Otatrafiired
(Stari Smokovec).
Scapania aspera Bernet fanden unsere tscliechischen und polnischen
Kollegen noch nordlicher als ich selbst, sic wurde namlich von J. Vilhelm
(Vestnik Krai. Ces. Spol. Nauk., 1927 : 7, Preslia 1938 : 97) aus der Tatra,
aus der Umgebung von Eperjes und von Ban von J. Smarda (1. c. 1939 :
17), endlich aus den Pienninen von St. Kulczynski (Bull. I Acad. Polon.
des Sc. Cracouia, 1928 : 132) mitgeteilt. Ich selbst fand sie in der Schlucht
Revi-zsoros bei Rev im Komitate Bihar und oberhalb dem Tale Vinkely-
volgy bei Barka im Komitate Gomor.
Eine neue Plagiochila-Art auf den Azoren
par Th. Herzog (Iena)
Plagiochila Allorgei Herz. et Perss. n. sp. (1).
A. StengelstUck von tier Unterseite 10/1. — B. 2 Stengelbliltter 10/1. — C. Ventrale
Blatt basis 10/1. — D. Blattzellnebz im oberen Blattteil, 132/1. — E. Bandcilie, 132/1.
(1) = Plagiochila Agostinhoi P. Aixoboe in Exsicc. Bryophyla Azorica, N° 18,^1939.
162
TH. HERZOG
Laxe ciespitosa, pallide viridis, mediocris. Caulis 4-5 cm. longus, cum foliis
ca 3,5 mm. latus, rigidulus, parum ramosus, fuscus. Folia plano-disticha, con-
tigua vcl parum legeutia, e basi late, inserta latiuscule ovata, vix 2 nun. longa
et 1,6 mm. lata, mnrgine antico (dorsali) e basi vix decurrente breviter smuato,
dein apicem versus curvato-arcuato, margine postico (ventrali) e basi plerumque
breviter reflexa alte arcuato, apice basi parum angustiore, ubique fere longe
eiliata-margine antico tamen ultra medium plerumque subnudo-eilus basin
posticam versus creberrimis et saepius reflexis. ad 10 cellulas longis, tenerrimis.
rectis vel liamatis ; cellulae apicales ca 36 x 36 p metientes, basin versus sub-
aequales, parum longiores, ubique pellucidae, parietibus tenuibus, trigonis
parvis. — Cetera desunt.
Azoren : San Miguel, Furnas, pentes d'un ravin, leg. V. et P. Allorge,
VI.1937.
Plagiochila Allorgei diirfte die nSchsten Beziehungcn zu P. blepha-
rophora (Nees) Lindb. einerseits, anderseits zu den Arten der Gruppe
« Acanlhophyllae » H. Carl aufweisen, unterscheidet sich abcr von alien
hierher gehdrigen Arten durch die reichlichen und sehr dunnen, oft
schlafTen Blattwimpern. Mit P. blepharophora , der sie unzweifelhaft
am nachsten kommt, besteht eine grosse Ahnlichkeit noch dadurch,
dass der untere Blallrand an der Basis oft in Form cines kleincn bewim-
perten Ohrchens zuriickgeschlagen ist, doch finden sich Anklange dieser
Art auch bei einer der « Acunthophytlac ». namlich P. subpropinqua
Schifln. (vgl. H. Carl, Die Art typen und die systematische Gliederung
der Gattung Plagiochila. Ann. Bryol. Suppl., Vol. II, 1931, S. 196).
Aus geographischen Griinden merkwurdig ist, dass diese Plagiochila
viel nahere Anklange an eine Reihe ostasiatischer Arten, als an irgend
eine der neotropisclien Typen zeigt.
Au sujet du Sphagnum molle Sull. en Espagne
et de sa variete limbatum Wst. dans les Landes
par Valia Allorge (Paris)
En automnc 1943, mon mari et moi avons precede a la revision des
echantillons de Sphagnum molle Sull. recoltes par nous au cours de nos
explorations botaniques en Espagne.
La fin prematuree de Pierre Allorge ne lui a pas permis de rediger
cette note qu’il se proposait de publier et je me fais un pieux devoir
de terminer ce travail (1).
Le S. molle Sull. est une espece atlantique nord-americaine : Table
Mountain, Caroline du Nord (Gray) ; Tallulah Falls, Georgie (Lesqu-
reux); Quaquer Bridge, New Jersey (James, Austin) (2), Floride,
Alabama, Louisiane (Wst.).
F.n Europe, cette espece n’a etc trouvee quo dans quelques regions,
mais elle s'avance assez loin des cotes. Nous avons releve dans les Herbiers
du Museum les localites suivantes : Suede, Bergyven (1863); Lindberg,
dans le Westergotland; Allemagne : var. pulchellum Limpr. : Bassum,
prov. de Hanovre (leg. Beckmann, 1833), en Baviere (leg. J. Kaulfup,
1900); pres d’Aurich, en Frise orient, (leg. V. Eiben) ; Friglitr, dans le
Priegnitz (1899, Warnstorf el Jaap); Kreis Stormann, dans le Holstein
(leg. G. Timm, 1905); Prussc orient. (Koppe), Breme (Folke), dans le
Harz (Lceske) ; Hollande : Frise (Koopmans) ; Belgique : Calmpthout
(leg. Vanderbrceck, 1884); Villerzie (Gravet, 1916) ; var. squarrosum,
fiords de la Gileppe pres de Liege dans l’Hertogenvald (Vanderbrceck,
1887); Angleterre : pres de Warren, Croneborough, dans le Sussex (W.
E. Nicholson, 1900). En Suisse, Ch. Meylan 1’a trouve dans plusieurs
tourbieres du Haul Jura (Vraconnaz, La Thomasctte, aux Cornets 5
1.400 m. d’altitude). 11 faut remarquer que cet auteur ne considere plus
le .S', molle coniine une espece aulonome, mais comme une sous-espece
du S. acutifolium. Pour lui, le caractere des feuilles caulinaires Ires elargies
au milieu est tres variable. « Quant aux feuilles rameales, clles sont fre-
quemment absolument entieres jusqu’au sommet, memo lorsque la plante
est caracterisee par les feuilles caulinaires nettement rhomboidales. »
En ce qui concerne le sillon de resorption, Ch. Meylan n a pas etudie
suffisamment la Constance de ce caractere qu’il croit egalement variable.
Malheureuscment, nous n’avons pas pu, par suite des circonstances,
examiner des echantillons de ces provenances.
A ces localites il faut ajouter deux localites russes peu connues, decou-
vertes par I). K. Zerov en Ukraine, dans les marais de Korosteni (marais
Source: MNHN, Paris
164
VALIA ALLORGE
de Gvosd pres du village Ozeriane et dans les marais de l’etang Dodove
pres du village de Perg). Dans ces localites ce Sphagnum se rapproc.he
de la variete molluscoides (C. Muller Wst. fo. heterophyllum) (1).
En France, les premieres indications sont des Ardennes a Montherme
et entre Revin et Fumay (leg. Cardot), ensuite viennent les localites
tres disjointes : Finistere, Saint-Hernin, Chateaulin et Commana (Camus) ;
Sarthe, Parignc-l’Eveque (Theriot el Monguillon) ; Foret de Courcelles
(Richard) ; Vosges, Roehesson (Dismier) (2); Basses-Pyrenees, les
Aldudes (Dismier, Bryotheca gallica, n° 109, 1925).
Nous l’avons retrouve, tres abondamment fertile, en septembre 1926,
aux Aldudes, vers 400 in. d'altitude, sans doute dans la localitc de
G. Dismier. Comme cet auteur l’a justement remarque, le 5. molle croit
tres frequemment avec le S. rigidum avec lequel on pourrait le confondre,
mais il s’en distingue sur place par sa teinte legerement violacee.
Dans la Peninsule Iberique, cette Sphaigne a ete citee par I. Newton
pr6s de Porto.
Au cours de nos voyages en Espagne, nous avons trouve le S. molle,
pour la premiere fois, en 1927, dans une lande tourbeuse sur les pentes
du Monte Ames, a 450 m. d’altitude, aux environs de St-Jacques-de-
Compostelle. II etait accompagne de S. rigidum Schimp., S. subnilens
Russ, et Wst., S. mottuscurn Bruch, S. papillosum Lindb., Odontoschisma
Sphagni Dum., Campylopus brevipilus Br. eur. et Aulacomnium paluslre
(L.) Schvsegr. (3).
En 1933, nous avons eu la chance de rencontrer ce Sphagnum aux
Asturies, dans une lande tourbeuse pres de Luarca (vallee du rio Negro),
puis egalement dans une lande du meme type entre Luarca et Carroyas,
a peu pres avec le meme ensemble de Sphaignes : A. rigidum, S. subnilens,
S. tenellum, S. cuspidatum et S. cymbifo'lium (4). Enfin, nous l’avons
r>volte, en Galice, entre Ribadeo et Fonsagrada. dans une localite dite
« La Garganta », a 823 m. d’altitude, avec le S. rigidum, S. subnilens et
S. Pylaei.
Le S. molle peut supporter une secheresse edaphique considerable
en ete sur des pentes soumises h une forte insolation (Haute vallee des
Aldudes, pentes du Monte Ames).
Les echantillons de Monte Ames et celui du rio Negro sont d’un vert-
jaune legerement lave de rose-violet, alors que ceux des Asturies et de
La Garganta sont d’un rose-violet presque sombre.
Les exemplaires provenant de nos localites espagnoles ont ete soumis
5 un examen minutieux. Nous avons observe quelques variations tres
legeres quant a la forme des feuilles caulinaires, variations qui portent
surtout sur un plus ou moins grand elargissement de la partie moyenne
de la feuille (fig. 1). Les feuilles rameales, comme le decrit G. Dismier,
sont munies dans la partie superieure de cellules marginales faisant saillie
sur les bords de la feuille, qui semble ainsi garnie de petites dents allongees
(1) I). K. Zerov, Viznatchnik sphagnovicb (torfovich) mochiv Ukralni (Contribution
a la connaissance des Sphaignes de 1'Ukraine) (Wseukrainskaia Akad. Nuuk, Kiev. 1035,
p. 18).
(2) Dismier (G.), Flore des Sphaignes de France (Arch, de Bot.. I, Mem. n° 1. 1927,
n. 23-241.
(3) Allorge (P.), Muscineas nuevas para la flora e
Hist. Nat, Madrid, 27, 1927, p. 457).
(1) Allorge (P.), Muscinees des provinces du Nord
Bryol., 7, 1934-1935, p. 206).
ianola (Bot. de la It. Soc. rs;>.
du Centre de l’Espagne (Rev.
Source: MNHN, Pans
SPHAGNUM MOLLE EN ESPAGNE ET VAR. I.IMBATUM DANS LES LANDES 165
et espacees. Le sillon de resorption (Resorptionfurche) sur la marge
externe des feuilles rameales a etc observe d’une fa?on constante sur
un grand nombre de coupes transversales effectives sur plusieurs echan-
tillons. II s’agit done du S. mollc typique (fig. 1, fig. 2, S. molle des Aldudes).
Fig. 1. — A, Feuilles caulinaires x 35 du S. molle des Asturies ; B, Coupes transversales
<k‘s feuilles ramiSales montrant le sillon de resorption : a, de Monte Ames, b, de Luarca,
Dr. J. Lid fait remarquer quo sur un tres grand nombre de coupes,
lorsque les sections passent au sommet de la feuille, on en trouve parfois
quelques-unes sans sillon.
Les nouvelles localites espagnoles dlargissent l’aire de dispersion de
cetle espece atlantique. Comme nous l’avons vu, en dehors de l’Amerique
du Nord, cette aire comprend : deux localites en Suede, en Hollande,
en Belgique, dans le Jura suisse, en Angleterre, quelques localites en
!• ranee. La station des Basses-Pyrenees fait relais avec les localites du
Nord et de l’Ouest de l’Espagne. La localite portugaise est la plus meri-
dionale. Enfin, les localites ukrainiennes marquent des avant-postes
vers le Sud-Ouest de la Russie.
166
ALLORGE
Sphagnum molle var. limbatum Wst. = americanum Wst. dans les Landes
Nous avons reexamine les exemplaires de S. molle recoltes en 1930 par
mon mari ct nos amis MM. R. Gaume et P. Jovet, au cours d’une excur¬
sion faite en commun dans une bruyere tourbeuse au bord du lac de
Leon, pres de Bro, dans les Landes. Les echantillons que nous possedons
dans noire herbier figurent sous lc nom de S. molle Sull. et c'est sous ce
norn qu'il est cite dans l'article de Pierre Allorge : Muscinees des Landes
ineridionales, paru dans le Bull, de la Soc. de Borda de Dax, pp. 25-37.
1943.
Les nombreux echantillons que nous avons examines presentent des
feuilles caulinaires de 1,9 mm.-2,1 mm. de longueur sur 1,1 mm. dans
la plus grande largeur ; elles sont toutes de memes dimensions ct se rap-
prochent par leur forme de celles de S. molle typique, c’est-a-dire retrc-
cics a la base, plus ou moins elargies vers le milieu, a bords legerement
ondules, non dentes, a marge tres ctroite de 3-4 rangees de cellules a
la base, de 1-2 au sommet qui est tronque et denticule (fig. 3).
Fig. 3. — S', molle var. limbatum Wst. - americanum Wst. Feuilles caulinaires x 35
et coupes transversales des feuilles rara&i les montrant les cellules marginales sans
sillon de r&orption.
Les feuilles rameales de 1,8 mm.-2 mm. de longueur sur 0,8-0,9 mm,
de largeur possedent des bords legerement ondules, non dentes, a 1-2-3
ranges de cellules marginales tres etroites. De nombreuses coupes trans¬
versales effectuees sur de nombreux echantillons preleves sur differenls
exemplaires n’ont pas deccic la presence de sillons de resorption (fig. 3,
montrant les cellules marginales sans sillon). Or c’est un caractere qui
distingue la variete limbatum Wst. du S. molle type, dont les feuilles
rameales sont pourvues de sillons de resorption. Dans son ouvrage :
Sphagnales-Spluignacea.’, p. 132, Warnstorf s’exprime ainsi : « Si les
autres caracteres anatomiques n'avaient pas une grande concordance
avec cettc espece, on serait Lente de la s6parer au titre de S. americanum
du S. molle, »
Source: MNHN, Paris
SPHAGNUM MOLLE EN ESPAGNE ET VAR. LIMBATUM DANS LES LANDES 167
Les cchantillons de Leon appartiendraient done a la variete limbatum
de Wst. = americanwn Wst.
La variete limbatum Wst. = americanum Wst. exclusivement ameri-
caine a etc decouverte en Europe presque simultanement dans deux
regions largement separees : en Norvegc par Hugo Oswald a Andoya
(Nordland), en 1925, et par Dr. J. Lid en Eeosse k Granvin dans le Har-
danger (1925) et a Crianlarich, en 1925.
Le Dr. J. Lid a reconnu comme 6’. americanum Wst. un echantillon
de S. molle recolte a Wimbledon Common en 1900. Un exemplaire de
cette Sphaigne a ete depose dans l’Herbier de British Museum de Lon-
dres (1).
Que l’on assigne a ce Sphagnum la valeur d’une espece autonome ou
qu’on le considere comme variete, sa decouverte en France ajoute une
localite nouvelle tres disjointe de celles deja connues et elargit son aire
de dispersion beaucoup plus au Sud. Elle serait a rechercher dans la
Peninsule Iberique.
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Source: MNHN, Paris
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ESPACES NOUVELLES
Muscinees
Bryum Samuelssoni Tker., 17.
< 'innpylopas haitensis Tker., 8.
Cryptoneurum Tker. et P. de la V., genre nouveau, 22.
f '■ryptoneurum acuminatum Tker. et P. de la V., 23.
IHdymodon planijolius P. de la V. et Tker., 11.
Grimnvia antillarum Tker., 13.
Macfomilrium hailense Tli4r., 15.
Microihamnium Ekmani Tker., 22.
Physcomitrium Ekmani Tker., 16.
Plagiochila Allorgei Herz. et Perss., 161.
Pogonatum Ekmani Tker., 24.
Pterobryopsis dentata Tker., 18.
Ptilium orthothecium Tker., 21.
Tortula doiningensis Tker.. 12.
Trichostomum (f) Ekmani Tker., 10.
Zygodon domingensis Tker., 14.